Chapitre Saint-Pierre-le-Puellier 24 L
L'abbé de Saint-Cyprien 130 L et plus tard. . . , , 150 L
— de Montierneuf 130 L id 150 1.
— de la Celle 70 1-
— de Saint-Jean 15 1. puis 101. et à partir de 1572 5 1. L'aumônerie de Saint-Cyprien 100 1., puis 80 1. et. . . . 60 1.
— de Notre-Dame-la-Grande 50 1., puis 25 1.
et rien à partir de 1621. Plus lard 240 1.
— de Saint-Pierre-le-Grand 80 L, puis 25 1.
et rien à partir de 1621. Plus tard 180 1.
— de la Madeleine jusqu'en 1673. 20 1.
— de Saint-Mathurin 100 1., puis jusqu'en
— de la Verg-ne jusqu'en 1628 3 1.
— de Montierneuf 10 1,
— de Saint-Lazare, maison mise à ferme par
la ville .
— de Sainte-Radegonde 50 1.
— de Çhasseneuil 14 s.
— de Sainte-Marthe et de l'échevinage néant
— de Sainte-Noémaie, Tabouleau néant
L'abbesse de Sainte-Croix 60 L, et plus tard 30 1.
— de la Trinité 30 1. id 15 1.
Le 6 décembre 1344, les chanoines sont invités par le Conseil municipal, à faire venir devant eux certains bénéficiers, comme curés ou simples prêtres, ayant quelque fortune^ pour « les admonester de bailler chascun en leur regard et de leur facultez, certaine aulmosne par chaque sepmaine (1) ». Cette invitation ne paraît point, du reste, obtenir un grand succès.
La plus forte cotisation que les curés des paroisses sont appelés à verser volontairement est celle de 1561. Celui de Notre-Dame-la-Petite donne 6 1. 10 s. Après lui, viennent ceux de Saint-Germain et de Saint-Porchaire, avec 5 L cha-
(1) Reg. déL mun., no 26, p. 117.
cun. Leur confrère de Saint-Didier ne cotise que pour 4 1. Les autres ne dépassent point 52 s. et descendent même jusqu'à 20 s. (1). Le total de leurs aumônes n'atteint guère en moyenne que 63 1. 15 s. 4 d. En 1584, le résultat obtenu parla Dominicale est encore moindre, car les sommes perçues de la sorte ne varient qu'entre 10 et 20 s. Aussi peuton considérer que les titulaires des cures de Poitiers, possesseurs de petits revenus, ne participèrent point d'une façon bien sensible au soulagement des pauvres de la ville.
Un résultat semblable nous est donné, quand, en vertu de l'arrêt du présidial de 1562, des taxes sont mises sur le clergé des paroisses appartenant à la châtellenie de Poitiers ou sur ceux de ses membres qui peuvent y posséder des bénéfices. Il en est parmi eux qui refusent de les payer, comme le prieur de Mezeau, que l'on doit imposer en vertu de l'arrêt du 10 mai 1566.
En 1565 et 1566, nous trouvons la liste suivante de tous ceux qui payent ainsi des taxes (2).
Le Prieur de Mezeau 12 L
— de Vouneuil-sous-Biard 50 1. 6 s.
L'abbé de Bourgueil-en-V^allée, pour sa dîme dans la
paroisse de Jaulnay 60 L 12 s.
Le chapelain de la chapelle des Fuseaux dans l'église
Saint-Hilaire (arrêt du 23 juin 1566) 10 I.
Le prieur de Jaulnay (arrêt du 25 juin 1566) 20 1.
Le chapelain de la chapelle de Leurtault à Saint-Cybard 100 s.
— de Saint-André à Saint-Pierre 7 1.
— de la Madeleine à Saint-Pierre 40 s.
Dans les recettes de 1574, figurent d'autre part :
Le prieur de Ligugé 50 1 .
L'abbé de Fontaine-le-Comte 1001.
(1) Bibl. Poitiers, cart. :;3 et :i4. — (2) Bibl. Poitiers, cart. ^4.
L'abbé de Bourgueil-en-Vallée 40 1 .
— de Bonneveaux 100 1 .
— de Saint-Savin 2001.
Le prieur de Jaulnay 20 1 .
— de Vouneuil-sous-Biard 25 L 15 s.
— de la Barre 20 1.
Le grand prieur d'Aquitaine 30 1.
L'abbesse de Fontevrault, pour ses terres à Jaulnay. . . 40 1.
