‹ L'assistance publique à Poitiers jusqu'à l'an v (volume 2)Chapitre 19 sur 34 · CHAPITRE II L'Assistance à domicile · texte numérisé non relu

CHAPITRE II L'Assistance à domicile

Deuxième période (1657-1789). — Troisième période

L'ouverture de l'hôpital général, en septembre 1657, semble, en principe, devoir modifier, sinon arrêter l'action de la Dominicale en ce qui concerne l'assistance à domicile. Son rôle doit consister en principe à recueillir seulement les malades et les enfants abandonnés, à l'Hôtel-Dieu. En réalité, il n'en est point ainsi et ses traditions, vieilles de plus d'un siècle, ne disparaissent point si rapidement.

Comme nous verrons plus loin, les indigents préfèrent de beaucoup être assistés chez eux que de se sentir prisonniers dans un hôpital. Le 6 janvier 1659, la Dominicale se trouve dans l'obligation de refuser ses secours aux pauvres valides et de ne les accorder qu'aux seuls malades (1). Le 2 mars suivant, elle revient encore sur cette prescription, car nombre de gens se font encore inscrire, sans aucun droit, sur ses rôles. C'est alors qu'elle se décide à prendre l'arrêté suivant :

Art. I. — Les pauvres valides au dessus de l'aage de 10 ans et vieilles gens caducqz, lesquelz par l'établissement de l'hôtel des renfermés y doibvent estre reçus, ne seront mis au roollc des pau-

(1) Bibl. Poit., cart. t;3 6is, reg. 11.

L'ASSISTANCE PUBLIQUE A POITIERS JUSQU'A L'AN V 3ri9

vres de la dominicalle. Que les en fans exposés seront mis au roolle, procès-verbal et informations faites de l'exposition.

Art. II. — Comme aussy les enfans demeurés sans père ni mère au dessoubz de l'aage de dix ans, inquisition faicte de leur pauvreté et qu'il/, n'ont aucuns parens quy puissent contribuer à leur nourriture.

Art. III. — Et quant aux pauvres malades, seront reçeus à l'Aumosnerie de Nostre-Dame, après avoir esté visittés par le chirurgien d'icelle et en cas qu'ilz se trouveroient avoir quelque maladie communiquable, qui les rende non recepvables en lad. aulmosnorie, ilz seront mis au roolle des pauvres.

Art. IV. — Aucun desd. dessus, ne sera mis au roolle des pauvres que sur sa requeste présentée au conseil de la Dominicalle avec un certificat des curés et fabriqueurs et après inquisition sommaire de leur pauvreté par ceux qui seront à ce commis par led. conseil, aultres que les raporteurs.

Cette ordonnance, grâce au nombre trop considérable des indigents, ne peut être sérieusement exécutée. Le 14 septembre 1660, les administrateurs de l'iiôpital général, se trouvant dans l'impossibilité delesnourrir tous, s'empressent de prier la Dominicale de vouloir bien en inscrire une certaine quantité à l'aumône générale (1). C'est ce qui a lieu et des secours sont accordés pendant de longues années aux vieillards impotents, aux veufs ou veuves ayant de 1 à 5 ou 6 enfans. Ces aumônes varient de 2 1. à 6 1. par trimestre. La moyenne générale en est de 3 1. Des malades figurent également sur la liste des 125 personnes secourues, en 1675.

A partir de cette date, les secours accordés aux pauvres valides diminuent graduellement chaque année, pour cesser à peu près complètement, en 1725, au moment de la création d'un dépôt de mendicité à l'hôpital général. Cependant, il arrive parfois, mais pas tous les ans, que de petites sommes sont attribuées à quelques vieillards et à quelques femmes

(i) Bibl. Poitiers, cart. 53 /jjs, reg. H.

chargées d'enfants en bas-àge (1). Elles varient d'abord de 3à 6 I.pour se maintenir^ à partir de 1760, à 12 1. et même à 20 1. une fois données.

Si, en temps ordinaire, l'hôpital général peut suffire, tant bien que mal à loger et nourrir les pauvres, la situation change quand arrivent des famines. Le 27 février 1662, le maire constate qu'en outre de ceux qu'il renferme on en compte plus de 1200 qui mendient dans la ville. Elle devient le rendez-vous de tout ce qu'il y a « d'infect et de misérable dans cinq ou six provinces •) . Les auteurs de cette misère « sont les fuseliers qui, sous prétexte de faire payer la taille, exercent un tel brigandage qu'ils ne sortent plus d'aucun bourg n'y paroisse sans y avoir faict plusieurs pauvres (2) ». Le 2 mars suivant, il est décidé que l'on fera distribuer des billets aux indigents qui devront les présenter aux personnes chargées de les nourrir. Elles seront tenues de leur donner 30 onces de pain ou 3 s. au choix de celui qui fera la charité. Quelques années plus tard, en 1678, les mêmes dispositions sont prises (3). Le 7 mai, le chapitre de Sainte-Radegonde en a

