‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inédits (volume 3)Chapitre 189 sur 206 · VOICI MES DROITS À MA PL\CE · texte numérisé non relu

VOICI MES DROITS À MA PL\CE

Je suis l'aîné de mon collègue en âge et en direction ; je ne lui cède en rien dans toutes les connaissances qu'il peut avoir; j'ai de plus (jue lui lliabilude et la prali([ue des trois établissements et de|)uis hsur création.

J'ai quinze années de service dans les administrations publicpies sans an-

fermeté et à l'énergie qui lui sont propres les formes douces et liantes que la Commission des secours a reconnues en lui, et dont il importait pour la tranquillité publique cju'd fît usage visà-vis d'un grand nombre d'infortunées aigries par le malheur et la misère, excitées d'ailleurs par des gens malintentionnés, et qui se croyaient lésées dans ce nouvel arrangement.

Ce serait donc méconnaître les services du citoyen Cambray que de le priver d'une place à laquelle il a droit d'être consei-vé, aux termes des deux premiers articles de l'arrêté du Comité des secours sur les ateliers de filature établis à Pai'is.

Qu'a donc fait pour balancer ce droit le citoyen Cauchois , dont les connaissances en préparation de filature peuvent être appréciées par la décision qu'il a provoquée pour l'épluchage du coton et qui n'a pu avoir d'exécution à cause des inconvénients et préjudice qui en seraient résultés, et dont encore les fonctions se réduisent à recevoir les matières brutes et œuvrées, et de surveiller la vente à l'encan de ces dernières, qui ont été préparées et envoyées au Magasin par le citoyen Cambray?

Le citoyen Cambray invoque le principe. De quoi s'agit-il ? de travail de filature. Quel est celui des deux candidats chargé de la direction de ce travail très multiphé dans ses détails et susceptible d'une grande surveillance?

Cambray,

La Commission des secours a dit dans son rapport que le citoyen (iauchois avait sur le citoyen Cambray d'êti'e pèi-e de famille.

Cambray observe cpiil a une mère iiiliniic ipi'il sustente; il oj)serve de

cunes lacunes ni intorruplions; j'ai dos pièces prohantes do mon travail et de ma probité, pièces cpii m'ont (Hi$ données sans ancune sollicitation, j'ai dos enfants à élever et à ponrvoir, de plus ma mère et ma belle-mère dans l'indi- {Tonce par l'effet de la Révolution et en pai'tie à ma charge.

Ma place est le fruit de mes services , de mon assiduité et de mon zèle; je ne suis plus en Age de rétrograder; je n'ai démérité en aucune manièie et ne puis t'Ire déshonoré par la privation de ma place ; ainsi , confiant dans le droit que m'accorde la loi et la justice de ceux qui doivent prononcer entre Cambray et moi, je n'ai nulles inquiétudes sur les démarches qu'il fait, contre le cri de sa conscience , s'il veut la consulter.

Cauchois.

plus qne son épouse , qui était receveuse dos Loteries, a été supprimée, et (|uc cet événement lui cause un préjudice notoire.

Nota. Ce n'est pas sans raison que le citoyen Cambray a dit dans son mémoire au Comité des secours (pi'il attendait la Commission sur la route de la justice, parce que, différentes fois, il a prié celle autorité de s'ex|)liquer sur les prétentions du citoyen Caurliois et sur l'approbation que la Connnission semblait lui donner.

Cambrav.

La Commission n'ajoutera rien aux détails qu'elle vient de mettre sous les yeux du Comité et, s'il lui restait encore quelques doutes, alors elle proposerait d'entendre respectivement les deux candidats.

(Signé) : Dermeau.

Original signé. Archives nationales, F'^ Sâg^-SSgS.

PETITION DU SIEUR CAUCHOIS AU COMITE DES SECOURS PURLICS A L'EFFET D'ÊTRE MAINTENU COMME DIRECTEUR DE L'ETABLISSEMENT DE FILA- TURE , SUIVANT LA NOMINATION FAITE PAR LA COMMISSION DES SECOURS.

Vendémiaire an iv.

