‹ L'assistance publique à Paris pendant la Révolution; documents inéditsChapitre 124 sur 241 · germinal an m · texte numérisé non relu

germinal an m

Au ciloyen Aumont, Chargé provisoire près do la Commission cimle, police et tribunaux.

[1] Citoyen, vous qui êtes le soutien des infortunés en pourvoyant à leurs besoins, daignez vouloir bien vous ressouvenir de la représentation que les malheureux détenus de la maison de Bicêtre vous ont faite relativement au retranchement qu'ils ont éprouvé sur le pain, sans avoir été indemnisés par d'autres aliments capables de suppléer au défaut du pain, tel que nous l'avait promis le citoyen Grandpré, administrateur de la Commission , lequel nous fit espérer que nous jouirions des mêmes alimen(s que les détenus des maisons d'arrêt et de justice de la ville de Paris, lesquels ont de jour à autre des légumes sèches, comme haricots, pois et lentilles, lesquels comestibles leur tiennent lieu de pain.

Le citoyen Deschamps, faisant les fonctions d'économe provisoire de la maison de Bicêtre, ayant lui-même fait connaître à l'Administration civile, police et tribunaux que ce qu'il nous est accordé au surplus du pain doit être regardé comme rien, attendu la petite quantité et la mauvaise qualité, car le bois, employé dans un jour à la soupe que

l'on nous donne, vaut mieux que la soupe de i5 jours qui nous est distribuée.

En conséquence, nous espérons que le Comité des secours publics sera instruit que, depuis le retranchement du nain, une quantité de malheureux détenus sont tombés de défaillance; ils désirent la mort, plutôt que de souffrir la faim dans une maison de détention, tandis que la plupart de nous seraient nécessaires à la cullivation de la terre, dont le territoire de la République se trouve entièrement dénué, ou au secours de leur patrie, à laquelle ils désirent être utiles.

Salut et fraternité.

(Suivent les signatures.)

La Commission , etc., à In Commission des secours.

Paris, le i5 germinal, an 3*.

Citoyens collègues, nous venons de recevoir un nouveau mémoire des détenus à Bicêtre, qui se plaignent de rmsuilisance du pain qui leur est distribué. Nous vous avons transmis, avec notre lettre du i" de ce mois, copie de celle que nous avons écrite au Comité de salut public pour l'inviter à prendre en grande considération les nombreux motifs qui devaient déterminer en faveur des détenus une exception à la loi du 25 ventôse dernier. Nous vous engagions, citoyens collègues, à vous joindre à nous pour obtenir du Comité de gouvernement une décision conforme aux observations que nous lui avons soumises. Il paraît cependant qu'il n'a pris encore aucune délibération à cet égard et que les détenus de Bicêtre éprouvent douloureusement la privation d'une partie de la nourriture qui leur est nécessaire. Nous vous invitons au nom de l'humanité à prendre toutes les mesures qui sont à votre disposition pour que la pétition de ces infortunés obtienne un prompt succès '^\

Salut et fraternité.

Le Chargé provisoire .

Original signé et niinule(2 p), Archives nationales, F' Saog''^

"' Cette lettre est accompngnée d'nne iollre au sionr Dcsciinmps, économe provisoire de Bicêtre.

HOSPICE ET MAfSON DE FORCE DE RIGETRE. 425

RAPPORT DE L'ARCHITECTE DE L'HOPITAL GENERAL AU SUJET D'AMENAGE- MENTS DE LA MUSON DE FORCE DE RICETRE , QUI ONT OCCXSIONNE UN CONFLIT ENTRE L'ECONOME DES DETENUS ET CELUI DES INDIGENTS.

5 germinal an m.

MAISON D'HOMMES, CI-DEVANT BICÊlRE. DETENTION.

D'après la lettre de la Commission adressée au citoyen Viel, le 1 7 ventôse dernier, relative à la maison de détention, il considéra ([u'entre les quatre dilTérentes demandes qu'elle contenait, les deuxième et troisième dépendaient de l'exécution de la première, qui consiste dans le boucli(Mnent de deux croisées d'un cor|)s de bâtiment étranger à la Détention, l'une au rez-de-cbaussée, et l'autre au premier étage.

