‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inédits (volume 2)Chapitre 92 sur 229 · BOIS · texte numérisé non relu

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livres.

Minutes (9 p.), Archives nationales, F'^ 1861.

LETTRE DES ADMIMSTRATEURS DES BIENS NATIONAUX AU COMITE ECCLE- SIASTIQUE, RELATIVE À LA SUPPRESSION ABSOLUE DES BILLETS DE CONFESSION, QUI AVAIENT OCCASIONNE UN GRAND SCANDALE, ET À LA RÉINTÉGRATION DE L'ABBÉ CHAIX DANS SES POUVOIRS.

18 octobre 1790.

MM. les députés de ï Assemblée nationale nu Comité ecclésiastique.

Ce 18 octobre 1790.

Messieurs ,

Nous avons reçu le renvoy que vous nous avez fait du mémoire que vous avoit adressé M. l'abbé Chaix, attaché par état à la maison de la Salpêtrière, dans lequel il vous expose que le trouljle persévérant à l'occasion des billets de confession exigés par la supérieure, occasionne le

plus grand scandale et qu'il pourroit avoir des suites fâcheuses. M. l'abbé Chai\ pense que son rétablissement dans les fonctions qu'il exerçoit, et qui est le vœu général des prisonniers, pourroit rétablir le calme.

Il s'agit de deux choses, de la suppression absolue des billets de confession et de la réintégration de cet ecclésiastique.

Cette affaire a été longuement dans le temps discutée à la Commune après le rapport de divers commissaires qui s'étaient transportés à la maison de la Salpétrière. La suppression des billets fut ordonnée, la délibération en fut inscritte sur les registres de la Police, et la Municipalité tiendra la main à l'exécution de son ordonnance.

Quant à la réintégration de M. l'abbé Chaix dans ses pouvoirs, la Municipalité n'est nullement compétente. Cette réintégration dépend uniquement de M. l'archevêque ou de son grand vicaire.

Voilà, Messieurs, tout ce que nous pouvons dire et faire sur cette affaire que vous nous avez renvoyée'".

Nous sommes avec respect, Messieurs, vos très humbles et très obéissans serviteurs, les commissaires administrateurs des biens nationaux ecclésiastiques.

(Signé) : Pitra.

Original signé, Archives nationales, DXIX 71, n° 5oo.

'" En télé de la pièce figure la note sui- Fauchet au sujet de M. l'abbé Cbaix, ot

vante : Prier la Municipalité d'envoyer ex- annexée aux pièces de la séance du 90 ou

pédition de la lettre adressée par M. de 21 juin 1790. Floirac, grand vicaire de Paris, à M. l'abbé Guillaume, rapporteur t''.

"' Louis-iMarie Guillaume, député du tiers état de Paris hors les murs.

LETTKE DU COMITE ECCLESIASTIQUE À LA MUNICIPALITE DE PARIS, LA PRIANT D'ÉCRIRE À L'ABBE DE FLOIRAC , GRAND VICAIRE, POUR CON- FIRMER OU IMPROUVER L'AVIS DU COMITE DU DISTRICT DE SAINT-VIC- TOR, SUR LEQUEL EST FONDt'E LA SUPPRESSION DES POUVOIRS DE L'ABBp' CHAI.V, AVEC LETTRE D'ENVOI À L'AGENCE DES BIENS NATIONAUX,

22 , 28 octobre 1790.

MM. de la municipalité de Paris.

Paris, le 22 octobre «790.

1° Le Comité ecclésiastique, Messieurs, vous remercie de ce que vous lui avez écrit, le 18 octobre, relativement à M. l'abbé Cbaix. Sans doute la réintégration de cet ecclésiastique dans ses pouvoirs dépond de M. l'archevêque ou de son grand vicaire, mais l'exposé de M. Chaix, certifié par M. Faucliet, annonce une lettre de M. l'abbé Florac, grand vicaire, qui doit attribuer à la demande du comité de S' Victor la suppression des pouvoirs, elle doit se trouver dans les pièces de la séance du 18 juin dernier. D'après cela, il semble que pour rendre à M. Chaix une justice complette, la Municipalité devrait écrire à M. l'abbé Florac pour confirmer ou improuver l'avis du comité du district, sur lequel est fondée la suppression de pouvoirs. C'est là un acte d'autorité civile qui auroit pu remplir les désirs de M. Chaix et terminer convenablement son affaire. Si vous répugnez à cette mesure et que vous n'ayez pas de sujet de plainte contre M. Chaix, le Comité ecclésiastique. Messieurs, vous prie de vouloir bien lui envoier copie de cette lettre.

