I.NTRODUCTION. lv
La troisième des maisons alîectées aux Eiilaiits-Trouvés, l'hospice de Vaugirard, était de ioiidatioii récente. M. Leiioir, lieutenant général de police , frappé des effets désastreux de la maladie vénérienne sur les enfants nouveau-nés, soit à l'Hôpital-Général, soit à celui des Enfants-Trouvés, chercha les moyens d'atténuer le mal, et, sur sa généreuse initiative, MM. Colombier, médecin, et Faguer, chirurgien, commencèrent dans la seconde moitié de l'année 1780 l'application d'une nouvelle méthode curative, consistant à traiter les enfants au moyen de leurs mères ou nourrices; les premières tentatives faites dans l'ancienne maison seigneuriale de Vaugirard ayant été couronnées de succès, le Gouvernement y organisa un établissement spécial pour cette catégorie d'enfants, et, dès le début de l'aimée 1781, fut ouvert l'hospice de Vaugirard, destiné exclusivement aux nouveau-nés atteints ou suspects de la maladie vénérienne , afin de les guérir au moyen du traitement que l'on faisait suivre à leurs jnères ou nourrices, affectées du même mal.
L'installation de cet hôpital, situé dans la grande rue de Vaugirard, non loin de la maison de campagne du séminaire des Trente-trois, était parfaite, tant au point de vue des aménagements intérieurs que sous le rapport de la salubrité. Une grande cour précédait le principal corps de logis, derrière lequel se trouvait un grand jardin, servant aux promenades des malades et fournissant les légumes de la maison. Dans ce corps de logis élevé de trois étages, une partie du premier et tout le second étaient distribués en chambres; chacune d'elles pouvait contenir 3 ou k nourrices, avec 6 ou 8 enfants, que l'on entourait de tout le confort désirable. Toutes ces chambres étaient pourvues d'une cheminée qui permettait d'entretenir une chaleur constante, de sécher les langes, et d'un réverbère
d'envoi, le rapport du Conseil munici- lettre de M. Pastoiet, du 21 mai, pal , du k février 1 79 1 , la décision du n"' 109 a 1 1 8 du tome I" de notre re- Gorps municipal, du afi avril, et une cueil.
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que l'on nllumait le soir et (|ui brûlait toute la nuit; par ce moyen les entants ne manquaient jamais, la nuit comme le jour, de tous les soins nécessaires. Les malades étaient couchées seules, chaque enfant avait son berceau, très fréquemment nettoyé et purifié, et du linge en quantité suffisante, soit 8 à 1 0 couches par jour, 2 brassières et 3 chemises par
semaine ^^'
L'hospice de Vaugirard recevait : i" les femmes grosses atteintes du mal vénérien, assez avancées dans leur grossesse pour accoucher dans le délai de deux mois; 2° des femmes nourrices également infectées et nourrissant leurs enfants; 3" tous les enfants -trouvés atteints du même mal; A" les enfants du bas peuple dans le même cas ou nés de mères infectées. Ln certificat délivré soit par les médecins des Enfants-Trouvés, soit par ceux des autres hôpitaux, suffisait pour l'admission des enfants; on imposait aux lemmes grosses et aux nourrices la condition d'allaiter avec leur enfant un second nourrisson, pris parmi les enfants-trouvés, si elles en étaient jugées capables ^^^. Lhôpital pouvait contenir au maximum 69 femmes, savoir : i3 femmes grosses, 29 femmes dans le traitement, 2/1 convalescentes et 3 malades; plus 90 enfants, soit : 8 enfants ne pouvant teter, A 2 enfants dans le traitement, 3 7 convalescents et 3 enfants amenés sevrés, mais ces chiffres n'étaient jamais atteints, il y avait en moyenne 5o femmes et 66 enfants.
Le traitement antivénérien appliqué aux femmes durait quatre mois; il était administré 10 ou i5 jours après leurs couches, avec gradation, et consistait en frictions mercurielles, en bains, en préparations mercurielles salines et en sudorifiques joints aux laxatifs qui achevaient la guérison; quelquefois les enfants, quoique allaités par des nourrices, qui pour employer
^'' Thiéry, Guide des étrangers et des questions posées par le département des
voyageurs, 1789. hôpitaux sur le régime de cet hospice,
'-' Voir la notice sur rhospice de n" 119 et 190 du tome l" de notre
Vaugirard ainsi que les réponses aux recueil.
