‹ L'assistance publique à Poitiers jusqu'à l'an vChapitre 24 sur 33 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Le Pardon des Pâques fleuries et le Budget de la peste.

Lors de sa fondation, l'hôpital des pestiférés ne possédait qu'un modeste revenu de 15 écus par an. Il augmenta quelque peu, quand sa chapelle, commencée vers 1532, eut été achevée. L'évêque de Poitiers lui abandonna le droit de percevoir chaque année, le jour des Rameaux, « le blanc ou demi-blanc », versé par ceux qui avaient obtenu la permission de manger du laitage ou du beurre pendant le carême (1). H n'est question de cette aumône dans les délibérations municipales qu'à partir seulement du 18 mars 1537. Deux échevins sont désignés pour aller, le dimanche des Pâques fleuries., recueillir les dons que les personnes charitables ont l'habitude défaire aux pauvres en semblable occasion.

Ce pèlerinage annuel dans un lieu où moururent tant de Poitevins prit le nom de Pardon des Rameaux ou des Pâques fleuries. Au xvn^ siècle, il devint la « freyrie de rOzane » , quand la peste eut entièrement disparu. Pendant le siècle suivant, le caractère religieux de cette assemblée se modifia graduellement pour ne rester qu'une de ces « ballades ou fêtes balladoires »^si nombreuses en Poitou,

(1) Le blanc, créé par Philippe de Valois, valait,au xive siècle, de 10 à i2 deniers. — Heg. dél. mun., n"20, pp. 200 et 210.

même après leur interdiction, en vertu de l'arrêt du Parlement du 1" juin 1779.

En dehors de la fùte des Rameaux, la plus importante de toutes, trois autres étaient célébrées à l' Hôpital de la peste, celles de saint Antoine, de saint Roch et de saint Sébastien, patrons des pestiférés, mais elles avaient lieu sans cérémonies spéciales. Enfin, les habitants de Montierneuf y allaient tous les ans en procession le jour delà Toussaint (1). Le gardien et la gardienne devaient alors en tenir les portes ouvertes entre deux et quatre heures et orner la chapelle sous la surveillance des Intendants ou des échevins.

Chaque année pendant le carême, la Municipalité charge les deux Intendants spécialement nommés pour cela, quelques jours avant les Rameaux, de recevoir les dons du « grand blanc ». S'ils viennent à s'absenter, les deux échevins inscrits après eux sur la liste du Conseil les remplacent, et, à défaut de ces derniers, le receveur de la ville (2).

Au milieu du xvni® siècle, un seul Intendant prend soin de recueillir les aumônes (3). Enfin, quand elles deviennent de plus en plus rares, la mairie le remplace par un individu quelconque, auquel il est donné 12 s. pour sa journée (4). L'argent que Ion reçoit alors ne couvre plus les frais qu'occasionne la fête des Rameaux.

Le 19 avril 1666,1e maire et les échevins, ayant constaté que la recette de l'année précédente avait été très médiocre, adressent un billet à chacun des curés et des vicaires, sans oublier le prieur de Saint-Porchaire, dont la paroisse

(1) Reg.dél.mun., n" 93, p. 64. — (2) Reg. cléL mun., no 9b, p. 124; — M., no 123, p. 103; — Ici, n" 119. — (3) Reg. déL mun., n» 126, p. 119. — (4) RibL Poitiers, cart. 55.

est la plus riche de toutes. Ils insistent auprès d'eux pour qu'ils engagent les fidèles à venir en grand nombre à l'hôpital, le jour des Pâques fleuries (1). En 1750, le porteur de ces billets reçoit comme salaire la somme de 12 s. (2). Il est vrai qu'à cette époque les exhortations du clergé devenaient de plus en plus indispensables, car on versait de moins en moins les aumônes dues à cause des dispenses obtenues pendant le carême.

Quelques jours avant la fête, le maire donne l'ordre de tenir la maison bien propre. Les salles des malades sont débarrassées de leurs lits et la chapelle mise en état pour la célébration du service divin. En 1572, il est donné 7 s. au menuisier chargé d'enlever les « chaslitz des grandes allées (3) ». En 1602, le gardien reçoit 5 s. pour les chambres des malades et 4 s. pour la chapelle qu'il a eu soin de nettoyer (4j.

Les cérémonies commencent dès la veille des Rameaux. Le samedi matin, des messes particulières sont célébrées à la chapelle, dont les portes restent ouvertes au public à partir de midi. Le tantôt, commencent les fêtes proprement dites parle chant des vêpres, que termine une procession. Il en est ainsi pendant tout le xvi^ siècle.