Au Comité.

MM. du Bureau de l'agence générale.

Paris, le 28 octobre 1790.

9° Le Comité ecclésiastique. Messieurs, a eu l'honneur de vous écrire le'2 2 de ce mois une lettre, dont cy joint copie, au sujet de M. l'abbé Chaix, il est instant de prononcer sur le sort de cet ecclésiastique, pt

le Comité vous sera très obligé de liiy faire parvenir votre réponse le plutôt qu'il vous sera possible.

Au Comité.

Minutes (2 p.). Archives nationales, DXIX 71, n" 5oo.

LETTRE DES ADMINISTRATEURS DES BIENS NATIONAUX AU COMITe' ECCLe'- SIASTIQUE, EN REPONSE À LA LETTRE DU 22 OCTOBRE, De'cLARANT N'AVOIR PU SE PROCURER LE TEXTE DE LA LETTRE ADRESSEE À LA COMMUNE DE PARIS PAR L'ABBE DE FLOIRAC , GRAND VICAIRE.

3 novembre 1790.

MM. les députés de l'Assemblée nationale nu Comité ecclésiastique.

Ce 3 novembre 1790.

Messieurs,

Pour nous conformer à votre lettre du a 2 du mois dernier relativement à M. Chaix, nous avons fait les recherches de la lettre adressée à la commune de Paris par M. l'abbé Florac, grand vicaire, pariaquelle, conséquemment au vœu du comité de S' Victor, il se justifiait sur les reproches qu'on lui avait faits d'avoir retiré les pouvoirs de M. Chaix. Cette lettre est sans doute comprise dans les différentes pièces qui ont été transportées au greffe sous les différents scellés de ceux qui les y ont déposées, nous n'avons donc pu nous la procurer, ni prononcer sur l'importance des motifs qui avaient pu la déterminer.

Nous sommes avec respect, Messieurs, vos très humbles, très obéissants serviteurs, les commissaires administrateurs des biens nationaux.

(Signé) : Lardin.

Original signé, Archives nationales, DXIX 71, n° 5oo.

ivpniui:RrE nationale.

LETTRE DU COMITE ECCLESIASTIQUE À L'ABBE DE FLOIRAC , VICAIRE GÉ- NÉRAL, PRENANT LA DEFENSE DE L'ABBE CIIAIX ET DEMANDANT QU'IL SOIT RÉTABLI DANS SES POUVOIRS.

Avant le lo novembre 1790.

Le Comito ecclésiastique , Monsieur, a reçu de la part de M. l'abbé Chaix un mémoire, par lequel il expose qu'il se voit sur le point de perdre la place qu'il occupe à la Sal[)étrière par le refus que vous avez fait de lui continuer ses pouvoirs de confesser, et demande au Comité de vouloir bien prendre des moyens pour qu'il soit réintégré dans le plein exercice de ses fondions. Il résulte des pièces justificatives qui nous ont été présentées que la dénonciation que cet ecclésiastique, d'ailleurs sans reproche, suivant la lettre que vous avez écrite à M. l'abbé Fauchet, a faite à la Commune d'une exaction de billets de confession dans la maison de la Salpétrière, lui a seule attiré cette peine, que le comité de S' Victor qui l'a sollicitée contre lui, a été luimême sollicité par les deffenseurs des billets de confession et adversaires de M. l'abbé Chaix, et que l'administration temporelle qui y a consenti , n'avait d'autre grief à lui reprocher que la publicité qu'il a donnée à l'affaire des billets en la portant à la Commune, au lieu de s'adresser à l'administration.

