‹ L'assistance sous la Législative et la Convention, 1791-1795Chapitre 14 sur 132 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

L'histoire de l'assistance , surtout au début de la Révolution, est inséparable de celle des congrégations charitables. Dès le i3 février 1790, la Constituante avait décrété la suppression des ordres religieux. « L'émission » des vœux monastiques avait été suspendue dès le 29 octobre 1789. Les pensions pour les religieux mendiants et non mendiants et même pour les ci-devant jésuites étaient votées *.

C'était une mesure autant financière que politique. Il s'agissait de rendre à la circulation les propriétés de mainmorte détenues par les congrégations, en les mettant à la disposition de la Nation.

Malgré ces décrets, l'ensemble des ordres religieux subsista. « Les couvents, dit M. Sauzay, continuèrent leur exis- » tence ordinaire jusqu'à la fin de l'année 1790, sans aucun » changement notable * ».

Les religieuses continuaient les soins aux malades dans les hôpitaux. Les luttes que nous avons vu sous la Constituante éclater entre elles et les médecins, — notamment l'affaire des billets de confession de l'Hôtel-Dieu — étaient plutôt professionnelles que religieuses. En protestant contre l'abolition des vœux solennels, c'était surtout l'intérêt des malades que les religieuses hospitalières de l'Hôtel-Dieu de Paris avaient en vue \

Des vœux solennels « vient la résignation, le dévouement, la persévérance . . . Sans ces engagements pourrait-on espéter que des hospitalières persévéreraient dans leurs

1. A. Aulard, La Révolution française et les Congrégations, Paris, 1903, in-i8, p. 16, 22 sqq.

2. Sauzay, Histoire de la persécution révolutionnaire dans le département du DoubSy cité par A. Aulard, op. cit., p. 24.

3. Adresse à Messieurs de l'Assemblée nationale par les religieuses hospitalières de l'Hôtel-Dieu de Paris, signée d'après les vœux de la communauté et les miens, Sœur de St-Eloi, prieure (Arch. nat., AD xix, in-8). C'est un plaidoyer éloquent en faveur des congrégations hospitalières. Il semble, d'après le style, qu'il a été rédigé par un avocat au Parlement.

aa l'assistance de 1791 a 1795

p/?nibles exercices, dans les dégoûts, dans les veilles, dans les dangers. . . quittant les malades pour les mourants et les mourants pour ensevelir les morts, dont elles se voient tous les jours environnées et souvent prêtes à en grossir le nombre? » (Comment pourront-elles être remplacées a par des mercenaires de toutes religions ou qui ne sont d'aucune, de toutes les mœurs, exceptées les bonnes, de tout flge, de tous défauts chez les unes, de tous vices chez les autres, enlin toutes suspectes d'intempérance, d'immodestie, d'incontinence, de scandale, de larcin, de vol? ^ » Môme déilance contre les mondaines qui veulent secourir les malades et « pour les services à tabliers ». Il s'agit de savoir « si des dames très bien servies servent très bien, si l(Mirs forces égalent leur courage et leur piété, si leur zèle n*cst sujet à aucune altération ».

La mâuie défense se retrouve dans le rapport de Massieu, évûque de l'Oise, à la Constituante. « Quant aux congrégations séculières de femmes toutes destinées à l'éducation des enfants de leur sexe et aux soins plus touchants encore dos uialudes indigtMits, vos Comités ont pensé que ces filles malheureuses au milieu de la société, ces filles à qui la philosophie de TKvangile impose les devoirs les plus pénibles et les plus utiles en mt>me temps que les privations les plus méritoii*t>8, cpii, contentes d'une nourriture frugale et d'un vtMemenl simple et modeste* ont le courage de renoncer, par les motifs respectables de la Religion et de la Charité, aux droits les plus sacrés de la nature, de surmonter avec joie les dégin\ls que leur présente sans cesse Thumanité smilIVante, méritaient bien autant que celles qui se sont destinées au oloîtrt* la liberté de vivre et de mourir dans Tétai auquel elles se sont iH>nsaerées * *.

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