‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inédits (volume 3)Chapitre 191 sur 206 · ATELIER DE EIEATIRE DU NORD · texte numérisé non relu

ATELIER DE EIEATIRE DU NORD

oui mis à |)orti'M' de lui en Ijun' coiiiiaîlri' les molilV. li srijul lirurciix sans (Idule ([iic fuii put iuliiicllrr an travail des alclicrs ((inics les citoyennes (|uc le hesoMi o!)lig(' d'v avoir recours, mais la loi même, en vertu (le ia(|uelle ces ateliers ont été établis, el la disproportion nécessaire d'un établissement de cette nature avec les besoins immenses de la capitale, nous ont fait un (Ie\t)ir de nous reidcrmi-r dans c(M'taines bornes. 11 nous a fallu cboisir en quebjue sorte dans le besoin même et en calculer les degrés pour restreindre sur la capacité des élablissements''* le nombre des sujets qui peuvent y être admis. Nous avons du sm'tout, d'après la loi du i 3 juin i 790, nous rendre dilliciles sur l'article du domicile exigé par celte loi. De là une multitude de plaintes que nous sommes dans l'impossibilité de faire cesser, et auvqmdles la section de Bondy, plus à portée qu'aucune autre d'apprécier notre conduite, puisqu'elle possède dans son sein un de ces établissements, n'aurait peut-être pas dû si facilement ajouter foi. Nous sommes persuadés qu'en les examinant avec quelque attention, il lui sera facile de les réduire à leur juste valeur. Quant aux rapports qui ont été faits à la section contre le citoyen chargé dans nos bureaux de l'enregistrement des filatures, nous sommes également assurés ([u'elle en eut reconnu l'inexactitude, si, préalablement à toute autre mesure, elle avait jugé à propos de les vérifier. Nous vous prions, citoyen, de mettre sous les yeux de la section de Bondy les détails contenus dans cette lettre, et de l'assurer que personne plus que nous ne désire contribuer au soulagement de la classe indigente de nos concitoyens, et qu'elle nous trouvera toujours disposés à employer pour cette lin les moyens (jue la loi met à notre disposition.

L'^s adiiiiiiislratcurs des EtabUssemenls publics. . Minute, Archives nationnles, F'^ 3.58i.

"' On voit par une noie mise au verso tl'im avertissement pour la contribution foncière, en 1792, payable par la maison des Récoilels, que la filature avait sou entrée à côté de l'église et occupait au rez-

de-chaussée le réfectoire , le chœur, la sacristie, le chapitre et une grande partie du second élage, plus le corps de bàliment sur les jardins servant jadis d'infirmerie. (Arch. ual., F'^SôSi.)

iuLr.iE siri

LETTRE DU DEPARTEMENT DES ETABLISSEMENTS PUBLICS À CELUI DES TUA- VAUX PUBLICS POUR LA MISE EN ETAT DE LA FONTAINE ALIMENTANT LA FILATURE DES RECOLLETS.

5 octobre 1793.

Les citoyens administrateurs au Département des Travaux publics.

Lo 5 octobre 1793, Tan a%le la République française , une et indivisible.

Depuis quelque temps, citoyens et collègues, la fontaine située dans l'inlérieur de la maison de filature des ci-devant Récollets, rue du Faubourg-Saint-Martin , ne fournit plus l'eau nécessaire à la consommation journalière de cette maison, il résulte de cette privation un surcroît de dépense qui tombe à la charge du Trésor public. Nous vous demandons avec instance de vouloir bien employer les moyens qui sont à votre disposition pour faire rendre à cette fontaine toute son aciivité. L'avantage qu'elle procure au grand nombre d'infortunés admis dans cet atelier et l'économie qui en résultera pour le Trésor public nous sont un sur garant de la célérité que vous ferez mettre dans l'exécution des mesures que vous croirez cbnoir prendre à cet ellet.

Les adinmistralcuvs au Départoncnt (la Etablissements publics. Minute, Archives nationales, F"358i.

ARRÊTÉ DU COMITÉ D'ADMIMSTRATION DES ÉTABLISSEMENTS PUBLICS, SUPPRIMANT LA PLACE DE PAYEUR DE L'ATELIER DES RÉCOLLETS, OC- CUPEE PAR LE SIEUR ANTIiLMY, ET LA REUNISSANT À CELLE DU TENEUR DE LIVRES.