M. l'abbé Chaix s'est d'abord adressé à M'"" la supérieure de l'hôpital, qui est dans la maison de la Salpétrière la représentante de l'administration, il ne tenait qu'à elle d'empêcher cette publicité, et l'information du comité de S' Victor, contradictoire à celle de la Commune, doit être regardée comme non avenue, enfin le Département des hôpitaux, délégué par la Commune, a levé par la lettre qu'il vous a écrite la difficulté qui pouvoit naître de la demande du comité de S' Victor. Dispensés vous, Monsieur, de mettre sous les yeux de l'Assemblée nationalle la réclamation de M. l'abbé Chaix et le tableau de la persécution qui paraît lui avoir été suscitée, vous le pouvez, soit en lui rendant ses pouvoirs, tous les pauvres le désirent, et quand on a le suffrage de tout un peuple, on ne peut qu'avoir des droits à l'estime

et à la bienveiHance de ses supérieurs, soit en faisant ronnoître les motifs de votre refus qui ne peut pas être arliitraire.

Minute, Archives nationales, DXIX 71, n" 5on.

LETTRE DE L'ABBE DE FLOIRAC , VICAIRE GENERAL, AU PRESIDENT DU COMITÉ ECCLÉSIASTIQUE, LUI ADRESSANT COPIE DE DEUX LETTRES ÉCRITES PAR LES VICAIRES GÉNÉRAUX, AU SUJET DE L'AFFAIRE DE M. CIIAIX, L'UNE À L'ABBÉ FAUCHET, L'AUTRE AU DÉPARTEMENT DES HÔPITAUX.

in novPiTihre 1790.

De l'archevêché de Paris, ce 10 novembre 1790. Monsieur le président,

Pour répondre à la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser, j'ai celui de vous envoyer copie de deux lettres qui ont été écrites au nom de MM. les vicaires généraux au sujet de l'affaire de M. Cliaix; ce sont deux réponses, l'une à M. l'abbé Fauchet et l'autre à MM. les administrateurs des hôpitaux; vous y verrez, Monsieur le président , que la conduite que nous avons tenue n'a point été arbitraire et que nos motifs ont été différens de ceux qui vous ont été mis sous les yeux.

Je suis, avec respect, Monsieur le président, votre très humble et très obéissant serviteur.

L'abbé de Floirac, vicaire général.

B/'ponse â M. l'ahhé Faucliel.

[1] Il est très vrai. Monsieur, que les pouvoirs de M. Chaix de S' Ange n'ont point été renouvelés, mais c'est d'après l'avis de l'administration temporelle de l'Hôpital Général et la demande du district de S' Victor, énoncée au procès verbal présenté et dépose à la Commune.

M. le lieutenant de maire au Département des hôpitaux est parfaitement instruit de tout ce qui s'est passé et peut vous en donner connoissance.

Réponse à MM. les administrateurs des hôpitaux.

[2] Messieurs, nous vous prions d'agréer nos remerciments des soins que vous voulez bien vous donner pour rétablir le bon ordre dans ia maison de la Salpétrière. vous crovez que M. Chaix de S' Ange a contribué par ses prédications à le troubler, nous sommes du même avis, c'est pour cette raison que sur le procès verbal des commissaires du district de S' Victor et après avoir conféré avec M. le lieutenant de maire au Département des hôpitaux et MM. les administrateurs, nous avons pris de concert la résolution de ne pas continuer à cet ecclésiastique les pouvoirs qu'il exercoit dans cet hôpital. Vous nous faites l'honneur de nous marquer, Messieurs, que M. Chaix de S' Ange est toujours un sujet de trouble, nous en concluons qu'il n'y a ])as lieu à revenir sur la délibération arrêtée dans le Bureau , où deux d'entre nous se sont trouvés, en conséquence nous pensons devoir persister dans la résolution qui a été prise alors. Nous crovons aussi. Messieurs, être obligés de vous observer que MM. les ecclésiastiques de la Salpétrière sont très auihorisés à ne point fournir à M. Chaix de S' Ange des ornements pour la célébration des saints mvstères. Les statuts du diocèse, notamment l'ordonnance du 28 décembre 1788, s'y opposent formellement. Ce prêtre n'est point du diocèse, il n'a plus de pouvoirs pour y exercer aucune fonction du sacerdoce, il est peut être même dans le cas de l'irrégularité, s'il a célébré la sainte messe quinze jours après l'expiration de la permission qu'il avoit obtenue, laquelle doit se renouveller chaque année sous peine de suspense. Telles sont, Messieurs, nos raisons, nous espérons que vous voudrez bien les apprécier et maintenir conjointement avec nous la discipline du diocèse.