Le dimanche, on débute par les matines, puis viennent ensuite une messe chantée en grande pompe et un sermon. Après midi, ont lieu les vêpres. Le lundi, le service pour les morts est toujours accompagné du chant des vigiles. Enfin, le tout se termine par une dernière processioji. Ajoutons

(1) Reg. dél. mun., no 116, p. 137. — (2) Bibl. Poitiers, cart. 55. — (3) Bibl. Poitiers, cart. 5o; — (4) Reg. dél. mun., n" 72, p. 116. Le H mai 1042, les habitants de Uochereuil reçoivent l'ordre d'aplanir le chemin, sous peine de 100 s. d'amende — Reg. dél. mun., n» 93, p. 121.

que ces cérémonies se simplifient de plus en plus,c;u', .Y la tin du xviir" siècle, on ne fête plus que le jour des Rameaux.

Pour divers motifs, le Pardon ne peut pas toujours être célébré dans l'Hôtel-Dieu de la peste. Toutefois, quand il est nécessaire de le mettre ailleurs, une dispense de l'évêque devient absolument indispensable. Le 1"" mars 1631, comme il est dangereux de visiter un établissement qui renferme beaucoup de malades, le Conseil délègue deux de ses membres à l'évêché afin d'obtenir la permission de changer d'église (1). Pareil changement se produit l'année suivante.

Deux raisons principales sont causes que les habitants de Poitiers ne peuvent aller régulièrement accomplir leurs dévotions à l'hôpital. La première est celle dont nous venons de parler. En temps d'épidémie^ il est impossible de se réunir dans des locaux contaminés. La seconde est déterminée par la destruction périodique du pont de bois de Rochereuil, que les eaux du Glain se permettent d'emporter trop souvent. Ainsi, le 20 mars 157J, on donne 12 l. aux charpentiers qui « abillèrent led. pont pour y passer, icelluyjour, le peuple (2) ». La ville laissait volontiers à la caisse des pauvres le soin de faire à ce pont les réparations urgentes dont il avait besoin.

Le 24 mai 1586, Gaucher de Sainte-Marthe, intendant de la peste, déclare qu'il est impossible d'aller à l'hôpital, qui se trouve rempli de malades (3). Il est décidé que le Pardon devra se faire à Montierneuf. Même chose a lieu en 1587 et 1604. Le 29 mars 1629, l'abbé est prié, ainsi

(1) Reg.dél.muu.,n"81,pp. 169 et 172; — M, no 82,p. 162. — (2) Reg. dél.muii., no 81, pp. 169 et 173. — Id., no 82, p. 166. — Bibl. Poitiers, cart. 55. — (3) Reg. dél. inun., no 45, p. 315; — Id., no 46, p. 347; — Id., no 61, p. 12; — Id., no 70, p. 145; — Id., no 71, p. 125.

que le sacristain, de vouloir bien abandonner les honoraires qu'ilstouchent habituellement pour la célébration des offices. Ils acceptent et font installer dans le chœur trois autels près desquels se tiennent trois échevins (1). Après la cérémonie, pendant laquelle la porte de Rochereuil est restée fermée, les délégués de la mairie sont priés d'accepter un dîner au monastère.

Le 29 mars 1632^ le Conseil décide qu'en temps de contagion le Pardon sera transféré à Saint-Cybard (2). Il en est ainsi jusqu'à l'année 1637. A partir de 1639, les épidémies cessent et les pèlerinages se continuent plus ou moins régulièrement à l'hôpital des champs chaque fois que le pont de Rochereuil est en bon état et que la porte n'est pas fermée pour une cause quelconque, comme en 1649, 1652 et 1659(3).

En 1658^ les pauvres renfermés étant installés à l'Hôtel- Dieu des pestiférés, le public délaisse le Pardon qui se célèbre à Saint-Cybard, pour aller les visiter (4). Les aumônes se font indistinctement dans toutes les églises, si bien qu'il faut prier les curés et les sacristains de les remettre au maire. En 1681, les habitants retournent encore à l'hôpital des champs, et c'est l'hôpital général qui en profite.

Les Jacobins oulesCordeliers sont chargés d'officier pendant les Pâques fleuries. En 1569 et 1571,1e carme Pierre RouUinot reçoit 20 s. pour ses prédications (5j. L'année suivante, le maire demande que l'on prenne « le corde-

(1) Reg. dél. mun., no 79, pp. 259, 271 ; — Id.,no 81, pp. 169, 173. — (2) Reg. dél mun., n^ 82, p. 166. — Id., no 83, p. 161.— Id., no 86, p. 49. —Id., no 87, p. 156. — (3) Reg. dél. mun.,no 88, p. 132 ; — Id., n'' 89, p. 167. — Id., no 103, p. 270; — Id., no 101, p. 160. — (4) Reg. dél. mun., n» 108, pp. 167, 175; — M., n" 111, p. 158; — Id., n» 113, p. 164; — Td., n° 114, p. 173. — (5) Bibl. Poitiers, cart. 55.

lier qui presclie à Sainct-Pierre ou celuy qui presohe aux Cordeliers (1) ». Le frère Yves Bellinot, choisi de la sorte, obtient 25 s. pour son sermon, tandis que le curé de Buxeroles, chargé des offices, doit se contenter de 10 s.

