HOSPICE
.") (Iicrrniilor an ii.
L'administration de l'hosptce des Ecoles de chirurgie de Pans aux citoyens composant la Commission des secours.
Paris, le 5 thermidor an 9° de la République française, une et indivisible.
Citoyens,
Vous avez accordé dans le courant de la seconde décade du mois de floréal un secours provisoire d'une somme de 4,0 oo livres à l'hospice établi aux Ecoles de chirurgie de Paris, rue des Cordeliers, sous la condition que l'administration dudit hospice rapporterait ses comptes de recette et de dépense des trois années 1791, 1792 et i'793, visés par le Département. L'Administration lui a, en conséquence, soumis lesdits comptes, tels qu'ils ont été par elle arrêtés chaque année, avec leurs pièces justificatives ; elle y ajointdeplus les états de recette et de dépense jusqu'au i""" germinal. Le tout a été examiné et vérifié au Bureau des hôpitaux du Département, comme vous le verrez, citoyens, par la lettre ci-jointe du président, et a été trouvé exact ; mais , pour que le Département puisse donner son visa , on exige que ces comptes soient fondus en un seul. La rédaction de ce travail , les doubles copies qu'il en faudra faire et le temps qui pourra s'écouler entre celui où il sera présenté au Département, et celui où il V mettra son visa , entraîneront encore quelques délais. Cependant il est de toute impossibilité que l'Administration se passe de nouveaux secours jusqu'à ce moment. En effet, d'après le relevé qui vient d'être fait de la recette et de la dépense , elle n'a plus à sa disposition qu'une somme de 9/1 livres, et dans les circonstances présentes les bouchers et boulangers , qui sont obligés de payer comptant à l'administration des subsistances les denrées qu'ils en reçoivent, ne sont pas disposés à faire crédit. D'un autre côté, chacun des membres de l'Administra-
tion est trop pou foiliim' pour pouvoir faire dos avances de ses propres doniers. Ainsi, on supposant que le boucher, le boulanger et les autres fournisseurs voulussent bien faire quelque crédit, ce serait tout au j)lus pendant le cours d'une décade.
Il est donc très urgent, citoyens, d'accorder encore à l'hospice un secours provisoire, avant que l'Administration vous puisse produire ses comptes, ce qui vraisemblablement aura lieu avant la fin de ce mois.
Parmi les malades qui sont actuellement à l'hospice, il y en a qui ont été opérés depuis peu et qui ne peuvent être renvoyés. L'Administration ne serait pas d'ailleurs compétente pour fermer la porte de cette maison de secours; ainsi il faut nécessairement, ou qu'on lui procure les moyens de soutenir cet établissement, ou que les autorités supérieures lui fassent passer des ordres pour en renvoyer les malades (|ui y sont traités.
L'Administration se flatte, citoyens, que vous voudrez bien prendre en considération la position critique où elle se trouve.
Il paraît au surplus qu'il ne s'agira de donner des secours provisoires à l'hospice que jusqu'au mois de vendémiaire, puis([ue, d'après un décret rendu depuis peu par la Convention nationale, tous les revenus des hôpitaux, hospices, maisons de secours, appartiendront à cette époque à la Nation, et qu'alors il sera pourvu à leurs dépenses.
Pour r Adminislralioa , les commissaires par elle nommes pour poursuivre le payement des revenus de l' hospice,
(Signé) : Vidoine, Lassus.
Aux citoyens administrant l'hospice des Ecoles de clnnirfrie, rue des Cordeliers, faubourg Germain.
Paris, lo ao messidor, l'an 9° de la République française, une et indivisible.
Ciloyons, lo Département a pris en considération votre lettre du a messidor présent mois, concernant le recouvrement à faire des trois années d'arréragées (pii vous sont (lus, (lo deux fondations, do six lits chacune, en vertu des édits de décenil)r(; 177^ et juin i78.'5.
Vous observe/ ([uc le Ministre chargé ci-devant des li(')pilau\, ol onsuit(^ la Commission ex('cutivo nationale des secours publics, ont sursis à vous faire dt^livror ces fonds jus(|u'à ce que vous ayez produit votre état de situation, ce (jui signifie l'actilel le |)assir de votre com|)tabililé depuis 1 791 .
Il vous a ('t(^ accorde à la fin du mois de floréal dernier un secours provisoiio de /l,ooo livres, mais toujoiu's sous la même condition de pi'oduii'e votre état.
Vous avez remis au Département des pièces qui contiennent les détails de ce compte, avec plusieurs tableaux; le tout a été examiné et vérifié au Bureau des hôpitaux, les calculs paraissent exacts, à quelques fautes de position près, qu'il est aisé de rectifier. Ce travail vous concerne et ne peut être fait que par vous.
Il faut aussi que vos différents tableaux, qui ne forment point d'ensemble, soient réunis en un seul état, avec des résultats collatéraux de recette et de dépense qui puissent éclairer d'un seul coup d'œil le Département, et appuyer le visa qui vous est nécessaire.
En conséquence, je vous donne avis de venir reprendre vos pièces au Bureau des hôpitaux, où elles vous seront remises, pour que vous fassiez l'étal de recette et dépense (jue je viens de vous expliquer, et dont il faudra un double qui restera au Département.
Le président du Département de Paris,
(Signé) : Gakmer.
Originaux signés (a p.), Archives nationales, F'^ 269.
TABLEAU GÉNÉRAL DE LA RECETTE ET DE LA DEPENSE FAITES POUR L'HOS- PICE DES ÉCOLES DE CHIRURGIE DEPUIS LE 1" JANVIER 1791 JUSQU'AU 1" GERMINAL AN 11^^^, AVEC LETTRE D'ENVOI À LA COMMISSION DES SE- COURS PUBLICS,
21 thermidor an u.