HÔPITAUX
a^ brumaire an 11.
CONSEIL GÉNÉRAL DK LA COMMUNK.
Le Procureur de la Commune requiert (pie l'on change dans les
hôpitaux les noms des salles des malades et que l'Hùtcl-Dieu soit appelé «maison de rHumanil(^». Arrêté et renvoyé aux travaux publics pour l'exécution.
Il dit ensuite que dans les hôpitaux les femmes en couche manquent de tout, et certes il n'y a rien de plus intéressant que les femmes en couche; il requiert que les administrateurs des Etablissements publics améliorent par tous les moyens possibles le sort et la situation des femmes en couche.
Le substitut du Procureur de la Commune indi([ue la maison des ci-devant prêtres de la Mission, comme un local plus salubre que les autres pour recevoir les femmes en couche.
Le Conseil nomme quatre commissaires pour examiner ce local et y faire transporter les malades.
J. Guillaume, Procès-verbaux du Coniité d'iiinlvKcliun publique delà Convcnlivn nationale, t. II, p. 861, extrait du Journal de la Montagne, n° 1.
DECRET DE LA CONVEMION NATIONALE, QUI AUTORISE A EMPLOYER PROVI- SOIREMENT LES BÂTIMENTS DU CI-DEVANT ÉvÊCIlÉ AU SERVICE DU GRAND HOSPICE D'HUMANITÉ DE LA COMMUNE OE PARIS.
2 5 brumaire an 11.
La Convention nationale, après avoir entendu le rapport de ses Comités des secours pubbcs et d'aliénation sur les dilférentes pétitions des autorités constituées et des citoyens de Paris, ayant pour objet la réunion du ci-devant Evêché au Grand Hospice d'Humanité établi à Paris, décrète qu'en attendant l'organisation générale des hôpitaux de la République, la municipahté de Paris est autorisée à disposer provisoirement des bâtiments du ci-devant Evêché, pour être uniquement appliqués au service du Grand Hospice d'Humanité de cette commune, afin que chaque malade y soit placé dans un lit séparé, à la distance de trois pieds, pour y recevoir commodément tous les soins
Ihd L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.
et secours dus à l'humanité souffrante, sous la surveillance du Département de Paris et du Ministre de l'intérieur ^''.
Expédition certifice, Archives nationales, A ili-i, dossier 81, n" '1188.
ARRETES DU COMITE DE SALUT PUBLIC, CHARGEANT LES SIEURS GUYTON ET FOURGROY DE FAIRE UN RAPPORT SUR LES TUERIES DE PARIS REUNIES À L'HÔTEL-DIEU, QUI OCCASIONNENT UNE CORRUPTION DANGEREUSE POUR LES MALADES, ET EN ORDONNANT LE REMPLACEMENT.
8,19 floréal an 11.
EXTRAIT DD REGISTRE DES ARRETES DU COMITE DE SALUT PUBLIC DE LA CONVEN- TION NATIONALE, DU 8 FLOREAL, DEUXIEME ANNEE DE LA RÉPUBLIQUE FRAN- ÇAISE, UNE ET INDIVISIBLE.
Le Comité de salut public, informé que toutes les tueries de boucheries de Paris ont été réunies à l'Hôtel-Dieu et qu'il en résulte une corruption dangereuse pour les malades et pour tous ceux qui abordent ce lieu, charge Guiton et Fourcroy de se rendre à l'Hôtcl-Dieu pour prendre connaissance des faits, examiner les motifs de cet abus, en apprécier le remède et faire du tout le rapport au Comité.
Signé au registre: Saint- Jusi, Robespierre, Carnot, K. Lindet, C.-A. Prieur, Couthon, Billaud-Varenne, Collot d'Herbois et B. Barère.
Pour extrait :
(Signé) : C.-A. Prieur, Saint-Just, Carnot, Collot d'Herbois, Billaud-Varenne.
'') Ce décret, qui fut publié et alTicbé, naies, AD xiv, 8). Voir J. Guillaume, Pro-
existe en imprimé, de l'Imprimerie natio- cès-verbaur du Comité (l'insli-uctionjmblùpie nale executive du Louvre (Archives natio- de la Convention nationale, I. II, p. 863.
HOTEL-DIEU. Ihl
RAPPORT DE GDYTON ET FOURCROY, CHARGES PAR L'ARRÊTÉ DU COMITE DE SALUT PUBLIC, DU 8 FLORe'aL, DE PRENDRE CONNAISSANCE DES DANGERS QLI PEUVENT RÉSULTER DE L'ETARLISSEMENT DE LA TUERIE À L'HOSPICE DE L'HUMANITÉ.