Par la suite, le soin de célébrer la cérémonie du Pardon est toujours confié, sauf de rares exceptions, aux Jacobins. Le 28 décembre 1620, ils demandent « à augmenter les charités qu'on leur fait pour le service du jour des Pasques fleuries et la vigille à Thospital des pestiférés (2) ». Le Conseil refuse et répond qu'ils peuvent « s'en descharger sur d'autres ». C'est du reste ce qui a lieu, car, le 23 janvier suivant, le frère Soudé, procureur du couvent des Carmes, reconnaît avoir reçu 61. tr. « pour les jours et festes de messieurs sainct Antoine et sainct Sébastien (3)».

Le 20 août 1621, ces mêmes Carmes déclarent que les Jacobins ont refusé d'y aller à la Saint-Roch dernière, prétextant la distance et « la petite somme de 60 s. qu'on leur donnoit à chascune des quastre festes célébrées » . Quant à eux, ils ne les ont remplacés qu'à la prière du Conseil. Il leur faut envoyer chaque fois quatre religieux chanter les vêpres le jour de la vigile de ces fêtes, puis le lendemain, les matines, la messe et les vêpres. Le lundi, ils y retournent encore pour les vigiles et les vêpres. Ils peuvent ainsi compter quatre voyages, qui valent bien 6 1. chacun au lieu de 60 s. (4). Ces justes observations amènent le Conseil àleur offrir 4 l.,ce qui fait 16 l.par anpourles quatre fêtes. Les Carmes veulent bien se contenter de cette somme, tout en déclarant que l'entente ne saurait être pour eux que purement provisoire.

(1) Reg. dél. mun., no 39, p. lii. — Hibl. Poitiers, cart. 55. — (2) Reg. dél. mun., no 75, p. 79. — (3) Bibl. Poitiers, cart. 55. — (4) Bibl. Poitiers, cart. 55.

C'est ainsi qu'ils sont remplacés par les Jacobins, qui ont accepté des conditions semblables. Seulement, le prédicateur louche 3 1. en plus pour sa part (1). A partir de la fin des épidémies, quand on ne célèbre à l'hôpital que la fête des Rameaux, les religieux ne reçoivent que 4 1. par an (2). Le 24 mars 1664, ils déclarent ne pouvoir y aller « la veille, le dimanche et le lendemain des Pâques fleuries à moins d'une pistole ». Pour toute réponse, les échevins leur font savoir que, s'ils ne veulent pas continuer, d'autres prêtres se chargeront de les remplacer.

Les Jacobins transigent pour la somme de 8 1., qui est portée à 121. vers le milieu du xviii* siècle. Le maire les gratifie alors d'un déjeuner dont le prix varie entre 8 1. 10 s. et 9 1. 15 s. En 1769, il verse 11 1. 19 s. 6 d. « pour tous les frais des déjeuners ordinaires des religieux Jacobins et assistans à la cérémonie des pestiférés hors de cette ville (3) ». En 1773, la messe seule coûte 12 1. Comme les autres frais sont de 61. 10 s ,1a célébration des Pâques fleuries revient à 18 1. 10 s.

Celte antique cérémonie cesse d'avoir lieu à l'hôpital des champs à partir de 1780. Dans les comptes de la ville, nous trouvons, à la date du 15 février 1787: « On paiera 13 1. 10 s. aux Jacobins, sçavoir : 12 1. pour le service que les religieux ont fait dans leur église le dimanche des Rameaux de l'année et 1. 1. 10 s. pour le libéra chanté à Notre-Dame-la-Grande (4). » délibéra^ qui semblerait rappeler tout d'abord celui du lundi des Rameaux, n'est plus

(l)Rég. dél. mun.,no 87, p. I;j9. — (2) Reg. dél. mun.,n° 114, pp. 02, 154. (3) Reg. dél. mun.. n» 183. — Bibl. Poitiers, cart. 55. —(4) Reg. dél. mun., no 192.

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qu'une prière dite pour le repos des âmes des échevins trépassés.

En plus des dépenses dont nous venons de parler, il en existe d'autres qui sont fort peu importantes. En 1572, <•< deux cierges allumés durant le service divin » coûtent 20 d. L'année suivante, ils sont comptés 3 s., et, comme on a payé 12 d. « en ozanes », le toutse monte à 3 s. 12. d. (1). En 1 637 , « le cierge de cire jaune d'un carteron pièce revient, avec quelque menuz fraictz, à 7 l. (2) » . Le mobilier de la chapelle étant fort modeste, il semble en résulter que les fêtes du Pardon des Pâques fleuries ne durent point être célébrées avec beaucoup d'éclat.