1 6 Iriinairc an 11.

En l'assemblée du Comité d'administration des Klablissemcnts pu-

ATKLlKi; l)K FILMlillK DU NOIU). 771

blics. IcMiiie aux ci-clevaiit Bcniardiiis, le (juarliili i '\ iVimairc. l'an •:>." (le la R('|)iibli(|ii(' IVançniso, une (.'I indivisible

Un membre a fail la motion de supprimer connne iinilijc la place de payeur de l'alcdicr des llécollels. 11 a observé cpie elle place, depuis la réduction deslpayemenls à trois par mois, conformément au nouveau calendrier, ne donnait pas, chaque jour, à celui (pii l'exerce, deux heures de véritable occupation, (pi'il é'tait possible d'en réunir les fonctions à celles du teneur de livres, en distrayant de l'emploi de ce dernier la vérification des feuilles, (pii serait confiée au premier employé du même bureau, et qu'il résulterait de cet arrangement, aussi régulier que simple, une économie annuelle de i,65o livres. Il a pensé que l'intérêt de la chose pul)lique ne permettait pas à l'Administration de balancer sur Tadoption d'une mesure, qui, en simplifiant le régime, déchargeait la Caisse des ateliers d'une dépense considérable.

Sur quoi, la^matière mise en délibération, le Comité considérant,

Que la place de payeur des dépenses de l'atelier des Récollets, occupée en ce moment par le citoyen Antelmy, ne donne en effet à celui qui l'exerce que peu d'heures d'une véritable occupation ;

Que les fonctions de cette place peuvent être, sans inconvénient et sans surcharge, réunies à celles du teneur de livres, en distrayant de l'emploi de ce dernier la vérification des feuilles, qui serait alors confiée au premier employé après lui dans le même bureau;

Qu'il résulterait de cet arrangement, aussi régulier que simple, une économie importante pour la Caisse des ateliers;

Voulant néanmoins concilier avec ce qu'exige l'intérêt public et l'économie dont toute administration doit se faire une loi, les égards qu'il est naturel d'accorder à la position d'un père de famille que cette suppression va priver de sa place et des moyens d'existence qu'elle lui procurait;

Arrête qu'à compter du i"" nivôse prochain, la place de payeur des dépenses de l'atelier des Récollets est et demeure supprimée.

Les fonctions de cette place sont, à partir de la même date, réunies à celles du teneur de livres dans le même atelier.

Sera néanmoins distraite de l'emploi de ce dernier la vérification des feuilles, laquelle sera confiée au premier employé après lui.

Au moyen de l'arrangement ci-dessus, le traitement du citoyen

Antelmy, payeur actuel, cessera d'avoir lien à compter dutlil jour

nivosc

Néanmoins, et à titre d'indemnité de la perle de sa place, i Administration accorde audit citoyen un mois de plus de son traitement, lequel lui sera payé d'avance et compris dans la feuille de la dernière décade du présent mois.

(Signé) : Luvasseliî, D.vljo.n.

Minute signée, Archives nulioiiules, F'^ 3.>8i.

AURÊTÉS DU COMITE D'ADMINISTRATION DES ÉTABLISSEMENTS PUBLICS : 1" CONTINUANT AU SIEUR ANTELMY, PAYEUIl DE I/ATELIER DES UÉCOL- LETS, DONT L'EMPLOI EST SUPPRIME, SON TRAITEMENT JUSQU'À LA PIN DE pluviôse; 2° AUTORISANT DIVERS TRAVAUX INTl'rIEURS.

rrimairo an ii.

[i] Le Comité d'administration des Établissements publics s'étant fait représenter son arrêté du i h frimaire, présent mois, par lequel, à compter du i" nivôse prochain, la place de payeur de l'atelier des jlécollets est et demeure supprimée ;

Considérant que diverses circonstances, dont il lui a été rendu compte par le citoyen Antelmv, exifjent qu'il continue pendant une quinzaine encore de remplir les fonctions attachées à cette place;

Qu'en prolongeant ainsi son exercice et lui ôtant par cette prolongation les moyen-; de chercher une autre place, il est juste de prolonger dans la même pr(q)ortion le cours de son traitement, sans préjudice de l'indemnité accordée par la délibération (hi i 'i de ce mois;

Arréie que les fonctions attachées à la place de pau'ur de l'atelier des Récollets conlinueront, malgré la suppression de cette place, d'être roniplies par le citoyon Antelmy juscpi'à l'épcxjue du i5 nivôse prochain, passé laquelle ces fonctions demeureront réunies à celles du teneur de livres, conformément à l'arrêté du ifi frimaire.

