‹ L'assistance sous la Législative et la Convention, 1791-1795Chapitre 49 sur 132 · CHAPITRE TROISIÂMB 6l · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÂMB 6l

cruel et bien désespérant pour Fimperfection des institutions sociales de supposer dans une constitution qu'il y aura des malheureux ». MéauUe aurait voulut que Ton dit « que la société accordera des secours à tous les membres dans l'impossibilité de travailler».

Les Girondins, plus prudents, montrèrent à l'Assemblée le danger de trop promettre. « Les membres, dit Vergniaud, — qui, le 12 mai, allait faire un admirable discours sur l'utilité du luxe dans la démocratie, — ne doivent pas entrer dans la société pour que la société les nourrisse, mais pour se procurer eux-mêmes des moyens de subsistance ». — « La société, dit Boyer-Fonfrède, ne doit des secours qu'aux infirmes, à ceux qui ont été disgraciés de la nature et qui ne peuvent plus vivre de leur travaQ. Vous tueriez l'industrie et le travail, si vous assuriez la subsistance à tous ceux qui n'ont rien, mais qui peuvent travailler ^ ». Le 23 avril, en première lecture, le texte de l'article 28 de la Girondine fut voté sans amendement . La seconde lecture se fit le 29 mai, en pleine bataille, deux jours avant la chute de la Gironde : il fut maintenu. Le débat fut repris le 24 juin au moment du vote de la constitution. Les Girondins n'étaient plus à leur banc : revenant à son véritable tempérament, Robespierre mit une sourdine à son radicalisme. Il renonça à l'exemption de l'impôt en faveur des pauvres. « Ce serait décréter l'avilissement de la partie la plus piu*e de la nation, l'aristocratie des richesses. Je demande, dit-il, que le pauvre qui doit une obole pour sa contribution la reçoive de la Patrie pour la reverser dans le Trésor public * ». La Gironde étant à terre, Robespierre n'avait plus de raison de dissimuler qu'il était d'accord avec elle « pour ajourner tout supplément de révolution sociale ' ». Finalement l'article 23 fut voté en ces termes : « La société doit la subsistance aux citoyens malheureux, soit en leur procurant du travail, soit en assu-

Page 1