Les sommes versées par les personnes tenues à l'aumône du petit ou grand blanc, c'est-à-dire à 6 ou 12 d., pour avoir eu la permission de manger du beurre ou du laitage pendant le carême, ne sont pas importantes. En 1651, elles atteignent 1 1 l.,puis 4 1. en 1569et91. en 1570. Ce chiffre remonte à 11 l. l'année suivante, pour redescendre à 100 s. en 1572. En 1584, il est de 11 écus (3).

Pendant le xvii« siècle, on encaisse 36 1. en 1610 et 51 1. 1 4 s. 10 d. en 1616 (4). Les sommes les plus élevées sont de 801. en 1669 et de 104 1. en 1672. Au xvnf, la peste étant depuis longtemps oubliée, la cérémonie des Rameaux à l'hôpital des champs perd une bonne partie de son importance religieuse aux yeux des Poitevins (5). De 1751 à 1758, les receltes varient entre 2 1, 3 s.6 d. et 4. 1. 4 s. 6 d., atteignant, année moyenne, environ 2 1. 19 s. 4 d. (6).

(1) Bibl. Poitiers, cart. 55. — (2) Reg. dél. mun., n» 87, p. 159;

— (3) Reg. dél. mun., n° 45, p. 115 vo. — Bibl. Poitiers, cart. 55. — (4) Reg. dél. mun., no 65, p. 117. — Id., n" 70, p. 148. — (5) Rcg. dél. mun., no 111, p. 158. — Id., n° 121, p. 99. — Ribl. Poitiers, cart. 67.

— (6) En 1791, des promeneurs ayant voulu traverser le Clain à

A partir de 1793, et même avant, cette antique coutume est à peu près complètement arbandonnée. Les cérémonies religieuses cessent, mais la frairie de l'Ozane se continue jusqu'à notre époque. Tous les ans, le jour des Rameaux, une assemblée populaire a lieu près du pont de Rochereuil. C'est la première de l'année, et probablement la plus ancienne de toutes celles qui se tiennent à Poitiers. Elle rappelle l'antique Pardon des Pâques fleuries, dont le souvenir lointain se confond avec celui des terribles épidémies qui jadis dévastèrent si souvent Poitiers.

La Municipalité et la Dominicale viennent toujours les premières au secours des pestiférés, lorsque l'épidémie est à son début. Le 1 1 juin 1532, les échevins versent chacun 40 s. et les bourgeois 20 s. pour secourir l'Hôtel-Dieu de la peste (1). Le 16 octobre 1554, les premiers lui abandonnent 27 septiers de froment, se privant ainsi de la miche de pain blanc à laquelle ils ont droit chaque lundi (2). Cependant, en 1620, ils ne veulent lui consentir qu'une avance d'argent dont ils seront remboursés.

Quand la situation devient plus grave, on se contente d'abord de s'adresser à la charité publique. Pour cela, un ouvrier de Croutelle fabrique, en 1586, au prix de 72 s., six troncs, que la mairie doit mettre entre les mains « d'aulcuns des paroissiens de ceste ville afin de ramasser pour

Tabouleau, le bateau chavira, mais, grâce au courage de Garaud, dit Bitaune, et de Pelissier, i^ersonne ne se noya (Arcli. Vienne, L. 221, Reg. 5, p. 70. — Reg. dél. mun., n» 199).

(1) Reg. déL mun., n« 19, p. 216. — (2) Reg. déL mun., no 32, p. 500; — Id., no 74, p. 99.

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les pauvres (i)». En 1621, chacun de ces troncs est surmonté d'une croix de fer (2). Ils sont placés de préférence dans les églises, les hôtels ou chez les marchands. En 1586, on y recueille, pendant cinq mois, la somme de 145 1. 45 s.

Des quêteurs sont désignés, en 1520, pour parcourir les paroisses, mais, en 1531, ce sont les fabriciens qui doivent s'en charger (3). Pour montrer l'exemple, un échevin recueille, le chapeau à la main, les aumônes des membres du Conseil (4). Le maire donne un écu et ses collègues depuis 5 s. jusqu'à 40 s.^ ce qui, en fin de compte, forme un total de 25 1. tr.

En 1554, l'abbé de Notre-Dame-la-Grande quête chez les membres du clergé et l'échevin Jehan Goeslard parmi la population laïque (5). Le 6 octobre 1603, les curés installent des troncs dans les églises, puis vont ensuite quêter au domicile de leurs paroissiens (6).

