‹ L'assistance sous la Législative et la Convention, 1791-1795Chapitre 118 sur 132 · CHAPITRE SEPTIÈME l · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME l

Mais quand la situation de Paris s'aggrave, quand la crise des subsistances devient plus aiguë, les attributions des Comités de bienfaisance se compliquent. Ils ne sont plus seulement des distributeurs de secours, d'aumônes volontaires ; ils se transforment, de gré ou de force, en fonctionnaires chargés d'assurer l'exécution des lois sur les réquisitions, sur le maximum, et de pourvoir au régime alimentaire d'une population réduite au dénuement. Leur mission les oblige à se mêler à l'activité intensive de la Cité. Associés, un peu malgré eux, à l'action du Gouvernement révolutionnaire, ils sont forcés de pourvoir à la nourriture, à l'habillement, au chauffage, au ravitaillement de l'armée des « sans-culottes » sur qui s'appuie la Révolution. En l'an III, le Comité de Salut public les charge officiellement d'assurer les subsistances. Voici, à titre d'exemple, le détail des attributions du Comité de la section du Panthéon français : dresser le tableau des familles composant la section ; rédiger et distribuer, d'accord avec le Comité civil, les cartes pour le pain, la viande, le porc frais ; retirer chaque décade de chez les boulangers les « feuilletons que les citoyens sont tenus de laisser chaque jour pour percevoir la quantité de pain qui leur est attribuée » ; payer, tous les primidis, les mendiants et les infirmes ; accorder les certificats d'indigence, les certificats de changement de domicile ou de section, les certificats nécessaires pour entrer dans les hospices ; viser les certificats de ceux qui « répondent des ouvrages que la section confie aux citoyens qui ont besoin de travailler*. »

Les attributions de police et de sûreté se mêlent aux attributions de bienfaisance, débordent sur elles et les absorbent.

Les membres des Comités de bienfaisance, dont le personnel diminue en raison inverse de leurs fatigues, ployent sous

de r Arsenal, le 7 mai 1790. (Bibl. de la Ville de Paris, ioo65 ; Tourneux, Bibliographie, l. II, n° 7859).

I. Procès-verbal de T Assemblée extraordinaire du Comité de bienfaisance de la section du Panthéon français spécifiant les fonctions du Comité ; 7 vendémiaire an III. (ïuetey, op. ciL, t. IV, p. 462).

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le faix. Les Commissaires de la seclion Bomie-Nouvelle réclament : « on les sm^harge de besognes n'ayant aucun trait à leur institution. * » Ceux des Tuileries sont réduits à douze : ils devraient être au moins vingt : ils n'ont jamais pu se compléter, « ils ne sutlisent à leur tâche qu'aux dépens de leurs veilles et de leur repos '. » C'est que vraiment cette tâche excède les forces des meilleurs patriotes : en vain, pour réchauffer le zèle des tièdes et assurer le recrutement, le Comité des Secours publics va jusqu'à interdire à ceux qui sont nommés de refuser leurs fonctions \ L'assistance, surtout sous forme de distribution de vivres, ne se restreint plus comme dans les époques normales à certaines catégories de bénéliciaires ; la liste des ayant-droit s'étend et s'allonge interminablement, comme s'allongent chaque jour les queues des porteurs de cartes à trois couleui*s à la porte des bouchers et des boulangers : sauf les citoyens réfugiés dans les emplois publics, il est peu d'habitants de la grande ville qui n'y soient pas mentionnés. Ajoutez qu'à maintes reprises les Comités sont chargés par la Convention de la distribution des secours en argent *, ce qui augmente leur responsabilité. Ils s'ingénient pour multiplier leurs ressources par des appels à la bourse de leurs commettants.

« Citoyens, dit la Section de Bon-Conseil, notre constitution est le règne des lois, son trône est la réunion des vertus ; ô Bienfaisance I oui, ton temple est dans nos cœurs, nous avons dû à tes douces influences Tinstitution d'un comité provisoire pour assister les malades infirmes, ainsi que pour consoler et soulager les femmes, enfants, pères et mères délaissés par nos frères pour voler au secours de la Patrie ; mais aujourd'hui, nos sages législa-

I. Observations annexées à la Uste envoyée par le Comité de bienfaisance de la section de Bonne -Nouvelle ; 16 vendémiaire an III. (Tuetey, op. cit., t. IV, p. 470).

a. Lettre du Comité de bienfaisance de la section des Tuileries à la Commission des administrations civiles, police et tribunaux, envoyant le tableau de la composition du Comité et une liste de candidats pour le compléter ; 3* jour complémentaire an III. (Tuetey, op cit, t. IV, p. 460).

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