INSTITUT DES AVEUGI.KS TRAVAILLEURS
so\('s «m'il roiifornic, sont i4 scroiil loujoiirs à leur /'{pird (rime iruililift; évidemment démontrée par l'expérience, convaincu enliii (|ue les prétendues merveilles opér(M^s piihlicjnemenl par ses «'dèves. d(''jà lutinmes. n'ont jamais été que d't'hiouissauts tours de force , plus propies à i)i(pier la curiosité des oisifs qu'à exciter l'admiiation des gens instruits, je m'empresse, avant l'organisation délinilive de cet établissement, de vous avouer franchement, citoven. qu'il serait onéreux à la Nation (pir vous me conservassiez dans mes fondions de répétiteur de grammaire, puisque ces fonctions sont depuis longtemps rendues inutiles par l'inaptitude de ces élèves d'un trop grand âge. Cette démaiclic ne pourra vous surprendre, citoyen, si vous considérez qu'il est de l'Iion- ,nètc homme de du'e la vérité (ju'il croit utile, même lorsqu'elle nuit à ses intérêts. Ne m'accusez pas cependant d'ingratitude envers l'instituteur dont je ternis ici sensiblement la gloire; l'homme, qui connaît le cœur humain, sait assez qu'il est aussi inqiossible d'être ingrat envers celui ([ui fait du i)i(Mi. que reconnaissant envers celui ([ui n'eu fait pas. Ce fut au collège (|ue je fis mes études avant d'être fra[)])é de cécité dans les pays étrangers. Ce fut chez le citoyen Sicard, qui m'honore de son estime, que j'allai pendant deux ans, quoique attaché à l'établissement des Aveugles, apprendre avec la grammaire l'art si difficile de l'enseigner, en me pénétrant profondément de sa sublime méthode. Il faut le dire, citoyen, je n'aurais point attendu jusqu'à ce monnint pour mettre au jour ces observations, si le citoyen Gersain ne m'eut commandé le silence, persuadé par plusieurs députés, instruits des vices incalculables de l'établissement, que le décret qui assure aujourd'hui son existence, ne serait rendu qu'après un sévère examen des moyens d'instruction du citoyen Haûy. Maintenant donc ([ue ce décret, ([ui laisse dans l'établissement des hommes-élèves, me fait croire ma suppression nécessaire, j'attends que vous la prononciez, à moins qu'une sage réorganisation, un plan d'éducation tracé par quelque main habile, des instituteurs dignes de l'être et enfin des élèves d'un âge encore tendre ne me rendent utile dans cet établissement, digne alors de la Nation qui le protège.
(Signé) : Avisse,
répéliteur de grammaire à l'iiislilul des Aveujjles travailleurs. Original signé, Archives nationales, F'^ 2069.
lktthk de m. il \ijy, inst1tlteli\ aatio.wl des aveugles tiuvailleihs , à m. demmexl, membre de la commission des secoius l'lbligs, i)i;<:l\iu\t oi/il se imîoi'ose de démontrer avant tel l'ltiijté des tiia\\l\ exécités f>\r les wel (iles de l'institlt n vtiowl.
1 'i IViiclidor iiii m.
Au ci(oijcii Dcfiiic/iu , mcmhvo de la Conwnssion des secours.
(hiartidi, là fruclidor, I';m 3'' de la République française, une et indivisible.'
riloNon (jonimissairo, vous m'avez engag('' liier à tout enfeudre sans répondre, de crfiiiite, disiez-vous, d amener des discussions capahles d altérer tant soil peu le degré de considération due au chef d'un établissement de bienfaisance. Je cj-ois vous avoir tenu parole. Mais maintenant il faudra vous donner des réponses, et des réponses catégoriques, c'est ce que je me flatle de faire avec succès avant peu. Je vous démontrerai évidemment : i" que les travaux d'une partie des Aveugles de l'Institut national sont tellement utiles à l'établissement, qu'ils v amènent des fonds et tournent d'autant à la décharge de la Nation; •>" (|u'ils sont utiles à eux-mêmes, non seulement lorsqu'ils sont exécutés dans l'intérieur dudit établissement, mais encore lorsqu'ils le sont dehors.
Nos comptes de recette, les (piittances de nos aveugles, soit des deniers (pi'ils reroivent dans la maison, soit de ceux qu'ils touchent dehors de divers particuliers, voilà les pièces justificatives que je vous prépare. Je compte aussi rectifier quelques erreurs dans lestpielles il m'a p;in] fin'oii a induit la (Commission, ci en juger par ma conversation pn'limiiiaire avec le citoyen Tressant''.
Je vous conjure d'ailleurs de nouveau, citoyen (Commissaire, au nom de l'érjuité dont vous m'avez déjà donné des preuves, de ne rien arr('ler jusqu'à ce j'aie répondu à loiilfis vos (juestions ou observations. J'attends avec impatience les mémoires des citoyens Gersin et autres pour vous satisfaire également sur ces points. Je vous prie de ne pas
'' Nous ne ^l'usons pas (ju'il siiil ici ({ueslion du couile de Tressaii: dati-^ une aiilrc lellre «rilaiiy, le nom du cildyen 'i'ressanl esl orllio[j[ra|diié Trrsri'iit.
INSTITUT l)i:s WKlJCLKS TI!\VAILI,i:ur,S. :]{][}
perdre de vue (|Mt' los ciloyciis ciiiployés dans l'élablisseiiioiil yllciidciil le pau'iiii'nl de icurs trnilcineiils resix-clils.
(Si{jii('') : Il AL Y, iiistiliilL'tir iialioruil «lus Avou{fles Iravaillfiirs. Uri{;inal sijjiiL-, Arrliives iialionah^s, !•''•■ uôliç).
LKTTItK l)K M. HviJ^, INSTITLTELll DES WELfiLES TIt W MI.I.El IIS , \ M. DEHMEAL, MEMBRE DE LV COMMISSION DES SECOIRS PLBLKIS, LE ri\I\M DE FAIllE ORDONNWCEll, SANS RETARD , LES TRMTEMEATS DES FONCTIOAA VIRES DE L'INSTITUT, MVLfJRE LES IMPUTATIONS DIRKiEES