Les legs testamentaires en faveur « des œuvres piteuses » ne sont pas rares, mais n'offrent, en général, qu'une minime importance. En 1525, l'évêque d'Evreux donne une petite somme aux pestiférés (7). Le 10 juillet 1 554, Abel de la Fontaine leur laisse 100 1. avec promesse d'une contribution de l'évêque de Poitiers, si la mairie veut les renfermer (8). En 1585, le duc de Montpensier les gratifie, lors de son passage, de 30 1. et Marie Stuart de 25 l. (9).

Certaines donations s'accompagnent de prescriptions toutes spéciales. Ainsi, Jehan Estivalle, dans son testament de 1665, abandonne aux pestiférés une somme de 25 1. pour

(1) Bibl. Poitiers, cart. 55. — (2) Bibl. Poitiers, cart. 55. — (3) Reg. dél. mun., nf 17, p. 250. — (4) Reg. del. mun., n^ 19, p. 8. — (5) Reg. déi. mun., n» 32, p. 483. — (6) Reg. dél. mun., n^ 61, pp. 55, 50. — (7) Bibl. Poitiers, cart. 59. — (8) Bibl. Poitiers, cart. 55. — (9) Bibl. Poitiers, cart. 55.

leur servir quand l'hôpital sera ouvert. En temps ordinaire, les arrérages de cette donation seront accumulés jusqu'à ce qu'ils atteignent 120 1., ce qui permettra l'achat d'une rente de 25 1. (1). Les aumônes de ce genre sont assez nombreuses (2). Ceux qui les font appartiennent à toutes les classes de la société (3).

Le 20 octobre 1631, Louis XIll accorde à Poitiers une somme de 1.500 1. à prendre sur les diverses élections du Poitou. Elle est distribuée par une commission composée de deux chanoines, deux échevins et deux bourgeois.

Le clergé proteste en vain contre sa composition (4) . Il veut en faire donner la présidence à l'un de ses membres (5). La Municipalité passe outre à ses réclamations et les fonds sont répartis entre tous les pauvres au cours des années 1632 et 1633 (6j. Les comptes de cette répartition ne purent être examinés et approuvés qu'en 1648.

Des taxes obligatoires sont levées en temps de peste sur le clergé de la ville et sur celui des paroisses voisines (7). C'est ainsi que, le 5 octobre 1531, l'évêque est mis en demeure d'avoir à donner les 100 septiers de froment qu'il doit aux pauvres pestiférés.

A partir du 31 juillet 1585, l'évêché, les chapitres, les monastères et les prieurés sont invités à faire leurs verse-

(1) Bibl. Poitiers, cart. 55. — (2) Nous citerons ceux de René Plot en 1586 et de Louis de la Ruelle en 1586 (Bibl. Poitiers, cart. 55). — (3) Nous trouvons Pierre Rat, seigneur de la Poitevinière (1585); — .lehanne Durouet, servante (1587); — MHe Dorchange (1587);

— Esprit Guérin, seigneur des Fiefs (1592), etc., etc. — (4) Reg. dé\. mun., n« 83, p. 585 ; — IcL, ne 83, p. 167; — Id., n" 85, p. 93. — Arch. Vienne, H<-18 —Arch. hist. du Poitou, i. XV. (Niort devait donner 19801. et Chàtellerault 600 I.) — (5) Reg. déi. mun., no 82, pp. 171, 200, 205.

— (G) Reg. dél. mun., no 98, p. 104; —Id., n» 99, p. 139. — (7) Regdél. mun., no 19, p. 65.

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ments tous les trois mois (1). Ils n'en tiennent pas toujours compte, car le chanoine Gaillard déclare, le 26 octobre de la même année, qu'ils n'ont effectué aucun paiement. Le \ 7 juillet 1606, le Grand Vicaire est chargé de répartir les sommes imposées sur le clergé (2). Le total de cette imposition atteint 165 livres.

En 1628, les ecclésiastiques ne doivent verser d'abord que 150 1. en avril pour arriver graduellement à 400 1. en octobre. Ils refusent alors de payer, mais comme l'épidémie prend fin, la mairie, au lieu de les poursuivre, se contente de vendre les biens de l'hôpital pour Hquider le déficit, qui atteint 1800 1. (3). Seul, le chapitre de Saint-Pierre, qui a toujours effectué ses versements mensuels, proteste énergiquement (4). Il ordonne aux gens d'éghse d'avoir à payer dans les 3 jours, mais n'est point obéi.

Parfois, la mairie doit poursuivre le clergé pour en obtenir le montant de ses taxes (5). Le 24 septembre 1586, elle désigne un solliciteur qui, accompagné d'un sergent, devra les faire rentrer. Il aura 1 s. par livre sur les sommes perçues et réclamera surtout ce que doivent les abbés de la Celle, de Montierneuf, de Saint-Cyprien et Saint-Benoît, ainsi que le prieur de Saint-Nicolas.

