‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inédits (volume 2)Chapitre 15 sur 229 · HOSPITALIERES DE LA RUE MOUFFETARD · texte numérisé non relu

HOSPITALIERES DE LA RUE MOUFFETARD

En 1679, Jacques Le Prévost d'Herbelay, maître des requêtes, fit don aux Hospitalières de Gentilly d'une somme de 27,000 livres, spécialement affectée à la fondation d'un couvent et d'un hôpital au faubourg Saint-Marcel , sous le titre de Saint-Julien et Sainte-Basilisse, pour y recevoir les pauvres fdles et femmes malades : telle est l'origine de la maison des Hospitalières de la Miséricorde, sise rue Mouffetard. Elle comprenait ho lits occupés par des malades en vertu de fondations et 8 lits réservés à des infirmes qui payaient 5oo livres de pension. Malgré les soins charitables de ces Hospitalières, au nombre de 9/1, la mortalité dans cet hôpital était effrayante : sur 3o^ malades reçus durant les dix dernières années, 189 étaient morts, c'est-à-dire plus du tiers ; il est à présumer que le délabrement et l'exiguïté des locaux, d'une part, leur situation dans un quartier pauvre et malsain, d'autre part, n'étaient pas étrangers à ce résultat peu encourageant. Au début de l'année 1790, les Hospitalières de la rue Mouffetnrd, par suite de l'insuffisance des revenus affectés aux fondations de lits, qui n'atteignaient pas 19,000 livres, en raison aussi de la vétusté de leurs bâtiments et de la cherté des vivres, se trouvaient très obérées; elles devaient à presque tous leurs fournisseurs, notamment i3,3 1 3 livres 10 sols au boucher, 11, '3 7 6 livres au marchand de blé, 4,980 livres au marchand de vin, 6,1 35 livies à l'épicier, sans compter 5,700 livres d'argent emprunté, et le passif qu'elles furent obligées d'avouer en faisant la déclaration de leurs biens, le 97 février 1790, se montait à 1 7,Ao2 livres i5 sols 10 deniers, somme considérable pour une communauté disposant de

cxvi L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.

très maigres ressources, puisque l'ensemble de ses revenus n'atteignait pas 2^,0 0 0 liv)'es(^). L'opposition mise au payement des loyers et des rentes de ces pauvres religieuses accrut la détresse dans de telles proportions que la supérieure fut contrainte d'implorer du secours pour empêcher sa communauté de mourir de faim^-l Comme cette maison était d'une grande ressource pour les pauvres du quartier Moufîetard, qui en désiraient la conservation, les commissaires du Comité de mendicité ne voyaient qu'un moyen de leur donner satisfaction : la réduction du nombre des lits.

Les Hospitalières de Sainl-Mandé, originairement établies à Gentilly, furent transférées à Saint-Mandé en i yoB ; elles étaient au nombre de 3o et avaient la charge d'un hôpital ou, pour mieux dire, d'une maison de retraite destinée aux femmes âgées et infirmes, maison qui comptait 97 lits, dont 1 1 occupés gratuitement; ces religieuses s'acquittaient de leur mission avec le plus grand dévouement; leur revenu se montait à 1 6,609 livres.

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