RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
Extrait du livre de la Bienfaisance nationale.
District de
Le citoyen né le , habitant de
artisan, vieillard ou infirme, a droit à la Bienfaisance nationale pour IQO livres payables par avance de six mois en six mois
60 livres semestre 60.
Certifié conforme au registre par nous administrateurs composant le directoire du district de
à , le année de la République,
jour de la clôture du registre de la Bienfaisance nationale \
Le rapport de Barère était, suivant l'expression de M. Levasseur, « un singulier amalgame d'idées généreuses
I. Arch. nat., ADxiv, lo. Le même modèle s'appliquait aux veuves et mères chargées de famille.
j6 L*A8SISTANCB DE I79I A I^gS
élavéos sur des tliéories fausses. D'abord le calcul était faiv^ Avec une population de vin^^t-cinq millions d'ftmes et d'aprréelielle nu^nie du décret, le chiffre des indigents inscrits e
été de 287, iMM) et la dépense de vingt-neuf millions
rigueur nialhéniatique appliquée à la charité était un cent sens *. »
La suppression radicale des hôpitaux était une folie. Lr chiffre des inscrriptions sur le Grand Livre était arbitrair^^ Pounpioi soulager un seul indigent sur 5oo personnes, dan les villes ? Pourquoi 4<x> inscriptions? (^es chiffres fatidique nivellent Tindigence et créent deux catégories parmi le pauvres, hes privilégiés forment une sorte de quatrième état ^ titulaires de droit d'une pension charitable, crédirentiers d& la Bienfaisance, ils sont munis d'un titre semblable à un mandat de paiement.
En dehors d'eux, les non-inscrits au Grand Livre restent à la porte du réfectoire, sans droit au secours, puisqu'il ne rentrent dans aucune des catégories prévues, sans droit à rhôpital, puisqu'il va être fermé, sans droit à l'aumône, puisqu'elle devient délictueuse et qu'elle est prohibée. Derrière la nouvelle classe de bénéficiaires végète toute une horde de parias de la misère dont rien ne justifie l'exclusion.
Ces réserves faites, le plan de la Convention renferme des idées justes. Elle cherche pour la première fois à organiser l'assistance [)ublique dans les campagnes encore si déshéritées. Klle essaye de créer des retraites ouvrières et agricoles, et, si elle a le tort de ne pas exiger du travailleur un prélèvement sur son salaire, comme gage de son esprit de prévoyance, elle songe non sans raison au concours de l'Etat pour organiser ces retraites. Elle a enfin une vue claire de la supériorité des secours à domicile sans lesquels il n'existe pas d'assistance méthodique et efficace.
I. Levasseur, Histoire des Classes ouvrières et de l'Industrie en France de 1789 à 1870, a* édition, Paris, 1908, in-8, t. !•% p. 107 sqq.