‹ L'assistance sous la Législative et la Convention, 1791-1795Chapitre 68 sur 132 · Arch. départ, do Loiret, L 585 (29 prairial an III · texte numérisé non relu

Arch. départ, do Loiret, L 585 (29 prairial an III

9<* l'assistance de 1791 A 1795

Même crise sur les secours à domicile : les pauvres augmentent et les ressources diminuent. L*industrie et le commerce sont arrêtés, à Texception de ce qui touche à la défense du sol. L'aumône est défendue ou tarie. « Les dévots et les dévotes, dit un rapport, ne donnent plus rien. » « En 1792, les préti'cs, jadis bénéticiers dans les deux riches chapitres de Saint-Flour, se croient tous injustement dépouillés des biens qu'ils possédaient, et la Nation, disent-ils, leur a défendu l'exercice de la plus belle des vertus, de la charité. Les feu privilégiés et nobles consument leurs richesses pour rattraper leurs privilèges. Les dévots et les dévotes surtout s'occupent de leur contingent à fournir pour recouvrer leur directeur ^ » Cette grève de la charité privée rappelle le

mot de Rivarol : « On a renversé les fontaines publiques sous prétexte qu'elles accaparaient les eaux, et les eaux se sont perdues. »

Les lois bienfaisantes sur les orphelins, dits enfants de la Patrie, n'empêchent pas les abandons de se multiplier. II faut en accuser la guerre, la misère et aussi les encouragements donnés aux filles-mères.

A Mons, en fructidor an IV, ils sont 600 : à Tarbes, 260 enfants risquent de périr, faute d'aliments ; à Nancy, ils sont exposés à la faim ; souvent ils manquent de linge, de paillasses ; à Douai, « le pain grossier ne peut leur préparer que des panades indigestes, le lait est peu substantiel, les gardiennes mercenaires les tuent ou par leurs soins ou par leurs négligences ». A Condom, 92 nourrices menacent d'abandonner les enfants ^ Les nourrices, quand elles sont payées, trouvent leur salaire insudisant. « Elles réclament leur dû avec violence et assiègent les administrations publiques. »

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