‹ L'Assistance par le travail en FranceChapitre 85 sur 144 · Dépense des ateliers nationaux, rapport de la Commis · texte numérisé non relu

Dépense des ateliers nationaux, rapport de la Commis

sion de la Cour des comptes, t. Il, 156 (pièces). Pendant la gestion de M. Thomas, la dépense s’est élevée, du 5 mars au

DAS TITEN AN SU ar 00 Et CAN 7.240.000 Pendant la gestion de M. Lalanne, jusqu’au

DOTE SE le A a dia ce 1.150.000 Alollonsdertemnines.t 70.2 Min te 1.700.000 Paiement d'urgence depuis le 23 juin. . . . 1.084.987

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rapport avec une telle dépense. Au lieu de revenir à 0 fr. 40, prix moyen en temps ordinaire, le mètre cube de terrasse était payé 8 fr. Dans l’atelier du Champ-de-Mars, qui prêtait le moins aux abus puisqu'il avait été longtemps sous la direction de l'autorité militaire, un travail qui, fait par les soldats aurait coûté 45.000 fr., et par des ouvriers ordinaires 80.000 fr., revint à la somme fabuleuse de 400.000 fr. Dans une journée de travail payée 9 fr., l’ouvrier faisait pour 0 fr. 10 de besogne (1). Ce résultat n’a rien d'étonnant si l’on considère que, de l’aveu du directeur, il n’y avait du travail sur les chantiers, que pour 2.000 hommes, et ils étaient 8.000. On ajoutait que leur besogne effective aurait été facilement faite par 200 ouvriers,

Comme le faisait très justement remarquer E. Thomas, l’ouvrier parisien pouvait se tenir le raisonnement suivant : « l'Etat me donne 30 sous pour ne rien faire, il me paye 40 sous quand je travaille, done je ne dois produire que 10 sous d'ouvrage ».

A Lyon, la situation était analogue : il y avait du travail pour 100 hommes et on en avait 20.000 à occuper. Comme à Paris, on accusait d’incurie, et non sans raison, le corps des ponts et chaussées,

Voici d’ailleurs, d’après un ingénieur de ce corps, le résultat effectif donné par les travaux nationaux entrepris dans différentes villes de province : « À Paris, valeur des travaux exécutés à peu près

1. Baude, Les ateliers de charité, Revue des Deux-Mondes, 1°° juillet 1848, p.16 et suiv.— Vanlaer, Le chômage de l'ouvrier, loc. cit. — Ces chiffres si exorbitants, bien que cités par des adversaires de l'institution, ne sont sans doute pas très exagérés.

nulle; à Lyon, 75 pour cent de perte ; à Nantes

66 pour cent ; à Nîmes, somme dépensée presque

en pure perte ; à Arles, 61 pour cent » (1).

Les quelques heureuses réformes opérées par M. Lalanne furent tout à fait insuffisantes, pour atténuer l’effet des nombreuses et graves critiques auxquelles donnèrent lieu son administration. À l'époque de la publication du livre si intéressant de M. de la Gorce, M. Lalanne voulut se disculper du reproche de n’avoir rien ou presque rien fait pour l’amélioration des ateliers nationaux. Il écrivit alors une lettre (2), reproduisant quelques fragments du rapport des trois membres de la Cour des comptes délégués pour l’examen de la comptabilité des ateliers nationaux, « rapport adressé aux membres de la Commission d’enquête sur l’insurrection du 23 juin et sur les événements du 15 mai ».

— «En terminant ce rapport, yest-il dit, nous croi- « rions manquer à l'équité si nous ne faisions la part « des responsabilités qui revient à chacun des deux « directeurs des ateliers nationaux, et aussi la part « des circonstances,souvent plus fortes que la volonté « des hommes. » Et, après avoir indiqué les torts de l'administration d'Emile Thomas, le rapport ajoute : « Quant à son successeur, M. Lalanne, un grand « nombre de critiques exprimées dans notre rapport «ne peuvent s'adresser à sa gestion. Nommé le « 29 mai, après environ trois mois d’une organisa- « tion dont les dangers s’aggravaient tous les jours,

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