Les enregistrements n'avaient pas lieu le dimanche et
Sans qu'on parvint à augmenter le nombre des admissions, le désordre ne faisait que s’accroitre. Un rapport de l’an IT (1) constate que « depuis l'établissement de ces ateliers jusqu’au 30 messidor (an II), la Trésorerie a versé pour subvenir à leur dépense une somme de 3.222.919 liv. 195.6 d.
« À la même époque ‘ l’effectifdes ateliers,tanten fonds reservés à la Trésorerie, qu’en matières premières et en deniers restant en caisse pour le service courant présentait pne voleur dei. 0 0,1981701iv. 4:88.
Il y a donc un déficit. . 1.097.749 liv. 11 s.3 d.
« Cette somme divisée par le nombre moyen de 2.000 individus habituellement employés el par 134% journées qu'a duré leur travail donne par Jour sur chaque individu, une somme de 33 centimes ou 6s.7 d.Une remarque bien frappante c’est que le salaire journalier de chaque individu ne s'élève que de 10 deniers au delà de cette perte, puisque l’acquis des feuilles de paye et la distribution du pain, les seules dépenses dont ils aient profité, ne s'élèvent
les jours fériés, ce qui de l’aveu des organisateurs aurait trop multiplié le nombre des admissions. {l n’y eut ainsi en janvier que 23 jours d'enregistrement et 314 personnes furent inscrites. Archives nationales F, ‘°, 3.592.
4. Rapport fait au Comité d'agriculture et des arts sur la situation des ateliers de filature, avec projet de décret en conséquence. Tuetey. L'Assistance publique à Paris pendant la Révolution, t. IV, p.686.
Marcel Lecoq 10
qu'à 1.243.834 liv.8 s. 4 d. ce qui l’établit à 37 centimes ou 7 s. 5 d.la journée commune des ouvriers dans l'atelier de filature. #
« Il en résulte que si,aulieu de former l’établissement des ateliers de filature et d’y appeler chaque jour au travail une population de 2.500 individus, le gouvernement eut fait distribuer un secours de 6s.7 d. par jour, la dépense eut été la même... avec cette différence que les ouvrières, privées seulement de 10 deniers par jour, eussent à ce prix recouvré la libre disposition de tout leur temps, qu’elles eussent employé à un travail plus utile, et quele gouvernement de son côté se futépargné l’embarras d’une administration compliquée...»
Le travail des ateliers de filature n'avait pas Lou- Jours coûté à beaucoup près aussi cher, car en 1782 et 1783 quand Lenoir était lieutenant à la police, chaque pauvre coûtait 7 liv. 115$. par an (2), en 1790,la dépense annuelle se montait à 89 liv.17 s. par tête, et, en y comprenant les frais d’administration, à 89 liv. environ.
Les mauvais résultats financiers des nouveaux ateliers n'étaient qu’une des manifestations de l’état d'esprit déplorable qui ne cessait d’y régner. Loin de chercher à ÿ remédier, certaines personnes ne cherchaient qu’à augmenter leur encombrement et
4. Voyez aussi Rapport de l’agence des arts,14vendémiaire an III. Tuetey Loc. cit., p. 671.
2. Rapport de M. de Jussieu à M. Bailly sur la situation et le fonctionnement du Bureau de filature, 14 janvier 1790. Tuetey. L'assistance publique à Paris pendant la Révolution t. LT, p. 560.