LES ATELIERS NATIONAUX SOUS LA DIRECTION DE M. LALANNE
Le changement de directeur ne modifia pas sensiblement le fonctionnement dés ateliers. On prévoyait leur dissolution comme inévitable, mais personne n'osait prendre la responsabilité d’une pareille décision, tellement on redoutait la révolte qui devait s’ensuivre. |
En attendant, on décida la création de nombreux chantiers en province.
Le corps des ponts et chaussées, qui n'avait plus les mêmes raisons d'abstention depuis que ses membres élaient les maîtres de la situation, découvrit une foule de travaux utiles que l'assemblée s’empressa de voter (Décret du 10 juin).
Voici ceux par lesquels on commença :
Ponts à Montereau, Lagny, Flavigny, Cognac,
CONOIERS SRE EE ASE TARA fr. 2.940.000 Chemins de fer Tours, Nantes . . . . . . . .. 2.000.000 Travaux déroute. FRAPPE Re 4.000.000 Amélioration de la Marne . . . . . … . . . .. 1.000.000 Canal de dérivation de la Sauldre (Sologne) 1.000.000 Prolongement canal haute Seine, amont Troyes 500.000 Canal latéral Seine, Marcilly, Nogent . . . .. 500.000
Depuis lentrée en fonctions du gouvernement provisoire, en dehors des ateliers nationaux propre-
ment dits, les seuls travaux dont on avait voté l’exécution étaient les suivants (Décret du 24 mai 1848) :
Travaux de route nationale . . . . . . . . .. 0. 400.000 Canal de l’Aisne et de la Marne . : . : . . :. 400.000 Reconstruction de Ecole Polytechnique, etc. . 390.000
IL faut, en outre, reconnaître que M. Lalanne introduisit quelques heureuses réformes de détail ; la comptabilité fut mieux surveillée, les dépenses d'administration qui étaient exagérées furent réduites. Mais de pareilles modifications, si justifiées qu'elles fussent, ne pouvaient suffire à enrayer la décadence des ateliers nationaux. Les fraudes et les désordres continuèrent de subsister...; comme sous la direction d'Emile Thomas.
Les charges financières pesaient de plus en plus lourdement sur le Trésor, déjà bien obéré, sans que les travaux exécutés correspondissent, à beaucoup près, aux sommes dépensées.
Du 5 mars au 23 juin, les ateliers avaient coûté plus de 14 millions (14.174.987 fr.). La dépense moyenne avait été de 91.000 fr. par jour pendant la gestion de M. Thomas et de 134.000 fr. pendant celle de M. Lalanne (23 mai-23 juin) (1). Les quelques terrassements exécutés étaient loin d'être en