En effet, si les croisées à condamner ne le sont pas, le mur d'appui et la grille à établir sont inutiles à faire, parce qu'il n'y aurait point lieu à attribuer cette nouvelle cour aux détenus. De plus, l'exhaussement du mur demandé, qui est déjà fort élevé, pourrait rester tel qu'il est. Cet état de choses détermina cet architecte à instruire les économes et des indigents et des détenus des ordres sur le boucheraent des croisées en question. Voici la réponse que le premier, le citoyen Létourneau, lui fit, le 2 5 ventôse :

«Les baies de croisées à condamner par rapport aux détenus sont celles d'un logement occupé parla citoyenne Michel, épicière, etd'une autre pièce occupée par les gendarmes; mais permettez-moi de vous observer que c'est absolument vouloir rendre ces logements inhabitables, puisqu'ils ne tirent pas de jour d'ailleurs. Du reste, cette raison et l'ordre formel que j'ai reçu de la Commission des secours de m'opposer à toute entreprise préjudiciable à la maison des indigents font que je vous prie de vouloir bien ne pas passer outre avant d'en avoir communiqué à cette Commission et même d'avoir obtenu son ap[)robation à la chose. Je vais, au surplus, lui donner avis sur-le-champ de ce qui se passe. 55

/i26 L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.

Voici la lettre, en date du a 8 ventôse, que lui adressa sur cette même affaire la Commission des secours:

«Le citoyen Létourneau, économe de la Maison nationale d'hommes, nous informe, citoyen, que tu te proposes de faire un rapport à la Commission des travaux publics , tendant à faire condamner plusieurs baies de croisées d'un local dépendant de la maison des indigents et donnant sur celui de la Force.

«Nous t'invitons à nous communiquer ce rapport avant de l'adresser à la Commission des travaux publics. »

Par suite de ces obstacles , l'architecte alla hier à Bicêtre pour concilier les vues des différents économes et pouvoir établir un rapport certain, mais il ne trouva aucun d'eux : l'un était sorti, l'autre est en état d'arrestation. Il s'expliqua avec le citoyen Deschamps, qui occupe par intérim la place de concierge à la Détention, sur la difficulté de faire un rapport pour les opérations demandées par l'administration civile, police et tribunaux; il en convint et promit de se rendre aujourd'hui 5 germinal, à cette administration et de s'expliquer avec elle il ce sujet.

Mais la lettre de cette même administration, en date du 28 ventôse, dont la Commission lui fait passer copie à l'instant, exige de lui qu'il étende ce rapport et d'y ajouter quelques réflexions. D'abord, le 2' paragraphe a pour objet la suppression d'une quantité de bicoques; ensuite le 3", de faire disparaître de cette prison tout ce qui pourrait favoriser les efforts que font sans cesse les détenus pour s'échapper.

Si l'administration de police ordonnait seule dans la Maison d'hommes, dès qu'elle aurait reconnu utile telle ou telle opération, l'architecte chargé par la Commission n'aurait qu'à lui présenter ses vues pour remplir la fin désirée, mais il n'en est pas ainsi. L'on ne peut se livrer dans Bicêtre à aucune construction pour la Détention, qui soit liée avec les bâtiments des indigents, qu'elle ne soit connue et consentie [)ar la Commission des secours, qui gouverne la plus importante portion de cet hôpital. Il paraît donc inévitable que l'administration de police s'explique dans cette circonstance avec celle des secours, et qu'elles conviennent ensemble de ce qui peut intéresser davantage le service des deux espèces chfférentes d'habitants de cette Maison nationale.

La Commission se rappellera les difficultés que l'architecte a éprou-

vées pour la démolition des masures , et il en aperçoit de beaucoup plus grandes à rencontrer dans celle des bicoques, ainsi que dans les arrangements sollicités par l'économe de la Détention. Il va communiquer à la Commission des secours la lettre de celle des tribunaux, afin de hâter leur détermination respective, sans laquelle il est impossible de disposer aucun travail. Sans doute que la Commission jugera utile de prévenir celle des tribunaux sur l'avantage qu'il y aurait, pour la célérité de l'exécution, qu'elle déterminât d'une manière fixe les divers arrangements nécessaires pour la plus grande sûreté et l'amélioration de la détention à Bicêtre, et de s'en expliquer elle-même avec la Commission dos secours , car autrement les ordres de la Commission des travaux seront entravés, l'architecte de l'hôpital restera donc en suspens sur le tout jusqu'à ce que de nouveaux ordres lui parviennent.

