‹ L'Assistance par le travail en FranceChapitre 79 sur 144 · V. décret 1er juin, Moniteur, 4 juin, p · texte numérisé non relu

V. décret 1er juin, Moniteur, 4 juin, p

appliquer le salaire à la tâche. C'est ainsi que les cordonniers devaient fournir un minimum de travail (deux paires de souliers en trois Jours). Le prix de revient était d'environ 4 fr. ; la vente était faite au comptant à l’aide d’un ingénieux mécanisme. Chaque ouvrier d'une brigade remettait tous Îles jours 2 ou 3 sous, ce qui permettait de donner une paire de chaussures à celui de ses camarades qui en avait le plus besoin, et on continuait de la sorte jusqu'à ce que chacun en eût une paire.

Il est à regretter qu’une plus grande extension n’ait pas été donnée à ces ateliers spéciaux, car on pouvait en tirer d’utiles résultats et de précieux enseignements. Voici l’appréciation du directeur à leur égard : « Ces ateliers, disait-il, sont les seuls « qui aient produit des résultats convenables, parce «qu'ils étaient aussi les seuls qui fussent basés sur « le principe du travail professionnel respectif pour « tous les ouvriers (1) ».

Si ces ateliers avaient pu être multipliés et propagés, peut-être serait-on arrivé à organiser solidement les ateliers nationaux. Mais il ne restèrent qu'à l’état d'exception. Partout le désœuvrement et la paresse continuèrent à régner parmi les ouvriers, de même que l’incapacité, l’incurie et le mauvais vouloir empêchaient par en haut toute heureuse réforme.

C'était une bien lourde tâche pour M. Emile Thomas que de secouer cette universelle indolence tout en maintenant le bon ordre, mais si sa bonne

Page 1