Cauchois, directeur du Magasin général et de l'atelier de Ji future du Nord, aux citoyens composant le Comité des secours publics.

Citoyens," par suite d'un de vos arrêtés, les trois établissements de filature doivent être réunis en un seul.

Le Magasin fjéïK^ral, ci-dovant Bureau de filature, établi depuis lyy/i, maison centrale des établissements actuels, par ses opérations, doit naturellement réunir les deux autres, il réunit même depuis quatre mois l'établissement le plus considérable en fdature, qui est l'atelier du Nord; ])ar l'organisation dc'finitive, l'atelier du Midi doit suivre de droit.

La Commission des secours publics, chargée de l'organisation prescrite par votre arrêté, connaissant l'importance de mes fonctions, et rendant justice à mes droits incontestables, m'a confirmé dans la place de directeur de l'établissement conservé.

Le citoyen Cambray, directeur de l'ateHer de fdature du Midi, atelier le [)lus faible pour le travail, d'ailleurs tout nouveau dans les établissements, cherche, à la faveur de protection, à vous faire infirmer ma nomination faite par la Commission.

Quinze années de service sans interruption dans les administrations publiques, les diverses délibérations prises en ma faveur par les différentes administrations sous lesquelles j'ai élé'^' et que j'ai produites au Comité, toutes attestant mon zèle, mon assiduité et ma probité dans mes devoirs, ma commission de directeur du Magasin général prouvant principalement, que c'est en vertu de mes connaissances et de mes services rendus dans ces établissements et pour récompense de mon ancienneté de service, que cette place m'a été accordée, ayant de plus exercé moi-même les places de directeur dans les trois établissements.

Ma qualité de père de famille chargé en outre de pourvoir à l'existence de ma mère et belle-mère dans l'indigence par le fait des circonstances, venté dont je puis donner les preuves, l'intérêt des établissements dont je dirige la marche générale, tout enfin me fait espérer que la justice et fhumanité plaideront ma cause auprès du Comité, et que, impartial dans toutes ses décisions, il ne souffrira pas que justice nie soit refus('(;, le citoyen Cambray d'ailleurs devant être replacé dans une autre partie.

(Signé) : Cauchois.

('* Cauchois prodnisil entre autres pièces, une atloslaliou do civisme de la seclion

des extraits de driibôralions du (louiilô (^lialii-r cl un cerlifical 1res ôlojjicux do

d'jiduiiiiislralion des Étahlissonioiils pu- Lovassour, ox-administraloin" dos Klaltlisso-

Iilii's, di'liviôs ou sa l'avour, les .'{ soploudiro nionls puMirs, couslatant son civisuio, son

'71)'*' "J pi'U'i'i' l'I 'iS messidor an ii, zolo, son iulollijji'uco ot sa si'xèrc pidliili'.

\Ti;i,IKRS HH I'1L\T(JIU:. 701

Remis pour ropporl an citoyen Zanfjiaconiy.

Kn tt?te de la pi^titiou, dans la niai|fp, se Ironvenl ces nposlilles : -Je pi'ie mes collègues du Coiuile des secuuis pidilics d'avoii- ejrard ;i la (Ifinandc du ciloveu (iauchbis cl de le conserver dan-< sa |dace, atlendn ses ccinnaissances cl sa prohik'.i

(Sig-ae) : Roux, député de Haute-Marne; Diguk-d'Assé, Pons, de Verdun; V. Kantiiknas.

Oii^'inal sï-jul-, Archives nationales, F'^ ;)59/i-3r)(jr).

LETTRE DU SIEL'R C\l CHOIS À M. DERME U, MEMBRE DE L\ COMMISSION DES SECOURS PIRLICS, EXPOSVM SES TITRES \ L\ DIRECTION DU NOUVEL ÉTABLISSEMENT DE FILATURE,

/i vendémiaire an iv.

Au citoyen Dernicnu, membre de la Commission des secours.

Paris, le li vendémiaire an 6.

J'ai l'honnour do vous adresser, citoyen, les renseignements que vous m'avez demandés, j'espère que, pénétré de mes droits, vous les ferez valoir auprès du Comité et l'éclairerez suffisamment pour l'enipécher de faire une injustice que je suis résolu de ne pas souflVir; nulle autre place ne me convient que la mienne.

