‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inédits (volume 2)Chapitre 5 sur 229 · LUI · texte numérisé non relu

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étaient assez souvent déposés, mais, afin de déjouer les calculs de parents peu scrupuleux qui ne voyaient dans ces abandons que le moyen d'assurer un meilleur sort à leurs enfants en bas âge, l'Administration entourait de difficultés le retrait de ces enfants; elle exigeait le payement d'un droit de recherche de 1 2 livres i o sols et le remboursement de la nourriture de l'enfant abandonné, évaluée à loo livres par année, enfin elle ne restituait l'enfant qu'à des personnes mariées, agissant en leur nom ou pour le compte d'autrui^^l Le nombre des réclamations se montait à 600 ou 700 par année; mais celui des enfants rendus ne dépassait guère une trentaine.

Aucun enfant, comme l'on sait, n'était admis aux Enfants- Trouvés sans avoir été porté chez un commissaire au Ghàtelet et inscrit sur un registre spécial , où étaient marqués le jour et le lieu de sa naissance, son nom, ceux de ses parents, s'ils étaient connus, enfin tous les renseignements de nature à fixer l'état civil de l'enfant et à permettre plus tard de le réclamer (-'. Vei's

'"' Réponses aux questions faites par M. de Jussieu sur les hôpitaux des Enfants-Trouvës, u° s» 08 de notre tome 1".

^^^ Plusieurs de ces registres existent encore aux Archives Nationales parmi les minutes des commissaires au Ghâtelet. Voici un spe'cimen d'une de ces inscriptions d'enfants, extrait des registres du commissaire Picard Desmarest(Yi5ii8) :

frDu samedy 1 may 1790, 6 heures du soir.

ffLa nomme'e Marie Westl, femme de Jean-Baptiste Perin, cy-devant employé aux fermes et absent de celte ville présentement, elle couturière en rohbes, demeurant rue du Four-Saint- Germain, n" 109, a apporté en notre hAtel Alexandre Ange, son fils, né le 27 janvier 1789, baptisé le 39 du

même mois à Saint-Sulpice , [)ar M. Malroux, vicaire de cette paroisse, suivant l'extrait baptistaire qu'elle nous en a représenté, lequel enfant elle nous a déclaré être dans l'intention de porter aux Enfans-Trouvés de cette ville, attendu l'impossibilité où elle se trouve maintenant de lui donner la subsistance et les autres choses nécessaires à la vie, par la misère où elle se trouve réduite par l'absence de son mary, qu'elle est même dans l'intention d'aller rejoindre à Neuf Brisack en x41sace. Pourquoy elle nous requiert de lui délivrer notre ordonnance pour porter cet enfant aux Enfans-Trouvés et y rester jusqu'à ce qu'elle ait la faculté de l'en retirer, en conséquence nous le lui avons remis, ainsi qu'elle le reconnaît et s'en charge , pour le porter aux Enfans-Trouvés, reconnoissant aussi que nous lui avons remis

Liv L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.

la fin de novembre 1790, au moment où les commissaires du Ghâtelet allaient cesser leurs fonctions, deux clercs de commissaires, les sieurs Colin et Devillers proposèrent d'ouvrir un bureau, sous les auspices et l'inspection immédiate de la Municipalité, dans un local voisin des Enfants-Trouvés, à l'effet de continuer ces enregistrements, jour par jour, beure par heure, moyennant l'allocation d'un faible droit; de son côté, l'ancien commissaire Beauvallet, devenu commissaire de police de la section de Notre-Dame, instruit de ces démarches, offrit également de se charger de ces enregistrements. Cette double proposition fut l'objet d'un rapport présenté, le h février 1 791, au Conseil municipal par les administrateurs du département des établissements publics, qui, tout en reconnaissant l'utilité, la nécessité même de conserver tous les documents relatifs à l'origine et à la condition des enfants-trouvés, se demandèrent s'il n'y avait pas une sorte de convenance à charger de ces enregistrements les commissaires de police des différentes sections de Paris qui avaient succédé à une grande partie des fonctions exercées naguères par les commissaires au Châtelet, et s'il était réellement bien opportun de créer un bureau spécial et unique, ff de multiplier ainsi les facilités déjà trop nombreuses en faveur de l'insouciance paternelle et d'encourager par la certitude d'une réclamation toujours possible l'abandon dénaturé des enfants, qui accusait si hautement les mœurs du siècle t. Le Conseil municipal ne voulut pas trancher la question et, par arrêté du ih avril, renvoya le mémoire des sieurs Devillers et Colin au Comité de mendicité; le 2 1 mai suivant, le Directoire du' Département, saisi de la question, décida qu'il y avait lieu, jusqu'à l'organisation définitive des hôpitaux, de laisser ces enregistrements aux commissaires de police des sections 't*^.

ledit extrait baplistaire et a dëclarë ne et Devillers, du 18 novembre 1790,

sçavoir écrire ni signer. les lettres de M. Beauvallet, du 3 dé-

rf Envoyé aux Enfans-Trouvés.?) cembre suivant, un nouveau mémoire

''^ Voir le mémoire des sieurs Colin des sieurs Colin et Devillers, avec lettre

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