‹ L'Assistance Publique à Carcassonne: Avant la construction de l'Hôtel-Dieu, 1269-1723Chapitre 15 sur 24 · Lallemand, Histoire de la Charité, t. II, p · texte numérisé non relu

Lallemand, Histoire de la Charité, t. II, p

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conseils étaient généralement suivis, mais on avait recours surtout aux prières, aux cérémonies religieuses et aux processions. La superstition et le fanatisme donnèrent même naissance à une secte mPsti: que appelée les flagellants. Ceux-ci se promenaient à moitié nus dans les villes et les campagnes, se frappant les épaules à coups de courroies garnies d’aiguilllons de fer pour effacer,disaient-ils,les péchés du monde. La secte eut peu d’adhérents à Carcassonne. Le Saint-Siège qui déjà s’était élevé contre le massacre des juifs, fut hostile à cette débauche de mysticismé. Il frappa d’anathème et excommunia les flagellants. L’Evêéque de Carcassonne de son côté avec le Chapitre et le clergé régulier exécutèrent les ordres qu’ils avaient reçus du Souverain Pontife ; ils s’opposèrent avec la plus grande énergie à ces exercices de fanatisme et grâce à l'esprit sage et modéré de la population, les flagellants n’eurent pour théâtre ni la Ville-Basse, ni la Cité, ni la contrée dont elles formaient le centre.

Après cette terrible épidémie Carcassonne paraît avoir vécu en paix jusqu’en 1557. Les historiens cependant ont signalé la peste dans le Languedoc de. 1450 à 1459. Elle aurait fait périr le tiers des habitants, il est probable que l'épidémie épargna Carcas-. sonne ou n’y causa que peu de mal.

La péste de 1557, fut signalée au mois d'octobre dans la Cité et ses faubourgs, eile y fit 500 victimes. De là’elle passa dans la Ville-Basse qu’elle ravagea en mai 1598 ; le nombre des décès s’éleva à 2.000.

L'hôpital Notre-Dame du bout du Pont qui venait d’être doté de bâtiments d'isolement, ne put pas suffire à sa tâche. La peste faisait trop de victimes les habitants suivant les conseils des médecins s’enfuirent hors de la ville et le Conseil général fut autorisé par le roi à s’assembler dans une autre ville du diocèse ; il choisit Conques. Henri Il d’ailleurs, touché des malheurs de Carcassonne, lui accorda exemption de taille pendant dix ans.

Eu 1564 Carcassonne fut de nouveau atteinte par la peste pendant trois mois. Il y eut beaucoup de victimes, mais en nombre moins grand qu'auparavant. Sur 600 personnes soignées en grande partie dans hôpitaux, il n’en mourut que la moitié.

La maladie fit encore son apparition pendant les guerres fratricides entre la Cité et la Ville-Basse. Elle commença de 22 octobre 1591 dans la rue de la Vieille-Mercy, où deux femmes de Villemoustausson qui s’y étaient réfugiées moururent en peu de temps. Les Consuls cette fois ne se laissèrent pas entraîner par la peur générale et organisèrent aussitôt des mesures de salubrité, «On commença de chasser de la ville tousles étrangerset gens sans aveu : on en fit une recherche exacte dans toutes les maisons; tous les pauvres furent enfermés dans un endroit et secourus au dépens de la ville. Pour empêcher que la contagion qui était en la Cité, n’augmentât celle de la ville on ferma la porte du pont, après en avoir obtenu le consentement du vicomte de Mirepoix qui en avait la

garde. Enfin pour prévenir que les corps de ceux

qui étaient morts de la peste ne la continuassent dans la ville, il fut statué qu’ils seraient portés aux chapelles de Sainte-Croix et de Saint-Martial et que pour cet effet la porte des Carmes qui avait été murée pendant la guerre serait ouverte (1) ». |

Pour la première fois la ville désigna un médecin ‘qui fut chargé de soigner uniquement les pestiférés. Le choix tomba sur un certain Pogas à qui on adjoignit deux aides ; on leur accorda à chacun une indemnité de. 240 livres (2) par mois. |

Cette somme était énorme pour l’époque et Lallemand nous apprend que dans la plupart des villes du royaume quoique bien payés ils recevaient moins qu’à Carcassonne. À Angers vers la même époque (1583) ils touchaient 150 livres par mois ; A Villefranche (1630) 40 livres par mois).

Si les médecins étaient si bien rémunérés pendant les épidémies. C’est que leur recrutement était difficile. Ils devaient abandonner leur clientèle pour vivre au milieu des pestiférés. Il leur était défendu d'avoir commerce avec les personnes saines pendant la durée de l'épidémie et six semaines après; leur femme, leurs serviteurs et leurs domestiques étaient astreints aux mêmes obligations, défense leur était faite d’aller aux boucheries et aux tavernes,une punition corporelle et une amende leur était infligées

1. Bourges, Histoire ecclésiastique et civile de la ville et du diocèse de Carcassonne, Paris 1741, p. 402.

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