Aulard, op. ciL, p
63 l'assistance de 1791 A 1795
rant les moyens d'exister à ceux qui sont hors d'état de travailler ». Il n'était plus question de la dette que le possesseur du superflu devait « à celui qui manque du nécessaire ». Ce texte ainsi adouci précisait la doctrine de la Constituante et celle de la Législative : il était dans la logique de la Révolution.
Aussi les plus hardis des montagnards le trouvaient insuffisant. M. Jaurès, qui suit à travers les débats et les brochures la tilière des idées socialistes, en donne de curieux exemples. Pour Lepelletier de Saint-Fargeau, « diminuer les nécessités de l'indigence, diminuer le superflu de la richesse, c'est un but, auquel doivent tendre toutes nos institutions ». L'éducation nationale est un moyen de «c secourir une portion nombreuse et intéressante de la Société. Les Révolutions qui se sont passées depuis trois ans ont tout fait pour les autres classes de citoyens, presque rien encore pour la plus nécessaire peut-être, pour les citoyens prolétaires, dont la seule propriété est dans le travail ' ».
Harmand, député de la Meuse, traite de palliatif l'article 23 de la Déclaration des Droits. « Dans ce plan, on s'est plus occupé des formes que du fond ou des principes de Tordre social.... » La Constituante a borné les Droits de l'Homme à une égalité politique de droit sans préparer l'égalité de fait.... « On a bien parlé de secours publics et de l'obligation de la société à cet égard, mais on s'est abstenu
de s'expliquer sur la nature et la forme de ces secours
On a beau dire que le pauvre jouit comme le riche d'une égalité commune aux yeux de la loi, ce n'est là qu'une séduction politique, ce n'est pas une égalité mentale qu'U faut à l'homme qui a faim ou qui a des besoins. . . Ce n'est plus dans les esprits qu'il faut faire la Révolution, c'est dans les choses ' ».
Billaud-Varennes, plus hardi, fait le procès de la richesse
I . Cité par Jaurès , Histoire Socialiste, t. IV, p. 1184. st. Cf. Jaurès, op. cii,, p. 1494 sqq-