Arch. nat., F^^ a5i (cité par Lallemand, p
Après le 9 thermidor, les plaintes ne s'apaisent pas, M. Lallemand a minutieusement noté chaque réclamation; — à Avranches « des murs sont enduits de misère » ; — ni linge, ni vêtement, ni médicaments; plus de bouillon à Rouen; — en nivôse an IV, « Texistence des pauvres ne tient plus qu'à un fil ; — plus de racines pour nourrir les petits ânes à Vendôme ; plus de draps ni.de couvertures à Périgueux; plus de bas ni de souliers à Haguenau » *. Les plaintes sont parfois touchantes et rappellent les cahiers des paroisses rurales. Le 21 nivôse an III, les officiers municipaux de Douai écrivent à la Convention :
« Peignez-vous ces infortunés, languissant dans des chambres et des caves, sans feu, au riiilieu des rigueurs extrêmes du froid. . . et ne trouvant dans leurs magistrats que des vœux impuissants pour leur soulagement... Quels sont les fonds que nous avons à leur distribuer ? Où sont les secours que l'on nous met à portée de donner ? Tout nous est promis, rien n'arrive . . . Nous versons des larmes de sang à la vue de tant de malheurs. . . * »
Le directeur de la maison de bienfaisance de Mézières écrit aux administrateurs du district de Gharleville : « Je
vous préviens que mes fonds sont totalement épuisés
Je vous préviens encore que je n'ai pas une demi-corde de bois et qu'il en faut. . . Je dois la viande journalière depuis le 17 floréal et celle qui va se consommer jusqu'à votre réponse * ».
Le Directoire de Marvejols s'adresse à la Commission des Secours publics qui lui a donné aS.ooo livres en deux mois. « Parmi les fléaux qui nous désolent, un des plus terribles, sans doute, est le supplice de la faim dévorante auquel se voient surtout condamnées tant d'innocentes victimes qui périssent journellement dans les asiles où la sainte humanité