(1) Arch. Hôp., Le 28 septembre 1787, la veuve Texereau reçoit de l'Hôtel-Dieu 18 1. de pain « de sa fleur » jusqu'à concurrence de 40 demi pains. — (2) Reg. dél-. mun., no 112, pp. 132, 134, 135, 142. Le maire Pierre Fournier, s'de Monscles « s'échauffa à soulager les pauvres et mourut au bout de quelques jours », d'après Bobinet. Bibl. Poitiers, ms.,no347, p. 1341. — (3) L'évèiiue en a 100. Le chapitre Saint- Pierre 50. Saint-Hilaire, 90. Sainte-Radegonde, 40. Notre-Dame-la- Grande, 20.Saint-Pierre-le-Puellier, 20. L'abbaye de Sainte-Croix, 30. La Trinité, 40. Les religieuses de Notre-Dame, 20. De Sainte-Catherine, 12. De la Visitation. 10. Les Carmélites, G. L'abbaye de Montierneut', 30. L'abbé de la Celle, 10. Le Prieur de Saint-Nicolas, 8. Le Prieur de Saint-Porchaire, 4. L'aumônier de Saint-Mathurin, 2. L'aumônier de Sainte-Radegonde, 1. Les R. P. Jésuites, 40. Les Bénédictins de Saint- Cyprien,i;i. Les religieux de la Celle, 10. (Arch. Vienne, U'^ 18). D'après le journal de Denesde,il y eut 2.000 indigents à nourrir depuis le 20 mai"s jusqu'au 24 juin suivant. [Arch. hist. du Poitou, t. XV).

54 pour sa part, auxquels il délivre à chacun 1 1. et demie de pain valant 11 d. la livre (^1). Cette dépense estintégralement partagée entre tous les chanoines.

Le 8 décembre 1684, le maire déclare au Conseil que 320 pauvres restent complètement à la charge de la ville. Une moitié sera nourrie par l'évêque et son clergé et l'autre par les laïcs (2). Tout indigent recevra, comme d'habitude, un billet lui indiquant le nom de celui qui devra le secourir et lui procurer par jour une livre et demie de pain « entre bis et blanc ».

En 1693,ilssontpresque tous envoyés à l'hôpital des pestiférés, mais ceux qui n'y trouvent pas de place reçoivent encore une fois des billets pour obliger les riches à les nourrir, en leur délivrant une livre de pain environ, chaque jour (3). lien est de même pendant l'hiver de 1709-1710, qui fut tellement rigoureux que les arbres les plus durs, ainsi que les vignes et les céréales, furent détruits par la gelée (4). Les rhendiants réfugiés dans les faubourgs y périrent de misère sous « la roche du Communault (5) ». Le curé de Saint-Saturnin nous raconte qu'il perdit 61 de ses paroissiens « sans y comprendre plus de 20 pauvres et les enfants inconnus au nombre de 30 » .En 1713, la Mairie se voit, dans une pareille circonstance, obligée d'interdire l'entrée de la ville aux paysans des villages voisins.

En décembre 1721, les nécessiteux sont encore en très grand nombre (6). Pour venir à leur secours, l'Intendant propose le doublement des octrois, mesure qui peut atteindre tous les habitants; sans distinction, mais qu'ils s'em-

(i) Arch. Vienne, G. 1G09. — (2) Reg. dél. mun., n° 129, p. 59. — (3) Bibl. Poitiers, m?. n° 347. —(4) Ici., Arch. Vienne, G. 557. — (5) Reg. paroiss., no* 218 et 250. Reg. dél. mun., n° 133, — (6) Reg. dél. mun., no 140.

pressent de ne point accepter, comme nous avons déjà dit, Le 19 décembre 1738, la misère étant extrême, l'Intendant accompagné des délégués des Compagnies et communautés serend chez révêque,dansle but d'aviser aux moyens propres à la combattre. Il est constaté que les laïcs ont versé 3413 1. et le clergé 3706 1.10 s. On se décide alors à mettre les mendiants et les vagabonds à l'hôpital général. Chaque mois, le secrétaire devra distribuer en cinq fois la somme de 3.000 1. aux pauvres honteux, d'après une liste dressée par les curés, assistés des notables de chaque paroisse. Le receveur des tailles aura l'emploi de trésorier. Un conseiller au présidial et un chanoine seront adjoints aux administrateurs ordinaires de la Dominicale (1). On prélèvera tout d'abord. 1000 l. pour fournir des paillasses, draps et couvertures aux indigents. Enfin, tous les mois, le compte des dépenses devra être contrôlé et arrêté.

L'année suivante fut également fort malheureuse, au dire du curé de Saint-Saturnin-les-Poictiers (2). Les blés montèrent des à prix fort élevés et, de plus, une maladie qu'il appelle le « flux de sang » vint désoler la province et entraîner la mort d'un grand nombre de ses habitants.

