Rapport, t. [, p
2. M. de la Gorce, Histoire de la seconde République, Paris, 1887, t. I, p. 316.
3. Cette dissémination des ateliers en province avait été soutenue à la Chambre en maintes circonstances, mais n’avait jamais été jusque-là exécutée. V. notamment, Proposition Saint-Romme, Moniteur, 21 mai 1848, p. 1113 et discours de Wolowski, Moniteur, 31 mars, p. 1214 et suiv.
rément l'indice d’un mauvais esprit, d’autant plus que le fait se répéta plusieurs fois. Un membre de la commission d'enquête expose qu’on attendait 400 ouvriers à Bourges, et que vingt-cinq seulement arrivèrent (1). M. Trélat attribue tout cela « à une mauvaise influence » il n’est que trop vrai de dire qu’elle était profondément efficace ; mais M. E. Thomas avait pu l’empêcher d’agir, tandis que l'impuissance de M. Lalanne en cet enuroit était manifeste.
Quelle était donc cette influence qui s'était substituée à celle de E. Thomas? Il existait à Paris deux groupes d'ouvriers nettement distincts, poursuivant leur but de révolulion sociale par des moyens différents : les clubs et la commission des travailleurs du Luxembourg.
Les clubs, plus violents, prêchaient ouvertement l’'émeute ; ils fabriquaient ostensiblement des armes et des munitions. La commission du Luxembourg, plus pacifique, pensait arriver plus sûrement et plus équitablement au but désiré par l’emploi de moyens moins barbares : elle préconisait la grève comme le meilleur moyen d'action. Ces grévistes arrivèrent en grand nombre aux ateliers nationaux.
Les ns abandonnaient le travail volontairement par conviction, les aulres à leur corps défendant, parintimidation, Les premiers allaient de préférence à Louis Blanc, les autres à Emile Thomas.
Quand ce dernier eût disparu, la masse ouvrière des ateliers nationaux débilitée,énervée par une lon-: gue inaction, flottante, sans direction, sans impul-