JACOBINS
G no\oiiil)i'c 179'-!.
Les ctloycns adntimslrtilcurs du Dvpartcmcnl de Pans.
Paris, le 0 novembre 1793, l'an i" de la République.
(]ilovons, il vient d'(Ure remis à chacun des employés de l'atelier public de filaluic établi dans la maison ci-devant conventuelle des Jacobins, rue Sainl-Jac(jucs, l'averlissement de leur imposition mobi-
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lière pour 1791- Nous en avons fait faire un ivlev»', i|uc vous trouverez ci-joint.
Nous croyons (l(>voir vous ro[)r('senter (jue ces employés, attachés à un étahlissenicnt national destiné à venir au secours de Tindijj^ence, n'ont (|uc des appointements modiques en raison de l'étendue des détails, dont chacun d'eux est char{jé. et de la nature de leur travail. Celte considération send^le naturellement solliciter un adoucissement dans l'imposition de ces employés, même de ceux dont le traitement annuel est le plus fort, tels que le directeur et le caissier. Mais c'est particulièrement sur les employés, dont le salaire est le plus modique, que nous vous prions en ce moment de vouloir bien fixer votre attention. Vous remarquerez, par l'état que nous mettons sous vos yeux, que presque tous ces employés sont chargés de famille, qu'ils n'ont qu'un salaire qui doit sutfirc à peine à leurs premiers besoins, et qu'alors il est diflicile d'exiger, par exemple, B^^io'/i'' d'imposition d'un père de cinq enfants, qui n'a d'autre ressource, pour se suslanler et sa famille, qu'un emploi de 1,200^; d'une mère de six enfants 89^7' 3'' sur un traitement de 900^. Il vous paraîtra sans doute aussi bien rigoureux de demander /iG^8' 10'' à un père de deux enfants qui n'a que 600^, à un autre k'2^ 3' 11'' pour un salaire annuel de bho^. La même observation s'appliquerait également aux deux employés qui terminent l'état, si l'un d'eux n'était parti pour les frontières après avoir été babillé et équipé aux frais mêmes des employés, et si l'autre n'était mort dans un état d'indigence tel que l'établissement a été forcé de supporter les modiques frais de son enterrement.
Il se trouve aussi plusieurs contradictions frappantes dans la fixation des cotes d'impositions, comparées avec le montant des salaires dont jouissent les employés qui en sont l'objet. D'abord la citoyenne Verdure aînée, qui n'a que 600*^ de traitement, a été imposée à 67^ 1' 1^ somme pareille à celle fixée pour sa sœur cadette, qui a goott;
2° La citoyenne Bertin, chargée d'une fille et qui a 900^ par an, est imposée à une somme plus forte que celle fixée pour les citoyennes Villard et Verdure cadette, qui ont le même traitement, sans enfants;
3° Lé citoven Barrère, père de quatre enfants et qui a 900^ par an, se trouve avoir une cotisation supérieure de 7^ et plus à celle du
lUflMUtCli: SATIO^iLC.
citoyen Goulesque, qui est dans la même classe, m;iis avec 1,000^ d'appointements;
k" Enfin il existe une différence de plus de 9^ dans l'imposition fixée pour les citoyens Verdure père et Duhamel, qui ont chacun G 00^ par art.
Nous ajouterons que quelques-uns de ces employés, tels que le citoyen Morcourt et le citoyen Gagnart, ne sont pas dans le cas d'être imposés, à raison de leur traitement pour l'année 1791, le premier n'étant entré en place qu'au mois de mars 1792 et le second au mois de décembre précédent.
Nous vous prions de vouloir bien peser dans votre sagesse les différentes observations que nous avons l'honneur de vous soumettre, et de prendre en considération l'état de gêne où se trouvent naturellement réduits des employés, dont le traitement peut à peine suffire à leur subsistance et à celle de leurs enfants.
Les administrateurs au Département des Etablissements publics , enclos des Bernardins.
Copie, Arcliives nationales, F'* 8075.
ARRÊTÉ DU CO.MITI'; D'ADMINISTRATION DU DEPARTEMENT DES ETARLISSE- MEINTS PURLICS, NOMMANT À DIVERSES PLAGES VACANTES EN L'ATELIER
DES JACORINS.
