III
proquement; ce n'est que par la force que l'on peut faire respecter les lois.
(Suivent les signatures.)
Le soussigné, Lazowski, ne souscrit à la pétition ci-contre qu'autant que la loi à intervenir sera égale, c'est-à-dire qu'elle liera également le maître et l'apprenti; en conséquence, si l'apprenti est lié et s'il exige des dépenses indispensables de son maître, il doit le récompenser par un temps déterminé, et dans le cas, comme cela arrive fréquemment, que l'on veuille débaucher par argent ou autrement, avant le temps déterminé pour l'apprentissage et les conditions convenues, je demande que le maître ouvrier qui prendra un apprenti avant l'époque déterminée par la convention égale et par la loi à intervenir soit réclamé, et que le maître réfractaire soit condamné à une amende fixe et suivant les circonstances du commerce.
(Signé) : Lazowski'".
Originaux signés (2 p.), Arciiives nationales, F'^ aAa.
LETTRE DU SIEUR PUCELLE , DEPUTE DU DEPARTEMENT DE LA SOMME, SE PLAIGNANT D'WOIR ETE OBLIGE DE PAYER UN DROIT DE 12 LIVRES 10 SOLS POUR LA RECHERCHE D'UN ENFANT AUX ENFANTS-TROUVe's.
3i mai 179'-!.
Paris, le 3i mai 1792, l'an W de la Liberté.
Monsieur,
Un citoyen infortuné de la ville de Montdidier, qui a été obligé de mettre aux Enfants-Trouvés un de ses enfants, m'a prié de m'informer au Bureau de cette maison s'il existait encore. Je m'y suis présenté
('' Claude Lazowski, commandant du bourgs d'aller en armes planter Tai-bre de bataillon do la section du Finistère, agita- la Liberté dans le jardin des Tuileries et teur connu par sa participation aux événe- de présenter une adresse à l'Assemblée lémenls de 1792, se présenta, le 6 juin, à gislative. Au mois de mars 1790, le même rtlôtel de Ville, à la tète d'un groupe de personnage fut impliqué dans les pourneuf individus et fit connaître au Conseil suites dirigées contre le Comité insurrecgénéral de la Commune le dessein des fau- lionnel.
hier, j'y ai fait faire la recherche que je désirais, mais quelle a été ma surprise lorsqu'on a exigé de moi, pour le droit de recherche, une somme de 12 livres 10 sols, que j'ai payée et dont il m'a été donné reçu.
Comme ce droit me [laraît exorbitant, surtout pour un malheureux citoyen qui n'a pas d'autre ressource que ses bras pour vivre, je vous avoue. Monsieur, que je ne peux point m'imaginer qu'il ait été légitimement perçu. Je vous serai donc obligé de m'éclairer à cet égard et de donner les ordres nécessaires pour la restitution du droit perçu, s'il n'est pas dû; et si. contre mon attente. Monsieur, on l'avait exigé avec raison, j'espère que vous voudrez bien indiquer aux autorités constituées les moyens à employer pour la suppression d'un droit frappant uniquement sur cette classe de malheureux qui sont forcés par leur misère et leur indigence de renoncer à la douce satisfaction de se procurer des renseignements sur l'existence d'êtres qui leur appartiennent par les droits de la nature.
Au reste. Monsieur, votre humanité, votre bienfaisance, votre attachement pour la Constitution qui doit procurer, dans un empire libre, à tous les citoyens la faculté de prendre communication de tous les registres publics, lorsque cette communication leur est nécessaire, m'assurent que vous ne négligerez rien pour faire ressentir aux infortunés pour lesquels je m'intéresse tout le bonheur et les avantages dont ils doivent jouir comme tous les autres citoyens.
J'ai l'honneur, etc.
(Signé) : Pucelle'^\
Député du département de ia Somme , citoyen de Montdidier, hôtel Jaback, rue Saint-Méry.
Sur la chemise du dossier contenant les observations du déparlement des Etablissements publics, se trouve la note suivante : ff Cette perception, établie par les anciens règlements de Thôpilal , a été maintenue par le Directoire , qui se réserve en certains cas le droit den dispenser. »
Original signé, Archives nationales, F^^ sis.
''^ Pierre-Claude-Hippolyle Pucelle , né se fit remarquer par son ardeur révolution-
à Montdidier le 2 mars 1752, après avoir naire, fut nommé juge du tribunal civil de
l'ait partie de l'Assemblée législative, devint, cette même ville, le 12 messidor an vin,
en 179^, juge de paix à Montdidier, où il puis président, et mourut le 22 mai 1819.
LETTRE DE M. TETIOIN , MAIRE DE PARIS, AU DEPARTEMENT DES e'tABLISSE- MENTS PUBLICS, TRANSMETTANT ET APPUYANT LA DEMANDE DES EPOUX OTELIN À L'EFFET DE RETIRER LEUR ENFANT MIS AUX ENFANTS-TROUVES, AVEC RÉPONSE DU DEPARTEMENT.
28 juin-6 juillet 1793.
MM. du Département des Etablissements publics.
Paris, le 98 juin 1792, l'an li" de la Liberté.
[1] M. Joseph Otelin, Messieurs, désirerait retirer des Enfants- Trouvés une fille qu'il y a mise, il y a à peu près un an et demi. J'ai déjà eu l'honneur de vous renvoyer un mémoire do ce citoyen , le a de ce mois, sous le n° 692; il vient de m'écrire de nouveau à ce sujet; je vous fais passer sa lettre, et je vous serai infiniment ohligé de vouloir bien me dire ce qu'il serait possible de faire pour seconder sa tendresse paternelle et faire rendre promptement l'enfant qu'il réclame.