Au moyen de lu présente disposition, h' liJiihMin'nt du (•iu»\en An-

\Ti:i.ii:iî i)K Fii,\Ti;r.i". dc noiid. 7?:^

I('lm\ IK^ rossera (la\(iir liiMi (|ii"à j),irlir du prcuiicr jdur de |)|ii\iûsf', ol eu sus diidil trailcuiciil . il lui sera |)av<', à lilic ditidriiinili'. un mois (le plus. Ladilc iiulciiiiiiti' n'aura lieu louldois ([uo dans lo cas où, do vo jour à la lin de pluviùst-, l' Adniinislralion ne Iroiiverail pas dos moyens plus conformes à ses désirs d'indenuiiser le ciloyen y\nlelmy par TollVe d'une placi* ('(pmalciili' à celle doul il se voil pri\('.

[a] Le directeur de l'atelier des RécoUels, présent à la séance, expose que les poêles établis dans les ateliers des (garçons fimienl beaucoup toutes les fois que le vent tourne à la pluie, et ([ue l'incommodité (pii en résulte nuit au travail de ces ateliers. Il observe qu'un moyen d'empêcher cette fumée serait de prolonger au-dessus du toit les tuyaux des poêles, mais (jue jusqii';\ ce jour on s'en est abstenu, dans la persuasion que ces tuyaux ne pouvaient être placés qu'au debors, où leur prompt dépérissement aurait obligé de les renouveler chaque année. Il ajoute que le poélier lui ayant observé que ces tuyaux pouvaient être placés au dedans, du côté du cloître, où cet inconvénient n'est point à craindre, il pense, d'après cette observation, qu'il y a lieu d'ordonner cette dépense, qui se réduit à une quarantaine de bouts de .tuyaux.

L'Administratio:i , sur cet exposé, autorise -le directeur de l'atelier des Récollets à faire placer, d'après le vu du poélier, les tuyaux dont il s'agit, à la charge d'en surveiller avec soin la pose et la dépose et de les faire conserver après l'hiver, quel que soit leur état.

Le même directeur observe que, la section de Bondy s'étant emparée pour la caserne d'un lieu d'aisance que l'Administration avait fait arranger pour les enfants, il ne reste plus maintenant pour l'usage de ces derniers que les lieux destinés au même usage pour les femmes. Il observe qu'une telle communauté, dangereuse pour les mœurs, est susceptible de grands inconvénients, et propose de faire partager par une cloison les lieux d'aisance dont il s'agit, dont une partie serait alors exclusivement destinée aux enfants.

Sur quoi TAdmiinstration délibérant, arrête que, par l'inspecteur des travaux publics attaché au service des ateliers, il sera procédé surle-champ à la visite de l'état des lieux et à l'estimation de la clôture

Tih L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.

nécessaire, pour, sur le vu du rapport qui sera fait par ledit inspecteur, être statut ainsi qu'il appartiendra.

Minute, Archives nationales, F'^ 3581.

ARRETK DU COMITE D'ADMIMSTRATION DES ETABLISSEMENTS PUBLICS, CHARGEANT LE DIRECTEUR DE L'ATELIER DU NORD DE CHERCHER UN AUTRE LOCAL POUR L'INSTALLATION DE CET ATELIER, DEPOSSEDE DU COUVENT DES RECOLLETS PAR ARRETE DU COMITE DE SALUT PUBLIC.

1 1 prairiai an ii.

Le directeur de l'atelier du Nord informe l'Administration qu'un agent de la fabrication des armes lui a notifié l'existence d'un arrêté du Comité de salut public, lequel destine à la fabrication des outils nécessaires pour la confection des armes le local des ci-devant Récollets, où est établi l'atelier du Nord, et l'a invité en conséquence à le mettre promptement en possession de ce local. Il ajoute que déjà l'Administration (les armes s'est emparée d'une partie d'emplacement qui était vacante, et que, dès ce moment, elle s'occupe de l'approprier à sa nouvelle destination.