INTRODUCTION. lvu
Texpressioii consacrée, passaient les remèdes, suivaient un Iraitenient particulier par l'application directe et sans intermédiaire du remède spécificjue. Depuis l'établissement de l'hospice, sur 7o3 femmes grosses et nourrices qui y étaient entrées, 4 7 avaient succombé soit en couches, soit de maladies étrangères à la syphilis.
La mortalité chez les enfants atteignait une proportion beaucoup plus élevée : sur 1,969 enfants entrés ou nés à l'hospice du !"■ août 1780 au i*"" février 1790, on avait obtenu 871 guérisons,la moyenne était des deux septièmes. Sur ces 7 enfants, 2 mouraient soit du millet, soit de faiblesse congénitale, 2 périssaient daris le cours du traitement antivénérien, et les maladies de l'enfance enlevaient généralement l'un des 3 petits convalescents. La cause principale de cette mortalité résidait dans la pénurie des nourrices; aussi n'était-il pas rare, dans les moments de presse, de voir une nourrice allaiter trois enfants en même temps; si ces pauvres petits êtres restaient plus d'une semaine sans être pourvus de nourrices et si l'on se trouvait dans la nécessité de les sustenter avec des crèmes de riz, de pain ou de la bouilhe légère, ils ne résistaient pas à cette alimentation; sur les 1,969 enfants entrés à l'hospice, 788 n'avaient pu prendre le sein. Les résultats obtenus, qui à première vue pouvaient paraître peu encourageants, devaient au contraire être regardés comme très satisfaisants, si l'on songe qu'avant la création de l'hospice de Vaugirard aucun de ces enfants viciés de naissance, qu'on envoyait alors à la crèche de la Salpêtrière, n'écliappait à la mort, et, d'après les statistiques, la mortalité tendait à diminuer d'année en année.
Les femmes soumises au traitement antivénérien recevaient chaque jour une livre et demie de pain, une chopine de lait ou de bouillon le matin, une chopine de vin pour la journée, une livre de viande ou l'équivalent en légumes; le régime était à peu près le même pour les femmes grosses et les convalescentes. Quant aux enfants, leur alimentation qui semblait toute simple
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était assez compliquée. Comme une iiouirice, chargée de deux et parfois de trois enfants, ne serait jamais parvenue à les allaiter, on y suppléait pendant la première semaine par du lait coupé avec de l'eau de riz; ils mangeaient ensuite de la crème de pain au lait très légère, accompagnée, à partir du troisième mois, de crème de pain grasse; leur boisson consistait en eau rougie dite tisane vineuse et en eau gommée appelée looch.
Aucun moyen n'était négligé pour stimuler et entretenir chez les nourrices le zèle et les soins attentifs qui influaient d'une manière si marquée sur la conservation des enfants. Chaque nourrice recevait une gratification de 72 livres pour la nourriture d'un enfant, avec un supplément de ko sols par mois lorsqu'elles en élevaient deux. On allouait en outre, pour menus frais afférents à la propreté des enfants, Sa sols par mois aux femmes pourvues de deux nourrissons, et 18 sols à celles qui n'en avaient qu un.
