‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inédits (volume 2)Chapitre 224 sur 229 · AU 8 JANVIER · texte numérisé non relu

AU 8 JANVIER

Demoiselle Catherine Trevet, âgée présentement de 66 ans 2 mois, native du village de Clamarre, près et diocèse de Paris, fdle.

Amenée par sa famille le 29 novembre 1760, qui s'est obligée de payer une pension de hbo^ par an. Reçu un ordre du Roi, donné à Versailles le 19 mai 175/i, contresigné de Voyer d'Argenson, portant de la retenir dans la maison de S'^-Pélagie et de l'y garder jusqu'à nouvel ordre, au moyen de la pension qui sera payée par sa famille.

Cette pension est payée aujourd'hui par M" Delahaye.

On observe que si cette fille est encore détenue, ce n'est pas parce qu'on n'a point voulu lui accorder sa liberté, mais seulement parce que lorsqu'elle lui a été offerte différentes fois , elle a prié de la laisser dans la maison. On auroit pu cependant, sans contrarier la volonté de cette demoiselle, lever la lettre de cachet et la laisser libre de rester à la maison, comme on l'a fait pour beaucoup d'autres, qui, bien qu'elles aient eu connoissance de leur liberté, ont préféré de rester à la maison, et dans ce moment il y en a encore plusieurs qui jouissent de leur liberté en sortant à volonté.

A l'égard des causes qui dans les temps ont fait renfermer cette demoiselle, elles sont inconnues à la supérieure et aux dames qui gouvernent cette maison, parce qu'elles n'y sont entrées qu'en 175/1 et

que l'ordre du Roi, ni les registres, n'en font aucune mention.

Demoiselle Charlotte de Villy, âgée présentement de /ia ans environ, (|e Paris, paroisse S'-Etienne-du-Mont, femme de Bernier.

762 L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PAIUS.

Entrée ic 17 mars 1772 par ordre du Roi, donné à Versailles le 8 desdits mois et an, contresijjné Phelippeaux, portant de la recevoir dans la maison de S^^-Pélagie et de l'y garder jusqu'à nouvel ordre, au moyen de la pension qui sera payée par son mari. La pension a été convenue à 325^ par an et c'est M. de Villy, oncle de ladite femme Dernier, qui s'est chargé de payer cette pension.

M. de Villy est décédé le 1 0 octobre 1789 et a laissé par testament à sa nièce 5 à 600^ de pension payable par M'"" Le Soude, marchande lingère à l'Orme-S'-Gervais, et y a mis la condition que sa nièce ne rentreroit point avec son mari, mais qu'elle resteroit dans cette maison, ou se retircroit dans telle autre, de manière qu'il ne fut pas possible à son mari de l'y voir ; cette femme a préféré rester dans cette maison.

A l'égard des causes pour lesquelles elle est détenue, la supérieure ne peut point en donner de positives, tout ce qu'elle a pu en apprendre c'est qu'étant avec son mari, ils se sont ruinés par inconduile mutuelle et que cette dame n'avoit pas assez d'intelligence pour bien gouverner sa maison.

Demoiselle Jeanne-Françoise Lavesne, âgée présentement de 56 à 57 ans, de Montivilliers, diocèse de Rouen, religieuse de l'abbaye rovale dudit Montivilliers.

Amenée folle le 28 octobre 1781 par le s' Paty, inspecteur de police, en vertu d'un ordre du Roi, donné à Versailles le 8 desdils mois et an, contresigné de Vergennes, portant de la recevoir dans la maison de S'* Pélagie et de la retenir juscju'à nouvel ordre, au moyen de la pension qui sera payée par l'abbaye.

L'état de celte prisonnière est le même, toujours folle.

Demoiselle Elisabeth - Brigitte Hoyau.v, âgée présentement de hk ans environ, de la paroisse S'-Nicolas-de-Veaujours, diocèse de Paris.

Religieuse converse du prieuré de S-Martin-les-Borant, dite en religion sœur de S'^-Geneviève.

Amenée le 28 octobre 1786 par une personne de confiance dudit prieuré, en vertu d'un ordre du Roi, donné à Versailles le 1 1 desdits mois et an, contresigné le baron de Rrcteuil, portant de la recevoir

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