‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inédits (volume 3)Chapitre 193 sur 206 · ATELIHU DE FILATURE DU MIDI · texte numérisé non relu

ATELIHU DE FILATURE DU MIDI

et 1(^ pain distribué chaque décade aux ouvriiTcs, il en route environ 3()^ ù la fl(''[uibli(|ue jKtur salarier. (■Iia(|U(' (Ic'cadc, un talent (jui consonnne en pure jterte des matières de prennère nécessité et du plus pressant besoin dans les circonstances actuelles.

D'après ces détails, l'Administration considérant (pi'il importe de mettre un terme à de pareils abus et de rappeler à l'ordre tous ceux qui auraient intérêt ou volonté de les perpétuer;

Arrête qu'elle se transportera, quartidi prochain, dans l'atelier du Midi pour y prendre connaissance des réclamations formées au sujet du nouveau tarif, et des causes du mouvement qui a eu lieu, le oS pluviôse, à l'effet de prendre de suite et sur-le-champ les mesures que les circonstances lui paraîtront exiger;

Arrête que le citoyen maire de Paris sera invité à se joindre à l'Administration pour cette visite.

De suite se présentent et sont admises plusieurs citoyennes du même atelier, lesquelles dénoncent plusieurs faits à la charge du citoyen Landru , chef de i'ouvroir des enfants. Il résulterait de ces faits, si la preuve en était acquise, que le citoyen Landru traite avec beaucoup de dureté les enfants qui lui sont confiés, qu'il se permet de les frapper avec violence, et que la crainte des suites que peuvent avoir ses emportements, a déterminé plusieurs mères à retirer leurs enfants de l'atelier. Il en résulterait encore que le citoyen Landru a malversé dans son emploi, en mettant des individus, absents de l'atelier, à portée de toucher, comme présents, un salaire, qu'il partageait ensuite avec eux.

Le Comité, délibérant sur ces dénonciations, arrête qu'elles seront envoyées au Tribunal de police municipale pour y être fait droit, et qu'il sera écrit à cet effet à l'Agent national près ledit Tribunal en lui envoyant l'état des noms et demeures du dénoncé et des dénonciatrices.

(Signé) : Lf.vasseur, Dadjon.

Minute sijjnée, Archives nationales, F'^ .358i.

RÉCEPTION PAR LE COMITE D'ADMINISTRATION DES ETARLISSEMENTS PL'RLICS D'UNE DÉPUTATION DE LA SOCIETE POPULAIRE DE L'AMI DU PEUPLE, CHARGÉE DE PORTER PLAINTE CONTRE LES ARUS EXISTANT DANS LE RÉGIME DE L'ATELIER DES JACOBINS.

ih ventôse an ii.

Comité d'administration, séance du a A ventôse, l'an a" de la Itépublique,

Une (léputatlon Je la Société populaire de l'Ami du peuple se présente et fait part à l'Administration des plaintes qui lui ont été portées par un grand nombre d'ouvrières de l'atelier du Midi, sur des abus qu'elles annoncent exister dans le régime de cet atelier et sur la conduite de différents chefs et employés qu'elles accusent de malversation et d'infidélité. La députation invite les administrateurs à lui donner les renseignements qui peuvent être à leur connaissance sur l'objet de ces plaintes et à la mettre par cette communication fraternelle à portée de faire son rapport à la Société de l'Ami du peuple.

Sur quoi le Comité, considérant que les plaintes portées à la Société de l'Ami du peuple ont, la plupart, pour objet des faits relatifs à une épo([ue antérieure, et dont l'administration précédente j)eut seule avoir une entière connaissance; qu'il est juste de mettre cette administration, ainsi que les employés dont on inculpe la conduite, à portée de répondre aux plaintes dirigées contre eux ;

Arrête qu'il s'assemblera extraordinairement, le nonidi 19 du courant, pour donnera la Société populaire de Marat les renseignements qu'elle désire, et que les commissaires de cette société, ainsi que le citoyen Le Camus, ex-adniinistratcur, et les citoyens Hénaut cl Doucet, l'un ex-trésorier, l'autre [ex-] directeur de l'atelier du Midi, seront invités à se rendre à la séance.