Bien que l'hôpital des Enfants-Trouvés, chargé de subvenir à la dépense de l'hospice de Vaugirard, eût reçu à titre de compensation les revenus de l'hôpital Saint-Jacques-aux-Pèlerins, cette concession, loin d'être avantageuse, obéra plutôt l'hôpital des Enfants-Trouvés, car en huit ans ces revenus n'avaient produit qu'une somme de 1 65,536 livres, charges déduites, et la dépense de l'hospice de Vaugirard avait atteint le chiffre de 5oo,ooo livres, et encore ce chiffre n'était qu'approximatif, les comestibles, drogues et préparations pharmaceutiques étant fournis par les magasins de l'Hôpital -Général et ne formant pas un article distinct dans le compte des dépenses de l'hôpital des Enfants-Trouvés; aussi le prix moyen de la journée de chaque individu soigné à l'hospice de Vaugirard, fixé à 1 livre 3 deniers, ne représentait pas la dépense réelle. Le rapport sur cet établissement adressé dans le courant du mois de mai 1790 au département des hôpitaux, probablement par le médecin Doublet, rapport empreint d'un certain scepticisme, déclarait sans ambages que les résultats
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obtenus ne lui semblaient pas en rapport avec les sacrifices, crPrès de 5oo,ooo livres dépensées en huit ans, disait lauteur de ce consciencieux travail, n ont sauvé que 871 enfants, et de ce nombre la moitié, les deux tiers peut-être n'atteindront jamais l'âge où la société pourrait espérer d'eux quelque service. C'est donc sur un tiers, c'est sur ce faible résidu que se trouve concentrée toute la dépense. Que dis-je! pour le conserver, il aura fallu doubler encore cette dépense, et alors quels hommes la société aura-t-elle acquis à si grands frais? On en peut juger parla race immorale et abâtardie qui sort des hôpitaux, r
En 1862, la confrérie du Saint-Esprit fonda l'hôpital de ce nom en faveur des orplielins et l'établit dans une maison de la place de Grève, attenante à l'Hôtel de Ville. Des lettres patentes du 12 avril 1680 le réunirent à l'Hôpital-Général. Dans le principe, le nombre des enfants admis était indéteruiiné, il pouvait être porté à 4oo, mais ce chiffre ne fut jamais atteint; c'est à peine s'il se présentait assez d'enfants, surtout de filles, pour remplir les places vacantes. Cet hôpital possédait une église remontant au début du xv^ siècle , qui fut partiellement reconstruite en 1 7/17 parles soins de M. BoiTrand. On y remarquait quatre tableaux de certaine valeur, un saint Sébastien peint par M. Lépicier, et trois peintures cVEisen, représentant sainte Geneviève, saint Eloy et saint Nicolas, La classe des garçons était ornée d'une Vierge protégeant des enfants bleus, due au pinceau de Tara val.
Cet hôpital recevait des orphelins de père et de mère, au nombre de 120, savoir : 60 garçons et 60 filles, à la condition : 1° d'être nés en légitime mariage de bourgeois ou d'artistes de Paris, 2° d'être originaires de Paris, 3° de n'avoir pas moins de trois ans et pas plus de huit, sans infirmité aucune. Il fallait fournir l'extrait baptistaire de l'enfant, l'acte de célébration du mariage ainsi que les extraits mortuaires de ses père et mère, des pièces justifiant de l'absence de tous biens, et l'on devait déposer
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en outre une somme de 2/10 livres qui servait à mettre l'enfant en apprentissage ^^l Ce dépôt d'une somme relativement considérable, qui excluait absolument les vrais pauvres, prêtait singulièrement le flanc à la critique, parce qu'il était en contradiction avec les principes qui avaient présidé à la fondation de la maison du Saint-Esprit; c'est d'ailleurs ce que firent remarquer les commissaires du Comité de mendicité. Une autre critique, non moins justifiée , pouvait s'appliquer au système d'éducation des petits garçons : ils apprenaient la lecture, l'écriture, l'arithmétique, le dessin et surtout le plain-chant; une bonne partie de leur matinée se passait à servir des messes et à chanter des offices très nombreux, en raison des fondations multipliées faites en l'église du Saint-Esprit par des bourgeois dévots; du reste, la soutane de drap bleu qui constituait le vêtement de ces petits garçons, leur tête rasée, avec une calotte violette, trahissaient le caractère ecclésiastique de leur éducation. Quant aux petites filles, indépendamment de la lecture, de l'écriture et du calcul, elles apprenaient la couture, tant en linge qu'en vêtements, et devenaient d'excellentes ménagères , très recherchées dans la classe ouvrière; il est bon d'ajouter que par un privilège spécial, les compagnons de métier qui épousaient une orphehne du Saint-Esprit, étaient reçus maîtres, sans avoir besoin de fournir de chef-d'œuvre et sans avoir à payer aucun droit.