De leur côté, les ecclésiastiques répétaient volontiers que les laïcs étaient plus mauvais payeurs que le clergé. En réalité, ils n'avaient point tort, car la comparaison eût été à

(l)Reg. dél. mun., n« 4r),p. 47; — zd.,n'i 4b, p. 185; ~ Bibl. Poitiers, cart. 55. — L'évèque donne 75 1., — Sainte-Croix 90 1., — la Trinité 27 1. 3 s., — l'abbé de Saint-Benoit 45 1., —l'abbé de Fontaine-le-Comte 30 1., — l'abbé de Saint-Cyprien 15 1.,— Saint-Pierre le Grand, 90 1.,— Sainte-Radegonde 451.,— Saint-Pierre-le-Puellier 12 1.,— Saint-IIilaire 15 ( Le reste du clergé figure dans un seul groupe pour 85 1. — (2) Reg. dél. mun., x\^ 62, pp. 7, 8, 9, 10. — (.3) Reg. dél. mun., nû 70, pp. H, 44, 50, 61, 67, 138, 2*29, 316, 334. — (4) Reg. dél. mun., no 79, p. 285. — (5) Bibl. Poitiers, cart. 51.

leur avantage. Le 4 juillet 1585, ordre, est donné à tous les habitants sans distinction « de qualité et de condition » d'avoir à verser leurs taxes (1). A la fin de décembre, les collecteurs, menacés de saisie dans les trois jours, déclarent n'avoir rien perçu depuis longtemps, chacun voulant faire ses aumônes en particulier. Même résultat le 24 novembre 1586, car ce sont les gens les plus riches qui refusent de les payer (2). Le 27 du même mois, la Municipahté menace alors (' de détemplion et emprisonnement de leurs personnes et saisie de leurs biens d tous ceux qui ne verseront pas ce qu'ils doivent.

En 1628, les laïcs doivent donner 300 1., puis 4001. par mois. Le26 juillet, le maire constate que « des personnes, et des plus riches,, ont refusé le payement de leurs taxes, bien que fort légères et modiques, la plus grosse n'estant que de 4 1., et qu'il n'en a été levé que la moitié (3) ». Aussi, les pauvres auront-ils grandement à souffrir de ce manque de charité « des habitans riches et moyens ».

La cause principale du déficit est le départ des gens aisés aussitôt que Ton signale la présence de la peste. Le 28 août 1587, ceux qui sont partis sans laisser quelqu'un pour garder leurs maisons et verser leurs taxes reçoivent l'invitation d'avoir à revenir avant trois jours, sans quoi leurs meubles seront vendus à l'encan (4). C'est ce qui arrive pour quelques-uns d'entre eux. Le 2 octobre de la même année, le sergent royal reçoit 19 écus pour 12 vacations et le trompette de ville 3 1., en paiement de leurs honoraires. Le 29 janvier 1607. on dresse un rôle des absents

(1) Reg. dél. muD., n" 44 bis, pp. 4, 18. — (2) Reg. dél. mun., no 46, pp. 147, 157. — (3) Reg. dél. mun., n'^' 79, p. 10. — (4) Reg. déL mun., n" 47, pp. 95, 101, lo8, 227.

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iiuxquels sera réclamé loiil l'arriéré «le ce qu'ils doivent (1). Ce dernier moyen a le grave inconvénient d'arriver au moment où les secours à distribuer offrent un caractère beaucoup moins urgent.

Les rentes qui s'accumulent entre les épidémies disparaissent avec le capital en cas d'absolue nécessité. Le 17 novembre 1578, la Municipalité constate que le revenu de l'hôpital, qui était de 100 l.,est descendu à 50 1. Le surplus, pris sur les fonds de réserve, a servi pour aider la Communauté des pauvres (2). En 1581, grâce à de nouvelles aumônes, les recettes atteignent 145 1. 13 s. i d. (3). En 1 616, elles sont de 252 I. 10 s. , avec en plus un revenu foncier de 50 1. 8 d. sur plusieurs maisons (4). Malheureusement, les rentrées se font, selon la coutume, très difficilement (5). Le 2 février 1640, le gouverneur de l'Hôtel-Dieu des pestiférés déclare qu'il reste à toucher de nombreux arrérages. Aussi, engage-t-il le maire à prendre les mesures nécessaires pour en obtenir le paiement.