# (Signé): Magi:m)II', Lf.vassiîuh, D.uijon.

Minute sijjiiéo, Archives niilionales, F" ^ôSi.

ATKLIKU D1-: KILATUHK DU MIDI. 793

LETTRE DE M. CELLIER, OriMClER MUNICIPAL, AI \ ADMIMSTR VTELRS DES ÉTABLISSEMENTS PLHLICS, DÉCLVRANT QIE LES FAITS REI'ROCMKS AL SIEIR LANDRU NE SONT PAS I)L RESSORT DU TRIBUNAL DE POLICE MU- NICIPALE.

a 9 ventôse «*Jii ii.

Les citoyens administrateurs au Département des Etablissements publics. Paris, le 29 ventôse de l'an second de l;i République française, une et indivisible.

J'ai examiné avec attention, citoyens et chers collègues, les pièces que vous m'avez envoyées concernant les diverses dénonciations faites par plusieurs ouvriers de l'atelier de filature du Midi contre le citoyen Landru, chef de cet atelier.

Les faits dont il est accusé me paraissent le rendre infiniment répréhensible, mais je ne pense pas que la [)eino qu'il a encourue soit du ressort de la police municipale; il me semble que l'examen de la conduite qu'il a tenue envers ceux qui travaillent sous son inspection concerne TAdministration. Si cet employé s'est mal comporté, s'il remplit mal ses devoirs, l'Administration a le droit de le renvoyer et de le faire remplacer, c'est un objet de police" intérieure qui ne peut regarder qu'un corps administratif et non une autorité judiciaire.

Quant aux voies de fait que Landru s'est permises envers plusieurs des ouvriers, comme il résulte des pièces produites qu'il y a plainte de part et d'autre à cet égard, les parties pourront se pourvoir respectivement à la police correctionnelle, mais les demandes à former ne peuvent l'être qu'à la rec[uêle de celle de ces parties qui désirerait obtenir une décision, et non à celle du ministère public, sauf à celuici à intervenir dans la contestation, s'il le croit nécessaire pour la vindicte publique, lorsqu'il aura entendu la discussion à l'audience.

Tels sont, mes chers collègues, les motifs pour lesquels j'ai cru que ce n'était pas le cas de soumettre votre dénonciation au Tribunal de police municipale. Il faut bien distinguer les pouvoirs des corps administratifs d'avec ceux des corps judiciaires, et c'est parce qu'il importe à un fonctionnaire public de ne pas s'écarter de la hiérarchie de ces pou-

19li L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.

voirs, dont la ligne de démarcation lui est tracée par les lois, que je m'empresse de vous faire part de mes observations sur cet objet; je désire qu'elles vous mettent à même de prendre dans cette affaire, pour ce qui vous concerne, le parti que votre sagesse et votre justice vous dicteront pour le bien public et le maintien du bon ordre dans l'intérieur des ateliers de fdature, que la loi a placés sous votre surveillance immédiate.

Si cependant vous estimiez ne pas devoir prendre sur vous de prononcer une décision au sujet de Landru, dans ce cas, je vous inviterais à en référer au Corps municipal, qui, sur votre rapport, prendrait le parti qu'il jugerait convenable.

(Signé) : Cellier.

Original signé, Archives nationales, F'^ 358 1.

DÉLIBÉRATION DU COMITE D'ADMINISTRATION DES ÉTABLISSEMENTS PUBLICS AU SUJET DE LA DÉMISSION DONNÉE PAR LE DIRECTEUR DE L'ATELIER DU MIDI, ET MOTIVÉE PAR LA FERMENTATION RÉGNANT DANS CET ATE- LIER.

i" germinal an ii.