En 1585, l'abbaye de Fontaine-le-Gomte est imposée à raison de 45 1. par trimestre et celle de Saint-Benoît à 601. (1). Le prieur de Ligugé doit payer 18 1. Passé un délai de trois mois, la taxe sera augmentée s'il en est besoin et tous « à ce faire, contrainctz par emprisonnement de leurs personnes, saisie de leurs biens et toutes aultresvoyes duhes et raisonnables ». On agira de même à l'égard de leurs fermiers ou receveurs, qui resteront responsables des sommes à verser.
En 1596, ces taxes se renouvellent et d'autres membres du clergé figurent sur la liste de ceux qui doivent les payer pour le soulagement des pauvres de leurs paroisses ou de leurs domaines, venus à Poitiers dans le but d'implorer la charité de ses habitants. Nous trouvons, parmi beaucoup d'autres, déjà cités, les noms suivants :
Jean Chaillon, aumônier de Saint-Benoist 6 1.
Le prieur de Marçay 61.
— de Saint-Pierre-d'Aumagne, à Vouillé 21 1.
— de Château-Larcher 9 1.
Jehan Porthaise pour son abbaye 100 1.
Le grand prieur d'Aquitaine 100 1.
L'abbé du Pin 40 1.
— de Bourgueil-en-Vallée 30 1.
Le prieur de Vouneuil-sous-Biard 15 1.
(1) BibL Poitiers, cart. :)4.
L'abbé de Saint-Benoit 120 1.
Le prieur de Boruges 18 1.
Le trésorier de Saint-llilaire 75 l .
Le prieur de Moulières 30 1.
Le chapelain d'Anxaumont 6 1.
Gogourt, prieur de Ligugé 100 1.
Le commandeur de la Villedieu 50 1.
Le prieur de Gizay 24 1 .
— de Saint-Porchaire 12 1.
— de Saint-Denys de Jaulnay 20 1.
Toutes ces impositions faites en temps de peste ou de famine, sur les paroisses voisines de la ville, ne furent point d'un recouvrement facile. C'est ce qui se produisit, surtout au xvi" siècle, pendant les guerres du protestantisme, particulièrement funestes au clergé dont les biens n'échappèrent que rarement aux déprédations et au pillage de ses ennemis. D'un autre côté, certains grands dignitaires, souvent absents des postes qu'ils devaient occuper, abandonnèrent à des receveurs le soin de payer les sommes dues à la Dominicale. Ces derniers ne s'en acquittèrent qu'avec lenteur et parfois pas du tout. De là, desmenaces, des procès et des saisies qui se renouvelèrent trop souvent, dans l'histoire de l'assistance publique.
C'est ainsi que Tévêque de Poitiers, qui doit donner 10 1. par mois à la Dominicale, est en retard de 6 mois, en décembre 1535 (1). A la fin de 1544, il redoit encore 200 1. pour son année, et c'est avec le plus grand respect qu'on le prie de vouloir bien verser un acompte de 100 1. afin de pourvoir à l'aumône qui doit se faire le dimanche suivant (2). Ce haut dignitaire, qui est alors Claude de Longwy, cardinal de Givry, ne se préoccupe guère de celte
(l)Arcli. Ilôp. — (2) iJibl. Poitiers,cart. ^3, reg. 1,
timide invitation à payer ses dettes de charité. Henry de Sacquenay, son maître d'hôtel, reçoit l'ordre d'en prendre soin à sa place.
Le 7 mai 1547, désirant faire lever la saisie mise sur les biens de l'évêque qui ne paye plus les 400 livres annuelles dues aux pauvres, il vient notifier au maire son refus de donner les arrérages de cette somme. Le prétexte en est que les indigents n'ont jamais cessé de mendier par les rues et que les engagements pris pour les faire cesser n'ont point été exécutés. Toutefois, si, dans l'avenir, on veut bien interdire la mendicité, il est prêt à verser les 4001. comme d'habitude, mais des engagements réciproques seront pris par acte notarié.
Le maire, Nicolas Fumée, lui répond que, « par la stérilité des bledz et des fruictz », la Dominicale ne peut suffire à nourrir les pauvres venus « en grande affluence » de tous les côtés, ainsi que les nombreux malades des aumôneries. Les particuliers ont beaucoup donné et chacun « eslargy de ses biens charitablement », mais il est dû de grosses sommes aux médecins, chirurgiens, apothicaires, boulangers, bouchers et autres personnes (1) . « Le révérendissime évêque, durant led. temps de stérilité et famine, ne faict faire aulcunes aulmosnes en ceste ville de Poictiers ne aultre part de son evesché qui est affermé treize à quatorze mille livres » . 11 ne saurait donc se plaindre d'avoir à débourser 400 1. tr. pour sa part, tout en versant les 1000 1. d'arriéré, « actendu le grand revenu dud. evesque onquel ne réside aulcunement et ny faict aulcunes aulmosnes ». L'argent qu'il remettra sera reçu avec recon-
(l)Reg. dél. mun., no 28, pp. 184-185-186.
naissance par les habitants et par ceux qu'on pourra de la sorte secourir.