Minute et copies (3 p.), Archives nationales, DXIX 71,0° 5oo.

HOPITAL DE LA SALPETRIEllE. ^3

LETTRE DU PRESIDENT DU COMITE ECCLESIASTIQUE A LA MUÎSICIPALITE DE PARIS, ANNONÇAIT QUE L'AFFAIRE DE iM. CHAIX, AUMONIER DE LA SAL- PÉTRIÈRE, Y CAUSE DE GRANDS TROURLES, ET LA PRIANT D'AVISER,

1 2 novembre 1790. MM. de la muHicipahlé de Paris.

Paris, la noveinijre 1790.

Messieurs,

Le Comité ecclésiastique me charrje de vous prévenir que l'affaire de M. Chaix, aumônier de la Salpétrière, y cause de grands troubles, et de vous prier d'en prendre connoissance pour empêcher que le mal ne devienne plus considérable.

Je suis, avec respect. Messieurs, votre très humble et très obéissant serviteur.

ExpiLLY, président.

Minute, Archives nationales, DXiX 71, n" 5oo.

LETTRE DU COMITE DE MENDICITE AU COMITE ECCLESIASTIQUE, De'cLARANT APPROUVER LA De'cISION PRISE PAR LA MUNICIPALITE DE RENVOYER À LA FOIS TOUS LES PRETRES DE LA SALPETRIERE.

32 novembre 1790.

A MM. du Comité ecclésiastique.

Paris, le 2 2 novembre 1790.

Le Comité de mendicité prévient Messieurs du Comité ecclésiastique que, dans l'adresse qui lui a été renvoyée par l'Assemblée d'un abbé d'Estanges, chapelain de la Salpétrière, il n'est pas vrai que la munici-

palité de Paris soit contente de sa conduite, ni qu'il doive y avoir de bruit à l'occasion de sa sortie de la maison. La Munitipaiitt^ a prononcé que tous les prêtres de cette maison sortiroient à la fois, et elle a bien fait; c'étoit le seul moyen de rétablir l'ordre et de terminer les querelles. Les commissaires du Comité de mendicité, qui se sont hier transportés dans cette maison, ont hautement approuvé la conduite de la Municipalité, et il n'y aura plus de murmures.

Quant à la suspension des pouvoirs de l'abbé d'Estan^jes. dont il se plaint, il est vrai qu'ils lui ont été ôtés sans fondement et par un mauvais esprit, il est vrai encore que la Municipalité, en prononçant que ce prêtre devoit avec tous les autres sortir de la maison, a réclamé pour que ses pouvoirs lui soient rendus, et le Comité de mendicité le désire avec l'espoir de lui ôter tous moyens de réclamation . mais les fjrands vicaires de l'Archevêque s'y sont refusés jusqu'ici, même avec humeur.

Les commissaires du Comité de mendicité,

Si{|né : Liancol'RT, Bonnefoy.

Original signé, Areliives nationales, DXIX96, nf 853; copie, AF*i i5, loi. 65 r".

LETTRE DU COMITE DE MEINDICITE À M. BAILLT, DEMA:SDANT LA MISE EN LIBERTÉ DE LA FEMME LE GAY, DETENUE À LA SALPETRItlRE , À L'OC- CASION DE L'ÉMEUTE SURVENUE À SA1NT-&ENIS L'ANME PRÉCÉDENTE.

9 4 novembre 1790.

A M. le maire de Paris.

Paris, le ai novembre 1790.

Le Comité de mendicité désireroit que M. le maire pût faire mettre en liberté la femme Le Gay, retenue à la Salpêtrière par son ordre, à l'occasion de l'émeute arrivée à S^ Denis l'année dernière ; son mari la réclame, une grande partie de la ville atteste de sa bonne conduite, si

AL le maire croit pouvoir donner cet ordre, ie Comité de mendicité croit qu'il est désirable que ce soit promptement.

Les membres du Comité de mendicité, Signé : Liancourt, Prieur et Bo>.\efov.

Copie, Archives nationales, AF*i i5, fol. G7 v°.

LETTRE DU COMITE DE MENDICITE AUX ADMINISTRATEURS DES ÉTABLISSE- MENTS PUBLICS, APPROUVANT LE RENVOI DE TOUS LES PRETRES DE LA SALPETRIÈRE ET PRIANT DE REFORMER LES ABUS DONT LES PAUVRES DE CETTE MAISON SONT VICTIMES, NOTAMMENT DE LEUR DONNER UNE MEILLEURE NOURRITURE.