L'évasion qui a eu lieu ces jours derniers, d'après les détails que l'architecte a recueillis hier à Bicêtre, ne tient en rien à la structure des bâtiments; elle a été opérée par des moyens que l'ardent désir de la liberté peut seul suggérer à un prisonnier.

Le cinq germinal, an 3" de la République française, une et indivisible.

(Signé) : Ch.-F. \ iel.

Original signé, Archives nationales, F'* 1170.

ARRÊTÉ DU COMITÉ DE SURETE GÉNÉRALE, ORDONNANT LE TRANSFÈREMENT À BICÊTRE D'UN ALIÉnÉ QUE L'ON NE PEUT CONSERVER AU GRAND HOS- PICE D'HUMANITÉ.

1 0 germinal an m.

Du 10 germinal, l'an 3' de la République française, une et indivisible.

Vu les représentations faites par le citoyen Marie Morin, contenant que le citoyen Brunet, transféré pour cause de démence de la maison des Orties au Grand Hospice de l'Humanité, est dans un tel état qu'on est obligé de lui mettre les fers aux pieds, et qu'il ne peut rester plus longtemps dans cet hospice ;

/j28 L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.

Le Comité de sûreté générale arrête que le citoyen Brunet sera extrait du Grand Hospice de l'Humanité et transféré à la maison de Bicêtre; charge la Commission des administrations civiles, police et Irihunaux de faire exécutei- le présent arrêté.

Les Rpprésentanls du peuple , membres du Comité de sûreté générale , (Signé) : Gauthier, Guffroy, Lomont , Boudin,

J.-S. ROVÈRE, PeMARTIN, ClAUZEL.

Original signé, Archives nationales, F"* 606.

LETTRE DE L'ECONOME DE LA MAISON DE FORCE DE BICETRE A LA COMMIS- SION DES ADMINISTRATIONS CIVILES ET TRIBUNAUX, DEMANDANT L'AU- TORISATION DE PRENDRE À LA SALPÊTRIÈRE LE P\IN NECESSAIRE AUX OUVRIERS TAPISSIERS OCCUPES DANS LA MAISON.

a 3 gciiiiiual an m.

L'économe (h la Détention aux citoyens de la Commission des administrations civiles, police et tribunaux.

Bifèlre, le 28 gormiii;il , Tan 3°.

Citoyens, par votre lettre du cinq germinal an 3", vous avez autorisé le citoyen Deschamps, économe provisoire, à envoyer chercher 2 5 livres de pain chez le citoyen Broc, rue de la Truanderie, pour nourrir les tapissiers qui viennent de Paris réparer les lits de la prison , mais le citoyen Broc a dit ne pouvoir faire cette fourniture , attendu qu'il n'a point de farine. Je vous invite, citoyens, à changer votre ordre pour prendre cette fourniture à la Salpêtrière; cela deviendrait d'autant plus commode et facile qu'on pourrait envoyer cette fourniture de pain avec celle des employés de Bicêlre, qui vient do là tous les jours. Je vous prie d'accélérer votre ordre, parce que les ouvriers ne viendront que quand ils auront du pain; chaque jour de retard occasionne un dépérissement total des lits. Je vous ohserve, citoyens, que l'économe de la maison

HOSPICE ET MAISON DE FORGE DE BIGETRE. /j29

(les infortunés obtient du pain à la Salpêtrière pour les ouvriers de la maison qu'il gouverne.

Julien Lerov.

Minule, Archives nationales, F"^ OoG.

LETTUE DE L'ECONOME DE LA DETENTION DE BICETRE À LA COMMISSION DES ADMINISTRATIONS CIVILES ET TRIBUNAUX, ANNONÇANT L'ARRIVE'e DE TRENTE-QUATRE GENDARMES POUR LA GARDE DE LA MAISON.

10 floréal an m.

L économe de la Détention de Bicêtre aux citoyens de la Commission des administrations civiles, police et tribunaux.

Ce 10 floréal an 3*.

Citoyens, le calme règne, le double guichet que j'avais demandé qui fût fait avant de laisser entrer les détenus dans les cours est fini. Hier, il est venu en cette maison un renfort de 3/i hommes de gendarmerie pour remplacer les 2 o de la compagnie de cette maison qui sont partis pour accompagner et escorter les forçats qui sont en route pour Toulon.

Il est instant que les diverses réparations que j'ai demandées plusieurs fois soient finies, ce qui pourrait se faire en peu de temps et à peu de frais; alors cette prison serait la plus sûre de toutes celles du Département.

