‹ L'assistance sous la Législative et la Convention, 1791-1795Chapitre 42 sur 132 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

« Sous le despotisme, Textrême luxe existait à côté de Fextrême misère, et des secours insuffisants et humiliants, établis dans les paroisses sous le nom d'aumônes, étaient la seule et triste ressource de l'humanité souffrante. Une société d'hommes, amis de la philosophie et de la liberté, se forma. ïlUe était peu de chose dans ses commencements, elle ne faisait encore que peu de bien, mais successivement elle vit ses secours et le nombre de ses associés s'accroître: Le suffrage public, de fréquentes et abondantes largesses que lui adressaient nos concitoyens de toutes les classes, augmentèrent ses recettes et ses distributions, et depuis plusieurs années elle avait le plaisir d'essuyer annuellement les larmes et de recueillir la reconnaissance de plus de douze cents de nos frères indigents de Paris.

La Convention, par un décret du 29 prairial dernier, non contente d'avoir fondé la liberté publique, a voulu fonder aussi la bienfaisance publique. Elle a jugé que ce droit sublime de secourir nos frères patriotes, nos respectables sans-culottes dans l'indigence, est un droit qui appartenait à tous, qui appartenait à la puissance publique, dépositaire des droits de tous, et non pas à quelques faibles et impuissantes associations d^hommes privés.

La Société philanthropique n'était que l'instrument des bienfaisances individuelles : vous avez organisé en grand la bienfaisance publique, et la Société philanthropique, venant rendre dans votre sein son dernier soupir, vous remercie d'avoir décrété à la fois qu'il n'y aurait plus dans la République ni pauvres ni esclaves.

Vous nous pardonnerez aussi de payer à nos frères des tribuixes qui nous entendent, à toutes les âmes bienfaisantes de Paris qui nous ont pendant si longtemps encouragés par leurs suffrages et secondés par leurs largesses, le tribut de reconnaissance que nous leur devons à ces deux titres... * ».

Elle régla ensuite ses affaires : le Comité des Secours publics recueillit un legs Joly de 3oo livres pour les octogénaires, et la Convention la déchargea d'une année de loyer « des lieux qu'elle occupait dans la Maison nationale des ci-devant Grands Augustins ».

Ce n'était pour la Société philanthropique qu'une léthargie ; elle ressuscita en 1800, pour servir de modèle à l'assistance privée.

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