2 4 novembre 1790.

MM. les admimstralcurs des Etablissemens publics. '

Paris, le ai novembre 1790.

Le Comité de mendicité , à qui ses commissaires ont i^endu compte de la visite qu'ils ont fait à la maison de la Salpétrière avec M. Cousin, samedy dernier, témoigne à Messieurs les administrateurs des Etablissemens publics combien il aprouve le parti qu'ils ont pris pour rétablir l'ordre dans cette maison , d'en faire sortir à la fois tous les prêtres qui y faisoient parti, il pense que la petite fermentation que cette décision a occasionnée cessera, si Messieurs les administrateurs s'occupent de placer dans les autres maisons ceux de ces prêtres qui veulent rester à Paris, si ils ordonnent qu'ils ne rentrent plus à la Salpétrière et s'ils peuvent faire rendre par les grands vicaires les pouvoirs de M. l'abbé d'Estanges, à qui ils paroissent avoir été ôtés sans raison suffisante. A ces premiers moyens le Comité pense que MM. les administrateurs doivent ajouter ceux qui sont dans leurs mains, de douceur, de bienfaisance, d'amélioration du sort des pauvres de cette maison. La justice est presque toujours le premier moven de rétablir l'ordre parmi des malheureux surtout, à (jui elle est souvent refusée, et qui ont sans

cesse devant les yeux des abus dont ils sont la victime. Ainsy une meilleure nourriture est nécessaire, et il faut promptement la donner; ainsy il faut renvoyer les enfans privilégiés qui, payant pension aux sœurs, sont traitées, nouries, habillées d'une manière particulière, qui mangent le bien des pauvres, et ne sont qu'un objet de scandale, de jalousie et de déprédation dans ces maisons ; les règlemcns de l'Hôpital Général n'entendent pas que les officières aient un autre traitement que celui qu'elles reçoivent de l'administration, et cette classe de petites fdles privilégiées irrite avec raison toute la maison ; elles doivent être ou exclues, ou remises dans les dortoirs communs d'icy à quinze jours. Enfin les prêtres nouveaux ne doivent point avoir de femmes officières dans leur ménage, c'est à tort peut-être qu'on en murmure dans la maison, mais le prétexte de ce murmure est cependant valable. Tels sont les premiers moyens que le Comité croit que Messieurs les administrateurs doivent employer, et sur le champ, ils savent, comme ces Messieurs le pensent, que la sévérité, accompagnée de bienfaisance et surtaut de justice, est accueillie avec une soumission certaine.

Les commissaires du Comité de metulicité, Signé : Liancourt et Bonnefoy.

Minute^ Archives nationales^ DXIX. 90, n° 853; copie, AF*i t5, fol.. 65 v°»

D'après cette lettre écrite, l'Assemblée nationale, sur le rapport de ses Comités ecclésiastique et de mendicité, à qui la pétition de M. l'abbé d'Estanges avoit été renvoiée, a rendu le décret suivant :

«L'Assemblée nationale, sur le compta qui lui a été rendu par les Comités ecclésiastique et de mendicité, des insurrections arrivées depuis peu dans la maison de la Salpêtrière, et des moiens pris par la municipalité de Paris pour y remettre l'ordre, approuve la conduite de la municipahté de Paris, déclare qu'il n'y a lieu à délibérer sur le surplus de la pétition du sieur abbé d'Estanges, le renvovant à se pourvoir ainsi que de droit à qui il appartiendra. »

Dans le rapport qui a précédé ce décret il a été dit que la Municipalité, en faisant sortir tous les prêtres de la maison, n'avoit pris qu'un

moyen de précaution sans entendre inculper aucun d'eux, ainsi il v a de quoi tranqudiser M. l'abbé d'Estanges, s'il veut l'être.

Signé : Liancourt et Bonnefoy.

Copie, Archives nationales, AF*i la, fol. 66 r".