Salut et fraternité.

(Signé) : Julien Leroy.

P.-S. Cinq gendarmes ont découché cette nuit; le capitaine est à Paris pour les affaires de sa compagnie. Original, Archives nationales, F" loi^

LETTRE DE LA COMMISSION DES ADMINISTRATIONS CIVILES ET TRIBUNAUX À L'ÉCONOME DE LA MAISON DE FORCE DE BICETRE , REFUSANT D'ACCORDER LES SIX GARDIENS QU'IL A DEMANDES.

1 a floréal an m.

La Commission, etc. à l'économe de Bicêtre.

Paris , ce 1 3 floréai [an 3"].

Citoyen, la Commission a reçu ta lettre du 9 floréal, par laquelle tu l'invites de nouveau à t'accorder un porte-clef et six gardiens ; nous accédons au premier objet de ta demande; quant aux six gardiens, ils avaient été jugés nécessaires à raison de la jouissance des cours donnée aux détenus, mais cette jouissance étant ôtée, la nécessité de l'augmentation du nombre des gardiens cesse.

Salut et fraternité.

Minute, Archives nalionales, F"^ lOi-'.

LETTRE DE LA COMMISSION DES ADMINISTRATIONS CIVILES ET TRIBUNAUX À CELLE DES TRAVAUX PUBLICS, POUR LA SURETE DE BICETRE, L'OU- VERTURE DE PORTES NOUVELLES, L'ETABLISSEMENT DE BARRIERES ET GRILLAGES ET LA CONSTRUCTION D'UN GUICHET DOUBLE, AVEC REPONSE.

12,17 floréal an m.

La Commission, etc. à la Commission des travaux publics.

Paris , ce 1 2 floréal.

[1 I Citoyens collègues, le concierge de la maison de détention de Bicêtre demande qu'il soit ouvert quelques portes dans les murs de la prison, qu'il soit établi des barrières et construit un guichet doul)le.

Il demande en outre qu'il soit posé des grillages au parloir et aux nouveaux guichets pour empêcher de passer des outils aux prisonniers.

Il est instant d'exécuter toutes les mesures de sûreté, et nous vous invitons à donner à ce sujet les ordres les plus précis et dans le plus court délai. Les événements récents ne prouvent que trop que les précautions les plus multipliées ne sont pas toujours suffisantes; c'est pourquoi nous pensons qu'il serait dangereux d'en négliger quelquesunes, qui paraissent sages et dont la conséquence immédiate est de faciliter la surveillance et d'éloigner les moyens d'évasion.

Vous voudrez bien , citoyens collègues , nous faire part des ordres que vous aurez donnés pour constater la nécessité des travaux demandés et les faire exécuter, s'il y a lieu , et nous accuser réception de la présente.

Salut et fraternité.

Le Chargé provisoire.

La Commission des travaux publics () la Commission des administrations civiles, police et tribunaux.

Paris, le 17 floréal, l'an 3° de la République française, une et indivisible. [2] En conséquence de votre lettre du 12 de ce mois , citoyens collègues, nous avons invité le citoyen Viel, architecte, à se concerter sans délai avec le concierge de la Détention de la maison nationale de Bicêtre, à l'effet de constater les travaux qu'il est convenable de faire exécuter pour ajouter encore aux mesures de sûreté qui peuvent faciliter la surveillance des prisonniers et empêcher leur évasion.

Aussitôt que nous aurons reçu le rapport du citoyen Viel, nous nous ferons un plaisir de vous en prévenir et de vous instruire de la détermination que nous aurons prise.

Salut et fraternité.

(Signé) : Rondelet.

Minute et original signé (2 p.), Archives nationales, F^'^ 606.

LETTRE DE LA COMMISSION DES ADMINISTRATIONS CIVILES ET TRIBUNAUX AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC, APPUYANT LA DEMANDE D'UN CHEVAL PAR LE CITOYEN LEFRANC , COMMANDANT LA FORCE ARMEE DE BITÈTRE.

1 h (loréal an m.

An Comité de salut public la Comiiiissiun . etc.

l'aris, le i /i floréal an '6".

(Citoyens représentants.