Sur cet exposé, l'Administration, considérant que l'arrêté du Comité de salut public, en changeant la destination du local des ci-devant Récollets, ne préjuge en aucune manière la suppression de l'atelier de filature, qui, depuis i 790, y est établi;

Qu'il y a lieu en conséquence de s'occuper de la translation de cet atelier dans un autre local, et que le bien du service et la commodité des citoyens doivent faire désirer que ce local se trouve, comme le précédent, vers l'extrémité Nord de Paris;

Charge le directeur de l'atelier du Nord de visiter, conjointomont avec le citoyen Croissant, inspecteur des travaux publics, les dilïérents édifices et maisons nationales répandus dans les quartiers du Nord, et (|tii pourraient convenir ;'i la destination dont il s'agit. j)our. sur le

ATEMKi; DE riLATOHK DU NOIU). 775

rapport qu'ils fcrdiil de liulilc visite, rire pris et proposé telle détcrmiiiiition (pi'il appartiendra.

(Si|jiu') : Lkvasskuii, Daujon.

Miimlc sijfuée, Arcliivcs iialionalcs, b''^ .'{ôSi.

ARRÊTÉ DU COMITÉ D'ADMINISTRATION DES ÉTABLISSEMENTS PLBLICS, PRE- NANT LES DISPOSITIONS NECESSAIRES POUR LA TRANSLATION PROVISOIRE DE L'ATELIER DE FILATURE DU NORD DANS LA MAISON DES FILLES DE LA CHARITÉ Dli FVUROURG SAINT-DENIS, TRANSLATION ORDONNÉE PAR LN ARRÊTÉ DU COMITÉ DE SALUT PUBLIC.

si'i prairial an ii.

L'Administration prend connaissance d'un arrêté du Comité de salut public"', en date de ce jour, qui, sur le vu des arrêtés du Déparlement et de la Commune de Paris, relatifs à la translation de l'atelier de lilature du Nord, transfère provisoirement cet atelier dans la maison des ci-devant Filles de Charité, faubourg Denis, sans aucuns frais de construction, de réparation et sans aucuns changements.

Le même arrêté charge le Département et la Municipalité des dispositions nécessaires pour son exécution.

Il porte en outre qu'il sera fait un rapport au Comité sur la situation de la maison des ci-devant Blancs-Manteaux, où l'on avail proposé de transférer l'atelier du Nord, et sur les indemnités, les réparations et les changements qu'occasionnerait la destination proposée.

L'Administration, délibérant sur les moyens d'exécution de cet arrêté ,

Arrête :

1° Que le citoyen Gautier, directeur de l'atelier du Nord, est auto-

'•'* I^' arrêté du Comité de salut public Blancs-Manteaux de l'atelier du Aord, la

vise une délibération du Département de teneur en est reproduite dans l'arn-lé des

Paris, du i5 prairial, et une autre déli- Etablissements publics ci-dessus. (Orijjinal

bération des olTiciers municipaux, non da- signé de; R. Lindet , Arcbives nationales,

tée, concernant la translation projetée aux AFii ai 5.)

risé à se faire remettre les clefs de la maison des ci-devant Filles de la Charité, faubourg Denis, et à faire toutes diligences pour la prompte translation dans cette maison de l'atelier de filature du JNord, ('lal)li dans la ci-devant maison des Récollets;

9° Conformément à l'arrêté du Comité de salut public, il ne sera fait pour ladite translation aucuns frais de construction, réparation, ni aucuns changements, mais seulement les dispositions qui seront jugées indispensables pour la clôture des ateliers et la sûreté des objets qu'ils renferment;

3" Le directeur de l'atelier du Nord fera constater par les juge de paix et commissaire de police de la section, en présence du citoyen Croissant, inspecteur des travaux publics de la Municipalité, l'état actuel et la situation tant de la maison des ci-devant Filles de la Charité que de celle des ci-devant Récollets, au moment de l'abandon qui en sera fait aux agents de la fabrication des armes. Ledit inspecteur s'entendra avec les agents de ladite fabrication sur les objets de disposition locale appartenant aux ateliers et qu'il pourrait être utile et économique de laisser en place, et sur ceux desdits objets qu'il conviendrait d'emporter. 11 en fera incessamment son rapport;