Même misère en 1770 et 1786. Pour éviter la famine, l'Intendant interdit l'exportation du blé tant par le port de Marans que par ceux des côtes l'Aunis ou de la Saintonge (3). Pendant cette famine, beaucoup de personnes succombent encore dans le Poitou.

En résumé, au cours de cette seconde période, le rôle de la Dominicale et celui de la Mairie passent graduellement au second plan, aussi bien en temps ordinaire qu'au mo-

(i) Arch. Vienne, C. 851. — (2) Reg. paroiss. Sainl-Salurnin, no 219 — (3) Reg. dél. mun., nos 183 et 191.

raent des grandes famines ou des grandes épidémies. Les Intendants, dont l'autorité devient prépondérante, finissent par les remplacer. Tout d'abord, ils s'arrêtent aux mesures déjà prises dans le passé, et font taxer comme à l'ordinaire le clergé et les laïcs. Plus tard, à la veille de la Révolution, ils ont recours à des moyens d'un ordre plur? général en interdisant l'exportation des blés (1). Cette mesure sur laquelle ils fondent tant d'espérance a pour résultat de surexciter les esprits dans les campagnes, et d'arrêter parfois l'approvisionnement de la ville.

Les aumônes distribuées à domicile cessèrent à peu près complètement au début du xviii® siècle. Ce fut un malheur pour nombre d'indigents peu soucieux d'abandonner, même temporairement, leurs familles pour aller à l'hôpital général (2). Aucune institution charitable ne vint pendant tout ce temps remplacer complètement la Dominicale. La mendicité étant pourchassée sévèrement et les miséreux ne recevant plus assez d'aumônes n'osaient tendre la main au public. Il en résultait pour eux cette dure perspective, qui consistait à choisir entre deux prisons: l'hôpital général ou le dépôt de mendicité. C'est dire que le service de l'assistance publique à Poitiers présenta une véritable lacune pendant la plus grande partie du xviii^ siècle. Les différents bureaux de charité ouverts en temps de famine n'eurent qu'une existence éphémère et laissèrent après

(1) Marquis de Roux, la Révolution à Poitiers et dans la Vienne. {Mém. Soc. Ant. Ouest, t. IV, 3e série.) — ^2) Les 6, 13 et 30 mars 1788, les Affiches du Poitou exposent le plan de Bouchet d'Argis dans le but de créer à Paris une société de bienfaisance.il engage les Poitevins à suivre cet exemple. Le 25 décembre suivant un abonné de ce journa offre 3 1. et le curé de Saint-Didier pareille somme pour fonder une société philanthropique. Malheureusement, leur appel n'est point entendu. (Aff. du Poitou, 1788, pp. 37, 41,205.)

leur disparition nombre de personnes dans le besoin.

L'année 1789 débute dans des conditions absolument déplorables. Les récoltes ayant été mauvaises, le blé atteint, en janvier, le prix de 2 1. 10 s. le boisseau pour monter ensuite à 3 1. Aussi, les journaliers et les manœuvres dont le salaire n'est que de 12 à 15 s. par jour sont-ils dans l'impossibilité de gagner leur vie et celle de leur famille (1), Le 2 janvier, sur une convocation faite par l'évêque et l'Intendant, toutes les compagnies et corporations sont invitées à désigner des délégués dans le but de former un bureau de charité. Le lendemain on les nomme et le 4, la nouvelle institution commence à fonctionner. La ville est divisée en quatre quartiers, comme au début de la Dominicale, et dans chacun d'eux des personnes notables sont chargées de s'occuper des pauvres.

Le but que les habitants de Poitiers se proposent d'atteindre est toujours le même : proscrire la mendicité, en procurant du travail aux indigents valides, soit dans les manufactures, soit chez des particuliers, ou bien encore, en dirigeant sur les ateliers de charité ceux qui ne sont point aptes aux besognes sédentaires. Seuls, les invalides recevront des secours pour eux et leurs familles. On estime que la moitié des indigents peut travailler et gagner assez pour se nourrir, mais, par malheur, il en est beaucoup trop parmi eux qui abusent de la charité publique et accaparent la plus grande partie des aumônes (2). Malgré tout, avec la nouvelle organisation, il est possible de les secourir

(1) Ueg. dél, mun.,!!» 194. — (2) Affiches du Poitou, année 1789, pp. 6 à 23.

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à moitié frais, comme l'ont constaté les villes de Bourges, Amiens, Issoudun, Le Mans et Montmorillon.

Le 11, l'assemblée générale décide que tous les souscripteurs auront le droit de faire partie du Bureau. Les administrateurs seront de trois catégories.

r les administrateurs nés ou de droit; 2*^ les administrateurs perpétuels ; 3° ceux qui seront désignés ou élus par les souscripteurs.