Le maire de Paris ,
(Signé) : Petion.
A M. Petion, maire de Pans.
Paris, ce 37 mai 1792.
Monsieui',
Joseph Otelin et Marguerite Beaumoiit, son épouse, ont l'honneur de vous exposer qu'étant, lui Otelin, peintre en voitiu-es, la Révolution les a réduits à la plus dure nécessité et obligés de travailler aux travaux de charité pour se procurer la subsistance.
Dans cette affligeante position , l'épouse est accouchée d'une (ille qu'ils ont été contraints de mettre aux Enfants-Trouvés, le 26 décembre 1790.
Réciproquement bons père et époux, la nature en eux souffre excessivement depuis cette époque d'être privés de voir et d'élever le fruit de leur tendresse respective.
Comme les travaux dans leur dernier état commencent à reprendre, ils se trouvent en état de pouvoir élever leur enfant, mais non pas à même de payer pour le retirer.
Et dans cette alternative de douleur, ils ont recours au plus vertueux des magistrats pour mettre fin à leurs peines les plus cruelles que leur fait éprouver le droit du sang et de la natui'e, en leur faisant rendre gratis leur enfant, dont cijoint l'extrait baptistaire.
Vous êtes, M. le Maire, le véritable père du peuple, qui tout entier be'nit son sort de vous posséder ; vous êtes son appui , son défenseur, son consolatem', de ce peuple vraiment citoyen , et , à ce titre , les exposants , vos enfants , attendent leur consolation de vos bontés paternelles.
(Signé) : Joseph Otelin.
Le sieur Otelin demeure grande rue du faubourg Saint-Martin, n" /I3, maison de M"" Perier, au coin de la rue Saint-Nicolas.
Le li juillet 1793.
Monsieur le Maire,
[2] Nous avons l'honneur de vous renvoyer la lettre par laquelle M. Joseph Otelin demande que sa fille, âgée d'un an et demi, lui soit rendue gratuitement par l'hôpital des Enfants-Trouvés, où il a été obligé de la placer.
Nous avons eu plusieurs fois, Monsieur, l'honneur de vous observer sur de semblables demandes que le Directoire, saisi dans l'état actuel des choses de l'administration directe des hôpitaux, avait cru devoir maintenir jusqu'à un certain point la disposition des anciens règlements de l'Hôpital Général, qui exigent de toute personne qui se présente pour retirer un enfant le payement de la pension de cet enfant, ou du moins une indemnité quelconque pour le temps qu'il est resté à la charge de l'hôpital. La faveur due aux réclamations de ce genre a toujours engagé l' administration à régler cette indemnité sur la fortune elles moyens actuels des réclamants, même à les en dispenser totalement dans quelques circonstances. Nous ne doutons pas que M. Ofelin n'obtienne cette dispense, dans le cas où ses facultés ne lui permettraient aucun sacrifice. Dans tous les cas, c'est au Directoire que sa demande doit être adressée.
Les administrateurs des Etablissements et travaux publics. Originaux signés et minute (a p.). Archives nationales, F'^ 9^2.
ADRESSE DES SOEURS DE L'HOPITAL DES ENFANTS-TROUVES À L'ASSEMBLe'e LÉGISLATIVE, DECLARANT QUE LEURS JOURS NE SONT PLUS EN SURETE ET DEMANDANT DES PASSEPORTS POUR SE RETIRER DANS LEURS FAMILLES.
5 septembre 1792.
Les sœurs de F Hôpital Général des Enfants -Trouvés à Messieurs les Représentants de la Nation française.
5 septembre 1793.
Messieurs ,
Nos jours ne sont point en sûreté, le peuple sans cesse nous insulte et nous menace. Le commissaire du quartier, à qui nous avons témoigné nos inquiétudes, ne nous a pas rassurées, en nous disant qu'il ne pouvait répondre de la fureur du peuple.
Si nos services ne sont plus agréables à la Nation, daignez. Messieurs, prendre des mesures afin que les infortunés dont nous prenons soin ne se trouvent pas totalenient abandonnés. Daignez aussi, par égard à nos services passés, nous faire délivrer des passeports pour nous rendre au sein de nos familles.
Agréez, Messieurs, notre entier dévouement au service des pauvres infortunés, que nous ne quitterons qu'à regret. Si quelques obstacles, dans cet instant, s'opposent à notre demande, nous espérons que l'Assemblée nationale voudra bien nous mettre sous sa sauvegarde jusqu'à ce qu'elle ait avisé aux mesures qu'elle ne puisera sans doute que dans sa sagesse.
Sœur Dubois,
Septuagénaire, supérieure de ladite maison, au nom de toutes les sœurs.
Les sœiirs de l'Hôpital Général des Enfants-Trouvés ne se croient pas en sûreté, elles réclament la justice du Corps Législatif pour les soins quelles donneut aux pauvres infortunés , elles les abandonneraient à regret. — Renvoyé à la Commission extraordinaire.
Original signé et minute (a p.). Archives nationales, DXL i '1 (Paris), C i63. n" 878.
RECLAMATION DE LA SECTION DES QUINZE-VINGTS ADRESSEE À L'ASSEMBLEE LEGISLATIVE CONTRE LA PRESTATION DE SERMENT DES SŒURS DE L'HO- PITAL DES ENFANTS-TROUVÉS, ET DEMANDANT LEUR EXPULSION.
19 septembre 1799.