CHAPITRE PREMIER
aS
l'organisation définitive que le Comité des Secours présentera incessamment à l'Assemblée nationale ^ ».
Supprimées en tant que membres de congrégations, les religieuses étaient maintenues en tant qu'individualités. Par une sorte de compromis opportuniste entre ces dispositions contradictoires, la Législative essayait de mettre d'accord la lutte de principes qu'elle avait entreprise, la gratitude pour les services rendus et la nécessité de pourvoir, au moyen du seul personnel disponible et compétent, au soulagement des malades.
La doctrine d'assistance de la Législative se dégage surtout du rapport qui lui fut présenté au nom de sa Commission des Secours publics par Bernard, député de l'Yonne. Ce rapport, long, diffus, prétentieux, parfois obscur, fut lu dans la séance du i3 juin 1792 *. Il fut assez peu écouté. C'était sept jours avant le 20 j.uin et l'Assemblée était obsédée par d'autres soucis. Marant, député des Vosges, demanda même, au milieu des murmures, que la lecture fût discontinuée. « Soit faiblesse d'organe de la part du rapporteur, soit esprit obtiis de mon côté, dit-il, j'ai de la peine à le comprendre. » Il s'y trouve en effet beaucoup de verbiage. L'orateur remonte jusqu'aux ateliers publics établis par les Egyptiens et c( à l'exécution de ces monuments fastueux que le sentiment de la bienfaisance publique commanda bien- moins que le stupide orgueil de quelques rois, dont les noms mêmes
n'ont pu arriver jusqu'à nous et dorment dans l'oubli
Nous aimerions mieux offrir des moissons à la reconnaissance de nos neveux que des pyramides à leur admiration. »
c< L^objet de la . Révolution est de protéger celui qui a peu contre celui qui a beaucoup, l'indigent contre le riche. Elle a été faite pour le pauvre ». La théorie dérive du