HOSPITALIERES DE LA ROQUETTE
Cette communauté religieuse, consacrée également à l'assistance des filles et femmes malades, n'était originairement qu'une annexe et à proprement parler la maison de campagne des Hospitalières de la place Royale; en 1690, un décret de l'archevêque de Paris, ratifié par des lettres patentes de 1691, en fît un établissement distinct. L'hôpital en question contenait 2 3 lits, dont 16 seulement étaient occupés par des malades au choix des fondateurs, les 7 autres par des personnes payant 20 sols par jour. Quoique la maison de la Roquette, pas plus que celle de la place Royale, ne dût recevoir de sujets atteints de maladies incurables, nombre d'infirmes y avaient abusive-
''' CF. le toino I" de noire recueil, 11° 182.
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cxiv L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.
ment élu domicile. Chaque malade était couché séparément dans une salle vaste, bien tenue et bien aérée; malgré ces conditions extrêmement favorables, la mortalité y était excessive : sur /|66 individus reçus de 1780 à 1790, i58 étaient morts. Les Hospitalières de la Roquette disposaient d'un revenu fixe de 36,908 livres 5 sols 9, deniers et d'un revenu éventuel de 8,565 livres k sols, produit par les pensions des malades et des dames logées dans la maison. La dépense s'élevait à /i5,i66 livres 6 sols, dont 3i,â5o pour nourrir, chauffer, éclairer et médicamenter les 78 personnes habitant l'établissement, savoir : 28 religieuses, tant professes que converses, 2 chapelains, 3 sacristains et jardiniers, 6 lilles de service, 16 dames en chambres et 23 malades. Les réparations des bâtiments, achat de linge et de mobilier, honoraires de médecins, gages de domestiques, absorbaient 9,90/1 livres 6 sols; une somme de 9,582 livres représentait les frais de sacristie, honoraires de cliapelains et prédications, enfin la maison était chargée d'une rente viagère de 2,/ioo livres^''. D'après un calcul envoyé au département des hôpitaux par M. Félix de Montry, à titre davis et de conseil des Hospitalières de la place Royale et de la Roquette, on pouvait constater, bien que ces deux maisons n'eussent entre elles aucune relation d'administration , qu'il y régnait le même esprit d'ordre et d'économie; la dépense par tête était sensiblement la même, un peu plus forte pourtant chez les religieuses de la place Royale, qui dépensaient annuellement 42 3 livres 17 sois par tête, tandis que celles de la Roquette ne dépensaient que 417 livres 16 sols; cette différence provenait de ce que les Hospitalières de la Roquette possédaient un vaste jardin, produisant fruits et légumes ^^^
Dans le projet d'établissement de quatre hôpitaux destinés à remplacer l'Hôtel-Dieu, la maison des Hospitalières de la Ro-
'•> Cf. le tome I" de notre recueil, n" 188, 18g. <'> Ibid., n" 190.
INTRODUCTION. cxv
quette, reconstruite sur les plans donnes par M. Poyet, devait former l'un de ces hôpitaux et se composer d'une série de bâtiments parallèles, séparés les uns des autres, de façon que l'aération ne laissât rien à désirer.