‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inédits (volume 2)Chapitre 36 sur 229 · SUITE DU PROJET DE TYPOGR.VPUIE · texte numérisé non relu

SUITE DU PROJET DE TYPOGR.VPUIE

L'imprimerie va certainement devenir un des principaux objets du commerce de la capitale. La classe indigente travaillera à l'imprimerie dans Paris, comme à Genève, elle travaille à l'horlogerie. L'art de l'imprimerie cultivé par l'auteur du poème àWhel, par celui de Clarisse, par Franklin, par JNicolaïs et par les pères Faber, ne sera pas longtemps abandonné à des hommes illetrés; tout doit concourir dans notre établissement à le faire fleurir entre des mains plus habiles, et c'est pour contribuer à cette heureuse révolution que nous nous proposons d'établir dans le local même de nos ateliers un lycée civique en faveur du sexe, lycée où nos élèves puiseront gratuitement les connoissances nécessaires à leur travail.

Une nouvelle constitution prépare et donne de nouvelles mœurs; aujourd'hui que le peuple cherche à s'instruire pour s'élever à la dignité de l'homme, ne faut-il pas que les femmes, destinées par la nature à être les premières institutrices des hommes, soient, non seulement instruites de leurs propres devoirs, mais encore de tout ce qui tient aux vraies bazes, aux règles et aux agréments de la Société?

'" M. Pagiiier, maître menuisier, rue du Mont S' Hilaire, dont les talens connus sont la caution, nous a déjà fourni un modèle.

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L'ignorant, sot ou orgueilleux, ne se permettra plus sans doute de jeter du ridicule sur les femmes, qui par l'étude et la méditation chercheront à développer le germe de ces vertus, qu'elles trouvent si naturellement au fonds de leur cœur.

La modestie est le propre d'un esprit juste et éclairé, il sait mieux comhien il lui reste encore de connoissances à acquérir, et il a plus d'estime et de respect pour les hommes distingués par leur savoir, c'est à ces mêmes hommes, observateurs exacts et réfléchis, que nous oserons dire que la femme a en général une infinité d'idées justes, fines et précieuses, qui lui sont réservées par le sentiment, l'esprit même le plus délié et le plus pénétrant ne peut y atteindre, mais, si la sensibilité qui les j)roduit étoit plus éclairée, les femmes travailleroient avec plus de succès à l'éducation de leurs enfants, toute mère de famille deviendroit institutrice et remplasseroit avec avantage ces couvents de rehgieuses ou maisons d'éducation, qui n'ont souvent d'autre baze que le prix de la pension des élèves. Peut-il exister un spectacle de bienfaisance plus touchant, plus pénétrant que celui d'une mère entourée de ses enfants et dont l'âme s'ouvre et s'étend à proportion de leurs besoins? Les institutrices de cette classe ne se borneroient pas à orner leur esprit, elles s'occuperoient encore plus particulièrement à former leur cœur et leur caractère, d'où dépend véritablement le bonheur de la vie.

Régénérer l'éducation des mères de famille ou des demoiselles destinées h le devenir, leur indiquer, leur fournir les moyens d'acquérir toutes les connaissances auxquelles elles peuvent atteindre, leur persuader surtout que, le principe moteur du bonheur, c'est le travail et l'instruction, (jue partout et dans tous les temps, c'est sur l'ignorance que la tyrannie a fondé son empire, tel est le but où nous aspirons en ouvrant un lycée civique et national.

Ce lycée sera sous la direction et présidence d'un homme connu par ses talens, son esprit et ses bonnes mœurs, il dirigera méthodi- (juement les études propres à servir d'introduction aux arts et aux sciences que les femmes se proposeront de cultiver, il les aidera à choisir suivant leur intelligence, leur goût et les connoissances que chacune d'elles aura déjà acquises.

Nous formerons une bibliothèque, dont elles pourront venir consulter les ouvrages à toute heure du jour.

Des professeurs leur enseigneront les langues, l'iiistoire, la géographie et la morale.