Le directeur de l'atelier du Midi présente au Comité sa démission de cette place, motivée sur la fermentation qui règne depuis quelque temps dans cet établissement et l'insuffisance de ses moyens pour y rappeler l'ordre. Il entre à ce sujet dans quelques détails, d'après lesquels il y a lieu de croire que l'agitation actuelle des ateliers a pour cause des manœuvres secrètes, liées peut-être aux intrigues qui viennent d'être découvertes, et dont la poursuite occupe le Tribunal révolutionnaire. Le citoyen Levasseur observe que, frappé de cette idée, il en a déjà fait part au maire de Paris, à (jui, dans une note signée de lui, il a désigné les individus qu'il soupçonne de ces manœuvres. Le directeur de l'atelier du Nord appuie cette conjecture p;'.r diff('roiits faits dont il donne connaissance.

Sur quoi délibérant, le (îomité, j)éuétré de l'importance dont il est pour le salut de la Républicjue de ne laisser écbapper aucune des

ATELIKU l)H Fil. \TIII5K 1)11 MIDI. l[):^

tracos qui peuvent conduire à l;i dirouvertc des comploLs ourdis conire la liberté,

Arrête que, sur-le-champ, les directeurs des deux ateliers r<'di{jeront et sif^neront la di'clarnlion des faits dont ils viennent d'instruire l'Administration, et que celte déclaration, certiliée des administrateurs, sera dans l'instant même adressée à l'Accusateur public près le Tribunal révolutionnaire.

Cette délibération est exécutée aussitôt que prise.

(Signé) : Levasseur, Magendie, Daujon.

Minute sijjnée, Archives nationales, F''^ 358 1.

LETTRE DES ADMINISTRATEURS DES ETARLISSEMENTS PURLICS À L'ACCISA- TEUR PLRLIG DU TRIBUNAL REVOLUTIONNAIRE, LUI DENONÇANT LES ME- NEES QUI ONT EXCITÉ DES TROUBLES DANS LES ATELIERS DE FILATURE, EN PARTICULIER DANS CELUI DES JACOBINS.

i" germinal an ii.

A l'Accusateur public.

Nous nous empressons, citoyen, de te faire part de quelques détails qui, dans les circonstances actuelles, nous paraissent devoir exciter ta vigilance.

Il règne depuis quelque temps une fermentation sourde dans l'atelier de fdature du Midi établi aux ci-devant Jacobins; le prétexte de cette fermentation est l'introduction d'un nouveau tarif du prix des filatures, que nous avons cru devoir substituer aux abus de l'ancien; mais différentes présomptions nous portent à penser qu'elle a une autre cause, et qu'elle a été excitée et entretenue par quelques secrètes manœuvres, liées peut-être aux intrigues nouvellement découvertes. Le propos rapporté dans la lettre ci-jointe du directeur de l'atelier du Midi, les visites et informations, dont il y est question, et qui ont eu pour motif un mémoire présenté à la Société populaire de la section de Marat par dilïérentes ouvrières, informations tout à coup cessées depuis

quelques jours, les tentatives que l'on a faites pour exciter la même fermentation dans l'atelier du Nord, tentatives dont la preuve existe dans la déclaration pareillement jointe du directeur de cet atelier, toutes ces circonstances nous persuadent que l'agitation actuelle des ateliers de filature peut avoir des rapports avec l'affaire dont le Tribunal est occupé. Nous n'avons pas cru devoir garder le silence sur ces faits, dont nous remettons à ta prudence à faire l'usage convenable.

Les officiers municipaux, administrateurs des Etablissements publics.

RAPPORT nu DÉPARTEMENT DES ÉTABLISSEMENTS PUBLICS AU BUREAU MU- NICIPAL SUR LES MOUVEMENTS SEDITIEUX DE L'ATELIER DU MIDI, PRO- VOQUES PAR LA RÉFORME DU TARIF D'ESTIMATION DES FILS, AVEC PRO- JET D'ARRÊTÉ À L'EFFET DE CHANGER LE PERSONNEL DE L'ATELIER ET D'ÉTABLIR UN BUREAU CENTRAL D'ESTIMATION DES FILS.

3 floréal an ii.