II" Le directeur de l'atelier du Nord est chargé de prendre, conjointement avec ledit inspecteur, les renseignements et informations qui peuvent mettre l'Administration à portée de proposer au Comité de salut public les mesures nécessaires à la translation définitive de l'atelier du Nord dans la ci-devant maison des Blancs-Manteaux. L'inspecteur dressera en conséquence les devis et détails estimatifs des réparations, dispositions et changements qu'exigerait ladite translation. Il en fera son rapport, ainsi que de la situation actuelle de ladite maison, dos établissements ou particuliers qui l'occupent, et des indemnités qu'il conviendrait de leur accorder en changeant sa destination;

5° Le directeur et l'inspecteur sont pareillement chargés de se concerter ensendjlc ])our déterminer et constater les dispositions du mêm(^ genre qu'exiijerait la lixalinn de l'atelier de filature dans la maison des ci-dev;inl Filles de la (îharité. Ils en feront leur r;q)p()rl, ainsi (|ue (le 1,1 siliiiilion aciiielle de ladite maison, en \ joignant leur a\is sur

VTKIJKi; |)K rii, \TrnK DI NOIU». 777

la |ir(''lt''rt'nco ([iic Iciii- |iaiaîlr;i iiii'i'ilor I une df^dilcs maisons pour la (Icsiinalloii proposée, cl les raisons (|ni nioliviMil celte |)r<'f<''rence.

(SijTrit;) : Daijon, .Macendik.

Minute sijrin'o. Arcliivos nalionalos, K'^;?r)8i.

LKTTRE DU SIEL'R GAITIER, DIRECTEIR DE LVVTELIER DE FILATl RE DL NORD. À LA COMMISSION D'AGRICl LTLRE ET DES VRTS, RENOIVELWT SA DEMANDE DE ROIS, DE CHANDELLE ET D'IILILE.

uruniairn an m.

A la Commission d'agriculture et des arts, division des manufactures. Paris, ce 6 brumaire, l'an 3 tic la Ropuhlicjiie, une et indixisiblo.

Citoyens, je réitère la demande que j'ai déjà faite de bois, de chandelles et d'huile. Les froids se font sentir et les femmes ouvrières se plaignent très vivement.

IjPS chefs et employés de la filature ne peuvent plus rester tels qu'ils sont, ils demandent que la Commission s'occupe à les loger pour être à l'abri des vents et du froid.

Salut et fraternité.

Le directeur de l'atelier de filature du Nord,

(Signé) : Gautier.

La consommation de bois a été pour l'année dernière de .5o voies, celle de chandelles de i5o livres, celle d'huile de 900 livres environ.

En tête de la lettre : tfU restait h l'atelier du Nord, lors de la translation de Coquet, en germinal dernier, 270 livres dhuile à brûler.»

Minute, Archives nationales, F'* SSgS..

LETTRE DE LA COMMISSION D'AGRICULTURE ET DES ARTS AU SIEUR GAU- TIER, DIRECTEUR DE L'ATELIER DU NORD, TROUVANT TROP ELEVEE LA CONSOMMATION DU COMRUSTIRLE ET DEMANDANT UN e'tAT DES POELES ET CHEMINÉES, AINSI QUE DES RECS DE LAMPES ET Rt'vERRERES, AVEC

RÉPONSE

19, 1 5 brumaire an m.

La Commission, etc., au citoyen Gautier, directeur de H atelier dejilature du Nord.

[i] D'après ta lettre du 6 de ce mois, citoyen, nous venons d'écrire à la Commission de commerce et approvisionnements en l'invilant à te procurer provisoirement la quantité de i o voies de bois pour le service de l'atelier que tu diriges.

La consommation de ce combustible, que tu annonces avoir été faite l'année dernière, nous paraît considérable, relativement à la population de ton établissement, et nous pensons qu'il pourrait y avoir lieu de la réduire. Pour nous mettre à portée d'en juger, tu voudras bien nous adresser l'état exact des poêles et cheminées en activité pour le chauft'age de l'atelier du Nord, en incHquant la quantité de bois nécessaire au service de chaque foyer, eu égard aux pièces qu'il échauffe et au temps pendant lequel il demeure allumé.

