‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inédits (volume 3)Chapitre 48 sur 206 · HOSPICE DE L'ÉVÊCHÉ. H · texte numérisé non relu

HOSPICE DE L'ÉVÊCHÉ. H

dans le plus court. (kMai possible les Coinilc^s de soluJ public et de surette gdne^rale , ainsi (pie le citoyen accusateur public du Tribunal révolutionnaire, (pie l'iiypocrile Chabot a feint de prendre vivement et à grands cris les inte'rêts des détenus du ci-devant Evèclié (aujourd'hui G {{erminal), en essayant d'insinuer à ceux-ci qu'il s'est fait dans ce jour des listes de proscription pour les massacrer. Jamais motion ne fut plus insidieuse que celle-là, il est urgent que Chabot soit jugé : les conspiiateurs sont dangereux jusques dans les prisons; la vertu, qui s'y trouve quelquefois à côté du crime, ne doit pas respirer longtemps un air empoisonné.

(Signé) : Valant,

ci-devant juré de jugement an Tribunal révolutionnaire.

P.-S. Je désire, citoyen concierge, que lu fasses trois copies de cette note et (pie tu les envoies aux deux Comités ci-dessus et au citoyen Fouquier-Thiriville.

Au citoyen Grnndpré, adjoint au Ministre de F intérieur, rue Neuve-des-Petits-Champs.

Paris, le 7 germinal, an 9° de la République française.

Citoyen ,

[2] Relativement à l'événement singulier qui a eu lieu hier soir en cette maison, et dont je t'ai fait informer sur-le-champ par le citoyen Bavard, officier de santé d'icelle maison, je te prie instamment de me donner par écrit, et dûment signée et en bonne forme, la marche que j'ai à suivre pour ce qui concerne les malades détenus dont je suis devenu responsable, en acceptant la place de concierge que tu m'as déférée.

Quoique j'observe le plus strictement possible les ordres que tu m'as prescrits, je suis singulièrement entravé dans mes opérations; l'économe, avec lequel je n'ai relation que pour vivre en bonne union et fraternité, me dépeint auprès des détenus sous les couleurs les plus défavorables. J'ai opéré d'après tes ordres à l'appel nominal des détenus et à l'inscription des noms des prisonniers, veufs ou mariés, pour en cas de décès ou de réclamations, faciliter le rédacteur des actes mortuaires. J'ai été blâmé cejourd'hui, et c'est la seconde fois que ledit citoyen économe me blâme ouvertement en présence des détenus, ce qui n'a pas peu contribué à la scène d'hier, que j'ai lieu de présumer être préparée depuis le 28 ventôse, époque du recensement général que j'ai fait des détenus. Il a dit encore à la gendarmerie que j'igno-

rais ma main droite de la gauche, et j'ignore le motif de cette basse jalousie envers moi. Est-il nommé économe pour me maîtriser en despote? c'est ce que je te demande ici. L'union devrait régner parmi nous pour maintenir le bon ordre, chacun en ce qui nous concerne.

De plus, doit-il avoir plus de droit que toi diuis ma gestion?

L'infirmier me travaille d'un autre côté, en tergiversant pour me donner les actes mortuaires des détenus, que je réclame depuis ledit jour 28 ventôse. Lorsque j'ai fait mettre mon registre en règle, et par ordre alphabétique , je n'ai pu parvenir à obtenir les ordres d'entrées , ou de sorties, ou morts de dix-sept détenus qui ne se trouvent point dans mon appel.

Gonséquemment je t'invite à me prescrire toute la marche à observer. Et comme l'on ne saurait trop se méfier de la plupart des détenus, je désirerais, 'sauf ton meilleur avis et d'après ton agrément, ôter aux détenus tous instruments tranchants, tels que couteaux, ciseaux, canifs, boucles, et intercepter toute communication entre eux, et même de chambre en chambre, comme aussi de ne conduire au jardin que les détenus d'une seule salle et successivement.

Pour désaisir lesdits détenus desdits instruments, je crois qu'il serait nécessaire de suivre les ordres du citoyen accusateur public, qui s'exécutent depuis quelques jours. Ne crois pas que je te tienne ici le langage d'un flatteur, ou que je prétende discréditer dans Ion esprit les citoyens économe et infirmier, je ne te dis ici que la vérité, et te parle et t'écris en homme impartial et vrai républicain.

Salut et fraternité.

Je suis ton concitoyen.

(Signé) : Tarcilly.

Au citoyen Grandpré, chez le Ministre de rinténeur, à Paris.

De rHospicc, 7 {jerminal, l'an a*" de la République, une et indivisible.

Cito\en,

[3] Hier soir, vers les onze heures, Bayard, oificier de santé de l'hospice, t'écrivit relativement à une scène qui s'est passée dans la maison; lorsque je fus sorti, il ne voulut te faire aucune observation , parce qu'il voulait en conférer avec les deux autres officiers de santé et moi.

HOSPICE DE L'EVECHE. 121

Le concierge, cet homme aussi immoral qu'incapable de remplir sa place, demandait pendant la nuit aux détenus leurs noms, pn'noms, les noms de leurs femmes, leurs enfants et leur demeure, ils lui firent des observations, en disant qu'il leur ferait bien faire, se servant de propos d'hommes presque toujours épris («j'c) de vin, ce qui occasionna des réponses sur le même ton de la part de plusieurs qui réclamaient le repos qui est si nécessaire pour des malades. Veuille, je t'en prie, prendre un parti relativement à lui et au rapport qu'il te fera vraisemblablement, parce qu'on ne guérit pas des malades en les persécutant jour et nuit: tant qu'il sera là, il est impossible de faire le bien, et il peut seul désorganiser la maison; quand il serait payé pour cela, il ne s'y prendrait pas autrement, c'est l'avis des trois officiers de santé et le mien.

Salut et fraternité.

(Signé) : Ray, Naury, Bayard, Tukry.

Minutes (3 p.), Archives nationales, F'** 601.

REGLEMENT POUR L'HOSPICE ETABLI AU CI-DEVANT EVECHE, CONSACRÉ AUX MALADES DE LA CONCIERGERIE.

8 germinal an 11.

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