Une fermentation sourde règne depuis longtemps dans l'atelier de filature du Midi. VMe s'est manifestée a diverses reprises par des mouvements que nous sommes parvenus à réprimer, mais dont il imporle d'anéantir enlin le principe. Pour arriver à ce but, nous avons jugé nécessaires plusieurs changements que nous allons soumettre à l'approbation du Bureau municipal :

1° Le directeur de l'atelier du Midi ayant donné sa démission, nous avons nommé à celte place le directeur de l'atelier du Nord, dont l'énergie nous a paru propre au rétablissement de l'ordre. Ce fonctionnaire a été remplacé par un enqdoyé du même établissement, dont l'expérience et le civisme nous sont connus.

-2" 11 existe dans l'atelier du Midi deux portes extérieures, dont l'une, (jui commuiii(]ue aux ateliers, sert à l'entrée et à la sortie des ouvrières; l'autre, qui conduit aux bureaux, est particulièrement destinée à l'usage des chefs et employés. L'existence de cette double commnnication ne nous paraît pas balancer par son nlililé les inconvénients qui en résultent. Elle nuit surtout à l'exercice de la surveillance (prelle affaiblit on la partageant. Nous estimons convenable de la snpjjriiner.

3" Les mouvements qui se sont manifestés dans l'atelier du Midi ont eu pour

\ti:i.ii:h dk rii. \t\ \\i: nu midi. 797

cause principale la n^forme que nous avons cru devoir poilcr dans le larif d'csliinaliou du prix dos lils. (\Hlo rt'lornic, (pu sulisliluc l\ Tarliitraire des cslirnatours une hase Hxe et iuvariahlo, t^iyalonicnl avanlaj;vusn aux ouvrières cl à l'élahlisseinent, a élé entravée de toules les manières. Pour lrlid)lir déliniliveinenl et abolir d'un seul coup tous les obstacles, nous n'avons vu dauti-c moyen (pie de retirer aux chefs de chaque division la faculté (pii leur (Hait attribuée d'estimer les fils ])nHluils par leurs ouvrières, et d'alli-ibuer cette estimation à un Mureau central et unique, dont le chef serait élran^jer à tous les intérêts et à toutes les intrigues. Nous avons appelé à cet emploi une citoyenne attachée depuis l'orifjine au service de l'atelier du Nord et qui réunit à beaucoup d'intelligence une grande habitude et une expérience consonuuée.

h' Quoique nous n'ayons pu acquérir aucune certitude sur les auteurs des manœuvres praliqu('es pour entraver la réforme dont il s'agit, les soup(;ons qiui nous avons du concevoir à cet égard sur la conduite et les dispositions de (piel(]nes enq)loyés, nous délenuinent à les éloigner de l'atelier du Midi. Mais, |)our concilier avec la justice une mesure que nous jiarait exiger la tranquillité de l'i-tablissenient, nous transportons ces enqiloyc's à l'atelier du Nord, où leur conduite ultérieure pourra détruire ou confirmer nos soupçons.

5° Les mêmes soupçons , moins prononcés à l'égard de quelques auties , nous ont déterminés à les changer seulement d'emploi, sans les éloigner de l'atelier du Midi. Leur conduite ultérieure fixera pareillement notre allention.

6° Les mouvements produits par ces translations et changements laissaient vacantes quelques places, dont nous avons disposé en faveur de citoyennes également recomraandables par leurs vertus et leur civisme.

7" Enfin, nous avons pensé qu'il convenait d'indemniser le directeur de l'atelier du Nord des frais que lui occasionne sa translation à l'atelier du Midi.

D'après cet exposé, nous proposons au Bureau municipal le projet d'arrêté suivant :

PROJET D"AURÉtÉ.