Tu voudras bien nous adresser également l'état des becs de lampes et réverbères en activité pour le service de l'illumination, en indiquant la quantité d'huile qu'ils exigent. Il serait possible aussi que cette consommation présentât quelque économie, que nous ne devons pas négliger. Nous voyons, par un inventaire dressé entre toi et le citoyen Coquet, ton prédécesseur, qu'à l'époque du 19 germinal dernier, il restait encore à l'atelier du Nord 5^70 livres d'huile à brûler. Cet approvisionnement, attendu la saison, ne peut avoir été consommé entièrement. Tu nous marqueras ce qu'il en reste.

Salut et fraternité.

ATELIER DE FIKVTURI' DU NDIU). 770

Le (hrcclcur de Idlcltcr du }^ord à la Commi.s.sion d tijincidluir cl des arls. Paris, ce i5 Iirumaire, fan ',V de la RdpuMiiiue , une et indivisible.

[fî] Citoyens, par votre lellre du ii courant, vous paraissez étonnés de la consommation du bois, vous me demandez combien il me reste des 270 livres d'huile environ ([uc m'a laissées le citoyen Coquet. Je l'ai déjà dit: rien, car je regardais comme tel le peu que j'en avais alors, puisque je suis sans, et que je suis obligé depuis deux jours de fournir au portier de la chandelle.

.Te vais entrer dans 1(> détail de la consommation de ces deux combustibles.

Dans les 5o voies de bois, l'Administration en passait, suivant la consommation dernière, 16 voies aux employés, savoir : au directeur 2 , au caissier 1 , au teneur de livres t , aux 5 chefs 5 , aux h sous-chefs Zi , au vérificateur 1, au portier 9=16.

Nota. Il y a un employé de moins , le caissier tenant les livres.

Les employés sont si mal traités par les logements, qui sont à jour de tous côtés, qu'il est impossible qu'ils puissent résister sans consommer beaucoup de bois.

Il y avait, l'année dernière, 1 G poêles allumés depuis 7 heures du matin jusqu'à 7 heures du soir, tous les jours, excepté les décadis, pendant G mois.

Actuellement, il en faut encore iG qui, malgré qu'il n'y aura pas de veillée, ne consommeront pas moins que l'an dernier, car il a fallu beaucoup d'économie pour avoir eu au commencement de germinal environ 3 voies de bois :

Atelier des garçons 2 poêles.

Salle des éplucheuses t

Atelier des fileuses de coton , /i salles A

Atelier du chanvre Gentil 9

Atelier du chanvre Lecocq •>

Au ployage î

Bureau de l'enregistrement 1

Bureaux du directeur i

Si on forme un bureau de paye 1

780 L'ASSISTANCE PURLfOUE A PARIS.

Si la maison change de forme, il faudra se régler d'après le nouveau mode; mais, en attendant, voilà les dispositions que je propose, de plus, on peut ne faire venir de bois (juaufur et mesure de la consommation.

A l'égard de l'huile à brûler, le citoyen Coquet a laissé environ 370 livres dhuilc; il y a eu, depuis l'instant du départ du citoyen Coquet jus([u'au 10 messidor, 8 et () lampes à réverbères, dont 2 à deux faces, ce qui a fait près de 3 mois pour la consommation.

Depuis le 1 0 messidor jusqu'à ces jours derniers, il y a eu tous les jours 5 réverbères d'allumés. A compter 3 mois à 3 et ^ onces par réverbère, et autant pour 5 lumières depuis, vous verrez, citoyens, que ce combustible n'a pas été dilapidé.

Dans le moment actuel, comme les employés ne peuvent avoir aisément de chandelle ni d'huile , je vais être obligé d'augmenter la lumière des escaliers pour éviter les malheurs qui pourraient arriver.

J'ai demandé à la section du Faubourg-du-Nord 1 0 livres d'huile en attendant votre décision.

Le divccleur de l'atelier du Nord ,

(Signé) : Gautier.

L'illumination des ateliers n'ayant pas lieu, puisqu'il n'y a pas de veillée, je ne demande d'huile à brûler que pour 10 lampes qui se trouvent indispensables.

