‹ L'Assistance Publique à Carcassonne: Avant la construction de l'Hôtel-Dieu, 1269-1723Chapitre 4 sur 24 · Viguerie, ouvrage cité, t. I, P · texte numérisé non relu

Viguerie, ouvrage cité, t. I, P

pers 19

traiter des affaires de l'hôpital. que par deux arrêts du parlement dont l'un est de l'année 1563, l'évêque et le syndic du Chapitre sont tenus de s'y rendre sous peine de 4.000 livres pour chaque contravention que le juge mage est obligé de leur décerner sous semblable peine en son propre et privé nom (1) ». ’importance de cet hôpital qui paraît avoir tou-. jours été, comme l’indique son nom, uniquement destiné à recueillir les pauvres, diminua peu à peu à mesure que se fondaient de nouveaux établissements vers lesquels allaient les dons des personnes charitables de la ville. La maison devait d’ailleurs tomber en ruine et ne plus être en état d'offrir un abri aux indigents puisque nous lisons dans Devic et Vaissette qu’en 1646 on résolut de construire de nou: veaux locaux et que les pauvres furent transportés à Notre-Dame du bout du pont maïson de charité la plûs importante de la ville à cette époque et dont nous parlerons dans la suite. Ce fait est consigné dans le registre des délibérations municipales de Carcassonne et a été rapporté par Mahul dans son GCartulaire: « janvier 1648. Le Conseil général étant assemblé, MM. les Consuls par l'organe de S' de Cathelan premier d’iceux représenta qu’il avait plu à la divine bonté d’inspirer un dessein du tout céleste et surhumäin. savoir de bastir et ériger un hôpital de Charité. Ce projet venu du ciel, ayant été proposé le 24 oct. 1647, il aurait été uniformément, comme

1, Viguerie, ouvrage cité, t. LI, p. 605.

dit l’apôtre, reçu, accepté et approuvé de tous en conseil général... agissant donc par ce St mouvement il aurait été proposé en conseil, pour vous formé le 7 déc. dernier concernant led. hôpital de Charité, de prendre provisoirement le devant de l'hôpital de Notre-Dame du bout du pont répondant au midi, pour là enfermer les pauvres du dit hôpital de Charité, comme aussi pour et avec l’assistance de nous consuls, led. hôpital pouvoir’ être régi et le revenu administré, il auroit été proposé la nomination des personnes de Mond. S" le Président et juge mage, de M. F. Ducup docteur et avocat, des S'° Antoine Rech bourgeois, François Coutaud et Jean Mas marchands, pour intendants, et du Sr Jean Fornier bourgeois, pour trésorier dud. hôpital ».

Les pauvres furent donc transportés dans une aile de l'hôpital Notre-Dame du bout du pont et restèrent là jusqu’à la fondation de l'Hôpital- Général. Ils ne manquèrent de rien et reçurent de nombreux dons ainsi que l’attestent les registres de l'hôpital. On y lil ces lignes à la date de février 1648 : On était dans l'usage de distribuer chaque dimanche dans chaque paroisse quatre pains bénis de 10 livres chacun, ils furent accordés en nature ou en argent à l'hôpital de Charité. — 100 livres destinées aux aumônes despauvres passans,sont accordées aux pauvres de l'hôpital de la Charité. Arrérages de 200 liores du legs de feu Pagès,accordès au même hôpital. Bailleures du blé qui se mesure au marché, accordées au même hôpital. Cette bonne année fut si agréable

à Dieu qu'il fit abonder de toutes parts, led. hôpital, de toutes sortes de commodités, car les Sieurs Recteurs firent de notables réparations aud. hôpital, eurent de quoi acheter les lits, matelas, marfreques, couvertes pour les pauvres, même construiré une petite chapelle, à laquelle ils eurent calice d'argent, chasubles, aubes, nappes et autres choses ; ils eurent ‘un prêtre destinépour instruire les pauvres enfermés, leur faire prier Dieu deux fois le jour, soir et matin, les confesser et leur dire la messe tous les dimanches et fêtes chômables et si à la fin de’ l’année,on laissa aux Recteurs leurs successeurs une vingtaine de | charges de vin, et 15 ou 20 setiers de bled, il resta en outre entre les mains.de Sr Fornier, trésorier dud. hôpital, plus de\300 liv. Les Etats lors prochains, se rencontrant en ville, auroient, par l'assistance de Mgr l'Evéque de Carcassonne et sollicitation desd. Recteurs, leur firent don de 600 livres (x).

Les pauvres restèrent là dix-neuf ans environ et furent transportés en 1686 dans les nouveaux locaux qui venaient d’être construits pour eux et qui s’appelaient /’Hôpital- Général.

Nous ne suivrons pas les pauvres dans ce nouveau domicile. L'Hôpital Général ayant été inauguré à la fin de l’époque que nous étudions, nous réserverons son histoire et nous parlerons de suite de la troisième maison qui prospérait à Carcassonne en 1269: la Maladrerie de la Madeleine.

1. Mahul, Cartulaire, 1. VI, p. 485. Extrait du registre de l’hôpital intitulé la Charité.

Page 1