CHAPITRE TROISIÈME
travaux pénibles, et qui peuvent cependant se plier à des travaux sédentaires. 11 est donc indispensable de leur en offrir. Les agences de secours doivent désigner aux corps administratifs les manufactures existantes dans leur canton et celles qu'on peut y établir, d'après la nature et l'abondance des matières premières, pour y employer des pauvres valides quiji^par faiblesse d'âge, de sexe ou de tempérament, ne peuvent soutenir les travaux externes ».
Les conséquences logiques de l'Assistance nationale, c'est la prohibition des distributions de pain ou d'argent, sanctionnée même par l'amende. C'est le moyen << d'arrêter efficacement cette pitié mal entendue, qui pourrait animer encore des hommes faibles ou orgueilleux, et nourrir dans le pauvre le penchant de la mendicité.... Vous ne devez pas craindre, par cette loi pénale, d'outrager l'humanité, ou de l'étouffer dans le cœur de l'homme vertueux. En réglant l'exercice d'un acte bienfaisant, vous ne faites que le diriger d'un objet inconnu vers un objet connu, et vous changez une intention toujours louable, mais douteuse, en une action toujours honorable et utile ».
Les maisons de répression n'ont rien de commun avec les dépôts de mendicité. « Elles doivent présenter à tous les détenus un travail conforme à leur âge, à leurs forces et à leur sexe; elles exigent par conséquent un local spacieux, isolé, s'il est possible, de l'enceinte des villes, et jouissant surtout de toute la pureté de l'air. C'est bien assez que le pauvre ait à se plaindre des injustices du sort, qu'il n'ait qu'à force de bras une subsistance rigoureuse, sans qu'on lui réserve encore les poisons de l'atmosphère. C'est sous ce point de vue qu'il ne faut conserver, des maisons actuelles de dépôt, que celles dont les localités favoriseront le nouveau plan d'organisation, et qu'il faut choisir, dans les maisons des ci-devant religieux et religieuses, le complément d'un établissement qui honore l'humanité, sans dégrader l'espèce humaine.
a C'est dans ces nouveaux asiles de politique et de morale
que seront traduits, avec utilité et économie, tous les mendiants qui, après avoir été ramenés une première fois à leur domicile, seront surpris à demander de l'argent ou du pain dans les rues ou voies publiques ; c'est dans ces maisons de répression que tous les vagabonds sans domicile, attroupés, porteurs d'armes offensives, doivent être enfermés aussitôt qu'ils seront surpris en vagabondage. Il se trouve quelquefois, avec ceux-ci, des enfants qui souvent ne leur appartiennent pas, qu'ils affectent de couvrir de lambeaux, de consumer par la faim, et même de mutiler, pour déchirer, par ce spectacle affreux, le cœur des citoyens, pour colorer la honte de leur infâme profession et s'assurer impunément une subsistance criminelle. (!les jeunes malheureux, soit qu'Us leur appartiennent ou non, doivent en être provisoirement séparés, jus({u'à ce que la conduite de leur corrupteur soit reconnue, par le temps, honnête et laborieuse. Il est essentiel de ne pas laisser au soin de parents pervers l'éducation d'une enfance qui se moule facilement aux premières impressions qui frappent les sens. La nation doit remplir le devoir d'un père, lorsque celui-ci le méconnaît. Elle a trop d'intérêt et trop de gloire à trouver, dans tous ses frères, des citoyens honnêtes et vertueux, pour exposer leur jeunesse au spectacle honteux mais séduisant de l'oisiveté et du vagabondage ».
Cette idée de séparer les enfants de leurs parents indignes a été reprise par nos lois modernes de 1889 et de 1898 sur la protection des enfants moralement abandonnés et sur la déchéance de la puissance paternelle.
Viennent des vues sur la transportation appliquée d'abord aux mendiants, en attendant qu'elle devienne une peine politique. « Le Comité croit pouvoir indiquer pour lieu de transportation la Guyane française, où vous avez envoyé les prêtres réfractaires. Il y a déjà une analogie de fainéantise entre eux et les mendiants ; un même et pressant besoin les forcera tous au travail et le travail ramène les vertus. C'est à votre Conseil exécutif à vous donner tous les renseignements nécessaires sur cette île, à votre Comité de commerce, d'y