17 Itriimairc an ii.
En l'assemblée du Comité d'administration des Etablissements publics tenue aux ci-devant Bernardins, le septidi t'y brumaire, l'an second de la République;
Sur le compte rendu au Comité que la place de chef de l'aldier du fliaiivre se trouve en ce moment vacante dans l'établissement de lilalurc (les Jacobins, qu'il y a lieu en même tenqis de nommer un sonschef pour cet atelier, dont le nombre des ouvrières est complet, (pi'il y a pareillement lieu de nommer un sous-chef pour l'atelier qiie dirige le <'i(()\rii Laiidrii ;
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Le Comité, d/'lilx'rnnl sur la nomination <|u'il est instant de lair(! aiixdilcs places et sur les droits des citoyennes «|ui peuvent y prétendre;
Considérant (pie la citoyenne Cauchois, actucdicment sous-clief aux Jacobins, après l'avoir été aux liécollels. a les talents et la capacité nécessaires pour remplir la place de chef, à laquelle elle se Irouvi* appelée par l'ordre naturel d'avancement;
Que la citoyenne Roland a pareillement les (pialités nécessaires pour remplir la place de sous-chef;
Que la citoyenne Landru, également capable des mêmes fondions, est demandée pour sous-chef par son mari, et qu'en cédant à la justice de cette demande, l'Administration n'ajoutera presque point à ses dépenses, attendu l'offre faite par la citoyenne Landru de comprendre gratuitement dans ses nouvelles fonctions celle du dévidage, qui se paye annuellement aujourd'hui 3i rj livres;
Arrête que la place de chef de l'atelier du chanvre, actuellement vacante dans l'établissement de filature des Jacobins, sera remplie par, la citoyenne Cauchois;
Que la place de sous-chef dans le même atelier sera remplie par la citoyenne Roland;
Que la citoyenne Landru remplira pareillement la place de souschef dans l'atelier que dirige son mari, aux offres qu'elle fait et c[ui ont été acceptées ])ar l'Administration , de faire exécuter sans frais à l'avenir le dévidage, pour lequel on paye aujourd'hui une somme annuelle de 3 1 2 livres.
De suite, voulant pourvoir au remplacement delà citoyenne Cauchois et prenant en considération les services de la citoyenne Barrère, le Comité arrête qu'elle remplira la place de sous-chef vacante dans l'atelier que dirige son mari.
Fait au Comité, lesdits jour et an que dessus.
Les administrateurs au Département des Etablissements publics, (Signé) : Levassedr, Magendie, Daujon.
Minute signée, Archives nationales, F'^358i.
788 [/ASSISTANCE PUBMQUL: A PARIS.
PÉTITION DKS OLVRIÈRES DES ATELIERS DU MIDI, DIVISEE PAR CHEFS OU (iRIEFS, ET PRf'sENTe'e À lA SOCIETE POPULAIRE DE L'AMI DU PEUPLE, AVEC RÉPONSE DE L'ADMINISTRATION À CHAQUE ARTICLE.
1 ç) pluviôse an ii.
Premier objet de cette pétition. — Modicité du salaire.
Uépottse. — L'Administration a dû régler ce salaire h un taux inférieur à celui des fabriques parliculièies, afin de ne pas dépouiller celles-ci de leurs ouvrières. Néoîinioins ce salaire a toujours été dans une proj)ortion supérieure et, depuis le i" nivôse, le prix des belles filatures vient encore d'être augmenté.
Deuxième objet. — Suppression de s livres de pain par semaine.
lièpoiise. — Cette suppression a eu pour objet celle d'un abus qui existait alors, beaucoup d'ouvrières ne paraissant à l'atelier que pour recevoir leur pain. La suppression d'ailleurs fut dans le temps compensée par une augmentation de prix sui' les filatures.
Troisième chef. — Suppression de deux heures de veillée.
lîépoiise. — Cette suppression a été déterminée par le petit nombre d'ouvrières, qui restaient dans les deux dernières heures et qui consommaient une quantité d'huile considérable.
Quatrième chef . — Suppression des réverbères en certains endroits, aujourd'hui mal éclairés.
Réponse. — Le fait est faux.
Cinquième chef — Les ateliers malsains faute de réparations.
liéponsc. — L'entretien des bâtiments a toujours été l'objet des premiers soins de l'Administration.
Sicièmc chef — Les enqdois donnés à des citoyennes de i5 à i8 ans.
liéponsc. — La citoyenne Vcrgeon, dont il s'agit, a mérité cette exception par sa rare capacité.
Septième chrf — Le cardage non payé dans l'atelier du Midi.
Réponse. — Il s'y paye aujourd'hui co:nnie dans râtelier du Nord.
Huitième (jrief — Emploi des sous-chefs prétendu inutile.
Réponse. — t.^o ou joo ouvrières ne peuvent être surveillées par une seule
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personne, le détail des opérations exijje le eoncours d'un aide, et la nialodie possible d'un ehef le rend souvent nécessaire.
Neuvième (p^ef. — Multiplicité des emplois h la caisse et au nia{jasin surtout.
