‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inédits (volume 2)Chapitre 13 sur 229 · HOSPITALIÈRES DE LA CHARITÉ-NOTRE-DAME OU DE LA PLACE-ROYALE · texte numérisé non relu

HOSPITALIÈRES DE LA CHARITÉ-NOTRE-DAME OU DE LA PLACE-ROYALE

La maison des Hospitalières delà Gliarité-Notre-Damc, située cul-de-sac des Hospitalières, occupait remplacement de l'ancien palais des Tournelles, que Catherine de Médicis fit démolir après la mort tragique de Henri II; elle se composait de quatre corps de logis , de trois cours et d'un petit jardin. Sa fondation remontait à l'année 1626 et donna lieu à des contestations judiciaires; les frères de la Charité s'opposèrent à l'enregistrement des lettres patentes obtenues par ces Hospitalières, parce qu'elles avaient pris la dénomination de la Ciiarité-Nolre-Dame; un arrêt du Parlement, du 4 avril 1626, obligea les religieuses à se contenter du titre d'Hospitalières de Notre-Dame. Leur établissement était consacré au soulagement des filles ou femmes malades que désignaient les fondateurs ou titulaires de 28 lits, et qui, généralement, n'appartenaient point à la classe populaire; c'étaient des personnes qui ne se trouvaient pas assez pauvres pour demander leur admission à l'Hôtel-Dieu, mais pas assez fortunées pour supporter chez elles les frais d'une maladie. Dans un mémoire relatif au régime de ces Hospitalières^-^, on citait une dame de qualité qui, tombée dans l'indigence, vint s'y faire soigner d'une maladie; peut-être voulait-on faire allusion à M™'' de Maintenon, qui séjourna en etlet chez les Hospitalières de la place Royale, avant d'entrer à la cour.

Le revenu des Hospitalières de la Charité-Notre-Dame, con-

''' Cf. le lome 1" de notre recueil, ^'' Cf. le tome 1" de noire recueil,

INTRODUCTION. cxm

stitué piincipalement par des rentes ou des loyers d'appartements dans l'intérieur du couvent, se montait à 33,9-23 livres, et la dépense à 2/1,582 livres 5 sols U deniers, pour l'entretien des 23 femmes malades, des i5 auguslines professes, des 6 sœurs converses, des 5 postulantes, de 9 tourières et filles de service. Aux 2 3 lits étaient attachées des fondations, confondues dans la nianse des religieuses et représentant une somme de 8,972 livres i3 sols 10 deniers. Bien que les Hospitalières de la Charité-Notre-Dame eussent insisté dans leur déclaration du 2/1 février 1790^^) sur la grande utilité de leur établissement qui, à les entendre, présentait une ressource inexprimable pour les pauvres, les commissaires du Comité de mendicité furent obhgés de constater que dans aucun hôpital ils n'avaient rencontré une mortalité aussi forte, A92 décès sur i,5/i2 malades reçus de 1780 à 1789, c'est-à-dire près du tiers, soit que la maison fut malsaine, soit que la salle des malades, incontestablement trop basse, fût mal aérée; aussi conclurent-ils que la suppression de cet hôpital serait avantageuse pour le public.

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