‹ L'Assistance par le travail en FranceChapitre 62 sur 144 · De Lamartine, Histoire de la Révolution de 1848, p · texte numérisé non relu

De Lamartine, Histoire de la Révolution de 1848, p

vaux qui n’en ont été qu'une ignoble parodie ! limposture ici avait incontestablement une portée ; elle donnait à nos adversaires, à bout d'arguments, l’occasion de dire : « À quoi bon tant raisonner ? Contre toutes vos théories nous en avons un fait » (4). Même en dehors de l'appréciation de Louis Blanc, qui élait juge et partie en la circonstance, l’apparence socialiste qu'on voulait donner à la création des ateliers ressort de diverses preuves. Comme nous l’avons indiqué plus haut, elle semble résulter de la façon même dont ont été publiés les décrets, les arrêtés, les proclamations concernant la création de ces ateliers. Le moment auquel ces documents parurent, la façon dont ils furent rédigés, semblent destinés à laisser croire au peuple que ces nouvelles mesures étaient la mise en application du droit au travail proclamé dès le premier jour. Bien plus, un article publié à cette époque dans la Revue des deux Mondes, paraît faire remonter la responsabilité des ateliers à Louis Blanc, ou tout au moins à ses théories. Voici comment s’exprimait l’auteur de cet article : « Les ateliers nationaux tendent, en principe, à prendre rang parmi nos Institutions et, en pratique, à s'étendre comme une plaie dévorante sur toute la surface de notre pays. L'établissement de ces ateliers est une conséquence juste, logique, forcée, des doctrines économiques, qui, depuis quatre mois, envahissent l'administration » (2)..1l paraîl ressortir de ces dernières lignes que l’auteur, 4. Louis Blanc, Histoire de la Révolution de 1848, t.T, p. 228.

9, J. J. Baude. Les ateliers nationaux. Revue des deux mondes, er juillet 1848, p. 5.

un des « tenants de la vieille économie politique », impute aux socialistes la responsabilité de la création des ateliers et aussi de leur retentissant échec.

Aujourd’hui lillusion n’est pas encore partout dissipée ; M. H. Berton dans un article paru dans la Revue de l'Ecole des Sciences politiques (1) déclarait que l'échec des ateliers nationaux avait porté un coup mortel au droit du travail, et que « le droit au travail proclamé par le gouvernement provisoire et l’organisation du travail tentée par lui avaient ouvert les ateliérs du Champ de Mars ». M. Jules Simon déclarait aussi dans un discours au Comité central des œuvres d’assistance par le travail, en 1896, que « le fond de cette révolution (de 1848) qui dure encore, ce sont les conférences de Louis Blanc au Luxembourg. Eh bien ! le résultat immédiat ce furent les ateliers nationaux. »

En était-il ainsi en réalité ? Loin de là. Les ateliers nationaux avaient un double but. :

4 Empècher une révolution en occupant et disciplinant la population ouvrière ; et 2° servir d’arme contre les théories et l'influence personnelle de Louis Blanc.

[. Les gens arrivés au pouvoir voulaient avant tout empêcher nne nouvelle Révolution.

Pour calmer l’effervescence résultant d’un manque de travail prolongé et de multiples excitations qui avaient abouti aux journées de février, il fallait trouver à occuper l’ouvrier. On lui ouvrit les portes

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