Sur le compte rendu au Bureau municipal par les administrateurs des Etablissements publics de la situation actuelle des ateliers de filature, et notamment des circonstances où se trouve l'atelier du Midi, et des mouvements et dispositions que paraissent exiger ces circonst:inces ,

Le Bureau , considérant :

Qu'il rt''gne depuis longtemps dans cet atelier une fermentation sourde, laquelle s'est manifest(i'e à diverses reprises par des mouvements, dont il importe d'arrêter les progrès et d'anéantir enfin le principe;

Que la principale cause ou prétexte de ces mouvements a élé la réforme introduite par l'administration des Établissements publics dans le tarif d'estimation du prix des fils, réforme qui substitue à l'arbitraire des anciennes e^imations une base fixe et invariable, égtdement avantageuse à rétablissement et aux ouvri(";res;

Que rexc'cutioii d'une mesure aussi utile a ("^te' enlrave'e de toutes les manières, et (jue la conduite de plusieurs chefs et employés donne lieu à des soupçons qu'il est important d'eclaircir, et dont l'éclaircissement exige difféi'cntes mesui'es et changements dans le service des ateliers;

Arrête ce qui suit :

1° Le directeur démissionnaire de l'atelier du Midi est et demeure remplacé par le directeur de Tatelier du Nord. Le Bureau municipal appi'ouve la nomination laite à cet égard du citoyen Co([Uct par l'administration des Etablissements j)ublics.

Le Bureau approuve pareillement la nomination du citoyen Gautier à la place du directeur de l'atelier du Nord.

2" Il sera établi, à compter du 10 floréal, présent mois, un Bureau central et unique pour l'estimation des fds dans l'atelier du Midi. La facidté attribuée jusqu'à ce jour aux chefs de chaque division d'estimer les fils de leurs ouvrières est et demeure supprimée. Le chef du Bureau d'estimation jouira seul de cette faculté.

L'Administration nomme pour chef du Bureau d'estimation la citoyenne Plaisant, et la citoyenne Michel, fdle sous-chef dudit Bureau.

3" La citoyenne Plaisant sera remplacée à l'atelier du Nord, où elle était attachée, par la citoyenne Le Métayer, actuellement chef dans l'atelier du Midi, et celle-ci, dans ledit atelier et en la même qualité, par la citoyenne Blondeau, souschef de la citoyenne Plaisant dans l'atelier du Nord.

Il" La citoyenne Blondeau sera pareillement remplacée à l'atelier du Nord par la citoyenne Verdure , et celle-ci , dans l'atelier du Midi , par la citoyenne Gagniard fille , sous-chef actuel de l'atelier Villars.

5° La citoyenne Gagniard fille sera remplacée par la citoyenne Roland, souschef actuel delà citoyenne Cauchois, et celle-ci par la citoyenne Michel, mère. Tous ces changements seront exécutés au 10 floréal, présent mois.

6° A compter de la même époque, la j)orte extérieure de l'atelier du Midi, connue sous le nom de porte des ateliers, est et demeure supprimée. Il n'y aura pour les différents corps de bâtiment qu'une seule entrée conunune aux chefs et aux ouvrières.

7" La {)lace inutile de racconmiodeur des rouets dans l'atelier du Miili est et demeure pai'cillcmcnt supprimée.

Il sera accordé aux citoyens que ces suppressions laissent sans emploi le mois courant de leur traitement à titre d'indenmité.

8° L'Administration accord»! au même titre une somme de 100** au citoyen Coquet, ilirecleur de Talelier du Nord, pour frais de déménagement occasionnés par sa translation à latelier du Midi.

(Toutes les dispositions ci-dessus seront, a\anl Iciir rxirulion , soumises à

VTKI.IKK DK KILVTliRK DU MIDI. 799

I iipprohnlion du l)iiii\iii miiiiii'i|»,il , ;mi|ii(i il scim piin'illcmi'iil |iiit|)nst' de coiiliitiier la notniiialion du ciloycu Cikjik'I ;i la dircoliou d<' lalflif-r du Midi.) Paris, ce 3 lloreal, l'an •i' de la Ht-puMiijuc Irançaiso, une cl indivisiltlt!.

Les officiers miiniclpaii.ï' , adiiiinislmtcurs des Etnhlisscmcnts publics.

En tèlc : fr Remis au ciloyon Daujon, le 3 Iloiéal.Ti Miiuito, Archives nalioualcs, F'^ 358i.

