‹ L'Assistance Publique à Carcassonne: Avant la construction de l'Hôtel-Dieu, 1269-1723Chapitre 16 sur 24 · Bourges, p · texte numérisé non relu

Bourges, p

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en cas de non-observation de ces règlements. Enfin, il leur était expressément défendu de recevoir des honoraires : Cest défendu aux dits chirurgiens d'exiger aucune récompense des malades, à peine d’estre punis : et si quelqu'un leur veut donner gratuitement quelque chose, ce ne sera qu'après la guérison ou pour la recommandation qu’en fera ledit malade au Révérend Père après la mort (x) ».

Nous voyons donc que la situation des médecins était peu enviable et ceci explique la forte indemnité qu’ils recevaient.

Grâce à toutes les mesures prises à Carcassonne, la maladie disparut rapidement, mais pour revenir quelques années plus tard.

Elle apparut en 1629 et fit 1790 victimes, puis deux ans après en 1631 vers le mois d’août. Les Consuls firent prendre de nouvelles précautions 5 on visita tous les habitants de la ville et comme il y en avait 600 de malades, ordre fut donné au restant de la population d’évacuer Carcassonne et de se loger dans les environs sous la tente ou dans les villages voisins. Il ne resta dans la ville avec les malades que les médecins et le personnel pour les soigner et parmi eux les pères capucins, qui se signalèrent particulièrement : les officiers du présidial se retirèrent à

Trèbes. Par ce moyen énergique on arrêta la conta- /

t. Lallemand, Âist. de la Charité, tome IV, p. 96, d’après l'Ordre publié à Lyon.

Ch. Boyer 4

gion et de plus on évita la famine qui avait suivi les autres épidémies. |

La peste revint encore à Carcassonne en 1653 mais ce fut pour la dernière fois ; les mesures de protection devenaient plus efficaces, la maladie diminuait et s’éteignait. &

On croyait toujours à l'influence néfaste des constellations, mais le praticien parvenait à mieux discerner le caractère particulier des diverses maladies épidémiques. Cependant la multitude des remèdes montrait le peu de valeur qu'ils avaient. On préconisait comme mesure préventive d’avoir un bon ré-: gime, d’user surtout de viande rotie, d'éviter les fruits, de ne se livrer à des excès d'aucun genre et de mener une vie tranquille exempte de mélancolie ; avec cela, il fallait porter des habits de soie, de treillis ou de drap à tissu serré, sans poils, faire matin et soir des fumigations dans sa chambre, et au dehors avoir toujours dans ses mains une éponge imbibée de vinaigre ou une pomme odoriférante piquée de grains de muse.

L’isolement se faisait d’une façon tout à fait sévère dans le lazaret ou la propre maison du malade, chez les personnes aisées « Les portes extérieures se trouvent fermées au moyen de cadenas, défense absolue de sortir, de se montrer aux fenêtres donnant sur la rue, il faut lestenir fermées » (1). Les médecins étaient mieux protégés depuis quelque temps ils utilisaient

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