‹ L'assistance publique à Paris; ses bienfaiteurs et sa fortune mobilièreChapitre 131 sur 144 · FONDATION V' GUÉROULT · texte numérisé non relu

FONDATION V' GUÉROULT

V^* GUÉROULT (née Anna-Rose Mouret)

Décédée en Bon domicile, à Paris, 74, avenue de Marigny, le 19 février 1892

(Testament olographe en date, à Paris, du 16 octobre 1883 déposé à M« Blanchet, notaire à Paris, le 22 février 1892)

D. T. — Ceci est mon testament.

Je révoque tous testaments ou codicilles antérieurs.

Pour faire bien comprendre qu'elles sont mes intentions, je vais d'abord vous donner quelques explications.

A force de travail, d'ordre et d'économie, je suis arrivée à amasser une certaine fortune. Je l'avais fait, non pour moi, qui n'ai jamais eu que peu de besoins, mais pour mon cher fils à qui j'espérais pouvoir la laisser.

Dieu ne l'a pas permis, il l'a frappé à la fleur de l'âge d'une maladie terrible.

Je lui ai prodigué tous les soins, je n'ai reculé devant aucun sacrifice, j'ai pu, je crois, apporter quelques soulagements à ses souffrances, mais je n'ai pu le sauver. Dieu l'a appelé vers lui et m'a laissée seule sur cette terre.

Pendant le cours de sa cruelle maladie, j'ai pu me rendre compte de la triste situation de ceux qui, atteints de la même maladie, n'ont pas les ressources suffisantes pour en adoucir la souffrance. Le but que je m'étais proposé ne peut donc plus être atteint ; je reste avec une fortune que ne recueillera pas mon pauvre enfant, et il me semble que si Dieu m'a frappée aussi cruellement en m'enlevant mon fils et ne permettant pas que je lui laisse ma fortune, c'est qu'il a voulu que cette fortune fût employée à secourir des fils malheureux.

C'est dans cette pensée que je fais les dispositions suivantes :

J'institue l'Assistance publique de la Seine, ma légaluî universelle, sous les conditions suivantes :

11 sera fondé par cette Administration et sous le nom dik'îpico Augustin Guéroult, une maison où ne serrml admis que des jeunes gens de quinze à trente ans, atteints de la malaiiir d(» poitrine ; les revenus de ma maison seront appliqués à sul»venir aux charges de cet établissement : l'Assistance publique louera, soit à Paris, mais plutôt dans la banlieue, une maison avec jardin, pour y établir cet hospice.

Ma fortune ne permettant pas d'acheter un terrain, d vcolv truire un hôpital et de faire face ensuite aux charges annuelles, c'est pourquoi je pense qu'il vaudra niieiL\ cmmencer par louer une maison, et n'admettre que le nombr» de malades que mes revenus pourront y entretenir, et qui idvi nécessairement restreint.

Je ne doute pas que mon exemple soit suivi et dans ji-iî de temps j'espère qu'on pourra faire plus grandement.

Mon mobilier que je défends de vendre, servira à niful'ir l'hôpital.

Ma maison de la rue du Petit-Thouars, 10, à Paris, ne pouiu pas être vendue, non plus du moins tant que ce ne sera [ui^ nécessaire, indispensable, et pas vingt-cinq ans après iiic:i décès.

L'hôpital sera dirigé par des sœurs de Charité de reli^Mii catholique, de préférence de Saint-Vincent-de-Paul ; il n+^ srr;i admis dans cet hôpital que des jeunes gens très honorabie? ^^i de religion catholique.

Les admissions seront faites d'un commun accord entiv ! directeur de l'Assistance publique, et mes exécuteurs W<> mentaires.

Décret du 13 novembre ISîKi.

L'Administration a recueilli dans cette succession :

lo Un iinnieuble situé à Paris, 10. rue du Petit-Thouars ot 22. rue d»- '.:> Corderio, let^uel existe en nature et dont le revenu brut est do IS.-^jOO fraii;>

2° En deniers comptant;» (soldo du compte d'administration de ]a suclt sien), 4.741 fr. 42 ;

S° l-no action de la Compagnie d'assurances c Lo Midi » (saus valeur :

49 Deux actions de la Compagnie d'assurances c I^a Contiaucf » ;

0° Enfin un titre do rente do 580 francs 3 % grevé de T usufruit do M 6 Chambino, décédé lo 5 mai 1808.

Les deux actions de « La Confiance » ont été vendues ; rAdniiniî>traî c a de plus lecueilli un dividende dans la liquidation de la C'ompaKnio i I Midi », ces dividende et prix de vente ont été emp lovés à l'achai J^ 34 francs de rente 3 %.

La fondation Guéroult est encore à l'étude.

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