Le citoyen Lefranc, commandant la force armée de Bicèlre, demande par le mémoire que vous trouverez ci-joint que la Nation veuille bien mettre à sa disposition un cheval, à l'effet d'apporter toute la célérité convenable dans l'exécution des ordres qu'il reçoit des autorités constituées. Il est certain que les rapports continuels que sa place le met dans le cas d'avoir avec les différentes administrations exigent de sa part des courses que l'éloignement de Bicêtre à Paris rend très pénibles, et dont il résulte souvent des lenteurs préjudiciables au bien du service. Ce sont ces considérations, citoyens représentants, qui déterminent la Commission à appuyer auprès de vous la denjande du citoyen Lefranc et à vous prier d'y faire droit.

Minule, Archives nationales, F"* loi^.

Le Chargé provisoire.

LETTRE DE L'ECONOME DE LA MAISON DE FORCE DE BICETRE À LA COMMIS- SION DES ADMINISTRATIONS CIVILES ET TRIBUNAUX, ANNONÇANT QUE LE CÂBLE DU PETIT PUITS EST CASSE ET QUE CELUI DU GRAND PUITS MENACE RUINE, AVEC RÉPONSE.

i/i , 1 5 floréal an m.

L'économe de la DéteiUion à la Commission des administrations civiles, police et tribunaux.

Ce ik floréal an 3'.

[i] Vous avez applaudi à l'avis que je vous donnai, il y a plus de

HOSPICE Eï MAISON DE FORCE DE BICETHE. 433

six mois, que le câble du grand puits était prêt à se casser; aujourd'hui je vous préviens encore que celui du petit l'est et que je crains que celui du grand ne casse aussi. Si l'eau manquait à Bicétre, on ne peut calculer les maux qui en pourraient résulter, surtout parmi les détenus.

Salut et fraternité.

(Signé) : Julien Lkroy.

k réconome de Bicêtre.

Paris, le t .^ floréal an S'.

[q\ Nous informons la Commission des secours publics chargée de l'administration économique des prisons de Paris qu'il est urgent de fournir de nouveaux câbles aux grand et petit puits de Bicêtre. Nous ne doutons pas qu'elle n'ordonne promptement cette fourniture.

Minules (9 p.), Archives nationales, F"^ 101'.

LETTRE DE L'ECONOME DE LA MAISON DE FORCE DE BICETRE À LA COMMIS- SION DES ADMINISTRATIONS CIVILES ET TRIBUNAUX AU SUJET DE LA JOUISSANCE DES COURS LAISSEES AUX DETENUS, AVEC ORDRE DE LA SUSPENDRE.

1^ , a 3 floréal an m.

L'économe de la Détention de Bicêtre à la Commission des administrations civiles, police et tribunaux.

Ce i/i floréal an 3'.

[1] Ciloyens, en réponse à votre lettre du 12 du courant, la prison est depuis l'évasion dans le même état qu'elle était avant que le citoyen Grandprez, votre mandataire, ne vint accorder et donner la liberté des cours; je continuerai toujours de la maintenir dans le même état jusqu'à ce que de nouveaux ordres, émanés de vous, décident le ron-

liZk L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.

traire; je vous demande avec instance la perfection des travaux commencés.

Salut et fraternité.

(Signé) : Julien Lkrov.

Au concierge de Btcêtre.

Paris, le 3 3 floréal a.i 3".

[•j] Citoyen, dans le cas où tu n'aurais pas encore suspendu la jouissance des cours, la Commission te charge d'exécuter sur-le-champ cette mesure. Tu auras soin de douner aux détenus tous les jours, depuis -y heures du matin jusqu'à 7 heures du soir, la jouissance des corridors des cabanons.

Tu instruiras sans délai la Commission de ce (jue lu auras fait pour l'exécution de ses ordres.

Minutes (2 p.), Archives nationales, F"' ior\

RAPPORT DE L'ARCHITECTE VIEL À LA COMMISSIO^ DES TRAVAUX PUBLICS SUR L'ÉVASION DU 4 FLOREAL.

1 8 floréal an m.

A la Commission des travaux publics.

Le 18 floréal an 3' de la République franrnise, un? et intllvisihle.

L'architecte vient de recevoir une lettre de la Commission , en date du 1 7 du présent mois, concernant la maison de détention de Bicêtre, et il V répond sur-le-champ, dans le désir qu'il a de la mettre à portée d'instruire sans délai le Comité des travaux publics sur les opérations dont il s'agit. Il va d'abord exposer l'événement de l'évasion des détenus du II floréal, tel qu'il le connaît.