Des maîtres particuliers leur donneront des leçons de dessin, de peinture, de gravure et de musique; ces différents arts sont naturellement du ressort des femmes et peuvent même leur convenir comme une ressource utile; nous offrirons gratuitement tous ces moyens d'instruction à la classe indigente du sexe, qui est la partie la plus intéressante de notre établissement, mais les femmes que la fortune a favorisées donneront trois louis par an pour être admises à tous les cours du lycée civique et national.

Minute, Archives nationales, F'* 1861.

[2] LETTRE DE JF^ DE BASTIDE ADRESSANT LE PLAN D'UNE ECOLE GRATUITE DE TYPOGRAPHIE AVEC CELUI D'UN LYCEE CIVIQUE.

19 novembre 1790.

Ce 19 novembre 1790.

Comme vous voyez. Monsieur, par esprit comme par le cœur, l'idée simple d'une école gratuite de typographie offrira sûrement à votre sagacité toutes les spéculations qui en dérivent naturellement.

Pour imprimer, il faut des caractères, nous aurons donc une fonderie, à laquelle nombre de femmes peuvent être employées pour le frottement des caractères, d'autres à l'imprimerie, à la presse, aux pliages des feuilles, à la brochure, enfin à tout ce qui concerne la librairie.

Comme je désire. Monsieur, que tout concoure à faire fleurir l'art de l'imprimerie dans des mains plus habiles, mon projet est d'établir dans le même local de nos atteliers un Ivcée civique en faveur de nos élèves.

Faitte-moi la grâce, Monsieur, de vous distraire un moment de vos grandes occupations pour jetter un coup d'œil sur des idées encore informes, mais dont l'objet me paroit important. Je recueillerai avec bien de la reconnoissance les avis que vous aurez la bonté de me donner à ces divers égards, et quand vous jugerez à propos, Monsieur,

OEUVRES DE CHARITE ET DE BIENFAISANCE. /i5

d'en conférer avec moi. un mot tic votre part me fera voler au devant de vous.

Quelque tems avant le décret rendu par l'Assemblée nationale en faveur des religieuses, j'avois osé lui adresser la motion que je joins encore icy. Vous jugerez, Monsieur, par cette bagatelle combien j'ai à cœur le bonheur de mon sexe, aujourd'hui je ne me borne pas seulement à indiquer les moyens de le rendre heureux, je lui en offre le principe moteur dans plus d'un genre.

J'ai l'honneur d'être, Monsieur, avec les sentimens les plus distingués, votre très humble et très obéissante servante.

De Bastide.

Miaule, Archives nationales, F'M 861.

DECISIONS DU COMITÉ ECCLESIASTIQUE EN FAVEUR DES SOEURS DE CHARITE PORTANT NOTAMMENT QUE LEURS MAISONS NE POUVAIENT ETRE MISES EN VENTE, LESDITES DECISIONS ADRESSEES À LA MUNICIPALITE.

91 et 99 novembre 1790.

Paris, le 91 novembre 1790.

Les sœurs de la Charité , Monsieur, ne sont point exceptées par les décrets de l'Assemblée nationale, leurs biens doivent être administrés et vendus, comme tous les autres biens nationaux, mais il leur sera tenu compte de la totalité de leurs revenus, en exécution des articles 3 du titre 2 du décret sur les ordres religieux, i et 6 du titre premier du 28 octobre.

Au Comité ecclésiastique de l'Assemblée nationale. *

Signé: Ewilly, président , et Le Breton, secrétaire.

Paris, le 99 novembre 1790.

Le Comité ecclésiastique s'est fait représenter sa lettre du 2 1 novembre adressée à la Municipalité relativement à la pétition des sœurs

de la Charité, elle s'est fait représenter en même temps le décret du 9 3 octobre dernier et s'est convaincu que l'esprit et le texte de ce décret sont applicables à ces sœurs, et qu'en conséquence leurs maisons no peuvent être vendues quant à présent.

Au Comité ecclésiastique de l'Assemblée nationale.

Signé : Dionis, président, et Gerle, secrétaire. Miniilos (iî p.), Arcbives nationales, D xix lili, n" 702.