LETTRE DE L'ABBE GILLET, CHAPELAIN DE LA SALPETRIERE, PROTESTA>T CONTRE LES AGISSEMEATS DU SIEUR DEGRASSET, QUI, APRES SON De'- PART DE LA SALPETRIERE, QU'ON AVAIT LIEU DE CROIRE De'fIMTIF, ÉTAIT rentre' et PRl'tENDAIT LE De'pOSSe'dER DE SA CHAMBRE.

ti mars 179t.

Salpêlrière, le A mars 1791.

A mon retour dé chez vous, j'ai été fort surpris d'apprendre que M. Degrasset vouloit me faire sortir de la chambre que j'occupe, vous verrez, par le détail que vous me permettrez de vous faire de sa conduite antérieur, qu'on est bien dans ie cas de recourir à votre autorité pour établir le bon ordre de cette maison. M. Degrasset est sorti d'ici, le 9 janvier dernier, de son plein gré , a emporté avec lui tout ce qui lui appartenoit jusqu'à la cendre de son feu, a fait ses adieux à tous ses confraires, disant que sa famille le demandoit, et qu'il vouloit s'y réunir, malgré les représentations qu'on lui a fait de rester, il a toujours refusé et partit après avoir été payé de ses honoraires jusqu'au jour de son départ, preuves que ce n'étoit point un congé de plaisir qu'il vouloit prendre, mais bien de quitter la Salpétrière. Au bout d'un mois il est revenu se représenter à la maison, disant qu'il venoit de la part de MM. les administrateurs, M. le recteur, le croyant de bonne foi, l'a reçu sans aucun billet des administrateurs. Après son départ, je suis entré dans sa chambre, de concert avec M. le recteur, j'ai même dit à M. Degrasset que puisqu'il quitloit, je le remplacerois, aujourd'hui il veut m'en chasser pour y rentrer, je crois, Monsieur, qu'il n'a aucun dioit et je lui ai dit que je n'en sortiroit point. \\ me semble

qu'il n'esl point ici en titre, il auroit dû y rentrer comme la première fois; s'il n'eût point quitté sa place, je me seroit bien gardé de le déplacer, aujourd'hui il veut par mauvaise volonté me contester une chose qui m'appartient, ce qui prouve qu'il ne cherche que des dilTicultés et qu'il est d'un mauvais caractère, joint à ce qu'il a fait, suivant le mémoire qui vous est adressé, Monsieur, j'ose vous prier de me rendre la justice que je mérite, comme celle de me croire très respectueusement votre très humble et très obéissant serviteur.

(Signé) : H. Gu.let,

prêtre chapelain de la Saipèlrière.

Miaule, Archives nationales, DXiX 89, n" 780. ^

PÉTITION DE CE?iT CINQUANTE EPILEPTIQLES LOGES DANS LE BATIMENT DU CHAMP DES CAPUCINS SAINT-JACQUES, À LA MUNICIPALITE, POUR N'ETRE POINT REPLACÉS À LA SALPÊTRIÈRE, SALLE SAINTE- JEANNE , OÙ ILS ÉTAIENT RONGÉS PAR LA VERMINE DE TOUTE ESPECE.

3i mai 1791.

A Messieurs les officiers municipaux de Pans.

Messieurs ,

Il est à la connoissance des cent cinquante personnes qui tombent du haut mal, au bâtiment du Champs des Capucins S' Jacques, qu'il est décidé qu'elles ne peuvent pas rester où elles sont, que votre intention est de les replacer à la Salpêtrière, en la salle ou dortoir S'*" Jeanne ^ oîi elles étoient ci devant rongées de la vermine de toute espèce, occasionnée par la vétustée de la bâtisse, pour mettre en leur place des personnes attaquées du mal vénérien.

Qu'il soit permis, Messieurs, au nombre des personnes susdits soussignées de vous représenter que leur infirmité exige en leur faveur une habitation salubre et commode.

Ce considéré, il vous plaise, Messieurs, conserver ces personnes

dans le même endroit, et si elles sont assés heureuses de vous attendrir par leur soumise représentation , elles consacreront dans ce nouvel établissement les tristes restes de leur existence à redoubler leurs vœux pour la conservation de vos prétieux jours et le promt avènement de la Constitution.

