‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inédits (volume 2)Chapitre 21 sur 229 · ATELIER DES RÉCOLLETS · texte numérisé non relu

ATELIER DES RÉCOLLETS

A la suite du décret du 10 juin, qui mettait à la disposition de la Municipalité les couvents des Récollets et des Jacobins pour l'établissement d'ateliers de filature, le département des travaux publics fut chargé de l'appropriation des locaux, pendant que le département des hôpitaux devait s'occuper de l'organisation et de la direction des ateliers. M. Guignard, l'un des administrateurs de ce département, déjà investi de la surveillance du Bureau de filature établi rue Bourbon-Villeneuve, fut chargé par ses collègues d'assurer le fonctionnement de l'atelier des Récollets. Conformément à un devis dressé le 26 juillet (-), M. Poyet, architecte de la Ville, proposa d'installer la filature des Récollets dans le chœur, dans la sacristie, dans la salle du chapitre, dans le réfectoire, dans sept petites cellules des moines, dans une portion de cloître et dans le pavillon qu'occupait un manufacturier absent, M. Charton. La dépense de l'aménagement fut évaluée à 1 ,600 livres; les vingt religieux restés dans le couvent furent relégués dans les bâtiments de leur infirmerie. Diverses

'^'' Cf. le tome II de noire recueil. *"^ (^f. le lonie 11 de noire recueil,

n" i83, 187. Il" 200.

cLxx L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.

circonstances, telles que la présence des députés de la Fédéralion dans la maison des Uécollets^'', le grand banquet qui ("ut alors donné dans le jardin, retardèrent l'ouverture de l'atelier de filature. M. Guignard se plaignit également des obstacles que soulevèrent, d'une part les religieux habitant le couvent et réduits aux expédients, d'autre part le comité de la section de Bondy, qui occupait de nombreuses salles et qui, sous prétexte que M. Bailly lui avait promis la bibliothèque, pièce très vaste, propre à formel' un superbe atelier ou un magasin des fils et cotons, réclamait le réfectoire pour y tenir ses assemblées générale's^^). Une autre cause de troubles pour l'atelier de filature fut la proximité de la caserne des grenadiers, dont l'une des portes communiquait avec l'intérieur de la maison, de sorte que les soldats pouvaient circuler à leur guise dans le couvent ou dans le jardin '^^ ce qui occasionnait des allées et venues continuelles et un désordre très préjudiciable à la bonne tenue de l'atelier. Aussi M. Guignard insista tout particulièrement pour que la porte de communication avec la caserne fût condamnée, que l'entrée de la maison fût interdite aux soldats et que les Pileuses fussent absolument séparées du public. Quoique la majeure partie du couvent des Récollets eût été convertie en ateliers, on fut obligé de restreindre encore l'espace laissé à la disposition des religieux; ceux-ci se plaignii'ent,le 90 octobre ^*\ de n'avoir accès dans leur église que par un corridor dérobé conduisant au cloître, fort incommode et encombré parles pauvres, qui s'y installaient pour prendre leurs repas, au moment même où ils allaient être privés du grand corridor de leur couvent qu'on voulait supprimer et transformer en bureaux pour le service de la filature. M. Guignard proposa également d'annexer à l'atelier un local adjacent, occupé jusqu'alors par le sieur Charton, manufacturier en étolfes de soie et laine, qui avait ])assé à

*'' Cf. le lome II de notre recueil, '•'^ Cf. le lonie II de noire recueil,

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