‹ L'Assistance par le travail en FranceChapitre 86 sur 144 · Le journal le Temps, 6 octobre · texte numérisé non relu

Le journal le Temps, 6 octobre

«M. Lalanne ne saurait être rendu responsable d’un «état de choses qu'il n'avait pas créé et qu'il venait « détruire. La correspondance, les arrêtés, les ordres « du jour démontrent clairement qu’il se proposait de « changer les bases d'organisation ». Les principales mesures prises par lui étaient la suppression du club central, le, ramaniement du bureau de direction, la suppression d'emplois inutiles, la diminution des dépenses de voiture, la création d’inspecteurs généraux, elc.

Si l’on peut reprocher à M. Thomas de n’avoir pas été assez « administratif », on pourrait justement accuser M. Lalanne de l'avoir été trop, de n'avoir été que cela, de ne l’avoir été que dans le sens le plus étroit du terme.

La Cour des comptes l’approuve d’avoir mis de l'ordre dans la comptabilité, d’avoir organisé un contrôle administratif, d’avoir fait de l’économie sur les dépenses les plus inutiles, cela se comprend. Mais ces mesures n'étaient pas suffisantes pour transformer complètement les ateliers, comme cela eût été utile, pour donner du travail à de vrais travailleurs, pour organiser une sévère discipline, pour rendre au travail toute sa dignité. Pendant le mois qu'a duré sa gestion, si M. Lalanne a eu l’intention de tout transformer, de tout détruire, comme le déclaraient les membres de la Cour des comptes, il n’a pris aucune des mesures nécessaires pour arriver à ce résultat.

Si l’on veut s’en rendre compte, il suffit de lire le discours très précis dans lequel M. de Falloux demande la nomination d’une com mission d'enquête,

avant d'accorder de nouveaux crédits aux ateliers (1). L'orateur constate d’abord que, sans sa protestation, des crédits continueraient d’être ouverts, sur une simple décision de la commission exécutive el par l’ordre du ministre. La Chambre doit se réserver le vote des subsides pour surveiller la gestion. Or, par le seul examen des crédits demandés, il est permis de constater que « l’état des ateliers nationaux est exactement aujourd’hui, sans aucune exception, ce qu’il était il y a six semaines, il y a trois semaines. L’exécution de votre décret (celui qui accordaitles derniers crédits pour les ateliers) demandait quatre mesures, je ne dirai pas bien simples, car rien n’est simple ni facile dans l’état où l'on a laissé venir cette question, mais quatre mesures bien claires, bien urgentes ».

Il fallait d’abord éclaircir la comptabilité de l’élat-major des ateliers nationaux et vider la question des personnes. On a eu recours à des mesures arbitraires et violentes qui, loin d’éclaireir la situation, l’ont rendue plus obscure et plus complexe. « La question est done devenue aussi grave que possible ».

Il fallait ensuite ramener le travail dans Îles ateliers ordinaires soit au moyen d’encouragements aux industries d'exportation, soil en organisant de grands travaux publics.— «Je suis bien obligéde dire que le ministre des travaux publics n'a pu réussir à vous présenter l'ombre d’une mesure (2) », déclara M. de Falloux.

1, Moniteur, 45 juin, p. 4377 et suiv.

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