I. Lichlenberger, op. cit., p
a. Rapport de Barère {Hist. Pari., t. XXXIII, p. 24 sqq.). Toutes les citations qui suivent sont extraites de ce rapport. (Voir, pour le texte, Dalloz, Répertoire, l. XXXIX, p. 763).
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hideuse inégalité qui fait que l'un a toute Tintenipérance delà fortune et l'autre toutes les angoisses du besoin ». Il faut « effacer le nom de pauvre des annales de la République et bannir la mendicité par la bienfaisance ». Le préliminaire inattendu de cette pensée généreuse est un appel brutal aux dépossédés contre les riches, la condamnation du luxe, la provocation aux jalousies sociales. « (^e n'est pas assez pour le peuple d'abattre les factions, de saigner le commerce riche, de démolir les grandes fortunes. Il faut faire disparaître du sol de la République la servilité des premiers besoins ».
Sur le Livre de la Bienfaisance nationale figurent trois catégories de bénéficiaires : les agriculteurs invalides, les artisans vieillards ou infirmes, les mères et sœurs habitant les campagnes. Font partie de la population rurale les villes et bourgs de moins de S.ooo âmes. Pour être inscrit comme agriculteur, il faut être âgé de soixante ans, avoir cultivé la terre pendant vingt ans, être infirme et incapable de travail. Valets de charrue, valets pasteurs, batteurs en grange, vignerons, moissonneurs, « manouvriers nécessaires à l'agriculture et aux arts », ce sont les invalides de la terre « peu prévoyants dans la force de l'âge. » La petite démocratie rurale réclame sa part de bien-être. La pension est de i6o livres ; il y a 400 inscriptions par département, plus quatre par mille habitants au-dessus de 100.000.
Les artisans vieillards ou infirmes sont les invalides de l'industrie et du travail manuel habitant les campagnes. Il y en a environ Si.ooo. La pension est de 120 livres, les vieillards, même estropiés, pouvant s'occuper à des métiers sédentaires. Chaque département a droit à 400 inscriptions, plus deux par mille au-dessus de 100.000 habitants. Les mères et veuves ont droit à 5oo inscriptions de 60 livres par an, par département, plus quatre pour cent au-dessus de 100.000 habitants. Au total, elles sont 42.5oo. Les mères qui allaitent leurs enfants ont droit à 35o inscriptions. Les veuves ou infirmes chargées de deux enfants ont droit à i5o inscriptions. Ce sont les idées du « citoyen de Genève ». Il faut