Nous nous sommes rendus le () floréal, heure de neuf du malin, à l'écliaudoir de l'hospice de l'Humanilé, (jui nous a été indiqué comme le lieu destiné à la tuerie des bœufs, veaux et moutons pour toute la fourniture de la commune de Paris, en exécution de l'arrêté du Conseil municipal, sur le rapport des administrateurs des subsistances, du 2 g germinal.
Nous sommes arrivés au moment où l'on abattait les bœufs pour la consommation du lendemain to.
Nous avons fait appeler les administrateurs des subsistances spécialement chargés de la surveillance de cet établissement, le chef de la boucherie et les officiers de santé de l'hospice.
Les citoyens Louvet, Dumez et Champeaux*^', administrateurs, Sativegrain, chef de la boucherie, Duhaume, Thauraux, Montaigu, Assclin et Delaporte^'^\ officiers de santé, s'étant rendus à l'échaudoir, sur notre invitation, nous avons visité ensemble tous les emplacements occupés par la tuerie et leurs dépendances.
Il a été reconnu qu'en général le local n'était point convenable pour un établissement de cette nature, soit par sa position, soit par sa construction , soit par son peu d'étendue.
Par sa position, lors même que l'on n'y abattait que le bétail destiné à la consommation de la maison, on se plaignait déjà de l'influence de son voisinage sur la salubrité de la salle Sainte-Marthe qui est audessus, et particulièrement de l'odeur de la suifrerie.
C'était là néanmoins l'unique boucherie de Paris pendant tout le carême et où l'on abattait journellement jusqu'à cent bœufs, mais quoique dans cette saison les progrès de la putridité soient moins rapides que dans l'été, on n'a cessé de renouveler la demande de la suppression de cette tuerie, qui, par le seul dépôt momentané du bétail
^'' Pierre -Alexandre Louvel, peintre, ^-^ Duhaume, Thauraux, Montaigu et Pierre Dumetz, ingénieur géographe, et Asseiin étaient alors médecins pension- Pierre-Basse Champeaux étaient, en effet, naires de i'Hôtel-Dieu, les deux derniers les trois administrateurs chargés du Dé- depuis 1798 seulement; Delaporle n'étail parlement des subsistances. ' que médecin expectant.
]liS L'ASSISTANCE PUBLIQUE A PARIS.
dans les étables, prive du sommeil et tient dans une continuelle agitation les malades dont les lits sont placés au-dessus.
Ce local ne convient pas mieux par sa construction; ce sont des voûîes surbaissées, sous lesquelles l'air reste stagnant, où il n'y a aucun percement pour le renouveler, ce qui ne peut manquer de produire une grande infection dans le temps des chaleurs, si l'on continue à y abattre et dépouiller tous les jours jb bœufs, sans compter les veaux elles moutons.
Enfin ce local a trop peu d'étendue; il ne présente aucune aisance, il faut y faire arriver successivement le bétail qui reste entassé dans des lieux étroits, humides et presque souterrains, et où on est embarrassé d'y placer la fourniture de viande du lendemain.
La vérité de ces observations n'a point été contestée par les administrateurs , ni par le chef de la boucherie.
Les premiers nous ont annoncé que le Conseil général ne s'était décidé à former une seule tuerie que par la considération que c'est le seul moyen d'assurer la rentrée des fonds qui lui sont confiés, et que la nécessité de mettre cet établissement en activité en 2/i heures ne lui avait pas permis de chercher ni de disposer un autre local, et que sur les plaintes relatives à l'incommodité occasionnée par la fonte des suifs, il avait été proposé dès hier de la transférer ailleurs. Cette translation doit s'effectuer incessamment.
Quant au citoyen Sauvegrain''^ chef de la boucherie, il nous a paru qu'il n'y a aucune négligence à lui reprocher, et qu'il a été tellement convaincu dans le principe des inconvénients de ce placement, qu'il a pris des mesures extraordinaires pour les diminuer, en faisant arroser fréquemment le pavé et tenant, sur la rivière qui coule au bas, des barques prêtes pendant tout le travail pour enlever les immondices.
D'après cela, il est évident que l'on doit prendre la résolution d'interdire à l'avenir toute destination semblable d'aucun des bâtiments ou emplacements de l'hospice de l'Humanité.