Aussitôt établi, le Bureau commence à recueillir l'argent versé par toutes les corporations de la ville. Du 2 janvier 1789 jusqu'au 17 mai suivant, il encaisse une somme de 18.998 l. 6 s. 3 d., qui, avec celle de 2.001 1. donnée par la Dominicale, lui permet d'avoir à sa disposition 20.999 1. 6 s. 3d. (l).Il est distribué 20.0701. 10 s. H d., somme nécessaire pour attendre la nouvelle récolte.

Le 23 janvier 1790, les Affiches du Poitou constatent que l'effort des habitants fait en vue de secourir les pauvres a été plutôt faible. En examinant les comptes du Bureau de charité, on est surpris de trouver que les particuliers ont peu donné. De plus, ils ne vinrent guère aux assemblées des quartiers dont les curés étaient membres nés. Beaucoup de gens charitables donnèrent à leur porte, encourageant de la sorte la continuation de la mendicité. Enfîn, l'article se termine en demandant que l'on publie désormais les noms de ceux qui se montreront les plus généreux, car faire

(1) L"évêque donne 1100 I. L'Intendant, 1800 1. Le maii^e, 600 1. Le chapitre Saint-Hilaire, 600 1. Lechapitre de Saint-Pierre, GOOl. Le Présidial, 600. Le Bureau des finances, 1200. La Chambre ecclésiastique, 1200 L Les -Notaires, 150 1. Les entrepreneurs, 72 1. Les procureurs, 300 \. Les avocats, 300 1. Les. juges consuls, IbOl. Les chirurgiens, 50 1. Les drapiers, 120 1. Les apothicaires, 30 1. Les épiciers, 120 1. Les menuisiers, 24 1. Les tailleurs, 72 1., etc. (Arch. Vienne, W' 18).

l'aumône en secret c'est favoriser l'avarice (1). Elle doit avoir lieu « sans orgueil, sans vanité, mais publiquement, pour se conformer à l'Evangile et à l'intérêt public».

Pendant l'année 1790, les errements du passé recommencent et l'organisation de la charité en vue de combattre la famine, cause de plusieurs émeutes, n'acomme d'habitude qu'une existence éphémère. Des aumônes particulières sont encore distribuées par la municipalité et par la Dominicale, mais elles se font de plus en plus rares (2). Aussi n'est-il guère question pour le moment de l'assistance à domicile.

A partir de 1791,1a mairie va s'en préoccuper d'une façon à peu près constante. Les hôpitaux sont au début des années de misère qu'ils vont désormais traverser, et, par conséquent, dans l'impossibilité de venir en aide aux pauvres du dehors. Ces derniers semblent fort nombreux, si nous en croyons un état dressé cette même année pour ceux qui habitent la ville et sa banlieue. On y trouve les indications suivantes :

Population 22.257 habit.

Feux 2 . 736

Ind vidus ne payant aucune taxe 600

Individus payant 1 ou 2 journées de travail. 200

Vieillards hors d'état de travailler 80

Infirmes 70

Enfants pauvres au-dessous de ii ans, hors

d'état de travailler 600

Malades, année commune 600

(1) Aff. du Poitou, année 1790, p. 76. Le 8 octobre de celte même année, ce journal propose d'étabhr à l'aide d'une souscription des magasins de hié, scus la direction des officiers municipaux. (id.,p. 161.) — (2) Reg. dél. mun., no 197. Cette même année, le député Ingrand publie un projet d'assistance publique dans lequel il préconise l'installation d'un Bureau de bienfaisance dans chaque paroisse. Les propriétaires lui donneraient une part du superllu des blés qu'ils récolteraient. (ChàlcJieiault. J.-B. Gumbert, 1790, in-<So.)

Montant des fonds de charité néant

Fonds des Hùtels-Dieu et hôpitaux 36.000 1.

Nombre de mendiants et vagabonds ISO

Après avoir estimé à 6.000 le total des indigents, ce qui nous paraît excessif, la note ajoute que la ville n'a aucun commerce et que ses habitants ne vivent que par les consommations du clergé, des niaisons religieuses et du présidial, le plus étendu du royaume (1). Fort heureusement la plupart des pauvres sont employés aux travaux de charité, ce qui leur permet de gagner assez pour arriver à se nourrir.

Pendant toute l'année, il est versé 300 1. au boulanger Deméocq, chargé d'acheter de la farine et de fabriquer le pain nécessaire aux assistés (2). Les passants qui viennent de Paris touchent, en vertu d'une délibération municipale, prise depuis deux ans, une indemnité de 3 s. par lieue. En 179i , il est versé pour cette cause 5J 1. contre 87 1. l'année précédente (3). Le commis de l'Hôtel de ville est chargé de ces distributions.

