‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inéditsChapitre 121 sur 241 · IJICKTRE, MAISON DE DETENTION · texte numérisé non relu

IJICKTRE, MAISON DE DETENTION

RAPPORT DE L'ARCHITECTE DE L'HOPITAL CÉ.NKliAL.

a* venlôse, an 3° de la liépiil)!u|iio fi-aiiruis», luia cl iiidivisllilo.

[1] D'après les ordres transmis à l'architecte le 27 pluviôse dernier sur l'examen de la situation des aqueducs qui traversent les bâtiments occupés par les détenus, il est allé sur les lieux, le 3o du même mois. Déjà il connaissait l'existence de ces aqueducs, mais dans cette visite, il en a constaté d'une manière plus précise la direction et le point extérieur où les diverses branches de ceux de la maison de détention aboutissent au dehors de l'enceinte de Bicêtre.

La tête de l'aqueduc souterrain dont il s'agit est située au nord, audelà et près le mur de clôture de la cour, en avant du grand pavillon ouest-nord, c'est à ce point où commence l'aqueduc découvert qui circule dans la campagne, là est une simple et faible porte de grille qui ferme l'aqueduc intérieur.

L'expérience pour la sûreté des détenus avait déjà fait prendre des moyens puissants contre les évasions, ils consistent en un noniL'rc de herses de fer, composées de traverses, de sommiers et montants de 18 à 20 lignes, dont l'espacement sur la largeur est à peine de Il pouces. Cinq herses pareilles ferment et défendent les différentes branches des aqueducs de la détention, elles s'ouvrent et se ferment à l'aide d'un cric établi dans l'aplomb de la herse et lié avec elle.

Malgré la force de pareilles fermetures, l'industrie ardente des détenus a su l'atténuer au point de causer une défiance légitime contre la sûreté complète des herses en question. En effet, dans les différentes entreprises d'évasion qui ont eu lieu, l'on est parvenu à scier un des montants de ces herses et de la sorte pratiquer une ouverture assez grande pour passer au-delà.

C'est en suite de faits aussi extraordinaires et en raison de sa responsabilité que l'économe sollicite que l'on ajoute de nouveaux moyens contre toute évasion.

En conséquence, l'architecte soumet à la Commission les opérations suivantes, que lui a indiquées la nature des lieux, qu'il a communiquées au citoyen Leroi, économe, qui les regarde comme pouvant le tranquilliser beaucoup :

i*" Etablir une herse nouvelle placée au-dedans et près le mur de clôture susdit, savoir à l'extrémité de la dernière branche de l'aqueduc de la maison des détenus. Cette herse différera de celles actuelles en ce qu'au lieu d'avoir ses traverses distantes de deux pieds sur la hauteur, elles n'auront entre elles que 6 pouces d'axe en axe, il lui sera adapté un cric comme aux anciennes, les montants, les traverses seront en fer de roche de 18 à 2 0 lignes carrées ;

a° Etablir dans l'extrémité de l'aqueduc, au nord, et qui appartient au bâtiment de la Correction , savoir à deux toises de distance de la porte de grille extérieure, laquelle est placée près l'angle du mur de terrasse du verger, une nouvelle porte avec imposte à la naissance du cintre de la voûte . . .

3° Faire même opération dans la branche d'aqueduc qui règne sous le verger, dont la direction est au levant.

Telles sont les mesures que l'on croit capables d'obvier aux inconvénients redoutés de la part de l'économe de la Détention.

RAPPORT A LA COMMISSION

[-2] La Commission ayant trouvé que les travaux et dépenses proposés par le citoyen Viel pour empêcher l'évasion des détenus de la maison de Bicêtre étaient trop dispendieux, et l'ayant invité à chercher des moyens moins coûteux et qui cependant puissent remplir l'objet proposé, ce citoyen s'est concerté sur cet objet avec l'économe de la Détention; ils ont pensé l'un et l'autre que l'établissement de deux portes de grilles nouvelles et intérieures pourraienl peut-être suffire et suppléer aux herses actuellement existantes, de manière qu'au moyen de ces deux portes l'on pourrait éviter d'y faire placer la herse pro-

HOSPICE ET MAISON DE FORGE DE BIGETRE. ltl\

posée d'abord et par ce moyen épargner au moins les deux tiers de la dépense.

Cette première dépense était indiquée devoir aller à une somme d'environ 10,000^; la nouvelle, qui ne doit s'élever qu'au tiers, ne montera donc qu'à 3,ooo ou 3, 5 00^^ au plus.

Comme cette réparation est très urgente , qu'elle importe à la sûreté publique, qu'elle doit assurer la responsabilité de l'administration de Bicétre et que la Commission la fait réduire à toute l'économie dont elle paraît susceptible, on propose à la Commission d'autoriser le citoyen Viel à la faire exécuter tout de suite.

Minutes (2 p.), Arcliivos nationales, F" 1170.

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