LES AVEUGLES ASPIRANTS À ENTRER À L'HOPITAL DES QUINZE-VINGTS
RÉPONSES
Cet hôpital ue doit être que pour de Les statuts de 1622 ont fixé le
véritables aveugles et il en existe parmi nombre des frères et sœui-s , aveugles et
eux qui voient clair. Le nombrt' des voyants, à 3oo.
aveugles qui composent cet hôpital doit
être de 3oo, et il s'en manque de
beaucoup que ie nombre soit effectué. Frères aveugles i5a
Frères voyants Go
Soeurs aveugles et voyantes. . 88
3oo
Des aspirants depuis vingt, trente, quarante ans ont ëté plusieurs fois chez M. Maynier, premier administrateur de cet hôpital , qui les a reçus très durement ; il a toujours fallu des protections ou de l'argent pour être admis à cet hôpital.
En octobre 1792 il existe :
Frères aveugles 1G8
voyants 17
Sœurs aveugles .57
voyantes 33
Reste à remplir 28
Il est vrai que , parmi le nombre de ceux et celles reçus en qualité d'aveugles , il y en a qui voient et qui ont été reçus du temps des précédentes administrations.
L'Administration actuelle s'occupait, depuis un an, des moyens d'exclure ceux qui ont été reçus indûment, n'a nommé qu'à dix-sept places et ne les a conférées qu'à des aveugles; elle avait arrêté qu'il serait fait un nouvel examen de l'état oculaire de ceux ainsi reçus ; déjà elle avait renvoyé le sieur Gautier et la demoiselle Lidelle , qui ne sont point aveugles et qui d'ailleurs avaient une mauvaise conduite; c'est alors que les voyants reçus comme aveugles se sont réunis avec les agitateurs et mauvais sujets de l'hôpital, au nombre de 2/1 , pour calomnier l'Administration et porter de prétendues plaintes par devant toutes les autorités constituées et à la section des Quinze -Vingts ; ils sont parvenus à tromper le Département et la section : l'un et l'autre, sans autrement s'informer des motifs de l'Administration, ont entravé sa marche de toutes manières.
Quant à cette assertion, c'est une pure calomnie; l'Administration actuelle ne peut cpie mépriser une telle injure et demande qu'il soit fait preuve de ce que l'on avance , et qu'elle ait même reçu des aspirants aucune somme d'argent à placer sur l'hôpital, ainsi
ils demandent que toutes les places vacantes de cet li«*jj)ital soient remplies par les plus anciens aspirants et que chacun y puisse entrer à son lour.
Le culte de celte maison se montait à plus (le '-> 1 ,000** et les Irais de l'adminislration à i8,ooo*'.
que l'on dit que cela s'estait pratiqué dans la précélenle Administration.
11 ne doit point y avoir d'aspirants privilégiés; tous les aveugles du royaume qui se présentent ont des droits aux places vacantes de riiôpilal.
L'Administration actuelle se propose , depuis un temps, d'analyser les mémoires de tous les aveugles de l'un et de l'autre sexe qui postulent des places , de les classer selon leur âge, leurs besoins et leurs infirmités, de prendre des informations sur la vérité des fails contenus aux mémoire^, afin de préférer les plus âgés , les plus indigents , et les plus infirmes.
Cette nomination serait faite d'après ce plan sans les entraves que l'on s'est plu, depuis six mois, à mettre dans l'administration de cet hôpital , tant de la part du Département que de celle des commissaires de la Commune qui, ayant excédé leurs pouvoirs, ont réintégré des aveugles clairvoyants, ont apposé des scellés qui subsistent encore et occasionné une insurrection, qui a donné lieu à éteindre ou à ralentii' le zèle des administrateurs, qui ne s'emploient à la bonne œuvre que par des vues d'humanité et sans aucun intérêt que celui de la charité (pi'ils exercent.
Les irais du culte ne moulent plus, depuis le i" avril 1791, qu'à (),5o-j**, ainsi qu'il ap[)('rt par l'état ci-joiul, mais l'Administration se propose dt^ réduire cette dépense en supprimant les officiers civils du clergé, et alors elle ne formera plus un objet que d'environ 3,600**.
Les frais d'administration pour les officiers montent;) 1 7,7/iS", y com|(ris les frais de bureau, chaulliige, maître et maîtresse d'école , etc.
r.e (li'liiil on osl ci-jnint, M. le Ministre de rinléricur ju^rora s'il y a abus.
Original signé cl minute (a p.). Archives nationales, F" ail.
LETTRE ET ADRESSE DE LA SECTION DES QUINZE-VINGTS À LA CONVENTION NATIONALE À L'EFFET D'OBTENIR LE RAPPORT D'UNE PETITION PRESENTEE AU NOM DE LA MAJORITE DES SECTIONS, PETITION QUI RECLAMAIT LA SUPPRESSION DU CHAPITRE DES QUINZE-VINGTS.