Le régime alimentaire de ces enfants était assez soigné : ils avaient du pain blanc, de la soupe tous les jours, de la viande à dîner et à souper les jours gras, et une fois par semaine du rôti. Les jours maigres, on remplaçait la viande par des légumes secs ou verts, des œufs, de la morue, des harengs, du saumon, du riz et des pruneaux; on distribuait, chaque jour, aux 120 enfants, 6 pintes de vin additionnées de /i pintes d'eau.
Lorsque ces orphelins avaient fait leur première communion
'"' Voir les réponses aux questions faites par M. de Jussieu sur l'hôpital du Saint- Esprit, n" l'ji du tome I" de notre recueil.
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et qu'ils avaient atteint l'âge de quinze ou seize ans, la maison leur faisait apprendre un métier, et le prix de leur apprentissage était payé en deux fractions sur l'avoir particulier de chacun d'eux. Toutes les filles qui entraient en apprentissage, quand elles ne possédaient que les a/io livres par elles apportées, recevaient de la maison une somme de 5o livres affectée à l'achat d'un trousseau, indépendamment des deux jupons, de la paire de souliers à talons, du mouchoir, du col et de la chemise neuve qui leur étaient fournis. L'hôpital du Saint- Esprit délivrait aux garçons mis en apprentissage 5 aunes de drap blanc de Saint-Lô , une chemise neuve , trois cols neufs et une paire de souliers , et lorsque l'apport de 2 /lo livres constituait leur seul avoir, il leur remettait une gratification de 3o livres, prise sur un don anonyme de io,o©o livres fait en 1783. En outre, une fondation de l'abbé Trois permettait de répartir, le i*^*" janvier de chaque année, une rente de 58 1 livres 7 sols entre les filles de la maison entrées en apprentissage dans le cours de l'année précédente. Ce qui augmentait, chaque année, le petit pécule de chacun des garçons, c'étaient ies tirages des loteries effectuées par eux, tant de l'Hôtel de Ville que de la Loterie royale de France, des Enfants-Trouvés, des Loteries de piété, de la Compagnie des Indes, pour lesquels leur était allouée une rétribution perçue par l'économe, qui se partageait chaque année entre les garçons et s'inscrivait à leur compte particulier. Tout ce qui pouvait échoir aux enfants du Saint-Esprit par succession, donation ou fondation, était, ainsi que leur apport, placé par les soins de l'économe au Mont-de-Piété; au mois de mai 1790, ces sommes ainsi déposées au Mont-de- Piété se montaient à 6/1,670 livres.
Le nombre des enfants mis chaque année en apprentissage était de 10 en moyenne, savoir: 6 garçons et k filles; les garçons apprenaient généralement les métiers d'orfèvre, de tailleur, de cordonnier, de menuisier, de peintre et doreur, de papetier, de chapelier, de parfumeur; les filles, surtout ceux de
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couturière et d'ouvrière en dentelles. En dix ans, 108 enfants, savoir: 65 garçons et /»3 filles, avaient appris un métier. M. de Jussieu, dans son questionnaire adressé à l'économe du Saint- Esprit, demandait ce que devenaient les entants du Saint-Esprit, leur apprentissage terminé. L'Administration répondit (\[\k ce moment les enfants jouissant de la plus complète liberté, elle ignorait absolument leur sort; tantôt les jeunes gens restaient chez leurs maîtres, tantôt ils allaient travailler de leur métier chez d'autres patrons, soit à Paris, soit en province. Quelquesunes des filles restaient à la communauté libie des douze sœurs du Saint-Esprit, ou se mariaient avec l'agrément de l'Administration (en bien petit nombre, 6 à 8 en 1 o ans), mais, en général, on perdait de vue ces orphelins, au moins pour la pliq^art, et la maison ne les revoyait guère que lorsqu'ils avaient besoin de quelque secours, et surtout à leur majorité pour toucher le reliquat de leur compte. On voit par cette réponse le peu d'intérêt que la maison du Saint-Esprit portait à ces enfants; aussi M. de Liancourt, dans son rapport, ne put que blâmer cet esprit d'insouciance, cette éducation négligée, restés les mêmes depuis des siècles. D'après l'évaluation des administrateurs municipaux , chargés de la surveillance des hôpitaux, la dépense de la maison du Saint-Esprit atteignait le chiffre de 100,000 livres par année, ce qui représentait pour chaque enfant une dépense de 800 livres. Si ce calcul était exact, observait M. de Liancourt, on ne pouvait que trouver cette dépense bien considérable a pour former des ouvriers toujours comnriuns, souvent mauvais, et quelquefois sujets dangereux t^.