Quand de longues années suivent la disparition complète des épidémies, le capital réservé devient assez important. Le 8 janvier 1721, l'Intendant de l'hôpital place 5.500 1. en billets de banque qui ne laissent au remboursement, effectué le 11 janvier 1723, que 4.945 1. (6). Cette somme, que l'on remit ensuite au maire pour l'achat des charges municipales, devait rapporter 5 0/0. Nous avons vu qu'elle ne donna que 1 0/0 en 1720, puis 2 0/0 à partir de 1726, ce qui fit en tout 89 1. 18 s. 4 d. A la fin du

(1) Reg. dél. mun., n<i 62, p. 71. — (2) Reg. dél. mun., no 42, p. 793. — (3) Hibl. Poitiers, cart. 55. — Reg. dél. mun., n" 71, p. 63; — kl. n'i 134; — kl., n" 137.— (4) Bibl. Poitiers, cart. 55. — (5) Reg. dél. mun., n" 90, p. 94. — (0) Reg. dél. mun., n" 137; Id., n-J 141, Bibl. Poitiers, cart. 55.

xviii^ siècle, le revenu global de la maison est de 106 1. 5 s.

Dès 1538, les terres de l'hôpital sont affernniées d'abord 140 1., puis ensuite 200 1. (1). Les gardiens en payent la location, mais on surveille la façon dont ils les cultivent (2). En 1583, l'un d'eux est accusé d'y mettre des chevaux et du bétail, « ce qui cause grand dommage (3) ». Plus tard, ils sont exonérés de tout paiement.

Le 15 mai 1603, les concierges jouissent de 6 boisselées de terres labourables sur lesquelles ^sont des noyers, plus de 6 autres en deux morceaux i'4). Ils sont tenus d'habiter l'établissement pendant trois ans, d'entretenir les '< 18 chaslits fonds de latte» et de soigner les malades, moyennant 60 s. par an. Leurs successeurs, en 1615, doivent donner 12 1. de ferme, tout en restant soumis aux mêmes obligations (5). En 1632, la location est encore de 12 1. par an (6), Ce chiffre passe à 24 1. en 1665, puis à 31 1. en 1671 (7). Il augmente graduellement pour atteindre, au xviii" siècle, depuis 45 et50 1. jusqu'à 87 1. et redescendre à 50 et 70 1. en 1771 (8). Enfin, le 4 mai 1789, le tout est pris à rente par le meunier Favre, moyennant 300 1. par an (9).

La métairie de la Barre est louée annuellement 75 1 . , le 1" avril 1613; cette location descend à 69 l.en 1616 (10). Le bail doit cesser aussitôt que la peste fera son apparition et, de plus, le fermier devra donner, au curé de BuxeroUes, 3 sepliers de froment, 2 chapons, 1 poule et 20 s. de

(1) Reg. dél. mun., n^ 20. — (2j Reg. dél. mun., no 20, pp. 363, 600 ; — Id., n" 42, p. 1065. — (3) Reg. déL mun-, n" 44, p. 269 ; — Id., n» 47, p. 297. — ^i) Min. Chauvet. — (5) Reg. dél. mun., n» 69, pp. 111, 121 ; — Id., no 80, p. 1.^1. — (6) Reg. dél. mun.,no 82, pp. 174, 175 ; — Id., no 87, p. 100 ; — Id., n» 96, p. 39. — (7) Reg. dél. mun., no 116, p. 39 ; — Id., no 121, pp. 56, 60. — (8) Reg. dél. mun., no 150;

— Id., no 159. — Bibl. Poitiers, cart. 55. —(9) Reg. dél. mun., no 194.

— (10) Reg. dél. mun., n^ 68, p. 39. — Bibl. Poitiers, cart. 55.

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rente (1), Entre 1632 et 1646, le loyer passe de 30 à 75 1. (2). Au cours du xviu® siècle, il est à 82 1. en 1725, puis monte graduellement, de 70 l. en 1740 jusqu'tà 75 1. en 1765 (3).

Les recettes que nous venons d'énumérer ne ouent qu'un rôle peu important nu cours des épidémies qui viennent frapper la ville de Poitiers. Le 15 novembre 1533, la caisse, de l'hôpital des pestiférés ne renferme que 15 écus d'or (4). Les comptes des trois années 1569, 1570 et 1571, donnent une recette .totale de 621 1. 6 s. et une dépense de 63 l. 14 s. 6 d. (5).* Les rentrées comprennent parfois de petites amendes données à son profit par les Consuls avec, en plus, des dons particuliers. Les dépenses résultent de certaines réparations et des frais occasionnés par le Pardon des Pâques fleuries.

Le budget des recettes de 1585 atteint en temps de peste 4.166 l. 19 s. 20 d., laissant en fm d'exercice un déficit de 376 1.2 s. 3 d. Celui de l'année suivante, qui est de 6.544 1. 11 s. 1 d.,se solde par un léger excédent de 24 1. 10 s.5 d. En somme, au cours de cette épidémie, c'est à peine si l'on a pu faire face aux besoins des malades.