!i novembre 1792.
Paris, .'1 novembre 179a, an 1'' de la Répnhlique.
Respectable citoyen,
[1] La section des Quinze -Vingts voit avec douleur que ses délibérations sont sans cesse entravées par les plaintes multipliées des malheureux Quinze -Vingts, qui gémissent sous le joug d'un chapitre, qui prétend que la régénération de la République ne doit pas s'étendre dans cette maison.
La section vous prie, citoyen, par l'organe des commissaires qui se sont transportés chez vous, de faire prononcer au plutôt par la Convention la nullité du despotisme et des vexations cruelles, sous lesquelles les patriotes de cette enceinte gémissent.
Citoyens législateurs,
[2] La section des Quinze -Vingts a vu avec douleur qu'au moment d'être entendue, vous levâtes la séance. Sa demande est fondée sur l'égalité. Elle ne peut pas souffrir que dans son sein unr- portion d'hommes demeurent esclaves, au mépris des lois de la République. La maison des Quinze -Vingts renferme ou doit renfermer trois cents individus des deux sexes, plusieurs d'entre eux sont exclus du titre d'administrés. La majorité a parlé, 128 sont pour la rentrée des membres expulsés et 3() contre, et néanmoins le Pouvoir exécutif, qui
n'a entendu que le petit nombre, qui sont les partisans du chapitre arbitraire, vient de faire une proclamation contraire à la majorité. La section vous demande le rapport d'une pétition qui vous fut présentée, le n du présent mois , au nom de la majorité des sections , laquelle demande la suppression du chapitre des Quinze -Vingts, et que vous donniez les moyens de régir cette maison avec plus d'économie. Ne souffrez point qu'il reste d'esclaves parmi des hommes libres, les vieux privilèges et statuts sont abolis, et néanmoins deux décrets provisoires surpris, l'un à l'Assemblée Constituante, et l'autre à l'Assemblée législative, retiennent toujours des hommes esclaves d'un chapitre, le seul qui existe maintenant dans toute la République française. Législateurs, faites donc tomber le masque de cette administration despotique et arbitraire, et encore plus déprédatrice, et vous rendrez la liberté à des hommes infortunés. La section des Quinze -Vingts fonde son espérance sur votre sagesse et sollicite de vous un décret en leur faveur.
Signé : Violet et Giffey, commissaires.
A la marge: rr Remis au citoyen Saint-Martin ^ ce 7 novembre 1792, l'ao 1" de la République française. Signé: Bo, secrétaire.-»
Minutes (9, p.), Archives nationales, F'^ qAi.
uo
PRÉSENTATION AU COMITE DES SECOURS PUBLICS PAR LE CITOYEN SAINT- MARTIN D'UN RAPPORT CONCLUANT À LA SUPPRESSION DE L'HOPITAL DES QUINZE -VINGTS ET D'UN AUTRE RAPPORT SUR UNE SOEUR AVEUGLE.
ig, sfij^aS^^novembre 1799.
Séance ordinaire du lundi 19 novembre 1799.
Des pétitionnaires se présentent au nom d(îs quarante-huit sections de l^aris pour appeler l'attention du Comité sur un rapport à faire relativement à l'administration des Quinze -Vingts, le citoyen Saint- Martin, rapporteur de cette affaire, annonce qu'il la mettra sous les yeux du Comité dans sa séance du vendredi q 3 de ce mois.
Séance ordinaire du lundi 96 novembre 1793-
Le citoyen Saint-Martin fait lecture de son rn|)port tondant à la suppression de l'hôpital des Quinze-Vinf^ts. Le (iomité adopte celte mesure et charge le rapporteur de lui présenter un projet de décret, conforme aux principes qu'il a développés et aux résultats.
Séance ordinaire du mercredi a8 novembre 179a.
Le citoyen Saint-Martin fait un rapport sur la femme Verrier, sœur aveugle reçue dans la maison des Quinze -Vingts, qui, soupçonnée de mauvaise conduite, est menacée d'être renvoyée par les administrateurs. Le rapporteur conclut à renvoyer la pétition de ladite sœur à la décision prochaine cjui sera prononcée sur l'hôpital des Quinze-Vingts, en déclarant que provisoirement il sera sursis aux poursuites commencées contre elle au Tribunal du h" arrondissement et qu'elle restera dans ledit hôpital, où elle sera traitée comme par le passé, ce qui a été adopté.
Un citoyen aveugle remet, de la part de ses commettants, vingtquatre exemplaires d'une réponse imprimée pour l'administration des Quinze -Vingts, aux pétitions des aspirants et des citoyens du faubourg Saint- Antoine, la distribution en est faite aux membres présents.