Des ordres supérieurs avaient autorisé le citoyen Leroy, économe, à permettre aux détenus de jouir de la grande cour, dans laquelle la porte du guichet existe. Le nombre qui obtint cette permission était

de plus de 900. Alors que les prisonniers se promenaient dans cette cour, un employé vint à sortir, et, au moment où la porte du guichet s'ouvrit, tout à coup ils se pressèrent en foule sur les pas de cet homme de service et se répandirent d'abord dans les grandes cours de Bicêtre, d'où plusieurs s'évadèrent. Ainsi le fait a été expliqué à l'architecte, le lendemain 5, sur les lieux mêmes, par des témoins oculaires attachés au service de la Détention. Cet exposé fidèle démontre que la structure des bâtiments ainsi que leur état actuel n'ont en rien favorisé l'évasion du II floréal.

Voici maintenant les résultats des ordres expédiés au citoyen Viel les 18 pluviôse, 12 et 17 germinal derniers.

L'ordre en date du 18 pluviôse contient les travaux du bureau, du grand guichet et la démolition de masures et de murs intérieurs de clôture; il parvint à l'architecte le 1 9 au soir, et, le 21 suivant, il fut expédié à l'économe; depuis longtemps ces diverses opérations sont terminées.

L'ordre du 12 germinal concerne la restauration de diverses cheminées, il a été expédié le lendemain 1 3, 'et ces travaux tirent à leur fin. L'ordre du 1 7 du même mois est relatif aux portes de grilles nouvelles à ajouter à celles déjà existantes dans les branches des aqueducs qui correspondent, l'une à la Détention des hommes et l'autre à celle des enfants; dès le 19 , l'économe en a reçu l'expédition, et les travaux sont en activité.

Tels sont les seuls ordres que la Commission a donnés à l'architecte, les seuls qu'elle ait pu lui transmettre.

Quant aux travaux projetés et demandés à la Commission par celle des tribunaux, et qui ne s'exécutent point, savoir : le bouchement de croisées de bâtiments dépendant des indigents, l'exhaussement des murs de clôture au couchant et au nord dans la même partie, l'établissement d'une grille au lieu et place des masures détruites, la destruction des échoppes extérieures et environnantes les murs d'enceinte de la Détention, la Commission en connaît les motifs des retards par le rapport circonstancié que l'architecte lui a faille cinq germinal dernier.

La Commission des secours, à laquelle il communiqua en germinal les opérations dont il s'agit et qui sont liées aux bâtiments des indigents, s'est déjà occupée de concilier les diflîcuUés qui ont suspendu les tra-

Zi.36 L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.

vaux projetés; elle a fait à ce sujet une visite à Bicétre dans les premiers jours de floréal et se propose encore d'y aller ces jours-ci même, et de l'instruire aussitôt de sa détermination à cet égard. Dès que l'architecte aura reçu les premiers ordres, il se livrera au travail préparatoire qu'il soumettra le plus tôt possible à la Commission. Il croit avoir, dans lu présente réponse, satisfait à tous les articles de la lettre d'hier, qui en est l'objet.

(Signé) :Ch.-F.ViEL.

Originai signé, Archives nation;iles, F'' 1170.

LETTRE DE LA COMMISSION DES SECOURS PUBLICS À CELLE DES TRAVAUX PUBLICS AU SUJET DE LA CONSTRUCTION DE FOURNEAUX EN BRIQUES POUR RECEVOIR LES MARMITES DE BOUILLON DES MALADES.

29 floréal an iir.

La Commission des secours publics aux ciloijens commissaires des travaux publics.

Paris, le aa floréal de l'an trois île la République française, une el indivisible.

Nous VOUS transmettons, citoyens collègues, un rapport que nous avons autorisé le citoyen Vie], architecte, de dresser pour la construction de deux fourneaux en brique, qui doivent recevoir les deux marmites dans lesquelles se fera le bouillon des malades.

L'économie que procurera, par la consommation de bois et la propreté de la préparation des aliments, l'établissement de ces deux fourneaux, nous a engagé d'approuver le rapport et nous porte à solliciter de vous, citoyens collègues, que vous donniez au citoyen Viel les ordres les plus prompts pour leur construction.

Salut et fraternité.

(Signé :) Dernirau.

Original signé, Archives nationales, F" 1170.