Au début de l'année 1 790 , M. de Lafayette, qui cherchait un local à proximité de l'Hôtel de Ville pour y placer un corps de troupe, jeta son dévolu sur la maison des orphelins du Saint- Esprit. Le Bureau de la Ville s'empressa de donner son adhésion à ces vues et, par arrêté du 9 janvier, décida la translation provisoire de ces enfants, soit dans une maison religieuse, soit dans la caserne de la rue de Lourcine. Communication de cet arrêté
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lut donnée à TAssemblée des représentants de la Commune, qui ouvrit une discussion à ce sujet les 21 et 28 janvier. Dans la séance du 28 janvier, Latayette prit la parole pour expliquer et défendre son projet, et M. de Jussieu exposa les négociations qu'il avait entamées avec les Bernardins en vue de la translation des orphelins du Saint-Esprit dans leur collège, grande maison presque inliabitée, mise à la disposition de la Ville moyennant un loyer de 2,5 00 livres. Tout cela n'était que le prélude de la suppression définitive de l'hôpital du Saint-Esprit, qui fut consommée en avril 1792.
HÔPITAL DES CEiNT-FJLLES ORPHELINES.
L'hôpital des Cent-Filles orphelines, situé rue Gensier, au faubourg Saint-Marcel, dans l'ancien hôtel du petit séjour d'Orléans, fut établi par lettres patentes de janvier 1 698 ; il doit son existence au président Antoine Séguier qui donna les bâtiments et le terrain occupés par l'hôpital et le dota de 16,600 livres de revenu. L'objet de cette fondation charitable était de recueillir et d'élever, depuis l'dge de 6 à 7 ans jusqu'à 25, des orphelines pauvres nées à Paris en légitime mariage, de leur donner une éducation chrétienne, de veiller attentivement sur leurs mœurs, de les exercer à différents ouvrages, de les entretenir décemment et honnêtement et de pourvoir à leur établissement, soit par mariage, soit d'autre manière; celles qui se mariaient à des compagnons de métier leur conféraient, comme les orphelines du Saint-Esprit, le privilège d'être reçus maîtres, sans chefd'œuvre. Cette maison, qui en dépit de son titre n'avait nullement le caractère d'un hôpital, possédait en i7()o un revenu de 6o,2o3 livres 6 sols 10 deniers, tant en rentes sur les aides et gabelles et sur le clergé, qu'en loyers de maisons et de loges à la foire Saint-Germain; depuis la suppression des droits de minage par le décret de mars 1790, elle avait perdu /i,ooo livres de rente sur les minages d'Auxerre; ses charges se montaient à 1 i,85/t livres /i sols par an. M. de Jus-
Lxiv L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.
sieu, dans une iettre du i/i janvier 1790 (*), pria Ja supérieure de l'orphelinat des Gent-Filles de lui envoyer tous les éclaircissements sur le régime de cette institution charitable, et fit observer qu'en recherchant ces détails, la Commune n'avait point la prétention de mettre la main sur l'administration des maisons hospitalières de la capitale, mais désirait simplement être à portée de distinguer celles qui méritaient une attention particulière; il annonça en même temps sa prochaine visite avec ses collègues du département des hôpitaux. En réponse à cette lettre, un mémoire instructif sur la fondation de rhô])ital des Cent-Filles, avec un état sommaire de ses revenus et charges (^\ fui adressé à M. de Jussieu par les soins de ses administrateurs, au nombre de cinq, dont le zèle actif et vigilant et la sollicitude éclairée provoquèrent de nombreuses donations et augmentèrent des ressources trop limitées qui ne pouvaient suftire à son existence, car cet hôpital, avec un revenu aussi modique que celui de sa dotation, étant données la cherté progressive des denrées et les réparations urgentes dans ses bâtiments, aurait été dans l'impossibilité absolue de se soutenir.