('^ Le citoyen Sauvegrain est qualifié de lité de surveiller la distribution journalière
directeur de la boucherie générale de la de viande aux sections et de parcourir les
ville de Paris dans un arrêté du Comité de difTérents établissements placés sous sa di-
salut public, du 28 vendémiaire an m, roction. (Original signé d'Escliassériaux ,
qui lui accorda, au prix du maximum, un Archives naliouiili'S, AFu 68, n° 5o5. (heval de selle pour lui donner toute faci-
HOTEL-DIEU. l/,9
Que si la translation de la tuerie ne peut être opérée en totalité quant à présent clans un autre local, il faut prendre sans délai des mesures pour en reporter ailleurs la plus grande partie et n'y conserver momentanément que ce que la nécessité de l'approvisionnement journalier rendra indispensable.
Qu'il doit être formé au moins quatre tueries en remplacement, et que leur position doit être telle que le sang et les dépouilles tombent, autant qu'il sera possible, inmiédiatement dans la rivière, que l'endroit destiné à abattre soit vaste et aéré, et qu'il y ait des étables et cours de desserte suffisants pour prévenir tout encombrement.
f) floréal an "i de la République française, une et indivisible.
(Signé) : L.-B. Guyton, Fourcrov.
ARRÊTÉ DU comité DE SALUT PUBLIC, ORDONNANT L'ÉTABLISSEMENT DE QUATRE TUERIES DE BESTIAUX POUR REMPLACER CELLE DE L'HUMANITÉ ET DÉLIVRER LES MALADES DE CE VOISINAGE INCOMMODE.
1 2 floréal an ii.
Du 19 floréal an a de la HépuliHque française, une el indivisible.
Le Comité de salut public, informé par le rapport fait par les représentants du peuple les citoyens Guiton et Fourcroy, en exécution d'un arrêté du 8 courant, sur les inconvénients qui peuvent résulter du placement actuel de la tuerie des bestiaux à l'hospice de l'Humanité, arrête que la municipalité de Paris fera rechercher sans délai quatre emplacements dans les parties les plus aérées de Paris et les plus voisines de Paris, pour y établir les tueries de bestiaux nécessaires à l'approvisionnement de Paris; elle soumettra au Comité, dans le courant de la décade, le choix qu'elle aura fait.
La municipalité de Paris est chargée de prendre les mesures les j.lu.s promptes pour délivrer les malades de l'hospice de l'incommodité du voisinage d'un pareil établissement.
(Signé) : B. Barère, C.-A. Prieur, R. Lindet, Billaud-Varenne.
Envoyé rexpédition à l'agent national de la Municipalit('.
Originaux signés (3 p.), Areliives nationales, AF ii 8i, n° 6oi.
PLAINTES DE FliMMES ENCEINTES AU SUJET DE LA MAUVAISE NOURRITURE QU'ELLES REÇOIVENT À L'HOSPICE D'HUMANITE.
h messidor an ii.
Du h messidor, l'an 2° de la République française, une et indivisible.
Le citoyen Merlino présente son rapport sur les pétitions des citoyennes Dulac et Franconnet, femmes enceintes, qui se plaignent de la nourriture et des soins mal administrés, dont elles éprouvent les effets à l'hospice de l'Humanité, ci-devant l'Hôtel-Dieu de Paris, où elles doivent faire leurs couches.
Renvoyées au Conseil général de la commune de Paris, chargé de la surveillance des établissements de charité.
Extrait des procès-verbaux des séances du Comité de secours, Archives nationales, AF II* Ao, fol. 90 v°.
DÉCRET DE LA CONVENTION NATIONALE, PORTANT QUE LA TOTALITE DE LA MAISON CI-DEVANT DITE L'ARCHEVECHE SERA EMPLOYEE À L'USAGE DU GRAND HOSPICE D'HUMANITE DE PARIS.
29 fructidor an 11.
La Convention nationale décrète que la totalité de la maison, cidevant dite l'Archevêché , sera employée à l'usage du Grand Hospice d'Humanilé de Paris;
Charge la Commission des secours publics de prendre sans délai les mesures nécessaires pour mettre à la disposition dudit hospice les diverses pièces qu'il n'orcupe pas dans la maison ci-devant l'Archevêché.
Minute signée de Roger Ducos, Archives nationales, C 3i8, n" 128/1.
LETTRES, ARRÊTÉ ET RAPPORTS RELATIFS AUX TRAVAUX DE DEMOLITION DE L\ GRANDE SALLE DU CI-DEVAXT ÉvÊCHE, DEVENUE SALLE DES ELEC- TEURS DU DÉPARTEMENT, ET AFFECTEE PAR DECRET DE LA CONVENTION \ L'HOSPICE D'HUMANITÉ.