LtlTTHE DE M. CO.NCEDIEU, PRESIDENT DU DEPARTEMENT DE l'AHIS, À M. PACHE, MAIRE DE PARIS, BLAMANT LES MESURES DE RIGUEUR PRISES À L'ATELIER DES JACOBINS, ET LETTRE DU DEPARTEMENT DES e'tABLIS- SEMENTS PUBLICS A.U MAIRE, De'cLARANT QUE LES MOYENS DE PERSUASION D'ABORD EMPLOYe's ONT ÉCIIOUe'.

i5, 17 floréal an 11.

Concedieu, président du Département de Paris, au citoyen Pache , maire de Paris.

Paris, le i5 floréal, an second de la République française, une cl indivisilile.

[1] On m'a adressé, citoyen, des plaintes contre les chefs de l'établissement de filature de la maison Jacques, comme chargé avec La Chevardière de ce qui est relatif aux manufactures et établissements qui tiennent au commerce et à l'occupation à fournir aux indigents. J'ai pris quelques renseignements et j'en ai causé avec les administrateurs des hôpitaux; depuis que je suis président, les plaintes ont recommencé et l'arbitraire paraissait serrer de si près l'indigence d'ailleurs plaintive que j'ai cru devoir me transporter ces jours-ci à l'établissement. J'y ai reçu de toutes parts des réclamations contre des déplacements et des injustices, j'y ai lu des ordres du commissaire de police qui annonçaient qu'il y avait de la fermentation ou du despotisme, j'y ai entendu dire qu'on avait menacé de la force armée; ce n'est point, tu le sais, par les baïonnettes qu'on fait le bien, c'est par la persuasion, c'est par la raison; j'ai eu là une nouvelle occasion de m'en apercevoir, et ce moment a été pour moi une de mes plus agréables

jouissances. L'homme de l'Administration sera écouté, on lui obéira, je lui ai recommandé à part d'y mettre plus de douceur, mais il faut que justice soit faite, je l'ai promis, il me paraît facile de tenir parole sans que personne ait à se plaindre; il est malheureux que les administrations ne puissent pas toujours voir par elles-mêmes et qu'elles soient obligées en quelque sorte d'avoir en leurs agents cette confiance, qui produit des délibérations qu'on ne prendrait pas, si on était mieux instruit; le désir de l'administration des hôpitaux est de réparer les erreurs dans lesquelles on aurait pu l'entraîner, j'ai eu occasion de le voir, je lui en offre encore une, ainsi qu'à toi, c'est de me donner jour et heure pour bientôt visiter du malin l'établissement de filature de la maison Jacques. J'ai reçu quelques renseignements dont je te ferai part sur le lieu; du moins, si l'Administration n'a pas été trompée, nous porterons la joie dans l'ame des indigents qui y travaillent, ils verront que nous surveillons, nous leur parlerons le langage de la raison, et nous établirons dans cette maison la tranquillité qu'il est essentiel qu'il y ait.

J'attends, citoyen, ta réponse.

(Signé) : Conckdieu.

Le 17 floréal, Tan 3°.

Citoyen maire,

[;]] Tu nous as fait le renvoi d'une lettre écrite par le président du Département de Paris, et relative aux dénonciations qui lui ont été faites contre les chefs de l'atelier du Midi. Tu connais la fermentation qui règne dopuis quelque temps dans cet établissement et les mesures que nous avons cru devoir proposer au Bureau municipal pour la faire cesser. Les déplacements auxquels ces mesures ont donné lieu, déplacements qu'a motivés le besoin de la paix et auxquels nous aurions pu substituer des mesures plus sévères, sont l'objet des dénonciations indiquées dans la lettre, et que par une prévention bien étonnante elle qualifie d'injustices. Nous ne pensons pas que l'arrêté du Bureau municipal en ait consacré aucune, et c'est à l'exécution de cet arrêté que s'est borné le clief de l'établissement. S'il a été besoin pour cette exéculioM de requérir l'intervention du commissaire de police, c'est que la voix de l'Administration avait été méconnue et (pi'il fallait en im-