Signé : Loise Desbans, M. H. Bertrand, L. Ennelin, C. Bethe- MONT, Mari Fontaine, F. Maugé, Trudelle, M. Gondlant, M. Bauland, Bidal, Lo. Borin, Marie Claude Gorie, G. Luty, El. Lelogeais, Reine Grillet, M. Lamodrette, Dorleant, Filleul, Aveline Chauvin, M. Cordier, IMadelon Morin, Graty, Denis de Brillmon, Carrez, Pariselles, Louise Viet, Noury, Solar, Duchemin, Oliviere Manesse, He. Boyer, Devincy, Deront, Verdin, Demeaux, m. L. Leaiaistre, Levesque.

Les autres personnes pour completter le nombre des cent cinquante infirmes ne scavent pas signer.

Original avec signatures, Archives nationales, F'^ 2/17.

LETTRE DES PAUVRES DE LA SALPETRIERE AU COMITE ECCLESIASTIQUE, PRENANT LA DEFENSE DES ABBl's D'ESTANGES ET DERENSAIT, ET DEMAN- DANT LA conservation DES PRETRES ATTACHES À LA MAISON.

3 g août 1791.

 Mésicux, Mésieux dus Comités édésinstiquc de Pans, à Paris.

Le 29 août 1791.

Mésieux,

Nous avons l'onheur de vous assurés de nos respec, come étans tous pauvres de la Salpêlrier, l'on at fait des |)enne cruele à Monsieur l'abé d'Estanges, luis inputens mil atrosités, l'on n'ait venut à bout de nous le fere perdre, il luis at eut des penne estreme, atachés au pauvres dans ses tens là, voilas que selas recomensede plus bêle. Le Seigneurs nous a favorisé et nous a doués de digne prette, voilas que l'on n'en

veus faire otans à Monsieur l'abé Derensait, diront-il de lui ce q'il on dit de l'abé d'Estanges. Il disait que l'on lemat, que s'était un petit abés coquet, seluis sit est âgés, respectables, n'ément, ne travalians que pour les pauvres, il dis que se sint ome relaire leur confesions, se sons les ofisier, la supérieure à la tette de leur traïsons. Qu'alon nous devenire sans votre secoure, faitte trensportés, je vous suplions tous, quelqu'ns à la mésons, informés vous au pauvres, il vous dirons de vive voy, que point de prette, point de salue. Sit l'abés Derensait sans vat, les autre mésieux le suivre, nous implorons votre miséricordes, nous ne séseront de faire des veu\ o siel pour la conservasions de vos présieux jours, nous some an*atandans tous votre secoure, nousome perdue sans votre asistense, sans coit nous n'avons tous qu'une vie à perdre, vinque out mourire. Nous finisons, vous demandent tous que les mésieux prête nous reste, nous some tous an vous prians d'avoire pitiés de nous, nous some tous pauvres avec considérasions, Mésieux, les plus soumise de vos servantes infortunés pauvres.

Minute, Archives nationales, DXIX89, n° 719.

LKTTRE DE M. COUSIN, ADMIMSTRATELR AU DEPARTEMENT DES ETABLISSE- MENTS PUBLICS, AU COMITÉ ECCLESIASTIQUE, SOLLICITANT UNE ALLO- CATION DE DEUX CENTS LIVRES POUR CHACUN DES PRETRES PRt'cEDEM- MENT ATTACHÉS À LA SALPÈTRIÈRE, QUI SE TROUVENT DANS LE PLUS COMPLET DÉNÛMENT.

2 septembre 1791.

MM. les commissaires du Comité ecclésiaslique de VAssemlUc nationale.

Paris, le a septembre 1791.

Messieurs,

Les prêtres qui étoient attachés ci devant à la Salpêtrière se trouvent aujourd'hui dans une affreuse position, ils manquent absolument de tout, je prends la liberté de réclamer en leur faveur, je ne dirai pas votre bienfaisance, mais votre humanité. Je joins icy le mémoire qu'ils

m'ont remis pour vous. Vous y verrez, Messieurs, à quoi ils se bornent; chacun de ces ecclésiastiques seroit au comble de ses vœux, s'il pouvoit obtenir deux cents livres, une fois payée. Leurs besoins sont on ne peut pas plus pressants, en conséquence j'ai cru devoir vous prier de vouloir bien accueillir leur demande, qui d'ailleurs vous paroîtra aussi sûrement modérée que juste.

(Signé) : Codsin.

Original signé, Archives nationales, DXIX 89, n" 719.

30â L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.

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