L'assistance par le travail, Maxime du Camp, Revue des
Deux-Mondes, 15 janvier 1888, p. 300.
On pourrait en dire tout autant des bons de couchage : ils sont vendus eux aussi.'Ce sont de pauvres diables, n’osant pas aller quémander à domicile, qui les achètent pour quelques sous (1).
Il faut donc admettre que l’aumône par bons et l’aumône pécuniaire peuvent être assimilées l’une à l’autre, puisque, distribuées de la même façon, elles conduisent au même résultat : un don d’argent.
L’aumône n’a pas seulement la fâcheuse consé- | quence de ne pas atteindre le but qu’elle poursuit, elle a encore un résultat plus funeste. Elle agit bien souvent à l'encontre des intentions de ceux qui la distribuent, en subventionnant la mendicité professionnelle, en encourageant le paupérisme et en favorisant son accroissement. | . ?
Comme le faisait très bien remarquer le baron de Gérando « l'infortune la plus complète est souvent la plus silencieuse, souvent elle est même limpuis-
sance de se faire entendre ; la fausse mendicité est éminemment solliciteuse, pressante, éloquente au besoin. Ainsi sont négligés les malheureux les plus dignes de pitié, ainsi sont encouragés l'intrigue, le mensonge, l’abandon volontaire » (2). Toute l’armée de la mendicité professionnelle (et son importance est beauCoup plus considérable qu’on ne pourrait le soupçonner) (3), est entretenue par les subsides de
1. M. Berthelemv nous dit (La charité, Bulletin des travaux de Université de Lyon, 1°* trim. 91) que le cours normal des bons de couchage de la presse oscille entre 2 et 6 centimes.
2. Baron de Gerando, De la bienfaisance publique, t. IT, p.570.