En 1606, après avoir dépensé 4.000 l.Je maire déclare qu'il reste beaucoup de dettes à liquider (6). Au début de la peste de 1628, il faut, à partir du 5 avril, compter d'abord 20 L, puis 601. par semaine (7). Le budget de juin

(1) Ueg. dél. mun., n" 70, p. 169. — (2) Reg. dél. inun., n" 97, p. 199. — Bibl. Poitiers, cart. 55. — (3) Bibl. Poitiers, cart. 35, et Arch. Vienne, H* — 18. — En 1721, les réparations devenant fort coûteuses, malgré une location de 150 1. pour cette même année, on hésite à faire démolir une partie des bâtiments. Reg.dél. nuin.,n" 137.— (4) Reg. dél. mun., no 19, p. 222. — (5) Bibl. Poitiers, cart. 55. — (6) Reg. dél. mun., n'i 62, p. 53. — (7) Reg. dél. mun., n" 78, pp. 229, 234. — Arch. Vienne H'* — 18.

atteint 430 I. Ceux de juillet et août chacun 600 livres.

Au xviif siècle le revenu de l'hôpital des champs est de 246 1. 18 s. en 1725(1^. De 1734 à 1740, il se monte au total à la somme de 2.149 1. 11 d., laissant, après les réparations faites, un reliquat de 700 1. De 1740 jusqu'à 1750, soit pendant 10 années, il est encaissé 3.989 1. 18 s. 2 d. Les dépenses sont de 2.773 1. 2 s. 6 d.

A partir de 1 760, le budget de l'hôpital est confondu avec celui de la ville (2). C'est le receveur qui s'en occupe sans en tenir un compte à part (3). La Municipalité semble alors oublier le but charitable de cette maison (4). Dans aucune occasion il ne lui vient à l'idée de se servir des revenus qu'elle en retire pour le soulagement des pauvres de la ville. Pourtant, la misère fut grande à Poitiers au cours des années qui précédèrent la Révolution.

En résumé, les recettes provenant des taxes imposées aux habitants restent la plupart du temps insuffisantes pour couvrir les dépenses occasionnées par la peste. En 1547, le pain et le linge font défaut (5). On doit sans cesse emprunter du froment pour nourrir les pauvres. L'année suivante, la détresse est encore plus grande, si bien que l'Intendant se déclare, le 8 mars 1548, dans l'impossibilité de faire fonctionner l'hôpital (6). En 1585 et 1586, les fournisseurs sont mal payés {!). Il est dû au boulanger 28.816 livres de pain

(1) BibL Poitiers, cart. o5. — En 1764, nous trouvons comme revenus : 1" rente sur les tailles de 89 1. ; 2" 24 boisseaux de froment estimés 24 1. 10 s. ; 3" la ferme de la maison, 60 1. (Reg. dél. mun., n° 180). — (2) Bibl. Poitiers, cart. 55. — Les recettes de la ville sont de 1.3.959 1. 2 s. 3 d. Les dépenses atteignent le même chiffre. — (3) Poitiers, n» 5.o. — Bibl. Arch. Hôp. — (4) Le 18 août 1667, la mairie emprunte 83 1. sur les 103 1. provenant de la ferme de l'hôpital de la peste (Reg. dél. mun., n'J 117, pp. 140, 143). — (5) Reg. dél. mun., n^>28, pp. 82 à 90. — (6) Reg. dél. mun., no 29, pp. 59, 72, 112; — Id., iv> 32, p. 345. — (7) Reg. dél. mun., n^ 45, pp. 152, 369, 377, 404, 421 ; — Id., n" 46, pp. 235, 2n ; — Id., n" 47, p. 46.

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et il faut en outre rembourser un emprunt do i()(l écus.

En 1630, les dépenses excèdent toujours les recettes. Le l)Oulanger et le boucher réclament sans cesse de l'argent . Hour payer ce dernier, on doit mettre en gage les uniformes de la milice de la ville, estimés 375 1. (1). Malgré le don de Louis XIII, après l'épidémie de 1631, il reste à solder en 1643 la somme de 2.126 1. Ils. i d. ,due au boulanger.

La iMunicipalité, les Intendants et le Bureau de la peste passèrent des périodes bien souvent angoissantes au cours des épidémies de peste. Le départ des habitants les plus riches, de même que l'arrivée des pauvres des environs rendirent leur tâche singulièremnnt ardue. Quoique Poitiers ne fût point une ville riche, ils surent malgré tout faire face au fléau, et le combattre énergiquement sans la moindre défaillance.

(1) Reg. dél. mun., n" 80; — id., 81, p. 74.

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