Je rerois à l'instant un bon de la section de 10 livres d'huile à brûler.

Miniile oi ori{jiiuil siijiiôs (a p.), Arcliives nationales. K"" 359^.

ATELIER Di: FIL\TURE OU NORD. 781

LKTTIU: 1)1 SIKL'U MUIC, DIUKCTEIR DE LV\Ti:i,li;U l)K l'IL\TlHK 1)1 NOUI) , À M. DKUMKVl . CDMMISSAIIIK AUX SKCOl US l'LHLlCS, l)KM\M)\\T D'URGENCE 50 \ GO HOLETS \K1N DE POUVOIll OCCUPEU LES OLVlUÈilES, AVEC RÉPONSE.

12,18 «jermiiial an m.

/.(' (hrecteiir de l'atelier de jilaturc du Nord, au ciloyen Dernieau, Commissaire aux secours publics.

[ 1] (iitoyen, par notre lettre du 3 du courant, les directeurs des ateliers du Midi et du Nord vous avaient présenté collectivement les besoins où ils étaient des ustensiles nécessaires à la filature pour la confection des voiles propres à la marine de la Républif|ue, ceux ipi'ils avaient alors, et en mauvais état, étant de beaucoup insuffisants pour fournir aux ouvrières des ateliers de coton, cpii passaient à la filasse, et qu'ils ne pouvaient leur fournir les rouets et dévidoirs nécessaires pour les faire travailler. Ils avaient en conséquence proposé à la Commission de les autoriser, ou tout autre individu connaisseur en ce genre, à faire fabriquer un millier de rouets, ainsi que les broches et 5 00 à G 00 dévidoirs. Sans doute, la Commission s'occupe de cet objet intéressant dans ce moment, mais le directeur de l'atelier du Nord mettra de nouveau sous les yeux de la Commission combien il est urgent pour lui d'avoir promptement 5o à 6o rouets tout faits, afin de pouvoir alimenter en filasse à peu près le même nombre qui reste encore dans l'atelier du coton, ([ui n'attendent (|ue ces ustensiles pour passer à l'extérieur avec de la filasse, attendu qu'elles sont presque à rien faire dans ce moment. En conséquence le directeur du Nord demande à la Commission de l'autoriser à faire rechercher el acheter chez les difierents ouvriers de Paris cette quantité de rouets, afin qu'il puisse alimenter ces malheureuses ouvrières, dont [);ulie attendent de[)uis près d'un mois de l'ouvrage.

Salut et fraternité.

(Signé) : Marc.

La Commission des secours publics au citoyen Marc, directeur.

Le i8 germinal, l'an .T de la République française, une cl indivisiljk-.

[9] Nous avons reçu, citoyen, votre lettre du 12 du courant, par laquelle vous nous rappelez la demande que vous nous avez faite le 3 , collectivement avec le directeur de l'atelier de fdature du iMidi, d'un millier de rouets et de 5oo à 600 dévidoirs pour le succès de vos deux ateliers, et de la nécessité où vous êtes d'être autorisé provisoirement à rechercher et acheter 5o ou 60 rouets tout faits, afin de pouvoir alimenter de travail 5o à Go fdeuses de coton de votre atelier, disposées à passer à la filature du chanvre.

La Commission n'a pas cru devoir encore s'occuper de votre première demande, à raison de son importance, mais l'urgence du service de la marine l'a déterminée à vous autoriser provisoirement à vous pourvoir de 5o rouets.

Nous vous invitons, citoyen, à mettre beaucoup d'économie dans cette dépense et à vous les procurer au meilleur compte possible. Vous aurez soin de retirer des marchands et fournisseurs les mémoires et (|uittances nécessaires pour établir et justifier cette dépense.

Salut, etc.

Original signé et minute (2 p.), Archives ualionales, I''"' 3598.

ATELIER DE FII.ATUIU'; DU MIDI. 783

ATELIER DE KILAÏIUK Dli MIDI (OU DES JACOBIiNS).

MÉMOIRE PRÉSEINTl' AU MAIRE DE PARIS PAR LES OUVRIERES DE LA FILATURE DES JACOBINS, À L'EEFET DE SE PLAINDRE DES EXTORSIONS DONT ELLES SOxNT VICTIMES DE LA PART DE LEURS CHEFS.