En somme, la mairie seule donne encore des aumônes. Elles sont réparties comme d'habitude entre ceux qui ont des enfants en bas-âge (4). Seulement, c'est du pain qu'ils ont l'habitude de recevoir (5). Nous trouvons 76 indigents auxquels on accorde chaque semaine, pendant 3 mois et jamais plus, un demi « pain sa fleur » à lo s., ou encore un entier à 1 1. 10 s. (6). Cette façon d'agir se continue en 1792. Le 14 juin, les officiers municipaux déclarent qu'il

(1) Arch. Vienne, L. 2G3. —(2) /(/., L. 88. — (3) kl., L. 87. — (4) Le :> mars 1791, le Directoire du département écrit au Comité pour l'extinction de la mendicité que des secours sont donnés à 600 enfants pauvres dans la Vienne. — (.^) Le ,27 mars, elle leur fait donner en sa présence 22 1. (Arch. Vienne, L. 86). —(6) Arch. Vienne, L. 87.

368 L'ASSISTANCE PUBLIQUE A FOITIERS

n'est délivré des secours aux nécessiteux que sur les certificats de leurs curés (1). En résumé, rien n'est encore modifié aux anciennes coutumes du passé.

L'année 1793 débute par un acte de bienfaisance de la mairie qui fait changer le 1"" janvier un assignat de 50 1. pour des gros sous, afin de les distribuer à ceux qui se présenteront (2), Quelques jours plus tard, Guyot de Folleville, le futur évêque d'Agra des armées Vendéennes, propose au club des jacobins la création d'un Bureau de charité. Le 24 janvier, celte assemblé présente en outre à la municipalité un rapport pour demander l'extinction de la mendicité (3). Le 8 février, après examen de la question, le Conseil décide que le Bureau comprendra 9 membres pris dans chacune des sections de la ville. Un commissaire, « choisi parmi les citoyens dignes d'un tel emploi », en aura la présidence (4). Devant être ainsi composé, on procède immédiatement à sa formation.

Les décrets des 19-24 mars 1793 et autres concernant l'organisation générale des secours publics ne semblent pas tout d'abord avoir produit un grand effet à Poitiers. Nous voyons encore distribuer, jusqu'à la fin de l'année, des pains et des aumônes en argent qui varient depuis 1 ou 2 1. jusqu'à 20 L, 48 1. et même 100 1. (5). Les passants reçoivent toujours leurs 3 s. pour acheter ce dont ils ont besoin.

Le 28 frimaire an II, on organise, à la mairie, le Comité de bienfaisance avec^ comme délégués, Brocquereau et Ser-

(1) Reg. dél. mun., 11° 200. Du 10 novembre 1792 au 20 novembre 179!^ il est payé 52 L 3 s. C d. pour le pain distribué aux indigents. (Arch. Vienne, L. 87.) — (2) Reg. dél. mun. Période interméd. Heg. n" 3, p. 20 yo. — (3) Id., no 3. — (4) Reg. dél. mun. Période interméd. Reg. no 3, p. 49. — (y) Arch. Vienne, L. 88.

vant {{). Des dons en argent sont distribués aux femmes et enfants dans la misère (2). Ils se montent généralement à 0 1, par personne. Une délibération du 14 floréal suivant vient déclarer qu'on ne donnera désormais qu'à ceux dont les infirmités et les principes révolutionnaires seront connus (3). C'est la seule fois que nous ayons rencontré cette dernière et malheureuse restriction.

Le 28 messidor an 11^ la municipalité charge deux commissaires de dresser la liste des pauvres (4). Le 1" frimaire an III, le nombre de ces derniers atteint 138. On les inscrit au budget pour la somme de 1 .956 l . 8s. 9 d . (5). Après une nouvelle vérification des listes, faite le 24 ventôse suivant, des secours sont remis aux femmes et aux enfants. Ils varient entre 10 1., 15 l., 20 L, 25 1. et 30 L, pour atteindre 50 et même 100 l. (6). Des blés saisis en l'an II ayant été vendus pour 328 1., cette somme est entièrement distribuée aux indigents.

Le trésorier de la mairie, dans ses comptes, allant du 8 thermidor an II au 28 vendémiaire an III^ déclare avoir versé 818 1. 10 s. aux pauvres (7). Cet argent provient, pour 418 1. 10 s.^ du produit d'une représentation donnée à leur profit, par la comtesse Dangerville, directrice de la Comédie. Le reste, soit 400 1., est une aumône du comte Caillaud-Taiilis.

Pendant toute la durée de Tan IV, nous ne trouvons plus de documents poitevins concernant l'assistance à domicile. Fut-elle, conformément aux divers décrets de 1793 et à la circulaire du 25 pluviôse an IV, à la charge de la nation,

(1) Reg. dél. mun. Période interméd. Reg. n° ii, p. o6. — (2) Id., pp. 22, 41 V», 176, 243 v», 2i4 vo, etc. — (3) Reg. dél. Hôtel-Dieu. — (4)/d., pp. 207 v«, 208 vo. — (o) Id., n" 6, p. 58 vo. — (6) Arch. Vienne, L. H'J. — (7) Id.