HOSPICE ET MAISON DE FORCE DE BIGETRE. /i37

LETTRE DE LA COMMISSIOIN DES TRAVAUX PURLICS À CELLE DES ADMIMS- TRATIONS CIVILES ET TRIBUNAUX, DECLARANT QU'AUCUNE RESPONSABILITE NE PEUT LEUR INCOMBER AU SUJET DU RETARD DANS L'EXECUTION DES MESURES ARRÉTe'eS POUR LA SURETE DE BICETRË.

a 6 floréal an m.

La Commission des travaux publics à la Commission des administrations civiles, etc.

Paris, le 96 floréal, l'un 3" de la République française, une el indivisible.

Vous nous mandez, citoyens rollègues, par votre lettre du 22 de ce mois, que, jaloux de rendre compte aux(i'omitës de gouvernement de vos opérations relatives aux réparations qu'exige impérieusement la sûreté de la maison de force de Bicêtre, vous désireriez d'être instruits sans délai des mesures que nous avons dû prendre, d'après votre invitation réitérée, pour faire procéder à ces réparations.

Il nous sera facile, citoyens collègues, de vous satisfaire: l'exécution de toutes les mesures relatives à la sûreté de cette maison, que vous nous avez proposées avant l'événement du à floréal, a été ordonnée par nous, après examen et vérification indispensables.

Nous avons autorisé l'exécution de toutes sans exception, et si, malgré nos ordres, une seule, celle relative à la démolition des masures et d'un mur adjacent, a été retardée, ce retard est provenu des réclamations élevées par le citoyen Létourneau, économe des pauvres, qui apportait des motifs d'opposition puissants, mais il n'a pas tenu à nos instances réitérées que cette opposition ne fût levée, et certainement le retard qui en est résulté ne saurait nous être imputé en aucune manière.

Il y a plus, toutes les mesures d'exécution que vous nous avez proposées étaient non seulement ordonnées, mais presque entièrement exécutées avant le li floréal, et depuis cette époque, vous nous avez écrit une seule lettre, le 1 9 de ce mois, d'après laquelle nous avons tout de suite chargé l'un de nos agents de se concerter avec le concierge de Bicêtre sur l'objet de votre invitation, ce dont nous vous avons prévenu le 1 ^ suivant.

D'après cela, citoyens collègues, vous reconnaîtrez aisément que nous nous sommes tenus en juste mesure sur tout ce que vous nous avez proposé, relativement à la Détention de cette maison; nous allons, ainsi que vous, faire un rapport aux Comités de gouvernement sur ce qui nous concerne à cet égard. L'événement du h floréal ne peut, par sa nature, être imputé à la faute de personne, mais dans tous les cas possibles, nous ne saurions jamais nous dispenser de rendre justice à qui elle appartient.

Salut et fraternité.

(Signé) : Rondelet.

OriginnI signé, Arcliives nationales, F"' 606.

LETTRE DE LA COMMISSION DES ADMINISTRATIONS CIVILES ET TRIBUNAUX À CELLE DES TRAVAUX PUBLICS, CONFIRMANT L'ORDRE DONNE \ L'ECONOME PAR LE CITOYEN GAUTHIER, MEMBRE DU COMITE DE SURETE GENERALE, DE LAISSER AUX DETENUS LA JOUISSANCE DE DEUX COURS, EN Y FAISANT LES RÉPARATIONS QUE LA SURETE EXIGE, AVEC REPONSE.

3o floréal-7 prairial an m.

A la Commission des travaux publics.

Paris, le 3o floréal an 3°.

[1] Citoyens collègues, le concierge de la maison de force de Bicêtre vient d'informer la Commission que le citoyen Gauthier, représentant du peuple et membre du Comité de sûreté générale, lui avait ordonné de faire jouir les détenus, le plus tôt possible, de deux cours, en y faisant faire préalablement les réparations que la sûreté exige. Ces réparations, d'après le rapport du concierge, consistent à boucher deux ouvertures de l'aqueduc et à élever un mur d'appui.

11 observe que le citoyen Viel,qui était sur les lieux, a reconnu luimême l'urgence de ces réparations.

11 demande, en outre, que l'on pave une partie de la cour de la cuisine et qu'on rehausse le réverbère qui, en raison de ce qu'il est trop bas, éclaire mal la cour dite ^Nationale».

HOSPICE ET MAISON DE FORGE DE BIGETRE. /i39

Vous voudrez bien donner les ordres les plus prompts pour que l'architecte fasse commencer de suite ces travaux.

Nous vous invitons à nous accuser réception de la présente et à nous faire part des mesures que vous aurez prises à ce sujet.