Réponse. — La citoyenne Massinol, chef du magasin, a l'emploi le plus chargé de l'établissement. La caisse est réiluile à deux employés, c'est-à-dire au strict nécessaire.
Dixième chef. — La citoyenne Cauchois est chef d'atelier, quoiqu'elle puisse vivre de l'emploi de son mari, commis aux Etablissements publics.
Réponse. — Lorsqu'elle a été placée, son mari n'avait que i,5oo** de traitement, et ce n'est qu'à son tour qu'elle est arrivée à la place de chef, ayant longtemps ex<>rcé celle de sous- chef, aux appointements de 600^. Elle a deux enfanta et une mère à sa charge.
Onzième chef. — Le citoyen Doucet emploie comme domestique le citoyen Jean.
Réponse. — Qu'il paye les services que lui rend ce citoyen.
Douzième chef. — Il a fait porter chez lui pai- ce citoyen ko livres d'huile.
Réponse. — Il a été autorisé par l'Administration h emprunter à l'Administration 35 livres 7 onces d'huile à brûler, ne pouvant s'en procurer ailleurs; il l'a fait peser et emporter publiquement, à la charge de la rendre, ce qu'il aurait déjà fait sans l'augmentation que ce combustible a éprouvée.
Treizième chef. — Il a été porté des plaintes à l'Administration sur la sortie clandestine des cotons. On a imposé silence aux plaignants.
Réponse. — Les portiers étaient chargés d'empêcher toute sortie de matières, et il a été reconnu dans le temps que la prétendue sortie des cotons n'était que la sortie du linge de la citoyenne Bertin emporté par la blanchisseuse.
Quatorzième chef. — Enlèvement des fers, cuivres et autres matériaux,
Réponse. — Ces métaux ont été vendus par l'Administration , et les fonds versés dans la Caisse des ateliers.
Quinzième chef. — Des voilures sont venues à différentes fois pour le compte du citoyen Hénaut et sont sorties de l'atelier, chargées à tel point que l'essieu de l'une d'elles a rompu.
Réponse. — Ces voitures apportaient au citoyen Hénaut des provisions de la campagne et remportaient des meubles par lui achetés; entre autres celle dont l'essieu a rompu remportait une porte charrctièi'e.
Seizième chef. — H y a des doutes sur sa gestion, parce qu'il a, depuis qu'il est en place, une maison de campagne superbe.
Réponse. — H possédait cette maison, qui n'est qu'une grange réparée, sept ans avant d'obtenir son emploi.
Dtx-septtèmc chef. — Dénonciations contre Landru.
Bépome. — Le tout a ëté renvoyé à la police municipale.
Dix-huitième chef. — Accusations vagues de dureté et vexation contre la citoyenne Massinot, et soupçon d'inGdélité non moins vague contie le citoyen Marnet.
Réponse. — Que répondre à de pareilles accusations que rien ne motive?
ARRÊTÉS DU COMITE D'ADMINISTRATION DES ÉTABLISSEMENTS PUBLICS, DÉCIDANT QU'UNE VISITE SERA FAITE À L'ATELIER DU MIDI POUR EXA- MINER LES RÉCLAMATIONS FORMEES AU SUJET DU NOUVEAU TARIF, ET RENVOYANT AU TRIBUNAL DE POLICE MUNICIPALE LES DENONCIATIONS CONTRE LE SIEUR LANDRU.
i" ventôse an ii.
Comité d'administralion, séance du i" ventôse, l'an a'' de la République, une et indivisible.
Le directeur de l'atelier du Midi ajoute verbalement quelques détails à ceux déjà contenus dans la lettre par lui écrite à l'Administration, sur le mouvement qui a eu lieu dans cet atelier, au sujet de l'exécution qu'il a voulu y donner à l'arrêté concernant le nouveau tarif du prix des filatures. Il en résulte ([ue ce mouvement a eu pour auteurs les femmes qui s'occupent des filatures grossières et communes, défavorisées à dessein par ce tarif. Le directeur met sous les yeux du (îomité diiïérents échantillons du coton filé parles plus chaudes réclamantes, et d'après lesquels il est évident que tolérer plus longtemps de pareilles filatures, c'est ajouter à la perte du prix de la main-d'œuvre celui de la matière, puisque les fils dont il s'agit ne peuvent être absolument d'aucun usage. La perte est d'autant plus forte que les ouvrières de cette classe gaspillent jusqu'à 5 livres de coton par décade, 'au lieu d'une livre et demie ou 2 livres que filent les bonnes ouvrières. Enfin un calcul ;iussi (dlVayant que simple, c'est qu'en ajoutant au |)rix d'achat de la matière c(diii de l'i'pluchage, du cardage, delà filature,