OU des commissions de charité, établies par la mairie? Il a été impossible de nous en assurer faute de preuves certaines. En tous cas, il est probable que, pendant cette année de misère, on dut venir en aide aux pauvres de différents côtés. De toute façon, la situation ne tarda point à se modifier en vertu de la loi du 7 frimaire an V (1). Le 8 nivôse suivant, la mairie établit un Bureau de bienfaisance, composé de 5 membres, et les secours à domicile furent assurés comme jadis aux indigents.

En dehors de ses propres assistés, la ville se voit, par suite des guerres de la Révolution, dans l'obligation de prendre certains pauvres à sa charge. Ce sont, d'abord, les femmes et les enfants des volontaires de 1792, puis les familles des soldats appelés lors de la levée en masse de 1793. Nous ne parlerons pas des décrets des 26 novembre 17^2, 4 mai^ 4 juin, 29 juillet, 10 août 1793 et autres du même genre qui ont trait aux secours que l'Etat doit leur accorder. Ils appartiennent à l'histoire générale de l'époque et n'offrent rien de particulier en ce qui concerne Poitiers (2). Nous allons simplement examiner les mesures toutes locales prises spécialement en faveur des habitants dont lessoutiens naturels partirent, volontairement ounon, sous les drapeaux.

Les volontaires du l^"^ Bataillon de la Vienne, levé en novembre 1791, ne durent point laisser beaucoup de misère après leur départ, car il n'est point question de venir en aide aux femmes ou enfants qu'ils abandonnèrent. Il n'en n'est pas de même pour le second, formé en vertu de la loi

(1) Reg. dél.mun. Période interméd. Reg. n» 7, p. 139 v°. — (2) Bloch (Camille), Recueil des principaux textes législatifs et administratifs concernant l'Assistance de 1789 à l'an VIII. Commission do, recherche et de publication des documents relatifs à la vie économique de la Révolution (1908, nos 3 et 4).

du 22 juillet !792. Le 28 août suivant,la commune se décide à constituer une caisse spéciale de secours. On recueille de nombreuses souscriptions et plusieurs personnes s'inscrivent pour faire des versements ultérieurs (l). Malheureusement, elles ne tiennent point fidèlement leurs promesses, car, le 28 décembre, le maire est obligé de les inviter à donner un peu d'argent, faute de quoi les malheureux ne pourront recevoir aucune nourriture.

La caisse fonctionne cependant assez régulièrement, car elle permet de distribuer un pain ou un demi-pain par semaine aux familles nécessiteuses. Elle permet également de leur verser tous les mois des sommes allant depuis 1 à 2 1. jusqu'à 10 ou 12 l. La moyenne générale de ces subventions reste entre 7 et 9 1.

L'évêque constitutionnel Manteau donne 1001., le 21 avril 1793, et le capitaine d'artillerie Paché en fait autant (2). La municipalité vote à son tour, le 30 avril 1793, une somme de 600 1. affectée plus particulièrement aux besoins des familles des volontaires tués ou blessés aux Aubiers parles Vendéens (3). A cette époque, les assistés touchent chaque trimestre des subsides accordés par la nation, mais, le 17 juin 1793, ils réclament et veulent être payés tous les mois (4). On leur refuse momentanément cette faveur. Quant à la ville, elle réserve alors ses aumônes aux personnes qui n'ont pas l'âge requis pour en recevoir de l'Etat.

Comme il arrive toujours, des individus sont secourus sans y avoir droit. Aussi le substitut du procureur de la

(1) Ueg.dél. mun., n"'20().— (2; Reg. dél. mun. Période interméd- Reg. no 3, pp. ill vo, 128. — (3) W., p. 112. — (4) Irf., reg. n" 3, pp. 9-28.

commune n'hésite point à dire qu'il se trouve, parmi les parents des volontaires, un certain nombre de personnes nullement dans le besoin (1). En conséquence, il réclame la revision des listes, ce qui est ordonné immédiatement.

Lors de la levée en masse, la mairie déclare, le 8 septembre 1 793. qu'elle veillera à la nourriture des pères^ mères et enfants des travailleurs. Deux commissaires sont chargés de réclamer des fonds au déparlement (2). Enfin, elle décide en outre que les assistés recevront leurs allocations tous les mois.