Celte invitation ;\ payer, faite sous une forme modérée mais très ferme, ne produit aucun résultat, car, le 16 juin 1550, il est encore question de saisir les biens du prélat. Toutefois, les échevins reculent devant celle extrémité et se décident « par honnesteté » à prier le Grand-vicaire d'avoir à payer, faute de quoi il en sera référé au procureur du roi (1). A partir de cette époque, les versements annuels se poursuivent avec régularité, pour cesser de nouveau en 1567. Le 23 décembre 1571, Pérusse d'Escarts est invité à se liquider de trois ans d'arrérages, soit 1800 1., à raison de 600 l.par an (2). Toutefois, il lui est permis d'échelonner ses paiements durant tout le cours de l'année.
Son successeur, Geoffroy de Saint-Belin, marche quelque peu sur ses traces. Le 7juilleH 585, il est prié de vouloir bien donner les 1.235 1. dues par lui à la Dominicale, faute dé quoi ses biens seront mis sous séquestre. Le 25 août suivant, tout en se reconnaissant débiteur de cette somme, il déclare que sa situation l'oblige à distribuer nombre d'aumônes particulières, et à supporter quantité de charges (3). De plus, son revenu étant inférieur à celui que possédait jadis l'évêque de Langres, sa taxe doit être réduite à 400 1. au lieu de 600. Comme garantie de paiement, il abandonne le revenu de sa terre de Sainte-Pezenne, près de Niort, affermée à Jehan Mestivier, marchand de cette ville. Sa proposition, acceptée par le bureau de la Communauté des pauvres, reste sans effet. En 1589, il est dit, dans le compte annuel du trésorier de la Dominicale :
(1) Reg. dél. mun., n» 31, p. 135. —(2) Bibl. Poitiers, cart. 33, reg. 4. — (3) Bibl. Poitiers, cart. 53 *'*, reg. 7.
« L'Evêque de Poictiers doibt par an a l'aulmosne, 400 1., laquelle somme il n'a payé qu'une année seulement, depuis qu'il est évesque (1)». Cette situation ne s'améliore point pendant les années suivantes.
Le 5 mai 1591, étant invité à verser les arrérages de sa taxe, ou, tout au moins, le montant du dernier mois, il se décide adonner 300 1. (2). Le 5 janvier 1595, ses biens sont encore une fois saisis et deux échevins vont, le 25 suivant, « lui présenter l'urgente nécessité des pauvres et le prier de donner quelques deniers en déduction de sa taxe de Vannée (3) ». A partir de cette époque aucun reproche ne lui est adressé.
En 1629,révêque Louis-Henry Ghasteigner de la Roche- Posay trouve que le clergé cotise pour plus que sa part à la Dominicale. Un procès fort long, dont il sera parlé plus loin-, s'engage entre lui et la mairie. Il prétend que les ecclésiastiques, moins nombreux que les laïcs, ne doivent payer qu'un tiers des sommes levées en faveur des pauvres. Aux attaques violentes qu'il adresse à la municipalité, le maire répond que lui et son chapitre ont plus de 60.000 l. de revenu par an, tandis que les habitants, tout au moins, eut-il dû ajouter^ ceux qui payent les taxes, sont pauvres (4). Malgré ce procès, qui dura pendant de longues années, nous voyons l'évêque nourrir à ses frais, en 1631 , près de 300 familles,soit plus de 1000 à 1 .200 personnes demeurant dans les paroisses voisines de sa résidence. Plus tard, quand il arrive à s'entendre avec les maires, lui et ses successeurs continuent assez régulièrement jusqu'à la Révolution leur versement annuel de 400 1. à la Communauté des Pauvres.
(1) Bibl. Poitiers, cart. 53 <"«, reg. 7. — (2) BibL Poitiers, cart. 43 ^^«, reg. 9. — (3) Bibl. Poitiers, cart. 53 '"•', reg. 9. — (4) Bibl. Poitiers, cart. 53 '"^ reg. 9.