LETTRES DU COMITE DE MENDICITE AUX ADMINISTRATEURS DES BIENS NA- TIONAUX RELATIVEMENT À LA CONTINUATION DES RENTES SUR LE CLERGÉ, SUR LES ÉCONOMATS ET SUR LES TIIÉATINS, AFFECTÉES AUX PAUVRES DE SAINT-SULPICE.

97 novembre et 1" décembre 1790.

A MM. les administrateurs des biens nationaux de la ville de Paris.

Paris, le 97 novembre 1790.

Le Comité de mendicité ne peut [que] se réunir a MM. les administrateurs des biens nationaux de la ville de Paris pour proposer à MM. du Comité ecclésiastique d'ordonner que les trois rentes, alTectées sur le clergé, les économats et les Théatins et destinées aux pauvres de S'- Sulpice, leur soient continuées jusqu'à l'entière organisation des secours dans la capitale; il semble que cette conduite, conforme à celle tenue jusqu'ici par le Comité ecclésiastique, est plus nécessaire et plus instante dans la circonstance où se trouve la paroisse S -Sulpice.

Paris, le 1" décembre 1790.

Les Comités de mendicité et ecclésiastique réunis pensent, Messieurs, que les trois rentes, affectées sur le clergé, les économats et les Théatins et destinées aux pauvres de S'-Sulpicc, doivent leur être continuées jusqu'à l'entière organisation des secours dans la capitale. Cette décision, conforme à l'article 12 du décret du 1 5 août dernier.

demande la plus prompte exécution dans les circonstances fiicheuses où se trouve la paroisse de S'-Sulpice.

Aux Comités ecclésiastique et de mendicité.

Signé: Dioms et Gerle, secrétaires du Comité ecclésiastique, LiANGOURT et Prieur, du Comité de mendicité.

Copies, Archives nalionales, AF*i i5, fol. G8 r" et Gg v°.

COMPTE DES DEÎSIERS DE LA SOUSCRIPTION OUVERTE PAR M. BAILLY POUR FAIRE TRAVAILLER LES PAUVRES, AVEC LETTRE D'ENVOI DE M. DUFOUR , SECRÉTAIRE DE LA MAIRIE.

10 décembre 1790.

Paris, ce 10 décembre 1790.

Monsieur,

J'ai l'honneur de vous envoier le compte sur lequel vous avez bien voulu jetter les yeux mardi , et dont vous m'avez demandé copie ; au jour où je l'ai arrêté, je me trouvois, comme vous l'avez vu, en

avance de 1 '977^ 9' ^"^

depuis j'ai paie à la paroisse S -Paul 1 45^ /i'

à celle de S'-Benoist 28^ 16^

au moien de quoi mon avance se monte à 2,101^ 9' 2

J'ai été assez heureux pour passer mon Lillet de 200 hvres sans être obligé d'acheter de l'argent.

Je vous serai infiniment obligé de vouloir bien me procurer la rentrée de cette avance et me procurer une somme quelconque avec laquelle je puisse doresnavant paier aux paroisses les façons de bas que j'aurai à leur remettre, je pense que /i,ooo^ feroient notre affaire, je reprendrois mon avance et il me resteroit 1,8/18^ 1 0' 1 0'', dont je vous ferois compte à partir de ce jour.

Je vous envoie en même temps un projet de compromis signé du s" Albert'^' pour terminer à l'amiable les contestations qu'il a élevées sur des répétitions qu'il croit avoir à exercer, je vous défère cet objet en vous priant de vouloir bien faire un compromis , nommer un arbitre et voir à terminer touttc contestation avec le s"" Albert, vous ne voulez rien avoir à lui, non plus que M. Bailly, et si l'examen élablissoit, ce qui me paroît très douteux, qu'il lui fût dû quelque chose, il faudroit le paier.

Ce matin, il s'est présenté un serrurier qui a présenté un mémoire d'ouvrages faits à la manufacture, et dont il réclame le paiement, je l'ai renvoie à vous, et vous déciderez dans votre sagesse ce qu'il y aura à faire.

Je comptois avoir l'honneur de vous écrire plus tôt, mais voilà 3 jours qu'il m'est impossible de faire une Hgne,jesuis obligé d'écrire ceci à la hâte, et il vous est aisé de vous en appercevoir.

Votre très humble et très obéissant serviteur.

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