J'ai constamment vécu avec les employés des établissements de filature, ayant demeuré longtemps dans l'un et l'autre de ces établissements, j'ai eu lieu de connaître le caractère de chacun d'eux et leur manière de travailler plus ou moins intelligente. Mes relations de bureau m'ont mis également à même de connaître les différents reproches qui leur ont été faits. J'ai également connu la source et les progrès des troubles, scissions et divisions qui ont amené la désorganisation des ateliers de filature, ainsi que les vices et les abus qui s'y sont glissés. J'ai par conséquent acquis toute l'expérience et les connaissances nécessaires pour opérer tout le bien qu'il est j>ossible de faire dans le nouvel établissement, et un homme nouveau ne peut convenir à cette place.

Je prends la liberté de vous recommander mes intérêts et de rendre justice à ma gestion, que vous êtes à même d'apprécier. Salut et fraternité.

(Signé) : Cauchois.

Original signé, Aicliives nnlionales, K'^ Sâg'i-Soga.

CERTIFICAT DÉLIVRÉ AU SIELR CAMBRAY PAR M. REVERDY, MEMBRE DU DEPARTEMENT DE PARIS.

/( \enHc'miaire an iv.

Nous ci-devant membres du Département de Paris, ayant fait les fonctions d'administrateurs par intérim des hôpitaux et ateliers publics de filature établis à Paris, après la dissolution de la municipalité de ladite Ville, certifions que nous avons trouvé les ateliers de filature dans un tel état de désordre et d'insubordination qu'il a fallu de la part du directeur Cambray, pour l'atelier du Midi constamment plus nombreux que celui du Nord, beaucoup de sagesse, de prudence, de douceur et d'intelligence pour rempHr les fonctions dont il était chargé et ne pas s'exposer à des traitements rigoureux. Ses fonctions étaient d'autant plus difficiles que, lors de son admission, lesdits ateliers étaient dénués de toutes les matières nécessaires à l'entretien du travail et que les ouvrières craignaient de ne plus être occupées. En foi de quoi nous avons signé le présent. A Paris, le li vendémiaire de l'an A'' de la République.

Signé : Reverdy.

Pour copie conforme :

(Signé) : Cambray.

Le citoyen Lemit, alors collègue du signataire, est absent, il a promis d'attester les faits énoncés, il demeure rue Helvétius, vis-à-vis celle (ibabaimais.

Co|>iL' conformo, Aicliives nalionalcs, F'^ 3r)()/i-35()r).

ARRÊTÉS DU COMITK DKS SECOURS PIRLICS SUR L'ORT.AMSATFON DKKI MTIVK DE L'ÉTARLISSEMENT DE FIIATIRE ET l,E CHOIX DU DIRECTEI R.

a/i, -M) vcndéiiiiaiio an iv.

1 1 1 Le Comité des secours publics, après avoir entendu le rapport d'un de ses membres sur un projet d'organisation des trois maisons de fdalurc de Paris, n'unies en une seule, arrête que ce projet est adojili', sauf la nomination du citoyen Cambray à la place de directeur au lieu du citoyen Caucbois.

Fait et arrêté au Comité des secours publics, le 2/1 vendémiaire, l'an II' de la République, une et indivisible.

Le Représentant du peuple , Signé : Zangiacomi.

[2] Le Comité des secours publics, après avoir de nouveau délibéré sur l'organisation définitive de l'établissement de filature de la Commune de Paris, qui a été soumise à la discussion, le 2/1 de ce mois, rapporte son arrêté dudit jour, en ce qui concerne le choix du directeur de cet établissement, et confirme la nomination du citoyen Cauchois à cette place.

Fait et arrêté au Comité des secours publics, le 29 vendémiaire, l'an U" de la République, une et indivisible.

Le Représentant du peuple, Signé : Zangiacomi.

Extrait du registre des arrêtés du Comité des secours publics, Archives nationales, F* if) 3, fol. 167 r" et v°.

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