JUSQl'A L'AN V 267
Le clergé marche souvent, surtout au xvi* siècle, sur les traces desesévèques. Les mêmes causes font que son revenu reste parfois insuffisant pour faire face à tous ses besoins et à tous ses engagements (1). En outre, il ne paraît point supporter sans impatience cette taxe perpétuelle mise, en 1535, sur ses bénéfices. Les raisons qu'il invoque afin de ne pas la payer ne sont ni nombreuses ni variées. La première et la plus importante consiste à faire valoir l'obligation qui lui incombe de venir au secours de ses pauvres, et en conséquence de délaisser ceux de la Dominicale (2). Il entend savoir comment se distribuent les aumônes, avant d'y contribuer (3). A l'occasion^ on le voit se plaindre d'être incessamment poursuivi par les juges du présidial et autres « qui font saisir son temporel hors le ressort de la court et le font consommer en fraiz » .
Toutes ces vexations l'empêchent d'effectuer ses versements habituels. Dans des cas semblables,il serait préférable, à son avis, de saisir le montant des décimes perçus en dehors de Poitiers (4). En 1547 et 1550, le chapitre de Saint-
(1) Déjà le 25 janvier lo9o, les chapitres avaient refusé de payer les arréi-ages de trois années, sous prétexte qu'ils n'avaient pas eu «. la jouissance notoyre de leurs fruictz, pendant les derniers troubles ». (Bibl. Poitiers, cart. 53 *»^ reg. 8 et 9.) — (2) Bibl. Poitiers, cart. 53 *'■', reg. 1. — C'est ainsi qu'en 4536 le chapitre de Sainte-Radegonde subvenait seul aux besoins des pauvres de sa paroisse (Arch. Vienne, G. 1595). — (3) Reg. dél. mun., n* 25, p. 278. — (4) Bibl. Poitiers, cart. 53 ^''«, reg.1,9 et 11 ; — cart. 53, reg.3,5,6 ; — reg. dél. mun., no 20, p. 753 ; — no 28, pp. 133, 134, 141. —En 1594, les restes dus depuis 1588 sont, pour le chapitre de Saint-Pierre, 540 1., de Saint- Hilaire 11341., de Sainte-Radegonde,422 1., deSaint-Pierre-le-Puellier, 66 I.— L'abbé de Saint-Cyprien doit 637 1. 10 s., l'abbé de Montierneuf, 504 1. ; l'abbé de la Celle, 137 1. 10 s. ; l'abbé de Saint-Jean, 35 1. ; le prieur de Saint-Nicolas, 50 1. ; le prieur de Saint-Porchaire, 24 1.; le prieur de Saint-Paul, 7 1. 10 s.; le prieur de Saint-Denys, 193 1., etc., etc.— C'est l'époque où la ville de Poitiers, entièrement isolée de la province, se trouve entourée des bandes protestantes qui battent le i)ays (Bibl. Poitiers, cart. 49j.
Hilaire déclare n'avoir point pensé à la taxe des pauvres, mais il en délibérera plus tard (1). Inutile d'ajouter qu'une telle indifférence est toujours suivie de menaces, de saisies ou de poursuites, de la part du bureau de la Dominicale ou de l'échevinage. Elles n'ont généralement point le don d'émouvoir outre mesure nos bons chanoines, qui se cotisent entre eux pour se libérer des sommes imposées à leur église. Aussi, chacun d'eux ne doit-il en débourser annuellement qu'une assez minime partie pour sa quote-part.
Les abbés invoquent des raisons analogues pour ne point payer. Celui de Saint-Cyprien déclare, le 18 novembre 1546, qu'il distribuera ses aumônes à la porte de son abbaye, aux pauvres les plus proches qui la méritent, « comme ses moines et lui ont l'habitude de faire (2) >». En 1571, il refuse de verser sa taxe, tant que la ville ne lui aura pas remboursé les pierres de taille et les charpentes prises dans son monastère, pour réparer les portes et les ponts de Saint-Cyprien et de Pont-Joubert. Une telle prétention ne doit regarder que la municipalité, et non la Communauté des pauvres. Cependant, cette dernière s'adresse à sa bonne volonté et le prie de vouloir bien donner « à sa discrétion (3)». Pourtant, le 18 septembre 1587, ayant offert de verser 30 1, au lieu des 40 1. qu'il doit par trimestre, cette réduction lui est refusée avec menaces de poursuites (4). De son côté, l'abbé de Nouaillé, taxé, en 1597, à la somme de 300 1., déclare qu'il cessera de donner à la porte de son abbaye si l'on exige de lui une pareille somme (5). Inutile d'ajouter que certains, parmi
(1) Bibl. Poitiers, cart. 53 *'«, reg. 9. — (2) Reg. dél. mun., no 28, p. 61. — (3) Bihl. Poitiers, cart. 53, reg. 3.- (4) Reg. dél. mun., no 47, p. 125. — (5) Arch. Vienne, reg. 221.
eux, comme d'ailleurs les abbesses de Sainte-Croix et de la Trinité, sont souvent en procès avec le bureau des Pauvres qui tait mettre leurs revenus sous séquestre (1). C'est pour lui le seul moyen possible d'obtenir régulièrement les fonds nécessaires aux besoins de ses indigents.