9 avril 179a.

A Monsieur le Maire de Paris.

Monsieur,

C'est au li-il)uual de votre e'quité qu'une députalion de la manufacture de fdalure des Jacobins vient réclamer votre justice sur l'exposé qu'elle a l'honneur de vous présenter. Cette manufacture, créée au mois de juin 1790 sous le nom de maison de secours pour le soutien des pauvres mères, ainsi cpie des enfants jjour en faire des élèves.

Nous avions des administrateurs éclairés, entre autres M. Sabatier, M. Le Blanc, et pour chef M"'° Subarbier, toutes personnes tlignes d'un pareil établissement. Dans le commencement de cette fondation, l'on payait aux femmes apprenties 6 sols par jour et 3 sols aux enfants , en y comprenant les fêles , la soupe à dîner et des légumes au soir. Un jour de payement , M"'* Subarbier faisant sa paye en présence de MM. Sabatier et Le Blanc, un nommé Laurent, chef des gai'çous, fut le premier germe des injustices qui se sont commises jusqu'alors; il apostropha M'"' Subarbier avec des ternies injurieux, ce qui (it que M. Sabalior lui demanda : Qu'avezvous à vous plaindre de Madame? la Munici|)alité m'a donné oidre de donner 6 sols aiLX femmes, 3 sols aux enfants, et que plus ils feront de l'ouvrage, ou leur accordera une indemnité au prorata des 6 sols. Il est vrai que le produit de leur travail n'était pas considérable, le chef desdites apprenties ne |)()uv;uit fournir que 90 rouets pour plus de 5oo personnes qu'elle avait sous sa doniiualiou. Mais actuellement, Monsieur, celte maison de Dieu, le soutien des pauvres, est devenue une maison de luxure, d'agiotage; ce sont des vraies sensues qui se nourrissent du sang des malheureux; au moindi-e manque (car une mère de famille peut-elle

78i L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.

cxisler avec G sols par jour), ainsi la moindre absence , soit maladie, fait soustraire la paye journalière, même jus([u"au |)ain; une voix efTroyaijIe se fait entendre, c'est Tordre de rAdministralion, Mesdames. Nous n'ig-norons pas, Monsieur, que la Municipidili', reiiiplie d'humanitë, la mère bienHiisantc des pauvres, paye journellement G sols |>ar joui", ahseni , ou non absent.

Nous vous supplions , Monsieur, qu'il vous plaise d'examiner la liste que Ton porte toutes les semaines à la Municipalité el de faire faire un recensement on a|)j)el sur celte même liste; vous vei-rez toujours les mêmes noms, tant des absents que de ceux qui sont morts depuis la fondation, qui, avec les journe'es que l'on nous retranche sur la moindre faute, forme un honoraire considérable à ces sensues, dont ils font entre eux le partag'e.

Nous réclamons donc, ô Législateur équitable, qui vous êtes déclaré le père protecteur des affligées, nous implorons votre justice, rendez-nous nos premiers maîtres, M. Sabatier, notre père commun, Madame Subarbier, l'innocence opprimée, le soutien des pauvres et digne de maintenir l'intérêt de la Municipalité.

Cet acte de justice, Monsieur, vous rendra immémorable jusqu'à la fin des siècles el vous acquerra 'des vœux éternels.

Nous avions formé. Monsieur, un corj)s pour nous présenter devant vous, mais venant de savoir qu'à la moindre démarche que nous ferions pour prouver les horreurs qui se commettent journellement, que l'on nous ferait mettre dans un cul de basse fosse (ces paroles sont sorties de la bouche du sieur Hainault, qui , couché sur la tendre verdure, médite à accumuler ses intérêts et accumuler nos maux), c'est ce qui nous empêche de signer cet exposé; si vous daignez nous rendre juslice, nous sonmies prêtes à nous faii'e connaître tous ensendjle.

Minute, Arcliives nalioii.ilrs, F'^ '2.'i3.

LETTRK DKS ADMIMSTHATEURS DES ETABLISSEMENTS PUBLICS À CEUX DU

DU'Airri'Mi'M" i)i: paius, à l'eefet de se plaindre de l'exagération

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