‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inédits (volume 2)Chapitre 225 sur 229 · MAISON DE SAINTE-PELAGIE · texte numérisé non relu

MAISON DE SAINTE-PELAGIE

dans la maison de S'-Pélagie et de l'y garder jusqu'à nouvel ordre, au moyen de la pension qui sera payée par les religieuses dudit prieuré.

La pension a été fixée à 600^ par an.

Les causes de la détention de cette religieuse sont différents vols. Néanmoins on peut assurer qu'elle n'en a fait aucun depuis son entrée dans la maison de S*'-Pélagie et qu'elle y a au contraire donné des marques d'une vraie conversion.

Demoiselle Elisabeth Durup de Baleine, âgée de 36 ans, de Castelgallons, et baptisée sur la paroisse de Notre-Darae-de-S'-Rapliaôl, diocèse de Bazas, dans la Haute-Guyenne, religieuse de l'Ave-Maria, dite en religion sœur de S -Augustin.

Amenée le 6 septembre 1788 par le s"" Poisson, inspecteur de police, en vertu d'un ordre du Roi, donné à Versailles le 3 4 août précédent, contresigné Laurent de Villedeuii, portant de la recevoir dans la maison de S"-Pélagie et de l'y garder jusqu'à nouvel ordre au moyen de la pension qui sera payée par (l'ordre est ici en blanc).

C'est M""* l'abbesse de l'Ave-Maria qui s'est chargée de payer la pension, à raison de /loo^ par an.

Les causes de la détention de cette religieuse sont les chagrins qu'elle donnoit à sa communauté avec laquelle son caractère méchant l'empêchoit de vivre, et d'autres inconnues dans la maison de S^- Pélagie et dont le couvent de l'Ave-Maria pourra donner connoissance.

Elle désire être placée dans un couvent, et on le désire davantage dans la maison où elle est maintenant, pour en être débarrassé.

Je supérieure de la maison du refuge de S*'-Pélagie unie à l'Hôpital Général de Paris, certifie que le contenu en l'élat cy-dessus et des autres parts est véritable et que les cinq personnes cy désignées sont les seules détenues dans ladite maison. Fait à S'^-Pélagie, le huit janvier mil sept cent quatre-vingt-dix.

(Signé) : De Chavigny.

Minute, Archives nationales, DV a , n" 28.

76Z» L'ASSISTANCE PUBLIQUK A PARIS.

r NOTICE SUR LA MAISON DU REFUGE, DITE DE SAIÎNTE-I'ÉLAGIE , ET LE PEN- SIONNAT DIT DE SA1NT-TII0M\S-DE-V!LLENEUVE, POUR L'EDUCATION DES JEUNES DEMOISELLES, ANNEXE À CETTE MAISON.

16 avril 1790.

Il y a dans celte maison îles filles et des femmes.

On en a reçu autrefois par sentences du prévôt de l'IIùlcl. du (îliàtelet et arrêts du Parlement, pour libertinage, etc., et des personnes qui venoient de bonne volonté dans la maison en (|ualilé de pénitentes, mais il y a déjà lon|;tems que l'on n'en reçoit plus par cond;iinnalion, ni de bonne volonté à litre de pénitentes.

Depuis que l'on avoil subslilué, en quelque sorte, les lettres de cachet aux formes juridi<[ues, on n'a plus reçu que par ordres du Roy des filles et femmes débauchées, quelques unes pour vols et bien peu pour crimes.

Il existe encore dans ce moment 5 personnes délenucs en verlu d'ordres du Roy, savoir : une relifjieuse folle, une idem pour vol, et une idem de l'Ave Maria, dont les molifs sont inconnus, une femme et une fille. On altend la décision de la Municipalité pour l'exécution des décrets de l'Assemblée nationale, et il a été envoyé à la Commune deux états de ces prisonnières pour la mettre en état de jufjcr si elles doivent être mises en liberté.

Indépendamment de ces cinq prisonnières, il y a encore dans la maison treize personnes, dont une partie se compose des filles grosses, l'autre partie comprend des filles et femmes ci-devant détenues par lettres de cachet, anéanties depuis par d'autres ordres dont elles ont connoissance, mais elles préfèrent de rester à la maison avec la liberté de sortir pour aller journellement où bon leur semble, en se conformant aux règles de la maison. Ces deux classes forment 18 personnes, toutes payant pension, depuis 3oo jusqu'à /loo^ par an.

On recevoit originairement des femmes et filles gratuitement, mais depuis la réduction des rentes qui a diminué les biens donnés à la maison sous cette condition, on n'y en a plus reçu, et il paroît (pie

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