Le citoyen Saint-Martin fait lecture du projet de décret qu'il propose relativement à l'hôpital des Quinze -Vingts. Le Comité décide qu'il en sera [fait] plusieurs copies pour être distribuées à ses membres, qui y feront leurs observations , pour en éclairer complètement la discussion dans la plus prochaine séance.
Extrait du procès-verbal des séances du Comité des secours publics , Archives nationales, AF* Il 89, fol. 103, 10.3 v° et loi.
DÉCRET DE LA CONVENTION NATIONALE, PORTANT QUE LE COMITE DES SE- COURS PUBLICS FERA, DANS LES VINGT-QUATRE HEURES, UN RAPPORT SUR L'AFFAIRE DE LA FEMME VERRIER, AVEUGLE DES QUINZE-VINGTS.
95 novembre 1799.
La Convention nationale , après avoir entendu la pétition de la femme
Verrier, aveugle des Quinze -Vingts, que l'administration de cet hôpital veut faire sortir pour s'être mariée sans le consentement des administrateurs, ladite pétition convertie en motion par un membre, décrète que le Comité des secours, qui est chargé d'un rapport relatif, tant à la femme Verrier qu'à l'administration générale des Quinze - Vingts, fera ledit rapport, demain matin, en ce qui concerne la femme Verrier, et le plutôt possible, en ce qui concerne l'administration générale de l'hôpital des Quinze -Vingts.
Copie, Archives nationales, A 9o3.
Kd. Prccès-verbal de la Conventioa itationale, f. III, p. 3io.
DISCUSSION AU COMITÉ DES SECOURS PUBLICS SUR LE PROJET DE DECRET PRÉSENTÉ PAR LE CITOYEN SAINT-MARTIN RELATIVEMENT À L'HOPITAL
3, 7, la décembre 1799.
Séance ordinaire du lundi 3 décembre 1799.
Le citoyen Saint-Martin demande que, conformément à l'arrêté pris dans une des précédentes séances, on s'occupe de l'examen de son projet de décret sur l'hôpital des Quinze -Vingts.
Les membres présents ne se trouvant pas en nombre suffisant pour entamer ces délibérations, et considérant que la séance de la Convention qui s'était prolongée jusqu'à la nuit, empêche, selon toute aj)parence, leurs collègues de se réunir ce soir, ajourne la discussion sur ces deux objets à la plus prochaine séance.
Séance ordinaire du lundi 7 décombro 1792.
La séance est toute entière employée à la lecture et à la discussion du projet de df'cret concernant l'hôpital des Quinze-Vingts. Les seize premiers articles sont adoptés.
Séance onlin.'iiio du moirreili la décembre 1799.
La discussion s'ouvre sur la suite du projet du décret présenté par
le citoyen Saint-Marfiii ronrcrnant l'hôpilal des Quinze -Vin[|(s. L'article ih estniodilié. L'époque où les aveugles recevront leur traitement est fixée à la distance de trois mois en trois mois, et sera payable d'avance. Les articles i5 juscju'àla fin sont adoptés. L'impression, distribution et le rapport à la Convention sont également arrêtés.
Extrait (lu procès-vorltal des séances du Comité ilos secours publics, Arcliives nationales, AF* u 89, fol. io5, 106.
DÉCRET DE LA CONVENTION NATIONALE, ORDONNANT LA NOMINATION DE TROIS COMMISSAIRES DU COMITE DES SECOURS PUBLICS, CHARGES DE FAIRE UN RAPPORT SUR L'ETAT DE L'ADMINISTRATION DES QUINZE-VINCTS ET DE RECUEILLIR LES PLAINTES DES AVEUGLES CONTRE LES ADMINIS- TRATEURS DE CETTE MAISON.
3o décembre 1792.
Du diniancbo, 3o décembre 1792.
Un membre dénonce des violences commises à l'hôpital des Quinze- Vingts, de la part des administrateurs de cet hôpital contre les aveugles, à l'occasion des réclamations que ceux-ci voulaient faire contre l'Administration : il demande le renvoi de sa dénonciation aux Comités de sûreté générale et des secours publics.
La Convention nationale décrète qu'il sera sursis pendant quinze jours au rapport relatif aux Quinze -Vingts, ordonne que le Comité des secours nommera trois commissaires pris dans son sein, qui se transporteront sans délai à l'auspice des Quinze -Vingts, prendront sur l'état actuel de l'administration de cette maison les renseignements nécessaires pour le faire connaître à la Convention , et recevront toutes les plaintes que les Quinze-Vingts croiront être fondés à porter contre les administrateurs ou autres personnes attachées à cette maison.
Minute de la main de Thuriol, Arcbives nationales, G ail, n° 288. Ed. Procès-vei-bal de la Convention nationale, t. IV, p. Aie, tilti.