Le compte des secours attribués aux familles des volontaires par la municipalité nous est donné du 28 août 1792 au 28 octobre 1793. Les recettes effectuées parle citoyen Leroy, trésorier, atteignent 6.967 1. 10 s., avec,en plus, deux tasses d'argent. Les dépenses semonlent à4. 715,1. 8 s. 6d., laissant un reliquat de 2.252 1. 1 s. 6 d. (3). Les souscriptions, d'après une délibération du 6 vendémiaire an II, sont versées par 79 donateurs, qui ont pris chacun l'engagement de donner depuis 3 1. jusqu'à 120 1.(4). EUesdoivent en principe atteindre 4.003 l,,mais, en réalité, ne se montent qu'à 2.852 1. La mairie ajoute le reste grâce aux subsides que lui accorde la nation.

Le Département déclare, le 14 septembre 1793, que les femmes et enfants des volontaires sont dans un grand dénuement, « ce qui occasionne des émeutes populaires qui troublent le bon ordre et donnent lieu de craindre des

(1) Reg. dél. mun., période interméd., no 4, p. 28. — (2) M., n° 4, pp. 88-89, 101, 107. Cf. Gravier, les Opérations delà levée de trois cent mille hommes dans la Vienne, en 1793. (BuH. Soc, Ant. Ouest, t. II, 3e série.) — (3) Arch. Vienne, L. 89. — (4) Reg dél. mun., période interméd., n" 4. p. 143.

événements fâcheux ». Il est prescrit aussitôt de retirer oO.OOO 1. des fonds destinés à la guerre de la Vendée. Comme on a déjà fait, une somme de 25.0001. sera distribuée entre 6 des districts de la Vienne. Le reste reviendra aux quatre suivants : « Poitiers, Loudun,GhàtelleraultetLusignan, attendu que la masse des citoyens de cesdistrictsest allée combattre les brigands, tandis que ceux de Civray sont rentrés chez eux (1). » Deux jours plus tard, la municipalité de Poitiers reçoit 9.671 l. pour les besoins des familles indigentes des citoyens partis à l'armée.

Les secours de ce genre atteignent, au 22 floréal an II, plus de 80.000 l., mais le District n'y contribue que pour la moitié. La municipalité doit encore de nouveau faire appel aux personnes de bonne volonté pour avancer le surplus (2). A partir de cette époque, elle ne s'occupe plus spécialement de ce genre d'assistance. En l'an II et l'an III, il ne nous a pas été donné de trouver, comme pour les cantons voisins de Poitiers, la liste des familles secourues (3). C'est à peine si nous avons rencontré une trentaine de noms appartenant à des jeunes gens de la ville, pour la plupart enrôlés à l'armée du Rhin, dont les parents recevaient un peu d'argent.

A côté des familles des défenseurs de la patrie, se trouvent, à Poitiers, celles des victimes de l'insurrection vendéenne, qui durent abandonner leurs foyers pour échapper aux horreurs de la guerre civile. Un arrêté de représentant du peuple à l'armée de l'Ouest, en date du 19 ventôse an II, ordonne que les réfugiés se rendront dans le chef-lieu du département qu'ils auront choisi pour résidence. Les administrateurs leur désigneront la localité qu'ils devront habiter

(1) Arch. Vienne, L. 69. — (2) Id., no 5, p. 1G5. — (3) Arch. Vienne, L. 144.

et leur donneront des secours provisoires. Toutes les décades seront envoyées les listes de ceux du ressort, avec l'état des besoins qu'ils pourront avoir, afin de les secourir (1). Chacun d'eux devra faire constater sa présence dans la commune, avant de recevoir, tous les mois ou tous les trois mois, une somme de 30 s. par jour.

Les Vendéens viennent pour la plupart de Bressuire et de Montaigu, ou ^des campagnes voisines de ces deux localités. Ils sont, au début, plus de 2000, dont une partie seulement reste à Poitiers. Ils conservent leurs vieilles habitudes religieuses^ car, le 15 floréal an II, ils refusent d'aller travailler le dimanche aux ateliers de charité. Le 20 floréal suivant, on en compte 1.129 dans'laville.LesSOs. par jour qu'on leur accorde trop irrégulièrement font qu'ils se trouvent souvent dans la misère. Le 15 thermidor de la même année, la mairie fait distribuer 54 l. aux plus pauvres d'entre eux (2). Ces secours se renouvellent également dans le cours de l'an IlL

Un arrêt du 22 fructidor an II, donné par les représentants à l'armée de l'Ouest, leur ayant intimé l'ordre d'avoir à se retirer, ils ne paraissent pas en tenir compte, estimant, sans doute avec raison, ne pouvoir être encore en sûreté chez eux. Le l"' frimaire an III, la municipaliié se décide encore à faire au District une avance de 36.000 1. pour lui permettre de les secourir (3). Ce dernier peut, le 3 nivôse suivant, restituer cette somme en vertu de la loi du 17 vendémiaire précédent et y ajouter celle de 400 1. destinée aux réfugiés qui sont à Mirebeau (4). Enfin, le 20 du même

(1) Arch. Yienne,L.271,reg. 7, pp. 57, 58,63 vo.— (2) Reg. dél. mun., période interméd., n» 5, pp. 243 vo,244 v°,245 v"; no 6,pp. 28 ¥«,32 v», 33 v°, 38, 137, d44, 159 vo, 170, 174. — (3) Id., n" 6, p. 58 vo, p. 151. — (4) Arch. Vienne, L. 38, reg. 4.

mois, arrive un envoi de 100.000 1., suivi, le 9 germinal, d'un second, qui se monte à pareille somme.