La Commission des travaux publics à la Commission des administrations civiles, police et tribunaux.

Paris, le 7 piairial, l'an 3' de la République française, une et indivisible.

[9] Nous avons reçu, citoyens collègues, votre lettre du 3o floréal, relative aux réparations pressantes à faire à Bicétre, afin de faire jouir les détenus de la liberté des cours, sans inconvénient pour la sécurité publique.

Le citoyen Viel nous a aussi transmis l'état des travaux qu'exigent ces réparations et nous lui avons déjà fait passer nos ordres pour leur prompte exécution, nous vous en donnons avis.

Salut et fraternité.

(Signé) : Rondelet.

Miniilo et orijjin;il sijjné (•? p.), Archives nationales, F'" ioi\

LETTRE DE L'ECONOME DE L\ MAISON DE FORCE DE RICETRE À LA COM- MISSION DES ADMINISTRATIONS CIVILES ET TRIBUNAUX, DEMANDANT LE RENOUVELLEMENT DES GUERITES DES SENTINELLES, AVEC LETTRE À LA COMMISSION DES TRAVAUX PUBLICS.

9 , 8 prairial an ui.

Leroij à la Commission des administrations civiles , police et tribunaux.

Bicétre, ce 2 prairial an y.

[1] Citoyens, puisque la garde des détenus est sous ma responsabilité, il est de votre justice de me faire accorder tout ce qui peut m'aider à l'assurer. En conséquence, je demande, pour la quatrième fois depuis six mois, qu'on renouvelle les guérites des sentinelles, de-

dans lesquelles il leur est impossible de s'apercevoir d'une évasion, et surtout dans les temps nébuleux.

Salut et fraternité.

(Signé) : Julien Leroy.

A In Commission des travaux publics.

Paris, le 8 prairial an 3°.

[2] Le concierge de Bicêlre demande avec instance que les guérites des portes soient changées, attendu qu'elles sont construites de manière à empêcher la sentinelle qui s'y est retirée de s'apercevoir d'une évasion. Vous voudrez bien donner les ordres les plus prompts pour parer à cet inconvénient et nous en informer.

Minulos (/> p.), Arcliives nationales, F"" 606.

DESTITUTION DU CITOYEN JULIEN LEROY, CONCIERGE DE L\ MAISON DE FORCE DE BICÊTRE, PAR ARRETE DE LA COMMISSION DES ADMINISTRA- TIONS CIVILES ET TRIBUNAUX.

1 8 prairial an m.

La Commission, d'après les diverses dénonciations dirigées contre le citoyen Leroy, concierge de la maison de force de Bicêtre, et jusqu'à ce qu'il ait été prononcé définitivement sur son compte, arrête :

1° Le citoyen Leroy, concierge de la maison de force de Bicêtre, cessera sur-le-champ ses fonctions;

2° Le citoyen Haniet, actuellement commis au greffe de Port- Libre, est provisoirement nommé en qualité de concierge au lieu et place du citoyen Lerov ;

3° Il sera sans délai et en présence de chacun d'eux procédé, par le commissaire de police de la section de l'Observatoire, à l'inventaire de tous les papiers et effets dépendant du grefl'e, et à l'appel nominal de tous les détenus dans la maison, d'après les registres sur lesquels est inscrite leur entrée;

HOSPICE ET MAISON DE FORCE DE BICETRE. hhi

lx° Une expédition du procès-verbal sera délivrée au citoyen Haniet qui se chargera, sous sa responsabilité, de tous les objets qui y seront détaillés, et une autre expédition sera adressée à la Commission par le commissaire de police;

5° Immédiatement après la clôture du procès-verbal, le citoyen Haniet sera, par ledit commissaire de police, installé en qualité de concierge et entrera en exercice des fonctions qui v sont attachées;

6° Copie du présent arrêté sera adressée sur-le-cliamp tant au commissaire de police de la section de l'Observatoire qu'aux citoyens Leroy et Haniet, pour que chacun d'eux ait à s'y conformer en ce qui le concerne.

Fait à la Commission des administrations civiles, etc., le i 8 prairial, l'an 3^

Minute, Aroliives nationaios, F"* loi'.

ARRÊTÉ DU COMITÉ DE SÊRETÉ GÉnÉrALE, ORDOMVAIST LE TRANSFÈREMENT À BICETRE DES CONDAMNES À LA DÉP0RT\T10N PAR LA COMMISSION

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