‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inédits (volume 2)Chapitre 22 sur 229 · II" 198. U" -20(J · texte numérisé non relu

II" 198. U" -20(J

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INTRODUCTION. cl.wi

l'étranger, laissant eu place toute son installation à la merci de ses créanciers, et il envoya, le h aonl 1790, un rapport très complet sur le parti que l'on pourrait tirer de cette fabrique ^'^.

Bien que M. Guignard fût parfaitement secondé pai' le directeur de Tateliei", M. Coquet, jeune homme actif, plein de zèle et très entendu ^^\ sa tache n'était pas facile; il lui fallait veiller de très près à la salubrité de l'atelier sans cesse menacée, et enq^êcher qu'il ne fut contaminé par des individus atteints de maladies contagieuses, telles que la gale ou la teigne. Le 5 août 1790, cet administrateur mettait en garde contre la présence des galeux et demandait leur renvoi à l'Hôtel-Dieu; le 20 août, il faisait expédier à la Salpêtrière, ])our y recevoir des soins médicaux, sept femmes atteintes de la gale, n'ayant d'autre domicile que les fours à plâtre et néanmoins occupées dans les atehers^^^ La malpropreté des malheureux en guenilles admis à l'atelier des Piécollets était telle, que le directeur, M. Coquet, priait, le II octobre. M, de Jussieu d assister à la visite, anjioncée pour le lendemain, de MM. Poyetet Guignard, à l'eiretd'obtenii" que les employés de la maison ne fussent pas logés au milieu des ateliei's, où ils ne pourraient goûter de repos, ni se préserver de la vermine qui les rongeait déjà''*^.

La misère et le vice étaient trop souvent l'apanage de ces déshérités; plus d'un ouvrier, plus d'une ouvrière de l'atelier furent chassés pour vol et pour inconduile. 11 ne manquait pas de turbulents et de mutins, qui ne cherchaient qu'à exciter des désordres; certains avaient même insinué que les pauvres ne gagnaient pas assez et qu'on devrait leur donner au moins 12 sols. M. Guignard observait à cet égard qu'il y avait de ces pauvres qui ne gagnaient même pas la nourriture qu'on leur donnait, et qui perdaient plutôt la marchandise laissée à leur disposition; il tenait aussi à être fixé sur l'âge d'admission des

''^ Cf. le tome It de notre recueil. ''' Cf. le lome II de notre recueil,

n" 'icô. a" 206, 210.

^'' Ibid., n" 19G. ''^ Ibid.,n'' 2-Ji.

cLxxii L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.

enfants de l'un et de l'autre sexe^'^, déclarant qu'il en venait d'un âge si tendre qu'on pouvait à peine les occuper à l'épluchage, et que de la sorte l'établissement se convertirait bientôt en maison de pitié.

On ne s'étonnera pas d'apprendre que certains de ces pauvres reçus dans les ateliers étaient considérés comme fort dangereux. M. Guignard écrivait, le 3o juillet, à M. de Jussieu pour obtenir des fonds dans les termes les plus pressants : rr Surtout de l'argent pour demain matin, disait-il. car si la paye manquait, les ouvriers ne nous manqueraient pas. t Dans une autre lettre datée du 5 août, il faisait les mêmes recommandations : r II faut de l'argent comptant pour samedi, car si la paye manquait, il pourrait arriver des malheurs; quelle que soit la douceur que l'on emploie pour ces gens-là, il y en a, dans les femmes surtout, qui sont terribles, et l'on a plusieurs exemples de révoltes excitées par des femmes(^). a Dès le lendemain, M. Smith avait ordre d'envoyer 600 livres en écus à M. Coquet.

Au point de vue de ses relations avec les employés de l'administration des finances, M. Guignard se trouvait dans une situation extrêmement gênante, obligé qu'il était d'attendre des fonds de M.- Smith, sans pouvoir lui adresser aucune demande, rrll serait impolitique, observait-il, de donner la grande main au Gouvernement sur nos ateliers. Recevons ses fonds, puisqu'il veut bien nous en donner, mais gardons-nous bien d'avoir directement des conférences avec ses agents. Il est de la dignité d'un oÛicier municipal d'être bien mesuré dans ses démarches. T)

Lorsque l'argent manquait pour la paye des ouvriers, on faisait patienter crces braves gens-n, encore d'humeur assez accommodante, au moyen d'une distribution de riz; seulement, comme le montre une lettre de M. Guignard à M. Bailly ^^\ les

^'^ Cf. le lome II de noire recueil, ^'' CeUe lettre est datée du ^'i août

n" 909. 1790- ^t- l*^ tome II de notre recueil,

''' Ibid., n"' 3o3, 206. n" -lia.

INTRODUCTION. clxxiii

pauvres finissaient par se dégoûter du riz et demandaient des lentilles ou des fèves.

Le personnel employé dans l'alelier des Récollets nécessitait une dépense de io,5oo livres par année; il comprenait, à côté du directeur, deux commis, un chef d'atelier à la tête de la salle des garçons, un autre tenant les écritures des ateliers de fd et de coton, deux inspectrices, un garçon de salle, un portier surveillant, un chef de magasin et un tourneur^'l

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