Le 6 prairial an III, l'argent manque et les Vendéens attendent 6 décades sans rien recevoir. Le 18, le District écrit au Département pour lui dire que tous et notamment ceux de Poitiers «sont dans un état de pénurie qui les réduit à ne plus pouvoirsubsister » (1). La loi du 25 fructidor leur accorde quelques secours. Malgré cela, le 1" frimaire an IV, on les trouve toujours dans le plus parfait dénuement et la municipalité se voit dans l'obligation d'emprunter 90.000 1. pour les aider à vivre (2). De nivôse à fructidor an IV, le ministre de l'Intérieur fait parvenir au Conseil général la somme de 287.753 1. 16 s. 8 d. qu'il devra leur distribuer (3). Ils ne sont plus, à cette époque, qu'au nombre de 215 à Poitiers.

Le décret du 3 floréal an III, qui invite les réfugiés à retourner chez eux, ne reçoit point un meilleur accueil que le précédent (4). Ils restent presque tous à la charge de la nation. Quelques-uns, pourtant, travaillent chez des particuliers, comme ouvriers ou cultivateurs. Plusieurs sont embauchés dans les ateliers de charité établis pour la navigation du Clain. Aussi s'en trouve-t-il parmi eux qui se montrent peu enclins à quitter la Vienne, grâce à de nouvelles habitudes contractées et à des situations acquises depuis quelques années.

Le 1" vendémiaire an V, les Vendéens, au nombre de 400, reçoivent l'ordre définitif de retourner chez eux. Une circulaire ministérielle du 11 pluviôse suivant donne toutes

(i) Arch. Vienne, L. 38, reg. 4, p. 193. —(2) Reg. dél. mun., période interméd., n» 7, p. 12 vo. — (3) Arch. Vienne, L. 38, reg.4. — (4) Id., L. 75.

les indications nécessaires et les moyens à employer pour les rapatrier. Dans le but d'obtenir un tel résultat, il faut tout d'abord leur payer les arriérés auxquels ils ont droit. Le 18 messidor an IV, les 18 et 25 frimaire an V, une somme de 420.000 1. est mise à la disposition du Département, mais le trésorier général refuse d'en ordonnancer le paiement. Ce paiement est d'autant plus difficile à faire qu'il doit avoir lieu en numéraire, car 100 1. en assignats ne représentent plus que 4 fr. 25 c. en argent (1). Malgré la lettre ministérielle du 2 pluviôse, il est impossible d'obtenir les 20.000 fr. auxquels ils ont droit, sous prétexte que des besoins plus pressants en exigent l'emploi.

Dans le courant de l'an V, la question des Vendéens est définitivement tranchée. Au surplus^ l'insurrection touchait à sa fin et les colonnes républicaines étaient maîtresses du Bas-Poitou, Les fugitifs purent donc retourner sans crainte dans leurs foyers. Tous n'y retournèrent point, car la mort est venue frapper plusieurs de ces malheureux recueillis à l'hôpital général.

Les premières années de la Révolution sont pleines d'idées philanthropiques répandues par les écrivains de la seconde moitié du xviii^ siècle (2). Par malheur, quand il faut passer de la théorie à la pratique, l'argent fait souvent défaut. D'un seul coup,les grosses fortunes disparaissent ou se cachent. C'est la classe moyenne et celle des travailleurs qui doivent encore faire face aux besoins multiples que les mauvaises récoltes, et surtout la guerre dans les départements voisins, viennent bientôt mettre à leur charge. Elles n'hésitent point, en 1792, et 1793, à secourir les pauvres de

(l)Arch. Vienne, L. 69.— (2) Bloch (Camille), l'Assistance et l'État en

France à la veille de La Révolution. (Paris, 1908.)

la ville et les familles des volontaires. Plus tard, quand l'assistance semble organisée par la création d'un Bureau de charité et par les décrets des 19-21 mars, 28 juin-8 juillet 1793, la ville de Poitiers doit encore intervenir en faveur de ses indigents, des familles des défenseurs de la patrie et des réfugiés de la Vendée, En réalité, l'assistance par l'Etat ne donne point tous les résultats qu'on en pouvait attendre. Les causes de cette demi-faillite proviennent de circonstances imprévues, et particulièrement de la dépréciation que subissent les assignats. Une telle situation se retrouve, encore mieux indiquée, dans l'histoire des hôpitaux de Poitiers, comme nous le verrons plus loin.

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