‹ L'assistance sous la Législative et la Convention, 1791-1795Chapitre 15 sur 132 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Avec la Législative, le fossé se creuse entre la Révolution et les Ordres religieux.

Les mesures hostiles viennent des mêmes causes que celles qui amènent la crise religieuse. La Révolution cherche à former une église gallicane et nationale par la Constitution civile du clergé et le serment civique. Malgré le concours d'un certain nombre c< d'ecclésiastiques patriotes », l'Eglise fait avorter cette tentative. Les congrégations deviennent contre-révolutionnaires et servent d'asile aux prêtres insermentés. De là, une lutte qui durera jusqu'au Concordat.

La Législative abolit, par deux décrets successifs, les

4 et i8 août 1792, les congrégations régulières et sécu-

lières. En prenant ces mesures, elle eut visiblement la préoccupation de ménager les établissements de charité. Le décret du 4 ^oût 1792 exceptait de la suppression des couvents « les religieuses consacrées au service des hôpitaux et autres établissements de charité, à l'égard desquels il n'est rien innové. » Le 7 août, il était décidé que les religieuses occupées aux soins des malades « conserveraient comme par le passé la totalité de leurs révenus. * » Dans son rapport du 10 février 1792, Gaudin, député de la Vendée, avait fait l'éloge des sœurs grises, « dévouées à la desserte des hôpitaux et qui ont rempli jusqu'ici avec beaucoup de succès ces fonctions si précieuses à l'humanité et en même temps si pénibles... Comme c'est la patrie > qui en recueille les fruits, ce n'est plus qu'envers la patrie qu'elles doivent être responsables... Elle doit les détacher de tous les autres liens. Elle doit surtout améliorer leur sort, en les mettant spécialement sous la sauvegarde des municipalités. * »

D'après le projet, toutes les congrégations ecclésiastiques étaient supprimées, « sauf celles uniquement vouées

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