Les membres du clergé inférieur, moins riches que les autres, et par conséquent bien moins taxés, ne montrent pas toujours un très grand empressement à payer ce qu'ils doivent. En 1572, Pierre Fouquet, curé de Notre-Dame-la- Petite, refuse de donner 7 1. 10 s. par an. Il trouve d'abord que la somme de 48 s. est suffisante, puis finalement propose seulement 20 s. (2). Le 31 décembre 1589, le prieur de Saint-Paul est en retard de neuf années pour sa taxe de 100 s. (3). Tous les autres sont dans la même situation, et seul celui de Saint-Didier n'est redevable que de 4 termes échus(4). En général, ils ne paraissent point posséder un désir bien ardent de venir au secours des indigents,, car, au xvii^ siècle, la plupart d'entre eux cessent d'une façon absolue et définitive de verser ce qu'ils doivent.
Les simples curés sont imposés d'abord par intermittence et selon les besoins. On ne les oblige à payer régulièrement des taxes qu'à partir de 1575. Grâce à la modicité des revenus qu'ils possèdent, la Dominicale leur accorde une grande latitude pour les paiements qu'ils ont à faire. Ainsi, le 24 juillet 1583, il est dit au Bureau qu'ils en restèrent jadis déchargés « parce que la nécessité fut telle qu'on la cognoist «.Invités de nouveau à donner quelque chose, un seul dépose 20 s. tandis que les autres
(1) Bibl. Poitiers, cart. 53, reg. 3-4 ; cart, 53 '"'«, reg. 1-8, cart. 54 ; leg. dél. muD., n» 27, pp. 11-34-112; ici., n" 28, p. 180.— (2) Bibl. Poitiers, cart. o3, reg. 3. — (3) Bibl. Poitiers, cart. 53 <-", reg. 8. — (4) Bibl. Poitiers, cart. 53*'», reg. 9.
s'évertuent à réclamer des rabais qui ne leur sont point accordés (1). Tous, selon l'habitude, ne manquent pas d'être poursuivis devant le Présidial. A partir de cette époque, leurs noms ne figurent que dans des occasions exceptionnelles, sur la liste de ceux qui sont imposés pour les besoins des pauvres.
Nous ne parlerons pas de nouveau des aumôniers, ni des commissaires chargés, à l'occasion, d'administrer judiciairement leurs bénéfices. Les uns elles autres ne se font point faute de négliger les versements qu'ils sont tenus de faire à la Dominicale. Enfin, le Grand Prieur d'Aquitaine veut bien, à l'occasion, accorder « un don gratuit, encore qu'il ne soit taxable aux pauvres, sans tirer à conséquence ». En 1584, son receveur refuse de verser les 122 1. qu'on lui demande. Il offre seulement 36 1. qui sont acceptées (2). Généralement, ceux qui occupent cette haute fonction dans l'ordre de Malte se montrent vraiment charitables envers les habitants de Poitiers. Au reste, l'un d'eux en fournit, au xviif siècle, une preuve éclatante, quand ilfonda et construisit l'hospice des Incurables.
Si, comme dit le maire de Poitiers, le 31 janvier 1547, « les gens d'église, chapitres, bénéficiers, doivent donner aux pauvres comme font les laiz, quoique chargés de femmes et enfans », il n'en est pas moins vrai que les subsides qu'ils versent avec beaucoup plus de régularité et de persévérance que les laïcs aident puissamment la Dominicale et l'Hôtel-Dieu à subsister jusqu'à la Révolution. Leurs taxes annuelles constituent un revenu solide et à peu près invariable, surtout à. partir du milieu du xvii*^ siècle.
(1) Bibl. Poitiers, cart. !J3, rcg. 4. — (2) Bibl. Poitiers, cart. 53, i-eg. 4.
Il permet de venir efficacement au secours des indigents de la ville, car les ressources tirées simplement de l'aumône restent toujours incertaines, surtout au moment des grandes calamités.