\ti;lii:i', dk fii.\! i i;k di midi. soi

|)()st'f ;ui\ jijfitatcurs. Nous soiiiiiics ;iiissi couvaiiinis, (iiir imiiI rèlic le président du Di'-parli'nicMl (I(> Paris, du pouvoir de la piTSUasion, ot tous les jours nous ne cessons de remployer, mais elle n'est pas toujours écoutée. Au surplus, nous acce[)tons avec plaisir l'invitation (ju'il nous fait de l'accompagner un de ces jours h l'atelier du Midi, et de réunir nos elïorts pour y r('tal)lir la trampiillili'. Nous pensons même que si. au lieu de prendre pour guides, dans sa |)remière visite, des individus qui ne se plaignent de l'Administration (pie parce qu'elle a eu la première à se plaindre d'eu.v, il eut suivi la marclio (pi'il proj)Ose aujourtl'hui. ses informations l'eussent conduit à un aulre résultat, et à une meilleure opinion de notre surveillance et des moyens qu'elle emploie pour opérer le bien dans la partie d'adininistralion qui lui est confiée.

Les administrateurs des Etablisscmcnls publics.

Le i8, il est midi, le président du Département nous a promis d'être ici à lo heures précises, nous l'attendrons jus(pui 3 heures,

Oriffiiial si(jtié c( ininnle (a p.), Arcliivos nalionnics, I-"'^ 358i.

IIAPPORT SLR LA FILATURE DES JACOBINS FAIT DA\S LES ASSEMBLEES DES SOCIÉTÉS POPULAIRES DE VAMl DU PEUPLE ET DE CHALIER,

16 , 31 fluréat an ii.

lî;i])])orl sur lélabiissement, la régie et I admiuislralioa de la (ilalure de coton établie aux Jacobins, rue Jacques, et sur divers abus dénoncés dans la gestion des sous-agents de cet établissfmeut , rapport fait par les citoyens Doisy, Courtier et G ralTiii, Connu issaires nommes par la Société populaire ûc l'Ami du peuple, le iG floréal, Tan -2' de la République, une et indivisible.

Citoyens,

Des citoyennes, mères de famille, emjiloyées à la filature des Jacobins, sont venues en députation dans votre sein vous exposer leurs besoins et solliciter de votre fraternité une attention particulière sur des réclamations dont elles n'avaient obtenu aucun succès de la part de rAdministralion; elles vous ont en même temps dénoncé des abus et des vexations de la part des sous-agents de celte Administra-

lion; elles vous ont lëmoig-iié en môme leni|)s combien elles espéraient du «Idvouemenl tle la Société de l'Ami du peuple, toujours prête à voler au secours de l'iulortuné, toujours zélée à surveiller les malveillants et à faire puuii' les coupables.

Cluu-fiés de vos ])ouvoirs, nous avons employé tous les moyens qui nous ont paru nécessaires pour répoudre à votre conliance et seconder cet esprit républicain actif et surveillant qui, en ne cherchant qu'à opérer le bien général et venir au secours des vrais sans-culottes , ne veut jamais entraver la marche des administrations émanées des autorités constituées. 11 nous a [)aru nécessaire, avant de vous rendre compte des faits qui vous ont été dénoncés, de vous faire connaître l'élablissemenl de la filature, son administration et son régime, afin de vous mettre à portée de connaître les réformes qui vous paraîtront convenables à faire, et d'aviser aux moyens nécessaires pour adoucir le sort de tant de mères infortunées qui ne peuvent trouver dans le prix de leurs travaux les premiers besoins de leur existence et de leurs enfants ; nous vous présenterons ensuite le tableau fidèle de nos recherches sur les abus dénoncés; vous pèserez dans votre sagesse les moyens à employei- poui- procurer à nos concitoyennes les moyens d'exister par leurs travaux, en les délivrant de cette vie malheureuse, suite d'une indigence, qu'un grand peuple de frères et de républicains ne peut voir d'un œil sec et d'un air tranquille , au soin de tant de mères de famille, si fécondes en défenseurs de la patrie, et dont le sort doit intéresser la République entière.

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